• DANSE DES VACHES

     Dans un monde de brutes (dites civilisées)

    DANSE DES VACHES

       Vache (jersiaise ?) à l'écomusée de La Bintinais de Rennes (35). Le 30-05-2010. Comme est belle cette jeune mère, toute en "songerie", peau douce et cils baissés.

     

       Lorsque les beaux jours arrivent, la sortie des étables aussi, parfois..., faisant des heureuses, à presque tous les coups ! Des vaches (ou génisses) se retrouvent : en troupeau galopant, caressant l'herbe, se roulant au sol. C'est la danse des vaches, à faire pleurer de joie ceux qui la voient, peut-être plus encore ceux qui l'organisent (?).

      Cette habitude du monde agricole est traditionnelle et se voit autant disparaître dans les élevages sans pâturages (la grande et sinistre tendance), qu'inexistante dans les... écomusées, incidemment dignes des villages Potemkine que peut citer Jocelyne PORCHER à propos du Salon de l'agriculture de Paris (où les animaux présentés finissent généralement directement à l'abattoir, après le premier et dernier round de pavane publicitaire en chambre).

     

       Course et troupe. Lourdes et légères. Belles amies. Source : https://www.youtube.com/watch?v=Lyg1dtx-Kdg

     

       L'élevage contemporain est un sujet très dur, et nous nous en tenons à distance, abattue par la moindre bétaillère suivie ou croisée sur la route. Et il y en a en Bretagne, région très grosse "productrice" de cochons, de poulets, de lait, de VIANDE et d'aliments transformés... Agriculture, agro-alimentaire. Ça sonne lourd et paraît-il richesses.

       Des millions d'animaux y sont tués chaque année pour y être consommés là ou ailleurs, d'autres y sont exploités pour leurs propre production (œufs), sans que plume, sang, graisse, gélatine, déchets (co-produits, sous-produits) de toute nature ne soient négligés (valorisés !) pour telle ou telle filière elle aussi productive, et rentable - à un niveau ou l'autre ; si ce n'est l'exploitant, ce sera la coopérative, ou l'intermédiaire de fonction, le transformateur ou le vendeur-distributeur qui "s'en mettra plein les fouilles" (créera la vraie valeur, la seule, soit l'argent, selon la Critique éponyme). D'autres encore sont exterminés à peine éclos, d'être du "mauvais genre" (cas des poussins mâles destinés à la fabrication de croquettes pour animaux familiers : sont-ils écrabouillés vifs dans des entonnoirs à vis, comme le montrent certaines vidéos aux origines inconnues ?). Des millions de bêtes sont "élevés" (c'est pure ascension !?) dans notre mélancolique pays de logettes à jambons, de poulaillers concentrationnaires, avec pour seul objectif de nous servir. Ils sont donc à notre disposition, sous notre bon vouloir et nos prérogatives. Les abattoirs quant à eux... Laissons les médias faire leur miel et leur audience, le spectacle... inépuisable (du sacrifice multirécidiviste, voire de pratiques sadiques). Un confrère architecte nous a raconté un jour l'odeur atroce qu'il y sentit (en "mission") et reconnut : celle de la peur totale. Une odeur inoubliable, pour lui protégé de l'enfer (quoique de ces "archis" "cascadeurs" - ses mots et nécessité), une odeur d'une rare violence, terrible, une odeur... inouïe. Une odeur de la peur ajoutée à la peur, à la mémoire de la peur, aux traces de la peur, aux piétinements innombrables dans la peur... l'odeur physique et profonde de l'effroi. Celle des ténèbres infinis ? (Annie LE BRUN, SADE, l'abîme) Avec la mort annoncée, débitée, après une vie de renoncements forcés, programmés, huilés ?

       Nous, de Keriadenn, en Bretagne - sommes pratiquement incapables de regarder ce qui se passe dans ce monde de l'élevage - nom si bizarre (empreint d'une sacrée prétention...). L'enquête sur réel est hors de notre portée, sensibilité invalidante ? L'élevage NOUS PRÉOCCUPE salement.

