• DETTE 5000 ANS / GRAEBER (2011) / DRAC

     600 PAGES : 43 MN IN EXTENSO (AVEC FOCUS ÉGALITÉ)

       "Résumé des thèses principales" de Dette, 5000 ans d'histoire de David GRAEBER, 2011 (édition en français Les Liens qui libèrent, 2013) par Michel DRAC, le 19-01-2017. Source : https://www.youtube.com/watch?time_continue=2&v=24X49S1ajcQ

     

       Beaucoup ont acheté le pavé de David GRAEBER  mais combien l'ont lu (600 pages ?). Michel DRAC l'a lu, et le recommande sérieusement.

       Indispensable Michel DRAC (déclaratif dans ses foi et opinions dont politiques, grand lecteur, d'une large curiosité, s'efforçant de transmettre le plus clairement possible sa compréhension, subtil autant que fouille-merde - éventuellement amateur des miasmes, et surtout sensible à l'humanité et sa nature), sa lecture de Dette, 5000 ans d'histoire nous avait laissée en suspens de réécoute que, bourbier oblige et mendicité abordée, il est temps de rompre et de creuser.

       Bienvenue dans une pratique aujourd'hui complètement débridée et incroyablement vieille - "civilisationnellement parlant - au point qu'elle ne peut que parler magistralement notre espèce (sous cette organisation généralement flattée et très sélective !), avec, pompon de la rétrospective de David Graeber, renversement de quelque préjugé historique courant, carrément de notre goût.

       (Il s'agit avant tout de la dette d'argent, ou monnaie-dette, dont les faits chatouillent bien évidemment la dette morale, dette devoir.... qui mobilise au moins l'aumône au mendiant,  - la dette d'honneur plus ou moins  instituée, proche cousine, à ne pas oublier de la liste immatérielle des dettes... incarnées "ici-bas".)

     

    DETTE / GRAEBER (2011)

       Le graphique reprend-il le cas américain seul ? "La production de crédit continue, elle accélère. Pas de deleveraging, au contraire le ratio de dette sur GDP s’envole ce qui traduit la dépendance vis à vis de la dette et le rendement décroissant des dettes dans leur fonction de production de la croissance du GDP." Source : https://leblogalupus.com/2017/10/23/le-grand-transfert-la-suite-la-seule-chose-importante-the-big-picture/comment-page-1/#comment-128674

       Pour la France, Dette publique (sans autre détail) nous déclare le 24-10-2017 à 10h15, un montant en mouvement perpétuel (à la hausse) de  2 245 917 834 100 euros contre plus de 2 098 817 900 000 euros le 24-01-2016, à 12h55. Combien depuis ?

      Sources : http://www.dettepublique.fr/ (http://tsukeshoin.eklablog.com/dettes-publiques-a120163740).

     

       Transcription à la volée, surlignée et annotée (très subjectivement) :

       Michel DRAC - Définition de la dette : c'est la "mathématisation de l'obligation d'un débiteur à l'égard d'un créancier. Ce qui implique d'entrée de jeu que si on considère que la créance elle-même est mathématisée, la dette et la monnaie, c'est pareil. (...) Dette et monnaie se concrétisent mutuellement."

       Nota : Gérard FOUCHER, activiste de la monnaie (avec la levée de voile sur la création bancaire actuelle ex-nihilo, son livre Le Secret de la monnaie (2012) et la recherche d'alternatives - plus radicales qu'elles n'y paraissent ?) souligne la notion d'UNITÉ de MESURE dans l' "argent", grâce à la comptabilité mutuelle - selon lui immémoriale et tout aussi historique. La "mathématisation" reste au centre des trois formules (dette, monnaie, comptabilité mutuelle).

       MD - "Comment la dette a-t-elle été vue dans l'histoire ? En pratique, l'impact des phénomènes d'endettement sur les sociétés ne dépend pas tellement de ce que la dette est, ça dépend surtout de ce que les sociétés pensent ce que la dette est. (...)"

        Une "constante très curieuse" apparaît dans le temps : "la dette a toujours été un objet de scandale, plus que n'importe quelle institution, même l'esclavage. Dans les société humaines, la dette met les gens plus mal à l'aise que l'esclavage ou le servage.

       Pourquoi ?

