• CULTE DE MITHRA

     MYSTÈRE, MYSTÈRES

    CULTE DE MITHRA

       "Un sanctuaire dédié au dieu d'un ancien culte mystérieux, le culte de Mithra ou mithraïsme, a été découvert pour la première fois en Corse.

        Ce mithraeum, situé dans la cité romaine de Mariana, fut construit aux alentours de 100 avant l'ère commune.

       (...)

       Après des mois de travail sur le site, les archéologues viennent de révéler qu'ils ont identifié une salle de culte et son antichambre. Ils feraient parti d'un sanctuaire religieux dédié au dieu Indo-iranien Mithra. "C'est une découverte rarissime et passionnante. C'est la première fois que nous trouvons des preuves que le mithraïsme était pratiqué en Corse. Il n'y a qu'une dizaine de sites similaires connus dans toute la France, dont le dernier a été découvert près de la ville d'Angers en 2010" rapporte CHAPON (Philippe, archéologue).

     

       Relevés par Marie CACHET, le dieu MITHRA et son culte ne sont pas les épisodes mythologiques qui nous ont le plus captivée dans notre périple avec la jeune auteur (Le Secret de l'Ourse, 2016), et pour cause : ignorance confondante. Nous allons combler (très grossièrement) le vide aujourd'hui, avec deux sources, mises volontairement en parallèle. Attention aux redites, donc, ce sont les croisements qui sont à l'honneur. Un petit retour avec Marie Cachet conclura la page dans la foulée si le temps disponible  est suffisant.

     

    CULTE DE MITHRA

       Source : http://www.cndp.fr/archive-musagora/religion/religionfr/mithra.htm


       "MITHRA à Rome", Musigora (CNDP).

       COPIE PARTIELLE SURLIGNÉE (sans images) :

       "Un dieu originaire d'Asie

         Mithra est un dieu d'origine indo-iranienne. Son nom - mitra en védique, langue religieuse ancienne de l'Inde - signifie "ami", "contrat". C'est un dieu bienveillant, qui protège la justice et veille à l'ordre du monde ; c'est aussi le dieu du serment, de l'alliance. Le premier texte connu qui mentionne cette divinité est un traité conclu entre des rois orientaux – dans des régions qui correspondent à l'Asie Mineure et à la Mésopotamie - vers 1380 av. J. -C.
         Malgré le succès des conceptions de ZARASTHOUSTRA, réformateur religieux iranien, qui affirme au VIème siècle avant notre ère l'existence d'un dieu souverain et suprême (AHURA MAZDA) qui s'oppose à l'esprit du mal et qui bannit les "anciens" dieux, assimilés à des démons, Mithra continue à être honoré ; lié à la lumière, il est le protecteur aussi bien des troupeaux que de ceux qui défendent leur territoire, et donc des soldats.
        Chez les Perses, au VIème siècle avant J. -C., Mithra est vénéré de manière officielle, en tant que divinité tutélaire du souverain. Après la chute de l'empire perse – à la suite de conquête d'Alexandre –, d'autres royaumes, ceux d'Arménie, du Pont par exemple, pratiquent le culte de Mithra. Ainsi les rois du Pont prennent-ils le nom de Mithridate, "donné par Mithra". Au premier siècle avant J.- C., des éléments de la mythologie gréco-romaine se mêlent aux légendes concernant Mithra, faisant de ce dernier un dieu hellénisé : on rapproche par exemple Mithra du dieu solaire HÉLIOS - APOLLON.
        Comment cette croyance d'origine asiatique a-t-elle pu se répandre dans des régions plus occidentales ? Il est difficile de le dire. Nous avons peu de connaissances sur la transition entre le dieu iranien et la divinité gréco-romaine. On ignore en particulier comment ce culte est devenu dans le monde romain une religion à mystères, caractéristique qu'elle ne possédait pas auparavant.

      Une "geste" racontée en images

       Ce que nous savons sur le mithriacisme est fondé sur l'iconographie, sur des peintures et surtout des sculptures, car quasiment aucun texte sacré n'est parvenu jusqu'à nous. Cette religion se présente comme un livre d'images sans commentaires et sans explications qui permettent d'en décrypter la doctrine.

