• ANONYMAT, POINT CRITIQUE... 03

     POISSON DANS L'EAU ou CÉTACÉ (c'est assez...) ?

       Tirée d'un article aux conclusions très partisanes et mono-causales arquées sur l'empire néfaste de l'anonymat (qui serait particulièrement destructeur pour les désenracinés historiques, les acculturés en pays hyper-centralisé), cette photographie affiche un djihadisme d'origine... bretonne. Sources : https://abp.bzh/mais-pourquoi-la-bretagne-fournit-tant-de-jihadistes--41160 (par l'Agence Bretagne Presse ou ABP, l'hebdomadaire Paris-Match en référence - http://www.parismatch.com/Actu/Societe/Djihad-la-filiere-bretonne-931287

      Terre de gifleur, terre de... terroristes, la Bretagne ? Si un jeune homme a dégainé sa main pour frapper, inopinément, le visage de Manuel VALLS, ex-premier ministre du gouvernement de François HOLLANDE et candidat aux primaires PS en déplacement à Lamballe (siège d'un des gros abattoirs des Côtes d'Armor), une autre personne avait déjà giflé le même édile, des rangs du parti socialiste même, sans mériter autant d'attention médiatique ni de suivi judiciaire (pas d'incitation à la haine alors ?) à en croire J'suis pas content... on est curieuse d'apprendre que des jeunes Bretons non seulement se convertissent à l'islam, en nombre suffisant pour que ce soit repéré (juge Marc TRÉVIDIC), mais embarquent dans le djihadisme le plus voyageur et offensif.

     

          Suite de l’ÉLECTRON LIBRE... et son revers social (limites, surplomb ?), un peu de "crétacé" compris derrière (histoire profonde !) autour du fatidique nom (basique, patronyme, renom, etc.), qui ramène - impérativement en ce moment ! - au culte de l'ours-e (avec quelques langueurs "méritées") avant de rejeter la bouteille, de la mer à la terre (bouteille d'oxygène) pour un sixième et dernier volet strictement dédié.

     

       "Another brick in the wall", PINK FLOYD, The Wall (1979). Ambiance, coup de poing de notre part. Sens ? Musique, chœur, hachis, gâchis, révolte et rêve (cauchemar). Source : https://www.youtube.com/watch?v=YR5ApYxkU-U

     

        Dans le contexte français actuel, le "sans-nom" (le sans-dent est encore tentant) prouve son pouvoir détonnant. Deux registres témoignent à quel point l'anonymat jongle avec le feu et recèle une puissance dévastatrice, dans la dynamique de l'ombre, de l'insu.

        - Des attentats politico-religieux ont sévi violemment et de plusieurs manières depuis 2015, impliquant groupes, foules, personnes isolées, et ont souvent été revendiqués par des organismes islamiques étrangers comme al-Qaïda ou Daesh*. Leur potentiel de terreur demeure maintenant, chargé de la plausibilité de répétition. Témoins de l'extrême et de la volatilité concrets de l'anonymat, exercés avec force préméditation et discrétion, visant des cibles au rapport publicitaire escompté, notoires, catégorielles ou non, ils installent, en les sur-exploitant, liberté et radicalité du côté de la destruction physique, du carnage, c'est-à-dire sur le flan le plus fragile et le plus accessible du réel (il est si facile de détruire, de saccager un donné, en comparaison de construire). Au nom de ? Religion, fanatisme, embrigadement, vacuité, anachronisme, folie ? Intériorisation généalogique de l'anonymat, version brittophile (Philippe ARGOUACH en avant-propos) ? Instrumentalisation, récupération de tout près, au-dessus, ailleurs, partout ? Sinistres et complémentaires détails : on aime à raconter sur Internet l'oubli régulier pour ne pas dire ostentatoire de cartes d'identité, et, inversement, la détention de passeports douteux.

       [* Archivé pour mémoire, le site Le Greffier noir : avec l'article http://www.greffiernoir.com/attentats-contre-charlie-hebdo-une-creature-de-reve-de-phighsmith-dans-la-video-de-revendication-avec-pennac-et-nothomb où est relayée la vidéo de revendication des attentats de janvier 2015, et d'autres, enquêteurs, troublions ?]