       Hypothèse de l'auteur (que valide volontiers Michel Drac) : la dette "part curieusement d'un postulat d'égalité. Le débiteur et le créancier ne sont pas hiérarchisés selon un ordre stable. Donc, quelque part, quand à cause de la dette, il y a des riches et des pauvres, il y a scandale parce que les riches auraient pu ne pas devenir riches et les pauvres auraient pu ne pas devenir pauvres. Quelque part, derrière la dette, il y a l'idée que si les pauvres sont pauvres, c'est un peu de leur faute. Le débiteur a échoué à tenir son rang. Il n'a pas réussi à rester égal au créancier. (...) La dette met en accusation une partie de la société, ce qui n'est pas le cas de l'esclavage. L'esclave n'est pas l'égal du maître, le serf n'est pas l'égal du baron féodal. Avec la dette, il y aurait dû y avoir une égalité, il n'y en a pas."

       Notas :

       - En écoutant ceci, mettant immédiatement en doute l'égalité initiale (en statique) dans la dette - puisque l'un prête à l'autre et non l'inverse (et pré-supposément, l'un le peut et le veut - "bien" ? -, l'autre ne le peut pas (?), et veut - "bien" ?! - emprunter), mais aussi gênée par la cause du scandale invoquée par Michel Drac (à la suite ou non de David Graeber), la notion de POSTULAT (doublé de l'adverbe "curieusement") prend une signification cardinale. Impossible de ne pas s'emparer abstraitement du sujet (Tsukeshoin !), en s'appuyant sur le transfert de moyen(s) - "immatériellement matériels", que représente le prêt d'argent à priori, sur fond d'incertitude autant que de contrat (et de lien fort : engagement et même obligation), de nature peu matérielle en première analyse.

       Plutôt qu'une égalité initiale (et qu'il faudrait tenir - "tenir son rang", dit Michel DRAC), laquelle réside cependant aussi fortement qu'a minima dans la contractualisation, posant deux parties volontaires à s'entendre et aptes à visualiser un scénario d'accord (égales dans ces capacités - "immatérielles", au moins), une sorte de PARI d'ÉGALITÉ (égalité des chances, la fameuse !?) transparaît, le scandale attaché, en vision dynamique. Le pari est en effet et d'emblée bercé d'une chance : celle d'établir un équilibre entre parties, par la dette.

       Approche pas à pas, glissando (des préjugés et intuitions à l'examen "phénoménologique").

       (Indifféremment à l'Histoire, méconnue !)

       Dans le prêt concédé, celui qui n'avait pas "acquiert" ce que l'autre avait - et n'a plus, et le temps de son emprunt au moins, ajuste les niveaux de possession...

       De l'égalisation "en marche"... (!)

       Avec un niveau de possession qui s'ajusterait sur une période de jouissance égale alors ? En durée ?

       Accroc franc et de poids à l'égalité dans la dette ?... devant les délais de détention... limités. Le prêt est par vocation, temporaire.

      Le créancier peut certes prêter successivement, par périodes dûment chronométrées... En stakhanoviste chevronné de l'équilibrage ? Chevalier de l'égalité ?

       Toussotement permis.

       Le créancier prête-t-il "tout" ce qu'il détient, par ailleurs, ou une part essentielle de ses biens ? Ou ne se sépare-t-il - dans le projet, un moment - que d'un excédent qui le met difficilement à égalité avec un débiteur qui pourrait être, de son côté dans la nécessité de ce qu'il emprunte..., n'ayant rien ou peu ?

       "Le débiteur et le créancier ne sont pas hiérarchisés selon un ordre stable" formule Michel Drac. Incontestablement. (L’abstraction adoptée entretient-elle le flou, ou la dette témoigne-t-elle d'une souplesse inhérente et/ou...incidemment celle d'embrumer les places ?)

       La dette - immatériellement matérielle, avançant l'égalité instable des contractants, ramène à ces derniers et interroge instamment leur niveau matériel premier, en plus de pointer le rééquilibrage potentiel dans son exercice. Riche - pauvre, selon la dichotomie habituelle... Très riche, très pauvre, modérément, également !? Nombre de combinaisons existerait-il, et tout le long de la créance, parcourant la balance égalité/inégalité, initiales, courantes (pendant la dette), et... à l'issue du remboursement, attendu.