       Dans l'interprétation qu'en donnent les Romains, le mithriacisme repose sur une conception mythique de l'histoire de l'univers. A l'origine, un dieu, Saturne, sort du chaos. Puis il désigne un successeur, Jupiter, à qui il remet l'insigne du pouvoir absolu : la foudre. Pour combattre le mal, présenté sous la forme d'une sécheresse qui détruit la vie, naît Mithra, qui surgit d'un rocher tenant une torche et un glaive. C'est à lui de veiller sur l'ordre du monde, d'assurer sa survie en luttant contre les esprits mauvais, en le sauvant de la sécheresse, de la soif, de la mort des troupeaux ; il va en effet procurer l'eau en faisant miraculeusement jaillir une source d'une paroi rocheuse.

        Puis il se met à la poursuite du taureau dont le sacrifice redonnera au monde la force vitale. Il capture la bête, la maîtrise et l'égorge dans une caverne, comme il en a reçu l'ordre du Soleil, par l'intermédiaire d'un corbeau messager. Les représentations romaines de cette scène sont très nombreuses : Mithra est vêtu d'un bonnet perse, d'un pantalon phrygien. Il est figuré en pleine action, dans une scène très dynamique, où le vent gonfle son manteau. Autour du dieu et du taureau sacrifié, on note la présence d'autres animaux, un chien, un serpent ; un scorpion (ou/et un crabe) mordent les parties génitales du taureau - autant de figures et d'actes symboliques. Le sang qui jaillit de la blessure, comme le sperme de l'animal, sont des principes vitaux qui vont permettre la régénération du monde. 

       Cette victoire est célébrée par un grand banquet où sont présents le Soleil et Mithra. Ce dernier, devenu Sol invictus, Soleil à la fois invaincu et invincible, monte vers le ciel en char solaire. Le mythe semble alors faire apparaître la prédominance de Mithra sur le Soleil.

       Mithra est souvent accompagné, dans l'iconographie, par le Soleil et la Lune, placés de part et d'autre du dieu. Deux personnages sont également présents : CAUTÈS, placé à gauche, sous le Soleil, porte une torche levée, et CAUTOPATÈS, à droite, sous la Lune, baisse la sienne vers le sol. L'un est le soleil levant, l'autre le soleil couchant, Mithra occupe la place intermédiaire : il tient symboliquement une position médiane (PLUTARQUE, Isis et Osiris, 46). Ces figures renvoient au déroulement du temps et rappellent l'importance des astres, et, par delà, de l'astrologie dans la religion mithriaque, où ils jouent un rôle positif.

       Les influences hellénistiques se font sentir dans les diverses représentations du groupe statuaire ; par exemple, le Soleil est figuré - avec plus ou moins d'adresse suivant l'habileté de l'artiste ou de l'artisan - monté sur un le char tiré par quatre chevaux (celui de la Lune l'étant par des bovidés). Ces scènes, destinées à l'enseignement des fidèles, sont très stéréotypées et on y retrouve des composants similaires. Certaines sont situées sur des stèles pivotantes, permettant ainsi de montrer aux adeptes deux épisodes différents au cours d'une cérémonie."

       Le mithréum

         Le culte de Mithra est intimement lié au sanctuaire où se retrouvent les adeptes : le mithréum, aucune cérémonie n'ayant lieu à l'extérieur. Ce lieu représente une grotte qui renvoie au mythe de Mithra tauroctone et symbolise le cosmos. De taille restreinte, pouvant contenir une trentaine d'adeptes environ, il est situé dans des maisons privées, des dépendances, souvent à proximité de casernes.
          Les plans de ces temples présentent des caractéristiques communes : pièce d'accès pour revêtir les habits rituels, salle cultuelle en contrebas avec des banquettes en maçonnerie inclinées comme celles d'un triclinium et placées le long des murs, stèle représentant Mithra sacrifiant le taureau, niche avec statue au fond de la pièce, plafond voûté qui représente le ciel étoilé et les planètes. Cette disposition s'avère bien différente de celle d'un temple romain.
         Le rituel qui se déroule dans le mithréum doit, suppose-t-on, comprendre un premier temps d'instruction qui prend appui sur une iconographie abondante, puis un repas rituel. Ce banquet sacramentel commémore et réactualise celui de Mithra et du Soleil. La nourriture prise permet une régénération aussi bien physique que spirituelle. Il est probable que la cérémonie comprenait des sacrifices d'animaux, et que l'eau et le feu y jouaient un rôle important.