       - Les élections présidentielles se profilent. Ce sont elles qui mobilisent le plus les Français et expriment une tendance populaire de poids. La seule. Laquelle... Certes. Elles perdent régulièrement attention, abstentions croissantes (voix déniées au passage). Elles seront suivies du vote de la députation, désormais liaisonné - et prisonnier ? - du premier. Les conséquences sont majeures, pouvoirs exécutif et législatif en selle, puisqu'en nation - ou pays de droit. Si nom et adresse sont expressément nécessaires (avec une carte toujours - d'électeur), l'anonymat y est soigneusement organisé, derrière l'isoloir (rideau-sortilège, menue tablette semblant souffler "vite entré, vite sorti !"). La "foule d'anonymes", la "vraie, la classique ! (si d'autres sont en constitution exponentielle) avec nom, adresse et luxe de signature, est invitée à se manifester, à donner massivement et "librement" son avis (option plutôt ?) sur une liste de têtes et de programmes très élaborés (jusqu'au plagiat de dernière minute). Et le suffrage universel qui voit s'additionner, se contredire, prendre le blanc ou des griffonnages bien sentis, des millions de voix, portent aux nues le secret - "secret des urnes" ! - et ses suites. Aussi bridés et orientés soient-ils (par la légalité, les officines des partis, du financement** et les médias), l'imprévu et la contestation gavés d'insatisfaction grandissante et de milliers (millions ?) d'autres motifs innervent ces élections. Au grand dam des pouvoirs en place, au sourire opportuniste des prétendants, l'élection du président américain Donald TRUMP en arrière-plan ricanant, explose la part d'inaliénable, de surprise et de bouleversement intrinsèques à cet anonymat paradoxalement encadré (vote hautement circonscrit concocté en voix multi-millionnaires).

       [**Agissements et pressions financiers parmi d'autres, les taux d'intérêt de la dette de la France augmenteraient en ce moment devant certaines tendances et le flou prévisionnel de ces élections, selon Benjamin LEMOINE, sociologue, chercheur au CNRS et à l'IRISSO (L'Ordre de la dette : enquête sur les infortunes de l’État et la prospérité du marché, La Découverte, 2016 - "passionnant" nous dit le commentateur Étienne CHOUARD !). Ils sont passés de 0,66% à 1,13%, le mercredi 1er février dernier, niveau le plus élevé depuis 17 mois." Source : https://www.franceculture.fr/emissions/la-question-du-jour/les-elections-quelle-prise-de-dette]

       Electrons-libres... Ces deux exemples sont épars. L'un montre des activistes exacerbant l'anonymat avec ses potentiels ravageurs et spectaculaires, le leur et celui de leurs victimes. L'autre recouvre une mise en scène (la seconde, non ?) mêlant supra-organisation, consentement mitigé et mathématique de la probabilité dans un anonymat de bon aloi aux résultats savonneux. Que l'actualité les réunisse permet de pointer la part électrique incontestable de leur exercice "anonymique". Ils soulignent de pair l'entremise continue entre petit et grand, seul et nombreux, isolat et masse ainsi que l'éclectisme, la variété des formes que l'anonymat comporte. Autant de dimensions que l'étymologique absence de nom ne suffit vraiment pas à embrasser. "Qui n'est pas connu", disions-nous de l'anonyme, usant allègrement du passif verbal (que le pronom personnel impersonnel "on" équivalait).

      C'est que l'absence de transparence, le manque de savoir répondent de l'anonymat. Source palpitante, matrice de toutes ses occurrences et ses éclats les plus percutants comme de ses mollesses, fadeurs, invisibilités. C'est l'inconnu qui en répond, cet inconnu, fief ontologiquement fécond en subversions...

       INCONNU. Mystère. Secret. Magnifique et terrible, il encercle l'humain, advient au moindre changement, rôde à l'infini, compagnon en toute chose, associé du monde, de l'être et coquin des distances...

     

    ICONOS !

      Tête décor sur corps... Qui va là !? Pourquoi ? Vers où ? La foule des grands jours ? Photographie - sans référence - d'un jour passé d'Halloween. Marie CACHET revient longuement sur cette fête aux origines anciennes, épisode selon elle, du culte de l'ourse. Source : http://burgersbanquet.fr/halloween/

     

    ANONYMAT, POINT CRITIQUE... 03

       Photographie de Dainis MATISONS. Fuyants, filants, serrés, auréolés. Source : http://zzzze.tumblr.com/post/156802844370/japan-overload-by-dainis-matisons#notes

     

       Prenons un cas de nos jours : beaucoup, ÉNORMÉMENT de personnes simultanément en présence.

       (Rien d'un bavardage. Grosso modo, 3 millions de Bretons, 65 millions de Français, des milliards d'humains sur Terre.)

       C'est le début de la fin.

       Un consistant regroupement humain génère méconnaissance mutuelle, et davantage. L'apparition d'un seul étranger dérange la moindre petite communauté (quels que soient le cadre de la préparation et la solidité de son hospitalité). De pelletées sur pelletées d'âmes, de volontaires de la vie nées superlativement, jaillit d'emblée l'anonymat le plus sévère (entre autres), dont on peut vite comprendre les perméabilités bourrées de possibles, mais surtout la levée d'incertitude, l'emprise du doute, le casse-pipe des repères, la fissure et la perte, l'explosion, l'implosion, le bing bang  généralisé...

