• ANONYMAT, POINT CRITIQUE... 05

     DE LA MER A LA TERRE : COURANTS INTÉRIEURS

    ANONYMAT, POINT CRITIQUE... 05

        Source : https://femherbier.hypotheses.org/66

     

    ANONYMAT, POINT CRITIQUE... 05

    ANONYMAT, POINT CRITIQUE... 05

       "A tidal pool near Doonbeg, Co. Clare, Ireland, 2007." Puis extrait de La Végétation sous-marine, E. BELET. Extrait du blog de Maura COUGHLIN, Brittany, images, things and places. C'est grâce à ces pages que les peintures d'Alexandra DUPREZ nous sont parvenues. Source : http://materialbrittany.blogspot.fr/2013/07/seaweed.html

     

    ANONYMAT, POINT CRITIQUE... 05

    ANONYMAT, POINT CRITIQUE... 05

       Peintures d'Alexandra DUPREZ. Au stade atteint, de titre inconnu, les larmes abondantes de la peinture trouvent désormais leur place et leur mention. Sources perdues...

     

       [Le "nom" que nous avons déduit du culte de l'ours façon Marie CACHET relève du choix d'un individu très jeune mais de maturité réelle, dans l'éventail des passés humains à sa disposition. Il n'est pas explicité par la jeune femme de cette manière, mais c'est celui qui nous intéresse, que nous créons peut-être à partir de ses dires, et que nous souhaitons explorer et tenter de valider relativement à l'anonymat

      La liberté de choix y réside, tandis que les évolutions de la personne devenue ou redevenue elle-même restent très ouvertes à la suite de la réincarnation. Existe ainsi un devenir de l'identité, par rapport à soi, aux autres, à la nature (désignée comme l'univers ambiant, dominant, Tout, forces et donné). Vivre apporte son lot de contraintes, d'opportunités, d'aubaines qui vont modifier le cours des choses, façonner l'être et ce qu'il est convenu d'appeler l'identité (stable et sensible).

       Le groupe, le clan y paraît une sorte de cadre positif, par le soutien qu'il apporte à la personne d'abord en formation, bientôt actrice pleine et entière de sa vie et de ses relations, à autrui, au monde. Point de coercition collective particulière ? L'épreuve de l'enfant fait exception immédiate, que les termes du parcours soient naturalisés ou non. Une pression est exercée qui oblige le jeune humain aux dents de lait branlantes à accomplir les grossesses répétées et risquées. Un devoir ? Sans aucun doute... Le sevrage revêt une dimension hautement culturelle. Il est obligation et tremplin.

       Du succès s'ensuit un individu héritier autant qu'agissant (autonome et évolutif), où les substantifiques êtres du passé ne peuvent disparaître, ni leur savoir, ni leur originalité, tant appréciés de la communauté (alors que les décès sont prosaïquement douleur et amputation), tandis que la personne est laissée maître. Un cycle vertueux et dynamique en émane, protecteur et promoteur des acquis humains et de chaque individu, les faits naturels entièrement compris, importants, pris à leur juste mesure (fondamentalement moteurs, accessoirement ou ponctuellement rappels à l'ordre, le leurs).

       A l'issue de notre projection très spéculative, l'idéal est atteint ! Le nôtre !?

       Quid de l'anonymat ?

       Il en ressort inexistant. Ou réduit à la portion congrue de l'absence de nom et d'identité surenchéris en terre connue et faiblement changeante (ou superflues en monde serré). Ou maximal en littéral (pas de nom mais un être, clairement identifié, porteur de libertés)...]

     

      La fin de l'immersion commence. CACHET (Marie), mais aussi COUSIN (Francis) alimentent notre vision, indéniablement, au prix d'une interprétation personnelle tendancieuse. Le communisme universel que soutient le philo-analyste, La tribu anté-diluvienne aux modes émancipateurs suggérée par la paganiste nous laissent supposer un "je" au-delà et en-deça de l'individu pour un chemin de vie accompli et heureux.

      Notre regard sur l'anonymat s'était immédiatement appuyé sur cet individu à l'évidence porteur du nom et de la personnalité, unique et originale réalité. Doté d'une énergie en plus de sa singularité, il ne pouvait qu'être l'acteur de cette fresque à son nom détachée. Mais de tentatives d'imprégnations factuelles en vécus projetés, c'est l'inconnu qui a imposé sa marque, à l'aune principale des conditions circonstancielles, de l'échelle des situations, du nombre des acteurs....

       Chance, souffrance, - relatives, protéiformes, l'anonymat indexé sur l'inconnu déjoue la fixité pour amener la personne dans le transport et l'évolution. Il met en cause son identité, ses limites voire son noyau (comme centre de gravité mobile), en leur naturelle plasticité. Qu'être soi ? Pour soi et devant les autres ? Dénommé ou pas, connu, méconnu ou ignoré, s'identifier à un modèle, le sien, choisi méticuleusement, ou s'abandonner dans l'action voire à  l'injonction du groupe ou d'un tout, concentrée, délestée, dirigée, brouille les contours et les définitions. En ressort une personne toujours elle-même capable d'articulations et de transformations insoupçonnées.

