• Couleurs de peau, figurations univoques...

     Effets & préjugés s'emballent

    Chimpanzé méditatifCouleur de peau, figurations univoques...

        Sources : http://fr.questmachine.org/Chimpanz%C3%A9

       http://fandeloup.centerblog.net/6519703-chimpanze?ii=1

     

      De la distinction et des catégorisations au cœur de nos réflexes individuels et institutions humaines : de l'apparence physique aux races comme voix mortifère (dépendamment de nos riches compétences).

       De la fragilité, pour ne pas dire précarité - versant négatif, de la curiosité, de l'entrain - versant positif : quand la vie, mouvement qui vise l'équilibre dans la dynamique (la sienne et celle du donné abiologique), oscille entre affirmation et négation (le doute n'étant pas toujours la solution miracle qu'on nous dit, pas plus que le principe opératoire habituel).

       (L'évolution du capitalisme actuel, en impératif de mouvement perpétuel, où le progrès n'est même plus revendiqué, atteint au superlatif critique. Ceci d'autant dit que le capitalisme nous semble prétendre sans vergogne coller à l'essence du monde, et notamment à son acteur vu comme privilégié : l'homme - viril et blanc de peau ?)

     

      "A quoi tiennent les couleurs de peau ?", Sciences et avenir, HS n° 183 sept-octobre 2015 : "La grande histoire de l'humanité en 50 questions", Laurent BRASIER, p.73.

       "Idées reçues

       L'infinie diversité des couleurs de peau d'Homo sapiens résulte de la concentration, différente selon les individus, des deux formes de la mélanine, un pigment commun dans le règne animal : l'eumélanine (qui varie entre le noir et marron) et la phéomélanine (qui varie entre le rouge et le jaune). "D'un point de vue biologique, il y a bien des couleurs de peau, explique Géraud GOURJON, chercheur en anthropologie biologique à l'université d'Aix-Marseille. La complexité apparaît lorsqu'on s'essaie à des classifications en parlant d'individus blancs ou noirs, car il existe une infinité de nuances sans discontinuité dans la palette chromatique. De plus, notre histoire générale n'est pas directement liée à notre couleur de peau, car l'ensemble de gènes responsable de celle-ci ne constitue qu'une infime part de notre patrimoine génétique. Des personnes dites "noires", en particulier aux États-Unis, peuvent donc posséder un génome beaucoup plus proche de celui des Européens que celui des Africains."

       Un des facteurs majeurs expliquant ce nuancier de la peau humaine est la capacité de la couleur foncée à protéger des rayonnements UV. On peut d'ailleurs prédire la répartition géographique des différents coloris simplement en étudiant l'intensité des radiations solaires, ainsi que l'a montré l'anthropologue Nina JABLONSKI. Cette répartition témoigne de l'histoire des adaptations au soleil et au climat des groupes humains. "Les anthropologues s'accordent à dire que la couleur de peau ancestrale était claire, à l'instar de celle des chimpanzés, car les poils protégeaient du soleil, résume Géraud Gourjon. Puis, avec la perte du système pileux, la pigmentation foncée a été favorisée en Afrique. Enfin, la sortie d'Afrique (il y a environ 100 000 ans) a conduit à une sélection progressive des individus à peau moins foncée."

     

    Couleur de peau, figurations univoques

       Source :

    http://images.google.fr/imgres?imgurl=https%3A%2F%2Fi.ytimg.com%2Fvi%2Fsc5EI7jeuBA%2Fmaxresdefault.jpg&imgrefurl=https%3A%2F%2Fwww.youtube.com%2Fwatch%3Fv%3Dsc5EI7jeuBA&h=1080&w=1920&tbnid=SQWf8B73E4LagM%3A&docid=NA_axA_tQ2ijTM&ei=jD3AVq3LN4HcaZ2fuLAI&tbm=isch&iact=rc&uact=3&dur=1311&page=1&start=0&ndsp=18&ved=0ahUKEwitwb3Z7fbKAhUBbhoKHZ0PDoYQrQMIWjAN

     

       Notes :

       - Un clin de bouche sur une denture d'omnivore, à propension frugivore, au passage !

        - Nous nous sommes plongée pleine de curiosité dans le Hors-série des Science et avenir consacré à l'histoire originelle de l'humanité.

