• COCHON (sanglier) / PASTOUREAU (2009)

     UN (deux) COMPÈRE(s) HUMAIN(s) de longue date

    SANGLIER, COCHON / PASTOUREAU (2009)

       "Dans les calendriers médiévaux, décembre est le mois où l'on tue le cochon. C'est un moment essentiel de la vie rurale, marquant symboliquement l'entrée dans l'hiver et procurant des réserves de viande..." In Le Cochon, Histoire d'un cousin mal aimé, coll. "Découvertes", Gallimard, 2009 (pp. 30-31).

        Nota : C'est un homme toujours seul qui s'occupe du cochon (ou des cochons !).

     

       "La domestication du porc, située vers le VIIe ou VIe millénaire avant notre ère, est liée à la sédentarisation de l'homme. C'est un phénomène socio-économique avant d'être un phénomène biologique. Par là même, il concerne l'homme tout autant que le porc : tant que les hommes sont restés nomades, les cochons sont restés sauvages. Incapables de transhumer, il sont été domestiqués après les moutons, les chèvres et même certains ruminants, tels les rennes ou les zébus."

       In Le Cochon, Histoire d'un cousin mal aimé, page 14.

     

    COCHON, SANGLIER

     Toisonnée, frétille l'intelligence du cochon. Cochon laineux ? De ceux que choie Nicolas PÉZERIL. Source : http://www.esterkitchen.com/Bonnes-adresses/restaurants/les-sandwichs-de-thierry-breton-ils-ont-vraiment-tout-bon-bienvenue-a-la-pointe-du-grouin.html

     

       " La domestication

       Le porc n'est donc pas le plus ancien compagnon de l'homme : le chien, les ovins, les caprins et certains bovins l'ont été avant lui (à des dates qui suscitent encore bien des controverses). Mais il est l'un des animaux dont l'élevage s'est répandu le plus vite et le plus abondamment à partir de l'apparition de l'agriculture. La facilité à le nourrir (il mange à peu près n'importe quoi), l'abondance de sa viande et de sa graisse, et sa reproduction rapide expliquent cette extension précoce dans de larges zones de l'Ancien Monde.

       Le problème reste de savoir d'où vient ce porc domestiqué. Depuis BUFFON et LAMARK, les naturalistes font dériver le cochon domestique du porc sauvage, c'est-à-dire du sanglier. Celui-ci est apparu - dans l'état actuel de nos connaissances - à l'ère tertiaire, au miocène, c'est-à-dire quelque trente millions d'années avant le temps présent. mais il est probable que la famille des suidés, à laquelle il appartient, lui est antérieure d'encore quelque vingt millions d'années. Les premiers sangliers, en effet, se répartissent déjà en deux "races" : Sus scrofa d'Europe et Sus vittatus d'Asie orientale.

       Longtemps on a considéré que l'une et l'autre ont donné naissance aux races de porcs domestiques d'Europe et d'Asie. Aujourd'hui on en est moins sûr, et les zoologues semblent s'acheminer vers une séparation plus nette, dès la préhistoire, entre le sanglier proprement dit, avec ses différentes variétés, et les ancêtres méconnus du cochon domestique. Même si de bonne heure des croisements sont intervenus entre ces deux animaux - comme cela est encore aujourd'hui le cas en Corse et ailleurs -, il s'agirait peut-être à l'origine de deux espèces différentes, appartenant toutes deux à la famille des suidés, comme le phacochère d'Afrique ou le pécari d'Amérique. Tous ces animaux ont en commun un corps couvert de soies dures et raides, une queue mince et enroulée, des canines développées et quatre doigts dont deux seulement appuient sur le sol, les deux autres étant plus ou moins atrophiés.

       (...) En aucun cas, il n'a été  trouvé trace de domestication avant le VIIe millénaire.

       Encadré : Dans l'art mobilier du néolithique, le sanglier occupe une place plus grande que dans l'art rupestre paléolithique. Il est le plus souvent figuré seul, gravé sur une plaque de schiste, sur un morceau d'os, sur un fragment d'ivoire ou de bois de cervidé, parfois sculpté dans un galet ou modelé dans de l'argile. Son groin, ses défenses et son dos hérissé de poils permettent de le reconnaître aisément. La plupart des objets présentant un décor à sanglier (ci-contre et en haut) sont liés à la chasse.