       Dans un monde aux strates relationnelles et narcissiques démultipliées, aux moyens incroyables (pour beaucoup superflus), l'anonymat trouve un développement exponentiel et son usage bat des records. L'Internet, la Toile, lieu ?, nappe centripète autant que centrifuge alimente un anonymat dévergondé (!) où les pseudos, les avatars prolifèrent, mutent, naissent et meurent indéfiniment.

       La grande roue des prodiges et des illusions humains a pris un nouvel essor soutenu par des technologies démultiplicatrices et virtualisantes. Sommes-nous esclaves, marionnettistes ? Une vidéo fera corps, incarnera le temps de sa durée tel individu dans l'image, tandis que personne... entière, ne sera jamais là.

       Sensas ? Absolument. Habituation, dématérialisation. Flux.

     

       Les photographies issues de la dernière guerre mondiale font frémir en continuant d'étonner par l'étendue des foules enrégimentées ici, exploitées, rudoyées et tuées là. Le troupeau s'est désagrégé, s'est visuellement désordonné (et encore, vues de rues et de quais de train à se remémorer). Il ne peut être question de renouveler de telles horreurs, se murmure chaque esprit (sauf chez ceux qui s'aveuglent la raison et les sens pour aspirer encore et toujours, irrémédiablement, au grand ordre charnel disciplinaire d'autorité humaine).

        L'être (humain, toujours) aurait-il perdu l'incandescence de sa présence, sa puissance et ses potentiels ? Ses conditions de vie sont curieusement réduites, nécrosées aujourd'hui et ce qu'il exprime de lui-même. Seul le travail lui ouvre les bras de l'inventivité aventureuse.... avec l'anonymat, même régi par la loi ici ou là (naissance sous X, protection de données sur Internet, etc. / ainsi en est-il !). Ce dernier l'attire comme les papillons les lampions la nuit...  Après l'époque de la foule aux ordres, consécutive à la massification des peuples, à l'industrie et aux nouveautés scientifiques et techniques, la ville l'aimante. Derrière les achats en lieux divers, objets choisis en ambiance animée, la circulation sans attèle momentanée, se décharge un fardeau et s'exprime un sens aigu... Retour au bercail promis, certes.

       Des SS, SA d'un temps et de mœurs horrifiques.... un sigle, littéralement identique, évoque une autre époque, la nôtre. SA pour SOCIÉTÉ ANONYME.

       Proliférantes, pour certaines d'une richesse d'argent et d'un pouvoir hors imagination, complices ou tenancières des pouvoirs politiques qui montreront visage et Curriculum Vitae honorable en public, ces sociétés anonymes organisent, avec "responsabilité limitée" que leur "personne morale" chapote légèrement, en accord ou concurrence avec leurs alliés, des fichiers géants, archivés de nos identités. Les compteurs LINKY de l'entreprise française quasi-monopolistique (privée) Enedis (ex-ERDF), en cours de déploiement à marche forcée et partiellement obligatoire (une loi de contrainte passée sur fondement UE contre un corpus encore libéral et heureusement soucieux des êtres !) laissent présager la mentalité sous-jacente de leurs projets, tandis que nous préférons, sous ivresse tardive, leur livrer nos adresses, nos habitudes, nos carnets intimes et en oubliant nos voisins, bientôt nos proches.

       Les extrêmes ne cessent de se distendre. Ça va craquer sur une ligne ou la trame.

       [Sur l'anonymat des SA : https://leblogalupus.com/2017/07/25/la-liberte-nest-pas-necessairement-labsence-de-la-tyrannie/comment-page-1/#comment-125095]

       Symptomatique et utile enfin : le nouveau président de la Rép-o-ublqiue française, Emmanuel MACRON, dans son jeu de cache-cache médiatique estival (vacances marseillaises - comme il est responsable et respectueux cet homme de son pays !), a décidé de poursuivre en justice un paparazzi (les nouveaux journalistes d'investigation sans doute) pour "tentative d'atteinte à la vie privée"...

       On rigolera jaune en espérant pouvoir en faire de même.

     

        La force déterminée, aussi violente que totalitaire, souvent maquillée sous la fausse douceur de la sécurité et du confort, mieux encore d'un bien transmué (toujours plus instrumentalisé), devenue mentor préféré sinon unique des autorités, conduit-elle la dynamique de l'équilibre vital de la société d'aujourd'hui, à des milles de la vertu, de l'observation et de l'incarnation désirée, discours et représentations dévoyées d'une part, muselées et pourchassées d'autre part ? De la paraphrénie de Michel DRAC avec ses tentatives d'échappées ?

     

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