      L'issue justement : la capacité de l'autre à rembourser l'un est entendue... mais demeure risquée. C'est ce sur quoi Michel Drac s'arrête (en reprenant sans doute Graeber ?), validant à ce propos la déchéance du débiteur de n'avoir pu remplir le contrat de confiance, source du scandale et origine du malaise profond (de n'avoir pas tenu son rang)... Égalité sollicitée, l'échec la saborde. Fragile ?

       Y a-t-il intérêt dans la dette, de plus ? Usage de l'usure ? L'intérêt versé en plus du remboursement, s'il est usité... réduit encore l'expression de l'égalité !

       A moins que le prêt permette une flambée de revenus au débiteur (enrichissement)... qui peut rembourser avec la gratification due... à celui qui se priva (le degré de privation étant pour autant plus ou moins relatif, donc) pour le profit de l'autre.

       Bingo, alors  ! Pari emporté ? Là sont les viva !? Les cartes des biens ont été rebattues pour le succès du débiteur, mais aussi du créancier. "Gagnant / gagnant" ! selon l'expression tout aussi fameuse de nos jours que "l'égalité des chances". (Damnées d'expressions, en ce qui nous concerne...) La dette a permis et offert beaucoup au débiteur sans altérer, au contraire, les ressources du créancier qui a retrouvé son lot et davantage...

       Réalisation de l'égalité ! Victoire !? Accomplissement, succès, réussite parfaits ! Hourra ! Bingo !

       D'une égalité d'ambition (et de fond ?!, sans S !), moins certaine matériellement, l'égalité pleine et entière l'aurait emportée...

       [Sous ces auspices, le don - allocation pure et simple - en lieu et place de la dette, voie directe d'une égalité matérielle dans l'idée d'un équilibrage, possiblement blessant pour le fier récipiendaire (a reçu, recevoir ? sans rien y avoir fait, parce que qui ? au nom de quoi ?) et frustrant pour le créancier revendicatif de sa générosité (retour de peu de consistance physique), en devient fade, triste, insuffisant et même dangereux, avec ses questions ontologiques, triturant les situations, les faits et états... la justice - et/ou Dieu.]

       Pourtant...

       Les hourras du succès ne cachent-ils pas une autre inégalité de fond, organisée par la dette elle-même ?

       Avant que le schéma idyllique de l'accomplissement, ivresse et flous prenants, n'advienne, et ne récompense ses contractants - de manière généralement pas si égale (gratifications diverses gagnées dans la dette), l'emprunteur qui reçoit, - c'est entendu dans l'accord -, de quoi changer sa donne, voit l'essentiel lui incomber. Contrairement au créancier, il ne s'agit pas d'attendre mais de transformer la situation pour pouvoir non seulement revenir ou conserver l'état initial (restituer le prêt) mais parvenir à un résultat valable, avec une marge quantitative notable. L'effort est au rendez-vous, que le défi rend facilement dantesque... quand détenir amollit la potentialité des moyens (avoir ce qu'espéré, dès lors pourquoi...).

       [On admire au passage la magique merveille gisant au cœur de la dette : l'impératif catégorique d'un "bien" sommé de rester lui-même tout en devenant autre chose soit davantage : transmutation ! Prestidigitation ? Ce que seule l'abstraction mathématique permettrait ? Chiffres, nombres, et équations... Baste ! La monnaie ! Divine matière... Dans un "mariage fécond" avec l'action humaine ?... où l'action humaine et d'éventuelles autres forces, alliées (naturelles) ne seraient finalement que le seul et véritable axiome ?!

       Oui (de modérato), avec la monnaie en MOTEUR... sidérant !? Moyen universel et appétant. Et des règles pour cadrer les ardeurs, ou les carences ! Deux arguments émis pour justifier et vanter la dette...]

       Égalité toujours admissible entre un actif et un passif ?

       Sauf si créancier en souffrance... de n'être que patient, dépossédé de ses propres initiatives de fructification... Patience recouvrant effort.

       L'obligation de rembourser au pilotage, finit de troubler l'affaire, en vérité. L'obligation de rembourser s'avère nerf et baguette (fouet ?) du pacte.