       D'où cette soif de contrôle ? Cette sommation de "justifications d'identité", d'émission de documents, de demande de papiers, de noms, de descriptifs inflationniste et plus que jamais depuis que l'humanité se croise et se répand, grossit ? Pour apaiser par une maîtrise comptable, polissée (policée !), sa propre peur, cette peur auto-engendrée ? Registres, règles d'état-civil, obligations d'autant plus cardinaux que l'objectif est de dominer, d'une place en hauteur, institution a fortiori, prédatrice (souvent), cette "plèbe reproductrice" et "inconséquente" en ses agitations ?

       Nombre et inconnu forment un ménage parfait de peur doublée d'aspiration à la lumière, à la maîtrise et très prosaïquement à la norme, aux codes et bien évidemment aux appellations. Avec quelque interpellation ?

     

    ANONYMAT, POINT CRITIQUE... 02

    ANONYMAT, POINT CRITIQUE... 02

      "Durant la seconde guerre mondiale et après, un moyen de reconnaître les SS était de regarder sur l'intérieur de leur bras où était situé un tatouage correspondant à leur type de sang. Tatouage utilisé pendant les batailles lorsqu'un soldat avait besoin d'une transfusion sanguine urgente." L'information est reprise sur le blog de Jacky TRONEL à propos du camp français de prisonniers allemands de La Trémouille où un détenu se souvient qu' "Au moment du premier appel, chaque prisonnier a dû se présenter buste nu afin d’identifier d’éventuels anciens S.S., reconnaissables au tatouage de leur groupe sanguin sur le haut du bras gauche : ceux-là sont passibles d’une captivité prolongée s’ils ne choisissent pas de s’engager dans la Légion étrangère. Suivi de "Rassemblement Nazi durant la seconde guerre mondiale". Purement fonctionnels ou supra-managériaux, les tatouages, les insignes, les drapeaux s'inscrivent dans les chairs et les têtes agrégées en troupeaux. Nouveaux noms, nouvelles identités scellées de peu et de mégalomanie démesurés balaient le spectre de la masse. Source de l'image Life : http://www.garbyou.com/fr/newz/article/108

       [Séquence de type GODWIN ? Quelque analyse sur l'anonymat doit en passer par les totalitarismes historiques. Le choix du nazisme plutôt que du soviétisme relève toutefois de la facilité et du hasard des recherches iconographiques sur Internet (l'un serait plus iconoclaste que l'autre ?), et de notre décision d'insérer une image en particulier, à venir, elle... On trouvera en document complémentaire intéressant, et par un net avantage descriptif des pages consacrées au communisme d’État des pays de l'Est (en nombre d'images et de textes) qui pourra restaurer l'équilibre critique général souhaité en Tsukeshoin : http://ww2.ac-poitiers.fr/histoire-arts/IMG/pdf/L_art_de_la_propagande.pdf]

     

       Le NOM que l'a-nonymat célèbre en substantif privatif ressemble bien à cette première pièce d'identité que le clan primitif - tant imaginé (référence et repoussoir au gré des affects), la petite troupe humaine de l'aube... de la société (qu'est-ce qu'on peut en broder !) pourrait avoir résolu... La parole acquise (mystère scientifique et fontaine de spéculations magnifiques que cet instant, cette trajectoire possiblement élaboratrice, là encore), la confrontation à la diversité de ses membres (aussi peu furent-ils) et l'étendue de l'univers naturel (connu et inconnu), n'ont-elles pas fait verser les premiers hommes dans la simplicité et l'intérêt de se désigner distinctement, quitte à se sur-déterminer ou se diminuer d'un terme unique, propre ?

        Les accents d'un passé impératif en dénomination surnagent sans que la clarté s'impose (à l'observateur très dilettante, certes : grosse prospection par l'abstraction, attention !).

       Le brouillard qui entoure les itinéraires de nos aïeux anciens, "vulgaires" (seuls les princes, les têtes ont leur mention, parfois hagio-biographique), et l'essai d'Alain CORBIN, historien, pour suivre une personne parmi d'autres, en une période peu lointaine, a révélé les limites de la connaissance à postériori de nos ancêtres, registres d'état-civil opérationnel avec d'autres archives compris. Le Monde retrouvé de Louis-François Pinagot. Sur les traces d’un inconnu (1798-1876), (1998) laisse supposer l'insignifiance autant que l'importance de chacun et de sa place, hier. Choisi au hasard, l'oublié de la mémoire générale délivre le minimal des textes : son nom et quelques péripéties regardées par le droit de l'époque. Très peu de lui nous parvient. Pourtant, il vécut et plutôt longtemps.

