• ALCOOLISME de FINIS TERRAE

      UNE RÉPUTATION (FONDÉE) et DES US...

    ALCOOLISME

       Aux pichets, grands et petits. Du cidre ? L'habitude serait telle qu'une carte postale très construite n'aurait pas à forcer le trait. Une vraie détente est visible en tout cas, si ce ne sont des postures et sourires naturels (en beaux habits) de pleines noces présumées. Source : https://www.delcampe.net/fr/collections/cartes-postales/folklore-personnages/bretagne-retour-de-foire-boire-au-tonneau-les-2-cartes-324687227.html

     

       "Une réputation qui s’est forgée au XIXe siècle, comme l’illustre l’exposition "Boire" qui s’ouvre ce vendredi au Musée de Bretagne à Rennes, Fabienne MARTIN-ADAM, 15-10-2015.

      Source : http://www.20minutes.fr/rennes/1710303-20151015-pourquoi-reputation-alcooliques-colle-peau-bretons

      "Le terme d’alcoolisme a été créé au milieu du XIXe siècle par un médecin suédois. A cette époque, on associait l’alcoolisme à l’ivrognerie. Et les habitants de la Basse-Bretagne avaient tendance à s’enivrer. Ils ne buvaient quasiment pas de la semaine mais se mettaient dans des états d’ivresse de manière périodique avec des alcools forts. Un peu comme le phénomène actuel du "binge drinking", souligne le chercheur Thierry FILLAUT, auteur d’une thèse sur les Bretons et l’alcool, qui a participé à la conception de l’exposition.

       Le rite de la cuite pour les enfants

       Et l’ivresse n’est à cette époque pas l’apanage des hommes mais concerne également les femmes et les enfants. Des documents datant du XIXe siècle présentés dans l’exposition montrent ainsi que la première cuite était un passage obligé chez les jeunes Bretons, une sorte de rite initiatique.

       Au XXe siècle, la consommation d’alcool se développe alors un peu partout en France, et notamment en Bretagne. Dans les années 1950, la Bretagne est ainsi la région où le taux de mortalité par alcoolisme est le plus fort en France. "On fabriquait alors beaucoup d’alcools comme l’eau-de-vie ou le cidre dans la région et toute la production était bue sur place", indique Thierry Fillaut.

       Au fil des années, la tradition d’ivresse va se perpétuer dans la région, même si les Bretons, jeunes ou moins jeunes, ne sont pas les plus gros buveurs de France. "Cela peut s’expliquer par ce fonds culturel et par la perception que les Bretons ont de l’ivresse. On a un peu le même rapport que les Anglo-Saxons, à savoir que l’alcool est indissociable de la fête", assure le chercheur. (...)"

       La même exposition par Le Télégramme : http://www.letelegramme.fr/bretagne/rennes-l-expo-boire-vaut-le-coup-05-01-2016-10908735.php

       "Pour Hélène AUDRAIN, commissaire scientifique adjointe de l'exposition, les Bretons sont encore victimes d'un stéréotype né pendant la première moitié du XIXe siècle, même s'il y a un fond de vérité derrière la légende. "La baisse du prix de la boisson et l'augmentation du pouvoir d'achat ont fait augmenter la consommation d'alcool en Bretagne. Jusqu'en 1980, le taux de mortalité dû à l'alcool était le plus fort de France. Désormais, les Bretons sont huitièmes », précise-t elle."

     

       Notes :

       - Souvenir de descriptions physiques et morales de buveurs du Mené au XIXe siècle. Aïe, mes aïeux. (Référence à retrouver)

       - Après la guerre de 14-18, il fut abondamment ouvert aux femmes devenues veuves de tenir des débits de boisson. Licences leur furent largement accordées par l’État, nous raconte Jean-Jacques MONNIER dans l'audio-livre Histoire de Bretagne pour tous, De -700 000 à nos jours, Skol Vreiz, 2011 (CD 4, piste 9). Des villages ont ainsi pu atteindre le nombre de 4 à 5 cafés parce qu'il y avait autant de veuves de guerre.