       Outre le devoir de rendre ce qui a été prêté, à l'identique, des clauses tendent à garantir le retour par des procédés plus ou moins coercitifs, sinon abusifs ?, peu compatibles avec la seule jouissance de ce qui est devenu sien (!?) sauf à considérer la dépense... de soi... comme jouissance... (possibilité très honnêtement non exclue). Au royaume du risque, du manque partial et manquement plausible, prévalent l'inquiétude et la pression riches de procédés d'assurance décomplexés. L'échéancier de remboursement (qui peut courir dès signature), l'intérêt, l'hypothèque, etc..  : autant de conditions régulières et classiques de la dette pèsent lourdement sur le déroulement des opérations. Tout est bon pour éviter le défaut craint par-dessus tout.

       Il faut rendre.

       Ambiance.

       La définition juridique française de la créance a l'avantage d'exposer la situation de droit, basique parfaitement inégale, créée entre les contractants.

       "Le mot "créance" désigne un droit que détient une personne dite le "créancier" à l'encontre d'une autre personne dite le "débiteur" ou la "personne débitrice" qui lui doit la fourniture d'une prestation. Une même prestation peut concerner plusieurs créanciers ou plusieurs débiteurs ou les deux à la fois. Le débiteur est l'OBLIGÉ du créancier. L'objet de la créance consiste en une obligation, soit de donner, soit de faire soit encore, de s'abstenir de faire. Traditionnellement on oppose la créance qui est un droit de caractère personnel au droit de propriété qu'on dit, à tort ou à raison, être un droit sur la chose."

      (Source : https://www.dictionnaire-juridique.com/definition/creance.php)

       La dette est scandale, de ceux qui perturbent l'ensemble du système social, est-il dit...

       La créance comme le crédit résonneraient-ils trop de CROYANCE, bien au-delà de la CONFIANCE.

      La dette anime. Échafaudage temporel, elle met en relation, en mouvement et posture des personnes à travers l'accès (donné ou perdu temporairement) à des biens ou moyens matériels comme immatériels mobilisés et mobiles (jusqu'à l'attendue métamorphose !) sur la base d'un engagement mutuel. Elle instaure des phénomènes humains vitaux (miser, projeter, agir - qui peut consister basiquement à subvenir à ses besoins, maîtriser, obtenir, contrôler, sanctionner) mesurables en échec ou succès sous le regard commun des contractants ou plus encore.

       Selon la situation première des parties, selon leur capacités personnelles, selon le contexte et les conjonctures, une gamme assez variée de déroulements est possible, dont l'issue de certains est particulièrement bouchée ou tutélaire (mise sous dépendance).

      Aborder la dette par un postulat d'égalité et par le scandale permet de passer en revue des modalités relationnelles singulières basées sur un "échange" immatériellement matériel tout aussi particulier (le prêt sous conditions obligatoires) en abordant la psychologie humaine si sensible à la possession, à l'image de soi, à la transformation - des choses et des êtres, au résultat de ses entreprises, à la réalité avec ses perspectives et ses limites, etc. et d'objectiver tranquillement l'ensemble des faits, et le modus de l'étonnante affaire.

       Le prêt matériel, par "mathématisation de l'obligation du débiteur envers le créancier" présage déséquilibre de possession matérielle à l'avantage du premier sur le second que l'examen des parties dans l'absolu fait toutefois vaciller (un pauvre - modérément pauvre ? peut prêter à un riche, par exemple, lequel peut prêter à un riche, de même fortune...) tandis que la dissymétrie des configurations au cœur de la dette (ce que l'observation de cette dernière abonde) interroge du début à l'issue de la dette... en ne cessant pour autant de questionner et même de requérir l'égalité (postulat).

       Un profil habituel des acteurs de la dette se fait-il jour historiquement ? Des acteurs se dessinent-ils franchement ? Les figures riche - pauvre, caricaturales (et de ce monde), que la dette suscite mentalement incarnent-ils la pratique ? Qui prête habituellement ? A qui ? Un bilan des opérations, échecs et succès (et pour qui) est-il disponible à travers les âges qui s'illustrent aujourd'hui d'us défiant la raison (création monétaire ex-nihilo, taux zéro ponctuels, négatifs en haute instance, puissantes finances et banques centrales, investisseurs-rois et quémandés, dématérialisations, crédit généralisé, envolée des prestations locatives, etc.) ?