       Religion du salut, religion à mystères

         Mithra est ainsi un dieu sauveur - sur le plan matériel aussi bien que spirituel, et son geste d'immolation du taureau a une dimension cosmique : "Le sacrifice est le fait non des hommes, mais des dieux, et c'est un acte de création : le sacrifice fonde le monde" (R. TURCAN, Mithra et le mithriacisme, p. 103).

         Le culte de Mithra, en passant de l'Orient à l'Occident, est devenu, à l'instar d'autres cultes grecs, une religion à mystères. Lors de son initiation, le futur adepte (le néophyte), passant de l'obscurité à la lumière, meurt symboliquement, puis renaît à une vie autre. Les rites initiatiques exigent courage et endurance physique. C'est peut-être à la rudesse de ces épreuves que fait allusion le texte, sujet à caution, de l'Histoire Auguste :

       "Sacra Mithriaca homicidio uero polluit, cum illic aliquid ad speciem timoris uel dici uel fingi soleat." Histoire Auguste, Commode, IX, 5.
        "Il [Commode] profana par un sacrifice humain réel le culte de Mithra ; habituellement on se contente d'y raconter ou d'y simuler quelque scène capable d'inspirer l'effroi."

       Les cérémonies s'achèvent sur une poignée de main avec le Pater, manifestation physique du pacte, du serment qui lie les mithriastes. Les initiés s'élèvent graduellement dans la hiérarchie, selon une "échelle" codifiée de sept grades, qui les conduit à remplir différentes fonctions :

    Grades Planète tutélaire Signification symbolique, attributs
    Corax,
    Corbeau
    Mercure messager
    caducée (attribut du dieu messager Mercure), gobelet
    Nymphus,
    fiancé, épousé
    Vénus alliance
    lampe, torche nuptiale, diadème
    Miles,
    soldat
    Mars l'adepte est combattant, soldat de Mithra
    casque, pilum, sac
    Leo,
    Lion
    Jupiter feu céleste, force purificatrice
    pelle à feu, sistre, foudre (attribut de Jupiter)
    Perses,
    Perse
    lune fécondité, gardien des fruits
    faucille, croissant de lune
    Héliodromus,
    Messager du soleil
    soleil courrier du soleil
    couronne radiée, flambeau, fouet du soleil
    Pater,
    père
    Saturne commandement, autorité
    bonnet phrygien de Mithra, serpe de Saturne, baguette du commandement

       Ces sept degrés sont représentés graphiquement, à Ostie, dans le mithréum de Felicissimus, comme autant de "portes" symbolisant le chemin que parcourt l'âme. Chaque initié porte une tenue cultuelle spécifique, très colorée. En effet objets et rites participent à la réactivation d'un mythe compliqué et ont une forte charge symbolique. La doctrine est complexe, mais elle donne à l'adepte une explication globale et cohérente du monde : il peut se situer dans le temps comme dans l'espace, dans une histoire du monde comme dans un univers où l'astrologie joue un rôle prépondérant. Il s'inscrit dans la dynamique d'un salut apporté par un dieu sauveur qui agit pour les hommes, et dans la lutte (suivant un principe dualiste hérité des origines orientales) entre le bien et le mal. Une inscription trouvée dans le mithréum de Sainte Prisca, à Rome, souligne cet aspect :

        "Et nos seruasti (a)eternali sanguine fuso." (la lecture du mot (a)eternali est difficile et sujette à discussion)
        "Et nous, tu nous as sauvés en répandant le sang porteur d'éternité." AE 1941, 0076 = 1946, 0084.

