• Création monétaire actuelle : EX NIHILO.

    Résumé historique par Sortir de l’économie mini-show de Gérard FOUCHER + Bruno BERTEZ

    http://sd-1.archive-host.com/membres/up/4519779941507678/Revue_Sortir_de_leconomie_n4_juillet_2012.pdf

       "Vous avez dit monnaie ?", Steeve, Sortir de l'économie, n°4, 2012, p.109.

       EXTRAIT :

     "Après la longue période dite du bimétalliste au cours de laquelle la monnaie était convertible à la fois en or et en argent et compte tenu de la loi de Gresham (la mauvaise monnaie chasse la bonne), l’étalon or s’est progressivement imposé. Le premier pays à l’avoir adopté a été l’Angleterre en 1816.

       A cette date, une livre Sterling équivalait à 7,322 grammes d’or et tout détenteur de billets, ou plus justement de certificats, pouvait réclamer son équivalent en or dans n’importe quelle banque anglaise. Ce système a été ensuite adopté par la plupart des pays au cours du XIXe siècle. Toutefois, ce système fut ensuite abandonné. La première guerre mondiale, puis le krach boursier de 1929, conduiront tout d’abord aux accords de Bretton woods signés en 1944 qui maintiendront la convertibilité du dollar US en or, une once d’or pour 35 $ US, tandis que les autres devises étaient, elles, indexées sur le dollar. Puis, suite à la demande de la banque de France de convertir 5 milliards de dollar en or, le président Nixon décidera unilatéralement la fin de la convertibilité du dollar en or le 15 août 1971. Enfin, les accords de la Jamaïque en 1976 viendront entériner la nouvelle donne l’ère des monnaies flottantes, ou système des changes flottants. Nous en sommes là.

       Notre monnaie est donc aujourd’hui purement fiduciaire, les pièces et les billets ne sont pas convertibles et ne possèdent aucune utilité intrinsèque (ou presque, car on peut toujours se servir des billets de banque comme tapisserie !!!). Par ailleurs, celle-ci est principalement scripturale. L’essentiel de la monnaie consiste en effet en dépôts bancaires dans les comptes courants et n’est matérialisé que par une simple écriture.

       Mais d’où vient la monnaie ? Eh bien, c’est là que ça peut surprendre ! Plus de 90% de la monnaie qui circule est créé, non pas par les banques centrales, mais par les banques classiques à chaque fois qu’on leur demande un prêt. Le simple fait de demander un crédit et de signer une reconnaissance de dette leur permet en effet de créer la somme souhaitée par une simple opération d’écriture : il suffit de changer le montant disponible sur le compte du demandeur... Théoriquement la capacité de création monétaire des banques privées est limitée par le taux de réserve obligatoire fixé par les banques centrales, on parle de système  de réserve fractionnaire. Cependant, d’une certaine façon, leur capacité de création monétaire est quasi illimitée. En effet, d’une part les banques ont la possibilité de jouer sur les frais de dossier et d’autre part les crédits créés par une banque quand ils sont déposés dans une autre banque permettent à celle-ci d’augmenter sa réserve obligatoire et donc de créer un nouveau crédit et ainsi de suite...

       Pour fixer les idées, en janvier 2009, dans la zone Euro, les billets et les pièces représentaient 717,9 milliards tandis que les comptes à vue représentaient eux 3369,2 milliards (sans parler des comptes épargnes, ni des titres de pension, etc.). Voir le livre de J.-M. CORNU, De l’innovation monétaire, aux monnaies de l’innovation, FYP éditions, 2010.

       Toutefois, comme les crédits doivent être remboursés avec un intérêt, il faut toujours davantage de monnaie pour s’acquitter des dettes en cours. L’obligation de croissance est donc au cœur même de ce système de création monétaire. Ce qui limite en retour drastiquement la capacité des banques à créer de l’argent : dans un système économique moribond dans lequel la valorisation du capital est devenue de plus en plus difficile, voire n’est désormais plus rentable dans bon nombre de secteurs, les possibilités de croissance sont bel et bien grevées de toutes parts. Aussi, les bulles de crédit, qui permettent un temps de donner un nouveau souffle et de reculer l’inéluctable, s’effondrent-elles les unes après les autres, lorsque les défauts de paiement deviennent trop nombreux. L’argent, qui un temps était là, finit par s’évanouir à la vitesse d’un château de cartes qui s’écroule. Pour autant les monnaies à cours légal, c’est-à-dire celles que l’on ne peut refuser en paiement comme l’Euro par exemple, ne sont pas les seules à circuler. (...)"

       Et maintenant, en paroles (et quelques gestes) pour notre époque seulement, par Gérard FOUCHER :

       Source :  https://www.youtube.com/watch?v=w7irMlw9OmE

      Parfois l'écrit crie mieux ! Gérard le dit plutôt gracieusement (voir ses Mini-sh ows) mais Lupus à une très grosse voix, et il peut hurler :

       "L’important est (...) dans le fait que quelqu’un a conçu cette monnaie, l’a émise, avec un ou des buts précis ; il  est aussi dans le fait que quelqu’un accepte cette pièce, qu’elle circule. Et ce à quoi elle sert dans le système, n’est pas forcément et uniquement ce à quoi les gens pensent en l’utilisant. En plus de la pièce, sa réalité objective est un tout composé de celui qui l’émet, la met en circulation et de celui qui s’en sert et l’accepte.

       Et c’est ce quelqu’un qui émet, qui dirige, qui est le maître, qui commande. Et ceux qui se servent de la pièce l’ignorent ou l’oublient. On leur fait ignorer, oublier. On détourne leur attention, on divertit , on mystifie. Comme dans les banlieues, quand les jeunes vous disent : "Je te mystifie"."

     

      # Au 19-04-2016 : Thomas JEFFERSON, James MADISON et le pouvoir monétaire, chez Blogalupus repris du Saker Francophone :

    https://leblogalupus.com/2016/04/18/pour-lanniversaire-de-thomas-jefferson-voici-quelques-unes-de-ses-plus-prophetiques-declarations-zerohedge/

    http://lesakerfrancophone.fr/pour-lanniversaire-de-thomas-jefferson-voici-quelques-unes-de-ses-plus-prophetiques-declarations

       Exemples :

       "Sur la domination des banques. Lettre de Jefferson à James MOROE du 1er janvier 1815.

       "La domination que les institutions bancaires ont sur l’esprit de nos citoyens […] doit être brisée, ou c’est elle qui va nous briser."

       Sur l’impression d’argent. Lettre de Jefferson à John Taylor du 28 mai 1816.

       "Le fait de dépenser de l’argent remboursé par la postérité, sous l’excuse du financement, n’est rien d’autre qu’une arnaque à grande échelle sur le futur."

       Et plus philosophiquement :

       "La vraie liberté est un acte libre qui s’accorde à notre volonté, dans les limites de la liberté et de l’égalité des autres. Intentionnellement, je ne dis pas "dans les limites de la loi" parce que la loi n’est souvent rien d’autre que la volonté du tyran, et donc viole souvent le droit d’un individu." "

    « REVENU DE BASE & CO DU PEUPLE A LA NATION (et à la République) »