       Scandale, scandale.

       Une réponse vient-elle aux lèvres ?

       Lire le livre de David Graeber !?

       "On ne prête qu'aux riches" ?

       Chute de Rome par refus d'effacement ?

       Louis XIV endetté jusqu'au cou (couronne épargnée) malgré des taux d'imposition populaires draconiens ?

       Micro-crédits de Muhamad YUNUS.

       Subprimes (2007 et après) ?

       L'entreprise anglaise Brighthouse (qui exerce des taux d'intérêt pharamineux dans ses crédits-acquisitions alléchant des fonds off-shore de la reine d'Angleterre) ?

       A envisager la richesse des acteurs (toujours aussi abstraitement et minimalement), l'idéal (?) de la dette, réalisé, pointe des contractants proches en situations financières, et/ou un endetté chanceux ou énergique, inspiré, entreprenant, valeureux, mais aussi assuré... Des dons et dotations, de la solvabilité. Ou encore des conditions de prêt adaptées à ses contractants et le contexte. Bref, de la fortune, bonne ou sonnante.

       Le scandale de la dette, relevé par Graeber, insinuant l'échec du processus, paraît porteur de beaucoup plus que l'accusation d'impuissance du débiteur (empreint de vexation profonde), seul cas décrit - par Michel Drac, en l'occurrence. Quelque chose comme un MARCHÉ de DUPES, la manipulation, l'illusion... la traitrise surnagent, et semble-t-il latentes ou avérés sous tous les angles du processus.

       Le fait de contracter à hauteur d'homme ou de collectivité responsable, le bénéfice et la perte temporaires de moyens supérieurs mis sur la table brassent incontestablement l'égalité, mais comme pour mieux la mettre en question, jeu et péril, avant ou autant qu'un échec avec l'aveu scandaleux d'une incapacité dans le cas d'un non-remboursement, et la légitimation du riche et du pauvre (cas repris par Michel Drac).

       Chaque aspect de la dette révèle surtout la distinction des places et des rôles des contractants, à quelques exceptions près parfaitement identifiables (des fortunes déjà citées, dont participent les circonstances extérieures encore propices), si la différence et mieux encore l'effacement de la hiérarchie la tendent assurément.

       Cette distinction entretient l'inégalité de fait tout en promouvant l'exercice et l'ascension de son contraire. La probabilité de réussite accomplie semble dramatiquement faible (en terme d'égalité) au regard de la dureté effective qu'elle implique à peu près systématiquement : charge, devoir, soumission, activité sous le joug de l'obligation et du contrôle-punition, charge (ne serait-ce le travail ou kravail ?).

       Et quand les comptes sont mathématisés ou se veulent mathématisables, le total des opérations affiche le clair et net. En cas de défaut - quel qu'il soit, il est cinglant comme la dureté du réel éclate à la figure.

       Les promesses non réalisées sont mal vécues, c'est notoire.

       Si elles se sont jamais qu'une histoire d'illusion, une escroquerie... un pari infaisable ou biaisé ?

       Que les jeux sont franchement pipés, les besoins et/ou les aspirations intenses, le public conséquent.

       Un deal dont on peut ne plus sortir...

       Conclue dès le début dans une sorte d'égalité relative (dans la tête et les yeux, en superficie du plus sûr, et de peu de matérialité financière en général) projetée sur l'avenir, pleine d'espoir, la dette laisserait-elle miroiter l'équilibre quand il ne s'agirait que de mettre en mouvement et au travail, par de nouveaux moyens celui qui y croit... ou n'a pas le choix et saisit la main tendue (avec billets), main devenant vide le temps de mieux soustraire et taper (!), renforçant l'inégalité si ce n'est oblitérant toute égalité... à quelques exceptions reconnaissables et véritablement critiques (l'égalité pure y est rare et reposerait sur des dotations similaires ou ajustables chez les acteurs pour une dette entre amis ou par coup de force entendu).