       Le sanglier n'est pas la vedette du bestiaire artistique du paléolithique. Sur les parois des grottes, le cheval et le bison sont les deux animaux le plus fréquemment dessinés, peints ou gravés. Viennent ensuite le mammouth, le bouquetin, le cerf, le renne et l'aurochs. Plus rares sont les félins et les rhinocéros, et plus rares encore les sangliers. Ceux-ci ne sont pas présents que dans une vingtaine des quelque trois cents grottes ornées du Paléolithique européen connues à ce jour. Parfois, ils constituent le sujet central d'un décor, mais le plus souvent ils forment un motif isolé au milieu d'autres motifs. C'est le cas du sanglier de la grotte cantabrique d'Altamira, en Espagne, riche d'animaux divers et datable de treize ou quatorze millénaires. (...)" (pp. 14-17)

     

    PASTOUREAU (2009) 18-19

    PASTOUREAU (2009) 20-21

       Romains" aux dires de Cicéron), nous donne de nombreuses informations sur l'élevage du porc à Rome à la fin de l'époque républicaine (...)"

    PASTOUREAU (2009) 26-27

     PASTOUREAU (2009) 32-33

    PASTOUREAU (2009)32-33

    PASTOUREAU (2009) 34-35

    SANGLIER, COCHON / PASTOUREAU (2009)

       Age, les porcs purent y vivre librement, à demi sauvages. Mais lorsque cet espace devint moins vaste et qu'à partir du XIIe siècle, les bois se firent moins étendus, les porcs durent être surveillés et leur pacage fit l'objet de droits soigneusement contrôlés. (...)" (p. 38)

     

       Chapitre II : De la forêt à la porcherie. L'histoire du porc au Moyen-Age jusqu'à l'époque contemporaine est caractérisée par deux phénomènes de grande ampleur. D'abord son départ progressif de la forêt et son installation dans des bâtiments en dur spécialement affectés à son élevage : les porcheries. Ensuite, surtout à partir du milieu du XVIIIe siècle, le souci constant d'améliorer les races, les coûts et la production de viande favorisant la naissance, d'abord en Angleterre puis sur le continent, d'un véritable élevage porcin industriel." (p. 41)

     

    SANGLIER, COCHON / PASTOUREAU (2009)

    SANGLIER, COCHON / PASTOUREAU (2009)

    SANGLIER, COCHON / PASTOUREAU (2009)

      ...l'intendance de Champagne recense ainsi 92 884 porcs, contre 153 666 chevaux et juments, 213 476 bœufs et vaches et 713 015 moutons. Plus à l'est, quelques années plus tôt, un dénombrement semblable pour le bailliage de Pontarlier, en Franche-Comté, n'avait recensé que 312 cochons pour une population totale de 22 061 habitants ! Ces enquêtes chiffrées - qui seront encore plus nombreuses sous la Révolution et l'Empire - insistent sur les écarts entre bailliages (puis cantons) "riches en cochonnerie" (France de l'Ouest, régions boisées, pays de montagne) et bailliages déficitaires. Seule l'apparition de la pomme de terre permettra de réduire quelque peu ces écarts.

       Économistes et intendants ne sont pas les seuls à discourir sur le porc. Les naturalistes d'Ancien Régime sy intéressent de très prés. En ce domaine, l'Histoire naturelle de BUFFON est exemplaire car elle résume la plupart des connaissances e des préoccupations du XVIII sur la gent porcine." (pp. 42-48)

     

       Notes au 15-01-2017 :

       - Le livre de Michel Pastoureau dédié au cochon ne correspond pas au thème choisi, même si les informations qui en émanent sont pour nous très intéressantes (la domestication puis l'évolution du mode d'élevage, notamment). Le sanglier nous paraît devoir recevoir davantage de lumières. Ainsi les pages reprises jusqu'ici sont-elles temporaires et seront-elles revues en faveur de la bête... sauvage.

       - Nous avons par ailleurs écarté un certain nombre de données sur ce que l'auteur médiéviste apporte sous les appellations de Tue-cochon et Saint-Cochon, insistant sur le calendrier et les rituels. Elles participent pleinement de l'épisode au combien traditionnel de la mise à mort du cochon et nous tâcherons d'en donner un aperçu dans la page de Tsukeshoin où elles sont indiquées.

       - Le jugement négatif de Buffon longuement décrit par Michel Pastoureau rejoint pleinement la condamnation que la religion hébraïque porte sur l'animal considéré comme impur. Sur les motifs de rejet, l'auteur valorise communément le malaise face à un inclassable (les raisons invoquées pour le rejet religieux étant à l'évidence aussi difficiles à démontrer que très étendues, dans une démarche historique sérieuse). Cette proposition convaincant et passionnante rallie la critique d'un certain rationalisme arrêté sur la catégorisation, basée sur la distinction et la séparation où l'intermédiaire, le mélange sont des entraves insupportables. Il est possible que nous vivions aujourd'hui une époque tentée de dépasser ce type de frontière porteuse d'exclusions historiques connues, assurément, mais balayant du même geste le travail par distinction, et classement. Il nous semble que là réside un des fonds humains (pensée, comportement) qu'il est absolument nécessaire de garder en mémoire et d'étudier, justement, sans réactivité.

     

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