       Nous avons abandonné les aliments d'origine animale - à l'exception des œufs - depuis deux ans, sans que le motif en ait été la "cause du vivant". C'est la conviction d'une erreur d'aiguillage ancestrale, d'une vérité évidente (?), dévoilée avec conviction par des végé-crudivores principalement (ex Vivre-cru désormais Régénère, Crudivegan, Veg'an bio, Douce frugalité, Vitalité verte, Irène GROSJEAN de mémoire), qui a balayé d'un trait les habitudes familiales et sociales. Quel soulagement pour autant, limité hélas, de ne plus être directement et entièrement complice de cet élevage qui semble avoir définitivement emprunté la voie de la folie, du pur calcul, de la cruauté, de la monomanie, à quelques modérations près...

       Soulagement limité seulement donc, car nous accueillons un assez grand nombre de chats... entre dix et vingt selon les périodes, alimentés de croquettes... La préoccupation et la complicité ne peuvent se dissoudre si facilement (de coups de fourchette, et de manducation humaines modifiées), quoi qu'il en soit, quoi qu'il arrive ! Tandis que la disparition en nos terres d'Occident des derniers mammifères de grande taille, ou de plus petite, oiseaux, rongeurs, etc. que pourrait engendrer la fin de l'élevage par de nouvelles modalités alimentaires, peut interroger, comme le fait Jocelyne PORCHER.

       Lancinante, inévitable, la question de la nature revient, globale, traversante (transversale, bah), avec celle de la place que nous, Homo sapiens (le mal nommé ?) occupons et nous octroyons, plein d'illusions et de peur, sur la Terre, - manière d'y vivre de priorité Tsukeshoin, avant toute considération de nombre (la "surpopulation" détourne notre regard, d'autant plus que l'aspiration à la dépopulation que cache à peine cette notion-sentence intéresse sûrement certains, et que son application serait évidemment puante, méthodes stériles, inodores et contrôlées de mise ou non), la Voie faisant la vie.

       De la place des humains, de leur peur, de leur désir de se préserver en s'adaptant... ou en adaptant autrui et le milieu (par la transformation de ceux-là hier, par la soumission et l'élimination de ceux-là principalement aujourd'hui !), toujours plus..., fort d'une intelligence singulière (peut-être inaboutie ?). Le capitalisme est la réponse actuelle à succès pandémique, et elle nous détruit, autant qu'elle détruit tout, appuyé sur de maîtresses clés.

       N'en oublie-t-il pas ?!

       Avanti Tsukeshoin. Encore, va ! Car la réponse est oui.

       [En annexe : https://doucefrugalite.com/2016/04/30/noix-de-cocos-singes-en-laisse/ Pauline est végane et le revendique, œuvre socialement dans ce sens.]

      

       # Le 30 avril 2016, émission d'Alain FINKIELKRAUT (Répliques, France Culture) sur l'élevage et ses misères. Elle est à l'origine de ce billet. Y ont été invités Jocelyne PORCHER, habituée de l'excellente émission Terre à terre de Ruth STÉGASSY (également sur France Culture le samedi matin, mais à 7 heures), et un vétérinaire, Yann SERGENT, ayant hélas assez peu de connaissances sur les différents élevages (vaches essentiellement), et d'une conformité réflexive... étendue (hélas bis).

       Écoute et présentation :  http://www.franceculture.fr/emissions/repliques/des-vaches-et-des-hommes-0

       Notes purement sélectives (pense-bête, dame !) :

       - Jocelyne PORCHER détaille son itinéraire, à la demande de l'animateur. Citadine, secrétaire dans une très grande entreprise, elle est devenue éleveur(e) de brebis, et productrice de fromages dans la région de Toulouse, pendant environ 10 ans. Elle a arrêté pour cause familiale (sans donner d'autres explications malgré les questions, la suite montre que son entreprise ne pouvait marcher que parce qu'elle n'était pas seule..., comme tant d'entreprises de même type, précise-t-elle). On apprend donc indirectement que son activité n'était économiquement pas viable... Après diverses formations consécutives à l'abandon de son entreprise rurale, elle est devenue chercheur(e) à l'INRA,  orientée de son expérience passée, rarissime dans le monde de la recherche (autre misère !).