      A une humanité tenue de se prouver, sur le plan matériel au moins, dans la dette, le dépit de l'échec est cuisant, certes. Rarement supportable sans même qu'une destitution personnelle (ou collective) soit en jeu, il arrime durement le présent en plus de pouvoir invalider sérieusement l'avenir... épilogue dévastateur dans une démarche projective, et comme si diligemment entretenue.... Tous les ingrédients de l'explosion sont à blanc quand l'idée d'un leurre, si tentant dans les marécages du pari, est manifestement vécue, finissant d'allumer la mèche (imbibée pré-chauffée). Le scandale. Morale, sens du devoir, responsabilité d'autant plus bousculés et révoltés qu'ils sont les ressorts de la dette, et plausiblement les clés de l'expression aboutie de l'égalité... (proposition à examiner).

       En restant matérielle, c'est-à-dire à la croisée du nécessaire et du superflu, drames et permissivités... aux conséquences parfois (souvent) impitoyables, marquée par l'ambition et l'appât du gain, la dette ne serait-elle, toujours odieuse, une ignominie si ce n'est L'IGNOMINIE, au cœur des relations vitales d'échanges et de respect, qui fait, sainement, réagir un primat humain fort de son égalité et de sa liberté primordiales (notre conviction de fond) - que ces dernières soient toujours mises en question et plus ou moins savamment organisées (ordonnancées) dans ce qui est appelée civilisations ?

       Quant à l'argent (monnaie) comme moteur, doublé de l'intérêt du marché - conclu (contrat) comme règle, justifications courantes de la dette que la connaissance des motivations et limites humaines contredit facilement tant ces dernières comportent d'heureuses expressions indemnes de modalités aussi quantificatrices et sévères, la question de l'apport des changements intervenus dans les vies humaines, individuellement et collectivement à sa suite, doit permettre d'y répondre, ramenée sur la réalité du milieu (hostile ou aussi essentiel que fondamentalement sensé, même de peu), et de l'être (concurrentiel et/ou coopératif).

     

       MD - "Il a fallu que les sociétés inventent des méthodes pour gérer ce scandale."

       Nota : Présentation efficace mais troublante en termes scientifiques (dont historiques) ! Et qui valide au passage une dette comme naturelle.

     

       Comment ? "GRAEBER nous dit qu'il y a 3 façons"

       1 - "Abolir le scandale de la dette en mettant les choses en commun" (avec prêts mutuels, réciproques). "Tout le monde est en dette avec tout le monde et "personne n'est particulièrement en dette avec qui que ce soit. (...) C'est ce qu'on appelle le communisme primitif, ça existe encore dans les familles, ça existait très largement dans les tout petits groupes humains des sociétés primitives.

       Quand la société prend une certaine taille, ce n'est plus possible.

       2 - Connu en anthropologie pour des sociétés déjà plus élaborées et dans le cas d'échanges entre groupes, peut exister "la mise en place de systèmes d'échanges ritualisés". L'échange est utilisé comme une sorte d'affrontement symbolique qui ne peut être débouclé que par un match nul et, comme il n'y a jamais de match nul, le jeu ne se termine jamais. Il s'agit d'une "sorte de procédure ludique" que les cultures de marchandage illustrent. En relèvent encore les système d'échange de cadeaux de valeurs approximativement égales. La circulation des biens est assurée, tandis qu'il est impossible de constater l'existence d'une dette. On n'est jamais dans une situation où quelqu'un a reçu trop pour qu'on se dise qu'il est incapable de rembourser. Le système tourne et ne s'arrête pas.

       Il ne peut y avoir pléthore de biens à échanger dans de tels modèles, ni de risque que certains possèdent trop peu pour ne plus pouvoir rendre ce qu'on leur prêtera.

       3 - "Lorsque certaines sociétés deviennent plus complexes, où certains individus sont forcément plus habiles ou plus agressifs, il n'y a plus d'échanges possibles entre le riche qui peut prêter beaucoup et le pauvre qui ne peut rendre que beaucoup moins. D'où l'apparition de clientélisme, d'où la formulation de ces rapports de clientélisme, d'où l'émergence de hiérarchies féodales, d'où la construction ENSUITE d'un État qui va systématiser ces rapports inégaux, voire inéquitables pour encadrer ces hiérarchies. Le scandale est constaté mais on va apprendre à vivre avec. On va mettre en place des dispositifs de contrôle, de contrôle social, parfois par la violence, d'autres fois par la culture. "On va s'accommoder du scandale de la dette plus ou moins en ESSENTIALISANT les rapports de domination, à travers des systèmes de castes ou au minimum de classes sociales conscientes d'elles-mêmes. A ce moment-là, on glisse vers l'esclavage, le servage, le SALARIAT, etc., tous les systèmes de hiérarchies qui permettent de rendre le scandale de la dette un peu moins insupportable."