       Le dieu ne promet pourtant pas à ses adeptes une existence exempte de difficultés : la vie est grave, rude, et la lutte requiert la fraternité cultuelle des adeptes, ainsi qu'en témoignent les inscriptions du mithréum de Sainte Prisca :

        "Nubila per ritum ducatis tempora cuncti."
        "Les temps sombres comme les nuages, passez-les dans l'accomplissement des rites, ensemble."
        "Dulcia sunt ficata avium, sed cura gubernat. "
        "Délectables sont les foies de volaille, mais ce sont les soucis qui tiennent le gouvernail.
    "

       La doctrine même reste cependant obscure sur bien des points. On ne peut par exemple avoir de certitude sur ce qui était révélé à l'initié à l'issue de ces épreuves, ni sur ce qu'il lui était permis d'espérer pour une vie dans l'au-delà : on ne peut affirmer que les adeptes aspiraient à l'immortalité ; peut-être avaient-ils adopté la croyance en un retour cyclique du temps.

       (...)

      Regards antiques

       Il est impossible de déterminer ce que les auteurs latins pensèrent du développement du culte de Mithra, pour une raison très simple : ils n'en parlent pas. Très rares sont en effet les textes littéraires antiques qui font ne serait-ce qu'une allusion au sujet. STACE évoque rapidement, en deux vers, la scène centrale de la geste de Mithra, la plus représentée aussi :

       "[...] seu te roseum Titana uocari
    gentis Achaemeniae ritu, seu praestat Osirim
    frugiferum, seu Persei sub rupibus antri
    indignata sequi torquentem cornua Mithram."
    (STACE, Thébaïde, I, 716-720. Stace termine ainsi, à la fin du chant 1, une invocation à PHÉBUS.)
        "Soit je t'invoque sous le nom vermeil de Titan, suivant l'usage du peuple achéménide, soit tu préfères celui d'Osiris, dieu de la fécondité, ou celui de Mithra qui, sous les rocs de l'antre persique, tord les cornes du taureau rétif."

         Les seules sources qui soient accessibles sont les inscriptions. Mais celles-ci, dans leur grande majorité, sont des dédicaces rédigées de manière très stéréotypée, et qui, si elles nous renseignent sur l'identité du donataire et les qualificatifs attribués à Mithra, ne donnent que bien peu d'informations sur la perception qu'ont les Romains, dans leur ensemble, de cette divinité.

         Il faudra attendre les auteurs chrétiens pour pouvoir lire quelques lignes sur le sujet. Et ces derniers ne ménagent pas leurs critiques envers des pratiques religieuses qu'ils perçoivent comme inspirées par le démon, et d'autant plus blasphématoires qu'elles présentent de dangereuses ressemblances avec leurs propres rites et croyances : par exemple le repas sacramentel où l'on partage pain et vin, un dieu sauveur qui régénère le monde grâce au sang répandu...(TERTULLIEN, Traité de la prescription contre les hérétiques, XL). Cette animosité se manifestera également, plus tardivement, par la destruction volontaire des sanctuaires à Mithra et des représentations du dieu, clairement attestée par les fouilles archéologiques : le christianisme, en lutte contre le paganisme, veut éradiquer le culte de Mithra.

     

       "MITHRA et le Soleil", Jacques PRÉVOST.

       Source : http://jacques.prevost.free.fr/cahiers/cahier_35.htm#a5

       COPIE SURLIGNÉE :

       "Mithra était un dieu solaire, mais aussi un sauveur des hommes. Il vint d'Iran par le canal des Phrygiens, et trouva probablement son origine plus lointaine dans le dieu indien védique MITRA, "l'Ami . Son culte est apparu vers le ~5ème siècle et a donc précédé le mythe chrétien de plus de 600 ans. Il fut tardivement célébré dans le monde hellénistique qui tendit à l'assimiler à HERMÈS. Mithra joua d'abord un simple rôle de médiateur entre AHRIMAN, le Mal, et le Dieu suprême, AHURA MAZDÂ, la Lumière du Soleil. Il grandit ensuite et en vint presque à l'égaler. "Je le créai aussi digne de sacrifices, aussi digne de prières que Moi-même, Ahura Mazdä. (Avesta, Yasht 10, strophe 1). Mithra était une lumineuse image du Soleil, violent et guerrier, impossible à vaincre. Il fut même assimilé tardivement au Sol Invictus d'AURÉLIEN. Son culte ne se répandit dans l'Empire qu'à partir de 90, mais son importance devint ensuite très grande, surtout chez les militaires.