       La chercheure distingue absolument l'élevage comme co-production (association, collaboration humaine et animale) de la production industrielle animale, datant du XIXe siècle, avec l'apparition de la zootechnie. Autant elle critique cette "exploitation" ayant pour seule ambition la production économique de chairs, de matière à vendre, elle défend l'élevage et la domestication des animaux. Elle va jusqu'à s'inquiéter des mouvances végétariennes et véganes ainsi qu'anti-spéciste (cette dernière refusant la séparation entre espèces animales et humaine, toute séparation possiblement ?), faisant le lit de la disparition des bêtes concernées par l'élevage, finalement.... Son propos et sa cause sont à connaître et réfléchir.

          Jocelyne Porcher est l'auteur d'Une vie de cochon (La Découverte, 2008), Cochon d'or. L'Industrie porcine en questions (Quae, 2010) et de Vivre avec les animaux. Une utopie du XXIe siècle (La Découverte, 2013)

       - Yann Sergent dans le rôle de l'avocat des normes et mœurs industrielles dans l'élevage - laitier (lui-même spécialisé et arguant très souvent, et avec une certaine rigidité, par le biais scientifique de sa spécialité) expose les recherches d'Henri LABORIT sur le stress. Attaque ou fuite sont les premières solutions de l'organisme vivant en situation intranquille, puis l'apathie prend le relais si le stress est trop violent (durée, intensité et/ou ne peut être géré), en imposant une baisse de l'immunité naturelle dangereuse. La graduation réactive se distingue des trois solutions classiquement entendues en équivalence. Qui récemment nous a répété ces phénomènes organiques, en particulier ? Thierry CASANOVAS ne cite que fuite ou attaque. En attente de souvenir. Eureka, quelques jours plus tard (11-05-2016) : ce doit être Jean-Pierre LEPRI, dans son décryptage de la peur.

       - Alain FINKIELKRAUT cite un extrait du livre de Jonathan SAFRAN FOER, Faut-il manger les animaux ? Il s'agit de quelques lignes sur l'élevage porcin aux États-Unis. L'aperçu en dit long.

     

    ELEVAGE ANIMAL

       Source : http://www.marianne.net/alain-finkielkraut-danse-les-vaches-100242317.html

       Voir aussi : http://www.koreus.com/video/vaches-heureuses.html 

       https://www.youtube.com/watch?v=071y-oRFDWY

     

       Note :

       - Un petit clin d’œil à la "bêtise" médiatique, au passage, et à ses ravages, puisqu'Alain Finkielkraut est ici à l'honneur, tandis qu'il aura été bousculé et chassé de cercles de Nuit debout à Paris récemment... cercles qui se prévaudraient pourtant de bienveillance, de démocratisme et d'ouverture d'esprit. Nous n'avons pas fouillé la nouvelle (et peut-être répétons-nous le discours dominant, continuons en surenchère de "connerie" - n'est pas médiaphile qui veut), le philo-médiatiste n'a certainement pas besoin de notre soutien, et nous sommes très souvent (quand nous l'écoutons, rarement et même déboutée suivant le thème de son émission de France Culture uniquement) à des mille (vaches) de lui, sur l'école, et tant d'autres sujets, mais cet homme a su pointer pour nous en son temps l'arrogance probable de la notion d'invention humaine face à celle de découverte (ce qui n'exclut pas une capacité humaine à créer, au diapason de l'énergie vitale, qui sait dans le balayage définitif des autres notions !). Il a su aussi nous montrer sa sensibilité réelle et son questionnement tous azimuts, du sérieux (lorsqu'il n'est pas directement impliqué ?).