       Ce nom (et plus encore les papiers, les lettres de gloire et de pouvoir) seulement faisait-il quelqu'un, une personne ? Ou l'évidence et l'importance de vivre de chacun négligeaient, à se suffire, tant de "surcroît individuel", manuscrit à l'appui ?

       Si les textes ne rapportent que l'événement et les difficultés institutionnalisées, rien ne dit que le nom, chaque jour, dans la communauté, soit primordial, et l'anonymat aussi anachronique que diffus.

       L'idée de la pression pour ne pas dire l'oppression sociale passée a sa majorité de tenants ordinaires que la tournure mentale et factuelle des gens de campagnes suite à l'industrialisation de la France et de l'agriculture, pour ne prendre que ce qui nous est proche, avec son corollaire d'exode (et de dépopulation rurale massive) semble confirmer : appartenance, filiation, contrôle et commérages aussi dévorants, continus qu'intempestifs tombent pour verdict ! Population sous surveillance : sous la sienne en plus de celle des proches, parents, familiers, voisins, institutions et "patrons" divers. Etiqueté, casé, l'échelle la plus facile ou quidam.

       Peut-on valablement penser, par exemple, que non seulement les communautés principales du passé, rurales, réparties sur un territoire plus ou moins exploité, vivant au gré des saisons, en auto-subsistance - parfois tendue, avec des institutions et des autorités diversement répressives et/ou dominatrices (ont toujours existé des zones franches, comme les alleux médiévaux en France) connaissaient ses membres, - dénommés, situés -, et organisaient de fait une sorte de panoptique (nappe de savoir rampant) par implantation, proximité, fréquentation habituelle, mœurs et accommodations générales, mais qu'une foncière liberté d'être existait, où le nom, l'identité, la désignation formelle pesaient de peu ? Impliqué dans un fil de vie exigent, ancré, hyper-corporel, un respect réciproque et mutuel - par nécessité et efficacité, ou moins encore, qui sait -, la désignation individuelle (patronyme et filiation familiale et/ou géographique, mais aussi surnom, démonstratifs divers, etc.) pouvait-elle ne revêtir qu'un rôle pratique devant l'expression vitale, active, effective de chacun, la distinction ne se montrant qu'un épisode temporaire, le résultat de circonstances particulières, un éventuel vœu marginal de visibilité, sans aucune obligation ni importance ? L'expression de soi transgressait facilement et sans ré-étiquetage la place générique, pour imposer un être présent, vivant, acteur, réalisateur, doté de sa part de changement, de nouveautés tout individuels et entendus ? Une sorte de pérégrination personnelle naturelle, intégrée au sein de la communauté nonchalante en compte-rendus et attributions verbaux ?

       Une vision opposée est tout aussi crédible : être dans l'exercice quotidien et social impliquait une identité sur-déterminée, un nom bien entendu (au sens d'être reconnaissable et reconnu), mais plus encore un renom que l'on œuvrait à dorer et redorer, la circonscription limitée des aires de vie minimisant tout éclat, le surnom étoffant encore le tableau d'une monstration incessante de l'ego, ou plutôt de ce que Carl JUNG préfère alors appeler la personne, - l'être social, en représentation -, tâchant d'être toujours admis et/ou respecté sinon très respecté...

          Existe-t-il des études sérieuses à ce sujet ? Qui allumeraient l'une de nos cavernes (d'ALI BABA) sous l'ombre de PLATON ?

     

    ANONYMAT, POINT CRITIQUE... 03

    ANONYMAT, POINT CRITIQUE... 03

       "Le Repas de baptême", puis "Le Berceau", Olivier PERRIN, extrait de Galerie bretonne ou Vie des Bretons de l'Armorique, 1835. Sources : http://chasseursdestofflet.forumactif.org/t106-reproduction-bragou-braz & http://www.berose.fr/?Galerie-des-moeurs-usages-et

       Nota : Dans ce trésor d'ouvrage qu'est Breiz Izel ou Vie des Bretons d'Armorique, Alexandre BOUËT, auteur du texte qui accompagne les gravures d'Olivier PERRIN met en valeur l'éducation que le petit Corentin, protagoniste du livre, reçoit. L'enfant est applaudi et flatté dès qu'il entreprend des actes adultes. Assise ou instrumentalisation de l'image de soi ? Quelles conséquences ?

     

       L'enquête sérieuse ne faisant que commencer, le culte de l'ours-e, revu par Marie CACHET aiguillonne (ou disperse !). Page après page.

     

    « ANONYMAT, POINT CRITIQUE... 02SEPT PERES, SEPT CORBEAUX... 7 ANS »