      Voyons donc le mythe. Sur l'ordre du Soleil, apporté par un corbeau, Mithra est associé au salut du monde en mettant à mort un taureau qu'Ahriman vient d'infecter pour vicier la source universelle de la vie. En sacrifiant l'animal, il répand son sang éternel avant qu'il soit corrompu. De cet épanchement, Mithra fait naître les plantes et les autres créatures. Il arrache ses proies à l'Esprit du Mal et monte ensuite sur le char du Soleil. Il est donc à la fois démiurge et sauveur, et par ce baptême de sang, ses fidèles obtiendront l'éternité.

       Le culte à Mystère de Mithra (Mithriacisme ou Mithraïsme) ne se reliait pas aux antiques religions agraires. Il était associé à un dieu solaire transcendant qui intervenait dans les affaires du Monde. Le mythe se retrouve sous diverses formes dans d'autres religions, car il s'agit d'une divinité très ancienne. Á l'origine, c'était un dieu iranien bienveillant qui protégeait les justes, et on l'identifié dans l'Hindouisme à coté d'Indra, dans le Zoroastrisme d'Ahura Mazda et, peut-être, dans le Manichéisme. Le culte procédait d'un syncrétisme associant diverses croyances moyen-orientales. Mithra était toujours représenté portant un bonnet phrygien et tuant un taureau. Á partir de la Grèce, le culte fut importé à Rome par les légions, et au premier siècle, le Mithra grec devint le "Mithras" romain, identifié dés le 1er siècle. Son culte avait lieu dans un temple appelé "mithraeum". Les premiers temples de "Mithras" furent des cavernes arrosées de sources. Puis on les construisit en pierre sur ce modèle intérieur. Dans une longues salle, on trouvait à droite et à gauche, deux banquettes sur lesquelles les fidèles s'allongeaient à la Romaine pour prendre les repas sacramentels. Un couloir central reliait l'entrée, où étaient placées des vasques, à l'autel où était disposée l'image de Mithra éclairée de lampes. La voûte était très souvent décorée d'étoiles, et les murs ornés de peintures. Le culte était quotidien et l'on sanctifiait tout particulièrement le dimanche, dédié au Soleil.

        De très nombreux temples consacrés à "Mithra ou Mithras" ont été édifiés du 2ème au 6ème siècle dans tout l'empire romain. Ils étaient toujours de taille réduite, impliquant de petites confréries, exclusivement masculines. L’acte cultuel de base était le sacrifice d'un poulet, parfois d'un mouton, rarement d'un taureau. La victime était consommée au cours d'un repas en commun commémorant le banquet fait par Mithra et le Soleil après la mort du taureau. Dans les initiations, on offrait du pain et, semble-t-il, du vin, avec des invocations secrètes. Le rituel quotidien du Mystère est resté relativement secret. Nous savons cependant qu'il comportait sept degrés hiérarchiques d’initiation associés à des symboles astraux ainsi qu'à des fonctions précises et des positions bien définies dans le temple. Il semble que le premier degré, les Corbeaux, associés à Mercure, assuraient le service des repas, le second, les Époux à Vénus, les Soldats à Mars, les Lions, à Jupiter, brûlaient l'encens et fournissaient le sacrifice, les Perses à la Lune, les Courriers du Soleil portaient probablement les torches, et le Père lié à Saturne, coiffé d'un bonnet phrygien, portait une baguette et un anneau comme un évêque. Il était à Rome le chef suprême de l’église mithriaque. Les initiations étaient complexes. Leurs cérémonials comportaient divers renoncements, un baptême d’eau, un marquage au fer rouge sur le front, un simulacre de mise à mort et des rituels propres à chaque degré.

