• ANONYMAT... POINT D'ORGUE (00)

     UN JOUR D'AOÛT MIL NEUF CENT QUARANTE QUATRE

    ANONYMAT, POINT CRITIQUE... 02

       "Scène survenue à Bordeaux (France), le 29 août 1944 : la mère et la fille furent promenées nues dans les rues avant d’être abattues à la mitraillette et jetées dans la Gironde." Blog de Jacky TRONEL : http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/recherches/11627-11627

     "Il y a quelques années de cela, alors que je travaillais sur"L’Épuration et les femmes en Dordogne" (article publié dans la revue d’Histoire Arkheia n° 17-18, 2006), je découvrais dans un lot de photographies de femmes tondues à Bergerac la photo de deux femmes tondues et dénudées, conduites je ne sais où par une foule excitée.
       Impossible de connaître l’identité de ces femmes, le lieu de la prise de vue et le sort qui leur a été réservé."

       Source : http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/recherches/11627-11627

     

    ANONYMAT POINT D'ORGUE

       Autre parution... aux "pudiques" retouches . Source : http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/recherches/11627-11627

     

       Ces deux femmes connues - en mal - de leurs concitoyens eurent à décliner jusqu'au bout de "leur identité" corporelle (tuées après la nudité, la tonte des cheveux et la sur-exposition publique). Une foule s'était-elle déplacée et avait-elle accompagné les meneurs ? Foule chauffée, hargneuse, vengeresse, criant tous les méfaits de sa haine (peut-être allumée au seul passage du cortège, alimentée d'une reconnaissance en flash ?), en pleine catharsis collective... illusoire. L'image si dérangeante, abominable, témoigne d'un tel échec. Bien des commentaires du blog sont à la mesure de la violence.

       Faut-il savoir "qui" "elles étaient" ?

       Est-il urgent de trouver ce qu'elles firent ?

       Oui et non.

       Présumée : laideur générale, laideur profonde, laideur gangrène.

       Et : des renversements pourris de situations pourries.

       Ensuite ?

       (René GIRARD, JÉSUS ? Pognon toujours ?)

       (JUNG ? STEINER ?...)

     

      Nota : Parce que nous lisons actuellement Des dents à l'Homme, un parcours bouleversant de Michel MONTAUD (2012) et que les pages atteintes le 22 août au soir inscrivent le jugement en leur centre de réflexion, parce que cette lecture est passionnante mais peut témoigner d'un excès de modernité (préjugé à tester, pour nous), en plus de nous positionner face à une vision outrepassant notre conception du monde, tout en posant la notion de karma attachée traditionnellement à des vies successives et définitivement reliées - de cause à effet (pour notre part, nous avons tendance à admettre le karma en activité "temporelle" - de même que l'on distingue pouvoir temporel de pouvoir spirituel, ici, - dès une seule vie - pour celles qui ont la chance de durer raisonnablement, en Occident souvent et au moins de nos jours, "seule vie" où les relations diversifiées, les occasions de changements de conditions personnelles profonds se multiplient entraînant comme plusieurs vies au sein d'une même, le décès et les naissances ouvrant potentiellement l'autre échelle de réincarnation - vrai questionnement en ce qui nous concerne cette fois, eu égard à l'évidence de forces conductrices partout et tout lieu, et pour chaque être vivant...), nous décidons ce 23 août de citer quelques propos, entrecoupés de nos éventuelles propres remarques, en premier jeu de miroir (face au lynchage de "la mère et la fille" à Bordeaux, il y a 73 ans, Michel Montaud illustrant lui-même son raisonnement du cas d'un viol d'enfant de 2 ans).

       "Nous allons élargir ce concept au "jugement véritable", le "grand", celui que la justice pense pratiquer, en envoyant aussi les gens en prison." (p. 201)

      - En d'autres temps, en toute possibilité actuelle, les envoyer à la mort...

       "... une société où le jugement est roi, où nous ne pouvons même pas imaginer une seconde la possibilité d'une différence entre une personne et des propres actes (...) la science spirituelle nous vient en aide quand elle dit que nos actes, sur cette terre, peuvent être le fruit du comportement de notre vie antérieure. Nous ne pouvons donc donner aucune explication concrète, emplie de vérité, de nos actes. Nous ne pouvons être coupables, donc jugés, pour des actions dont la cause se situe dans notre vie précédente, hors de notre conscience actuelle, car ce sont alors des compensations karmiques.

       Cette révélation est gigantesque car elle remet en question la totalité de notre système judiciaire, basé uniquement sur le jugement ; en effet la "justice" juge et condamne les personnes ayant commis des actes répréhensibles. Or si nous dissocions les personnes de leurs actes, nous devrions faire en sorte de nous attacher à ce que les actes ne puissent plus être commis une nouvelle fois, mais aider et soutenir la personne incriminée, en tant que responsable, et non l'enfermer en tant que coupable. La dissociation du jugement entre la personne et son acte nous obligerait à aller comprendre le pourquoi de l'acte négatif de la même façon que nous sommes allés comprendre le pourquoi de nos peurs"" (p.202)

       - Il nous semble que la justice cherche à juger des faits, "justement" (!). C'est du moins sa volonté affichée, louablement énoncée dans les textes et les lois (référence française). Dans la réalité, par les peines infligées, l'assimilation personne/méfaits fonctionne généralement. Pour des actes graves, toute la vie de l'être incriminé est mise en jeu, à l'exception notable de ceux qui contrôlent la justice en question (pouvoirs réels, gouvernants, "grands" financiers - des banques centrales aux autres banques, en passant par les entreprises internationales) ou leurs instrumentalisables-instrumentalisés, et parviennent parfois à se ou les disculper entièrement de leur actes pourtant des pires...

       Au quotidien, communément, l'assimilation personne/actes est courante sinon systématique. "Con" sera la personne et non ce qu'il fait ou a fait. Quant à ce qu'elle devenu il fera...Ce peut être aussi une façon de parler, d'exprimer rapidement un avis (du populaire !).

      - La distinction actes/personne (ou actes/collectivité) est extrêmement sensible, probablement centrale et louvoie avec l'anonymat... Michel Montaud développe parallèlement la notion de responsabilité (paragraphes précédant ceux consacrés au jugement). Personnellement, cela nous ramène aux pages de Robert MUSIL sur le crime irresponsable ou jugé selon cette assertion (dans L'Homme sans qualités), étonnamment d'actualité (l'Europe touchée par des attentats islamiques génère des mises en scènes et des analyses médiatiques mettant de plus en plus en cause des "fous", en cet été 2017), dont les tenants et les aboutissants sont hélas oubliés tandis que sont exposés au XXe siècle et de manière sèche, dans un livre universalisant, les termes d'un débat aussi vieux que les lettres humaines, voire l'apparition humaine sur terre...

       Quelle que soit l'échelle de regard porté sur les vies, karmique traditionnel, karmique façon Tsukeshoin, ou encore a-karmique, soit d'un matérialisme inerte (nous tendrions à promouvoir un matérialisme dynamique, riche de toutes les hauteurs et profondeurs, aux horizons quant à eux particulièrement déployés, étranger à celui sciemment pointé par inerte), la définition de l'être humain, de sa présence active et des conscience et maîtrise propres posent problème fondamental dont nous allons entretenir, à notre humble mesure, toute page dehors ou bien cadrée... la flamme, par le nauséabond si le faut.

       Au risque d'être assimilée à la puanteur, d'incarner la pourriture, le mal !?

       (Même un romancier peut se voir officiellement condamné pour ses protagonistes de papier...)

     

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