       Régimes militaires de ruraux bretons "relativement durs, résistants", plus de 22% des mobilisés ont en effet laissé leur peau (contre 16 % pour la moyenne nationale) dans la Grande Boucherie. Seuls les Corses ont dépassé ce record criminel. Il n'y a pas de choix de sacrifice intentionnel et circonscrit, en soi, souligne pour autant l'historien. "On envoyait les gens au front parce que c'était des paysans", les ouvriers du fait de leur rôle productif à l'arrière, étant davantage préservés (la Bretagne était alors peu industrialisée, avec moins de 20% d'emplois relevant de cette production). On dénombre plus de 150 000 morts, Bretons émigrés compris, sur une population de 3,2 millions, soit 12% de la population masculine totale, entre 20 et 40 ans environ...

       Parallèlement, le vin rouge quotidien, souvent de très très mauvaise qualité et fort, devenu drogue institutionnelle chez les soldats, s'installe en Bretagne à la suite de la guerre... Sans culture et savoir locaux, ce sont les breuvages les plus agressifs et les plus forts qui vont s'écouler (vins de Languedoc, du Maroc, d'Algérie). L'alcoolisme va s'installer, chez les anciens soldats, les rescapés, mais aussi chez les femmes et ceux auxquels le réconfort de l'abrutissement offre si facilement ses bras (et ses bars).

     

    BOIRE AUSSI : ARROSER !

       Le "Général pinard" dans la Grande guerre. Là où résiderait l'une des différences entre soldats allemands et français ! "J’ai comme toi, pour me réconforter le quart de pinard qui met tant de différences entre nous et les boches." (Guillaume APOLLINAIRE). La ration tournera à 3/4 de litre quotidien en 1918. A moins que ce ne soit le litre entier, avec un petit supplément d'eau-de-vie... Sources : http://www.archives-lyon.fr/archives/sections/fr/centenaire1gm/archives_racontent/alcool/ & http://centenaire.org/fr/espace-scientifique/societe/la-consommation-dalcool-sur-le-front-14-18

     

    ALCOOLISME BRETON

       Sources : http://apocalypse.france2.fr/premiere-guerre-mondiale/fr/biblio/65/lalcool_un_reconfort, http://apocalypse.france2.fr/premiere-guerre-mondiale/fr/biblio/65/lalcool_un_reconfort 

       Voir aussi : http://www.france24.com/fr/20141001-vin-alcool-premiere-guerre-mondiale-consommation-historien-christophe-lucand-pinard

     

       Aujourd'hui, un bar de Lannion.

       "Stang ar Beo, la vie à fleur de comptoir

       "Stang ar Beo". En français ça veut dire "étang de vie". Au cœur du quartier de Brélévenez, le bistrot de Vincent bat chaque jour comme un petit cœur gorgé de sensibilité(s).

       A peine passé la porte de ce troquet de la rue montante, que les effluves de tabac vous remplissent les nasaux jusqu’à la cœurée, comme un joyeux nuage de fumée chaude de cigarette qu’on vous cracherait à la figure en guise d’accueil.

       Born to be wild

       Ici, on parle d’égal à égal avec son voisin de comptoir que l’on prend le temps de saluer en rentrant. Pas de rush au Stang ar Beo. Juste un flot continu de clients fidèles qui y viennent, du matin jusqu’à la tombée de la nuit. En fond, Nostalgie rock diffuse Creedance Clearwater Revival, Steppenwolf et les Rolling Stones. Le morceau des Troggs, Wild Thing  (petite chose sauvage), prend ici tout son sens. Un peu décalé, adorablement brut, le climat fout la banane.

       Dans un coin, une micro-supérette présente sur trois étagères quelques produits de première nécessité. Le pain et les "bonbecs" jouent des coudes avec les packs de Pelforth et les boîtes de pâté Hénaff. Cette dernière trouvaille, c’est l’œuvre de Jakez, le "capitaine" du Guilvinec.

       La barbe blanche, casquette et caban en drap de laine bleu marine, cet ingénieur des télécoms vient sur les coups de 13 h chercher son pain, mis de côté par le tenancier. Entre un petit ballon et le point sur l’avancement de ses maquettes, il raconte l’historique du Bannig dous bigouden et explique pourquoi le Saint-Raphaël est présenté à côté du Saint-Rémi et de la crème de cassis au Leclerc de Pont-l’Abbé.