    CULTE DE MITHRA

        "Positions des degrés hiérarchiques dans le Mithraeum. De l'entrée en bas vers l'autel en haut : Les Corbeaux, Les Époux, Les Soldats, Les Lions, Les Perses, Les Courriers du Soleil, Le Père, L'image de Mithra."

       Selon la légende, Mithra naquit adulte, sous un arbre sacré, près d'une source également sacrée, d'une pierre, (d'autres disent d'une vierge). Il portait un bonnet phrygien, une torche et un couteau, (ce qui dut grandement compliquer la parturition). Immédiatement adoré, il but à la source, coupa des fruits sacrés et s'en nourrit, puis il se confectionna des vêtements de feuilles. Dans la montagne, il rencontra le taureau primordial, le saisit par les cornes et le chevaucha. L'animal l'entraina dans un galop sauvage et le fit tomber, mais Mithra s'accrocha à ses cornes jusqu'à l'épuiser. Puis le dieu attacha le taureau, le chargea sur ses épaules et poursuivit son chemin. Arrivé à la grotte, un corbeau envoyé par le Soleil lui demanda de faire un sacrifice. L'immolation du taureau caractérise la statuaire rituelle. Mithra appuie le genou sur le garrot de l'animal dont il relève la tête. Il le poignarde de la main droite tandis qu'un chien et un serpent en boivent le sang et qu'un scorpion lui pince les testicules. Le Soleil et Mithra partagèrent ensuite un repas. On ignore la véritable signification de l'allégorie. Il semblerait que la scène tend à représenter la victoire de la vie sur le mal. De nombreux symboles astrologiques lui sont associés, le serpent (hydra), le chien (canis), le scorpion (scorpio), le taureau (taurus). Associé à la lune, le taureau symboliserait la source de la vie viciée par le scorpion d'Arhiman. En tuant le taureau, Mithra purifie la source de vie et d'incarnation des âmes.

       Les mithraïstes envisageaient la fin du monde comme une conflagration universelle, et à la fin des temps, la tauroctonie se renouvellera, purifiant l'univers. Le culte de Mithra impliquait un système cosmogonique complexe, qui donnait à l’astrologie une place importante dont on retrouve les traces dans les ruines des sanctuaires. Ce culte n'a jamais réussi à pénétrer les couches populaires et est toujours resté le fait d'une certaine élite en particulier militaire. Il est entré en concurrence avec le développement du Christianisme, tout particulièrement au moment de la promotion par l’empereur AURÈLIEN du culte solaire dit "Sol invictis". Ces cultes étaient de dangereux rivaux pour le Christianisme qui prenait de l'expansion. JULIEN l'Apostat essaya donc de l'affaiblir par la promotion du culte de Mithra et du Soleil. Les connaissances que nous avons des croyances mithriaques sont incomplètes. Les informations proviennent surtout d'observateurs chrétiens qui n'étaient pas fort objectifs, et l'archéologie demeure la principale source d'informations. Le Mithriacisme ne survécut pas à l'essor du Christianisme qui effaçait ses symboles et bâtissait ses églises au dessus des vieux temples. Un élément subsista cependant jusqu'à nos jours. La fête de Mithra avait lieu le 25 décembre. Le Christianisme la perpétua dans la fête de Noël. Le 25 décembre célébrait la naissance d'un nouveau soleil et cette date fut conservée par les chrétiens pour célébrer la naissance de Jésus."

       Source : http://jacques.prevost.free.fr/cahiers/cahier_35.htm#a5

     

     

    CULTE DE MITHRA

       Le mithréum sous l'église Saint-Clément, à Rome. Source : http://www.cndp.fr/archive-musagora/religion/religionfr/mithra.htm

     

       # Ajout du 08-01-2019, Marie CACHET donne sa version et ses explications : https://www.youtube.com/watch?v=OHfrgBO1WUI

     

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