      Nous en avons repris certaines informations en Tsukeshoin, ici et là, et poursuivons ce jour, tant elles rencontrent nos interrogations majeures : qui est l'humain, qu'est-ce que la nature ?

       (Et qu'est-ce nous f... fabriquons ?)

       L'article attaché à la question de la couleur de la peau, notre arrêt fasciné devant les représentations paléo-anthropologiques de plus en plus réalistes que des sculpteurs spécialisés produisent, mais aussi la fragilité (à la limite de l'incohérence) de certaines conclusions (vues et lues) ont soulevé finalement beaucoup d'interrogations et des réponses, fort personnelles.

       Que la couleur de peau ait marqué l'histoire humaine toute récente (pour rappeler que  la modernité constitue les dernières secondes de l'Histoire, ainsi qu'elle l'est !) et continue d'empeser la vision du monde de sa sclérose de classification et de hiérarchisation - si violente et plus ou moins énigmatique à nos yeux, dans son entêtement -, et qu'un encart du journal sous l'intitulé "Idées reçues" tente de remettre en ordre les faits, reléguer les préjugés racistes, tout en ré-ouvrant l'éventualité de leur argumentaire, basé sur l'idéologie du progrès (une peau humaine d'abord claire, s'assombrissant sous les rayons du soleil, blanchissant avec l'installation sous de nouvelles latitudes terrestres mal desservies en soleil - soit ultime pas d'une longue marche), que des reconstitutions d'homininés, isolées, formellement proches de l'incarnation vivante, fassent oublier qu'il s'agit de choix, d'interprétations arbitraires (pigmentations, type de pilosité, taille de tel ou tel organe visible, volume de masse musculaire... morphologie individuée appelée au générique !), en dépit de l'intégration scrupuleuse du squelette utilisé, le respect des données scientifiques (quelle différence les deux images de LUCY offrent au regard, l'une proche de COO, l'autre plus conforme au mixte imagé singe-homme convenu) entre autres, nous font entériner que devant l'incertitude, le flou, le relatif, l'humain cherche et pose des repères qu'il a tôt fait d'ériger en certitudes - écriture aidant, en proie à sa sensibilité, ses peurs, et ses éternelles capacités et souplesses : champ de perception singulier, potentiel de représentation, habileté manuelle et potentiel de mémorisation, puissance d'agir, goût de la facilité, de l'affection et du pouvoir, sens de la mesure... et de la démesure.

     

    COO nageant

       Image du dessin animé Un été avec COO, Keiichi Hara, 2008.

       Source : http://www.courte-focale.fr/cinema/critiques/un-ete-avec-coo/

     

       En plus de celle de Coo, ci-dessus, nous avons jusqu'ici choisi quelques photographies de chimpanzés de morphologies très différentes... tandis que le propos de Fandeloup, - avec copie d'un texte de Frans B. M. de WAAL ("professeur en éthologie des primates au département de psychologie de l'Université Emory à Atlanta, et directeur du Living Links Center au Yerkes National Primate Research Center) - continue d'agiter les eaux du bocal (de l'intelligence, par exemple).

       EXTRAITS:

       "Comment soumettre un chimpanzé – ou un éléphant, une pieuvre, un cheval… – à un test de QI ?

       Cette question sonne comme le début d’une histoire drôle, mais elle compte en réalité parmi les interrogations les plus épineuses auxquelles la science est confrontée aujourd'hui.

       Durant les dix dernières années, les chercheurs en cognition animale ont imaginé quelques stratagèmes ingénieux pour y répondre. Et leurs découvertes ébranlent la place unique que l'homme s'octroie dans l’univers depuis, au moins, l'Antiquité grecque. Selon la scala naturae (échelle de la nature) d'ARISTOTE, les différentes formes de vie sont classées de bas en haut, avec les humains au sommet.

       À l’âge des Lumières, le philosophe René DESCARTES – un fondateur de la science moderne – considérait les animaux comme des automates sans âme. Au XXe siècle, le psychologue américain B. F. SKINNER et ses adeptes les dépeignaient comme n’étant guère plus que des machines répondant à des stimuli.