       A peine le temps de finir l’explication que Bertrand le coupe et le taquine sur son tour du monde qu’il n’a jamais fait. Comme une valse un peu folle, on virevolte de tables en banquettes, porté par les interactions des conversations. Bertrand, la quarantaine est le cousin de Vincent, le patron de Stang ar Beo. Lui aussi a tenu un bar à Lannion mais il a vite arrêté pour se consacrer à ses jumelles qui frôlent maintenant les onze ans. "Une vie derrière un comptoir, c’était pas pour moi."

       Josken, la reine de la basse-cour

       Vincent, lui, a racheté le bistrot, il y a cinq ans, avec sa clientèle cabossée et ses murs imbibés d’anecdotes folles. La particularité du lieu ? Sa basse-cour, où Josken (joue de porc rôti, en breton) est la reine.

       En mars 2015, la charmante truite néo-zélandaise au poil gris s’était échappée hors de ce petit paradis. Une mésaventure qui avait valu à "Jos" les gros titres puisque la bête apeurée par les cris de la ville avait dû être tasée par les forces de l’ordre. Sans gravité heureusement. Depuis quelques jours, "Jos" a un fiancé, Lardons, un tout petit cochon marron et noir, sensé donné une descendance à l’établissement. "On verra bien", lance le bistrotier.

       Le temps de jeter un coup d’œil à travers le portail qui sépare les quadripèdes des humains que les "anciens" viennent de rentrer. Il est 14 h, déjà ! Et les compères ont rendez-vous pour une après-midi de boule bretonne. On se salut d’un "Bloavezh mat" et d’une poignée de main. On s’attable pour un godet, le temps que tous les collègues soient là, fin prêts à user l’une des trois pistes de la cour.

       Les femmes sont rares et discrètes au Stang ar beo mais elles sont là. L’une boit un café quand l’autre passe prendre son pain du jour. Au milieu de tous, Alex débarque en trombe et révèle ses cheveux blonds peroxydés, sous son casque de scooter. Une création capillaire récente et détonante qui tranche avec sa doudoune bleu électrique. Avec lui, le bar prend vie.

       Crème de mûres & Amy WINEHOUSE

       Avec Bertrand et Gaëtan, le plombier-chauffagiste, ils se remémorent des matchs corpo de DSR disputés sur le terrain du centre-ville, évaluent d’un pincement l’embonpoint acquis depuis. On parle des prothèses dentaires qu’on envoie en Chine par la Poste pour être réalisées à moindre coût et puis on esquisse les prochaines semaines, vite fait car dans quelques jours, le quadra’ décoloré s’en va. Une décision de justice l’envoie à la "MA" de Saint-Brieuc. Comprenez "maison d’arrêt". "C’est le journal qui l’a dit" ironise celui qui ne conteste pas le verdict.

    On recommande une crème de mûres pour faire descend l’émotion coincée dans la trachée. L’impassible Vincent change la musique et soudain, Amy Winehouse et son Rehab emplissent la pièce. Comme dit Sam ELLIOT dans The Big Lebowki : "Quelquefois c’est toi qui cognes le bar mais d’autres fois, et ben, c’est le bar qui te cogne."

       Carole TYMEN" (22-01-2016)

       Source : http://mouvementsenbretagne.iut-lannion.fr/index.php/2016/01/22/stang-ar-beo-la-vie-a-fleur-de-comptoir/#more-1372

     

      

       MIOSSEC (Christophe), Boire, 1995. "Ceci est mon vœu, ceci est mas prière, je ne suis plus saoul... Tes yeux brillent si fort comme moi quand je suis plein..." Source : https://www.youtube.com/watch?v=jnm5TyTUnb0

     

       Mais Brest, c'est pas breton. C'est l'océan. Source : https://www.youtube.com/watch?v=Eir_PiEz4fM

     

       Par Bretagne actuelle, en 2011 : https://www.youtube.com/watch?v=amc3h92dwLM

       ("Je m'en vais", 1964 (2004) : https://www.youtube.com/watch?v=F8k9UlCVg8E)

       Le très beau Christophe ne boit plus que des désaltérants sans alcool, à cause (déclarée) d'une maladie orpheline.

     

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