       L'article du journal Marianne (référencé à la suite de la photographie ci-dessus) est de ces textes mi-rigolards, mi-instruits, classiques d'un milieu journalistique français, pour lesquels la cause animale, la nature (et tant d'autres réalités) ne sauraient susciter aucun autre intérêt qu'amusé, et plutôt superficiel, - dans le fond méprisant ? Alain Finkielkraut se démarque à l'occasion (de plus en plus ?) de ce microcosme tellement influent et... surréaliste (d'une créativité... ?), interroge depuis longtemps notre rapport aux autres, aux animaux, avec souci, et, Marianne de le rappeler d'ailleurs, suscite le dialogue avec Élisabeth de FONTENAY, brouille comprise, avec de nouvelles têtes selon ses arpentages, cherche à répondre... Agaçant, et même insupportable à dose accrue, rarement écouté, jamais lu, nous le saluons amicalement et ponctuellement (au moins) pour son affection des vaches !

       Nota : Il fut, selon Annie LE BRUN l'un des seuls étiquetés "intellectuels" et/ou "nouveaux philosophes" (ça date) à montrer de la lucidité sur le conflit yougoslave (Les Assassins et leur miroir, 1993).

       Une courte suite, trouvée dans le Liberté-Hebdo de Gérard FOUCHER du 30-04-2016 (http://paper.li/GerardFoucher/1336220012?edition_id=5cab09f0-0ea3-11e6-8df6-0cc47a0d1605) :

      http://www.contrepoints.org/2016/04/24/248913-alain-finkielkraut-et-la-liberte-dexpression

     

     

    Carte postale étable bretonne

       Mur d'étable dans une maison bretonne. La cloison de bois est découpée de baies circulaires, elle donne sur l'hôte. Admirables compagnies. Source : https://www.pinterest.com/pin/301389400041573110/

       Nota :

       - Bientôt les champs, mesdames ? Même si le foyer a du bon, on le sait tous !

      - Carte postale aussi précieuse que célébrissime... Avec des vaches belles et cornues "à l'indienne", à l'extrême. Cornes au vent, cornes antennes ! Aujourd'hui bafoué, mutilé par certains, autant que recherché par les biodynamistes, l'organe est essentiel et selon ces derniers, irriguent les bovins d'une cosmique vérité, d'une alerte ouverture, rééquilibrant la phénoménale intériorité, digestive notamment, des familiers ruminants (Biodynamis, N° à retrouver). Bonne pour la terre, bonne pour la vie, la corne emplie de bouse, enterrée au moment propice, est un excellent coffret à ferment destiné à ensemencer le sol.

       Et la Bretonne, campée, bras étendu vers le mur, étagère de fortune, table merveilleuse.

       (Je suis folle... de passion ou d'amour.)

     

       # Au 05-05-2016, en travaillant sur internet, une publicité avec vaches a fait irruption. Une scène, une compétition de danse... Un jury observe et note. Ce sont des cuisiniers d'une marque de fast food. Après le plateau de théâtre... le plateau repas arrive, avec les images d'un hamburger qui grossit des couches de fromage et de viande s'empilant... Les charmantes vaches aux sabots danseurs (de fausses pattes pour le film, comme les toques et tout le reste) devraient-elles inspirer la faim ? Curieux, et même incitateur à la prise de conscience que notre salive ne survient pas forcément d'un individu bovin charmant.

     

       # Relayé dans la revue de presse de Lieux communs, un texte de Paul THIBAUT (souvent invité aux Répliques d'Alain FINKIELKRAUT) :

       http://ac.matra.free.fr/FB/20160424thibaud.pdf

       Source : https://collectiflieuxcommuns.fr/136-revue-de-presse-semaine-du-01-05

     

       # Une humoriste qui joue sur la naïveté voire la bêtise (légendaire) féminine, Nicole FERRONI, nous décrit un peu le système digestif de la vache. De la rumination - pour bâcher gentiment Roger-Paul (DROIT ?) -, de la régurgitation et de la "pourriture" (thème prochain en Tsukeshoin) :

       https://www.youtube.com/watch?v=b_maxVe8jwA

     

       # Les projets d'élevage intensif semblent vouloir défoncer les limites (au 16-06-2018) : http://marchedescobayes.org/2018/06/12/jour-41-42-sans-elevage-industriel-la-vie-est-plus-belle/

     

    « Quest-ce que la VIE / SUING (2016)Encore un SEUIL en Tsukeshoin ? »