• CANNIBALISME, MMM... 10

     Anthropophagies anciennes ?

    Reconstitution scupturale Homo antecessor

       Reconstitution sculpturale d'Homo antecessor.

       Source : http://www.dinosoria.com/homo_antecessor.htm

     

       Marylène PATOU-MATHIS y fait fermement allusion dans un texte synthétique entièrement repris en Tsukeshoin et le valide : Violence humaine ancienne ? Avec l'explication d'une absence de "capacité symbolique qu'a l'être humain d'aujourd'hui", des hypothèses entérinent un cannibalisme certain, dans le cas d'Homo antecessor, par exemple. Les quelques traces archéologiques ne peuvent hasarder que des conclusions prudentes, pour d'autres.

       Ces deux versions nous ont paru valables, avant de ré-ouvrir les vannes du présent

       Celle dont est extraite la photographie : http://www.dinosoria.com/homo_antecessor.htm

        Et :

      "L'homme préhistorique était-il cannibale ?", Franck DANINOS, Science et avenir, HS n° 183, sept-oct.2015, p 56.

      COPIE INTÉGRALE :

      " "La plupart des cultures ont placé d'hypothétiques mangeurs d'hommes aux limites de l'humanité." Vincent VANDERBERG, historien à l'Université libre de Bruxelles.

       Cette question suscite des débats animés : les chercheurs se disputent autant sur l'existence du cannibalisme chez nos ancêtres que sur son importance présumée et ses motivations. "Il n'y a quasiment aucun consensus précise Vincent VANDERBERG, historien à l'Université libre de Bruxelles. Seule certitude, issue de l'ethnographie et de l'histoire des croyances : le cannibalisme est un tabou quasi universel. La plupart des cultures ont ainsi placé d'hypothétiques mangeurs d'hommes aux limites de l'humanité - qu'elles soient géographiques, symboliques ou chronologiques. Le cannibalisme relève souvent de mythes... ce qui ne veut pas dire qu'il n'a pas existé."

     Les plus anciennes traces dateraient de 800 000 ans. Telle est la conclusion d'une équipe d'archéologues qui, en 2008, en Espagne, a découvert des ossements d'Homo antecessor, brisés, mélangés à des débris animaux et présentant des fractures d'origine humaines. Vestiges selon ces chercheurs, d'un cannibalisme habituel,"gastronomique", car les sources de nourriture étaient alors abondantes. Des conclusions peu convaincantes pour Vincent Vanderberg : "Ces marques sont très difficiles à interpréter. Toutes les données que nous possédons par ailleurs sur le sujet renvoient à des comportements soit exceptionnels, tel le cannibalisme de survie, soit ritualisé."

       Le paléolithique moyen a livré des indices plus sérieux. En Ardèche, par exemple, sur un site datant de 100 000 ans, on a découvert des restes de néandertaliens dépecés comme du gibier  !"Mais ce ne sont que des preuves fragiles auxquelles il est difficile de donner sens, faute d'éléments contextuels. Il faut attendre le néolithique pour établir des conjonctures plus solides", explique Christian JEUNESSE, professeur à l'université de Strasbourg.

       Avec l'anthropologue Bruno BOULESTIN, il a montré qu'un cannibalisme de masse avait existé il y a 7 000 ans à Herxheim, en Allemagne, où un millier d'individus ont été "traités" selon les techniques bouchères de l'époque ! Or les analyses isotopiques indiquent que les victimes vivaient hors de la région où on a retrouvé leurs restes. "Elles ont probablement été capturées dans le cadre d'un cannibalisme guerrier, précise Christian Jeunesse. Mais ces pratiques n'ont pas duré longtemps, suggérant une crise sociale ponctuelle." Plusieurs formes de cannibalisme ont existé au néolithique puis dans l'Antiquité : funéraire, par exemple, et surtout "médical" (ingestion de sang, d'urine, de momies). Une pratique qui a perduré jusqu'au XIXe siècle."

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