       S'ils admettaient qu’ils puissent apprendre, ils leur déniaient la pensée et la sensibilité. La notion de "cognition animale" demeurait un oxymore. Cependant, un éventail grandissant de données indique que nous avons sous-estimé à la fois l'étendue et le niveau de l’intelligence animale. (...)

       "L'échelle d'Aristote n'est pas seulement en train de raccourcir, elle se transforme en un buisson qui comporte de nombreuses branches. N'y voyons pas une insulte à la supériorité humaine. Ce dont il s’agit, c’est de reconnaître, enfin, que la vie intelligente n'est pas tant à rechercher aux confins de l'espace qu'elle n'est à découvrir en abondance ici, sur Terre, juste sous nos yeux."

     

      Morale du jour : Pas facile d'être humain, et dorénavant, d'hériter d'un monde à ce point transformé, sur-créé par les "bons" soins de celui-ci, entêté, le drôle !

     

       Un dernier texte thématique, intéressant, d'emblée embarrassant (création des humains / co-création au mieux ?) ? Sur la notion de RACE ? Interdite dans ses textes par la France (pays de la dignité légalisée et de la liberté d'expression bâillonnée)...

     

      "Tous les hommes sont-ils de la même race ?", Sciences et avenir, HS n° 183 sept-octobre 2015 : "La grande histoire de l'humanité en 50 questions", propos d'André LANGANEY recueillis par Laurent BRASIER, p.72.

       "André Langaney est professeur honoraire. Laboratoire d'anthropologie, génétique et peuplements, université de Genève.

        Les diversités génétiques et physiques humaines sont les plus fortes entre les individus d'une même population qu'entre les populations.

       Il y a deux concepts de races : les races naturelles et les races domestiques. Ces dernières créées par les humains, sont des lignées endogames (reproduites entre elles) d'animaux ou de plantes choisis pour certaines qualités, par exemple des vaches qui donnent davantage de lait. Les éleveurs ou agriculteurs excluent les individus qui ne possèdent pas ces qualités. Les races naturelles, elles, sont, au sein de certaines espèces, des populations dont les individus se distinguent. Ce qui suppose des critères physiques ou génétiques propres à à tous les individus d'une race et à eux seuls. Le Mau égyptien par exemple, est une race de chat qui possède naturellement un marquage de taches noires.

       Le concept de race domestique ne s'applique pas aux humains, qui n'organisent pas leur reproduction. Le concept de race naturelle ne s'applique pas non plus, faute de critères permettant de classer tous les individus en groupes homogènes séparés. Les diversités génétiques et physiques humaines sont plus fortes entre les individus d'une même population qu'entre les populations. Ceci rend l'espèce inclassable en races cohérentes, malgré de nombreuses tentatives. Et crée un malentendu entre le sens commun, où l'on parle de race dès que des gens diffèrent par des critères physiques ou culturels, et le sens scientifique.

       Ainsi, dire que les races humaines n'existent pas est souvent incompris. Il vaut mieux préciser : "Les humains sont inclassables. Ils ont tous une origine commune récente et ne sont pas séparés. Leur variation est continue, les populations se mélangent depuis toujours. Pensez à la transfusion sanguine : seuls comptent les groupes sanguins - les mêmes partout, sans référence aux aspects physiques ou aux origines géographiques."

       Certes, la génétique met en évidence des différences entre populations, mais il s'agit de différences de fréquences de gènes (par exemple, la fréquence d'un allèle * qui rend la personne capable de digérer le lait à l'âge adulte), pas de gènes qui seraient entièrement présents dans une population et absents dans une autre. Ces différences ne permettent donc pas de classer les individus, mais des populations définies arbitrairement, sur des critères statistiques, eux aussi arbitraires. Selon les gènes et les populations que l'on utilise, on obtient donc des classifications très différentes, incohérentes entre elles et avec les caractères physiques visibles. Ainsi, les populations "noires" d'Afrique, d'Inde et du Pacifique sont génétiquement très différents et bien plus apparentées, chacune, à des populations à peau claire qu'elles ne le sont entre elles."."

    * Allèle : Forme que peut prendre un gène.

     

    Oeil de Lucy KENNIS & KENNIS

       Œil de LUCY, extrait d'une modélisation sculpturale des frères KENNIS, d'après une photographie parue dans Sciences et vie, HS N° 183, p. 28.

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