      Nota :  Essentialiser, voire aussi NATURALISER, terme utilisé par les PINÇON-CHARLOT sociologues, par exemple, pour décrire ce que les très riches, selon eux, cherchent à établir comme aussi vrai que définitif, à savoir leur supériorité intrinsèque sur le reste de la communauté humaine.

     

       MD - "Implication importante" : "l'idéologie contemporaine est complètement déconstruite simplement par ces premiers constats. Aujourd'hui, nous vivons dans des sociétés où il est admis par principe que l'échange doit se faire entre des individus calculateurs et rationnels, et que c'est le cadre de toute relation normale... David Graeber prouve, de manière tout à fait convaincante,  que c'est un ENFERMEMENT à l'intérieur d'une IDÉOLOGIE. Il y a eu plein de sociétés avant où l'échange n'était pas ça."

       L'habillage actuel des dominations est de pair analysée par l'auteur. L'idéologie du marché, chère à l'école classique, par exemple, qui se base sur une histoire de systèmes de troc est fausse (...) : "avant l'institution du marché, la monnaie servait surtout à arranger les mariages et un petit peu à éviter les vendettas en dédommageant les familles des victimes de meurtres mais elle ne circulait pas en tant qu'instrument de l'échange, très peu. Le marché qu'on nous vend aujourd'hui comme un outil de libération qui encadre des individus calculateurs et rationnels, seul possible dans le monde libéral en quelque sorte, n'est pas du tout le contraire de l’État et ne s'y oppose pas. Il a été organisé par les États pour pouvoir DISSIMULER le scandale de la dette, pour pouvoir ORGANISER DES PROCESSUS de DOMINATION. L’État et le marché ne sont que deux formes complémentaires du même principe : la hiérarchie dissimulée derrière l'échange calculateur."

       13:00 mn : Cette thèse générale est défendue par l'anthropologue en balayant 5 000 ans d'histoire.

       - Faits saillants par grandes époques (livre riche en détails), lesquelles ont construit leur idéologie de l'essentialisation de la domination à partir d'une idéologie de LIBÉRATION à l'égard de la domination elle-même gangrenée de l'intérieur par cette espèce de pouvoir, de contamination, ce pouvoir proliférant du scandale de la dette.

       - Les systèmes d'argent-dette dont on nous parle aujourd'hui et qu'on dénonce à juste titre, remonte à l'origine de la civilisation...

     

       "Mésopotamie - 2017, même combat." Inénarrable Gérard FOUCHER. Pas retrouvée pour l'occasion, la vidéo explicitant la consanguinité impôts et monnaie (l'identité de fait et historique) que l'auteur du Mini-Show dit puiser chez David Graeber. Source : https://www.youtube.com/watch?v=z5HZYu1U-wE

     

         MD  - Mésopotamie (tablettes, temples-banques ou coffre-forts, jubilés d'annulation de dettes par cause de surendettement), Égypte antique (pas de prêt à intérêt mais double peine en cas retard de remboursement, tardive finance privée). C'est la stabilité de ces grands empires agraires, somme toute primitifs, qui aurait permis l'administration de systèmes de dettes complexes. Très lentement, une crise civilisationnelle est née... dont l'Ancien testament se fait l'écho.

       La transformation de la monnaie sociale (mariages, vendettas, échanges ritualisés) en monnaie de crédit (et d'endettement) a entraîné la perte de valeurs fondamentales dans les sociétés elle-mêmes de l'époque. Ce qui servait jusque-là à exprimer le caractère sans équivalence de la vie humaine, est devenu un moyen, au contraire, d'exprimer l’équivalence entre la vie humaine et quelque chose de matériel. Sur le marché naissant à cette époque, la vie d'un homme devient une chose monnayable. Petit à petit, un réseau de codifications enserre ces sociétés, avec un droit autour de la PROPRIÉTÉ, et donc, lentement l'émergence de l'institution de l'esclavage au sens qu'il a pris ensuite dans l'Antiquité classique.

       Le Livre de l'Exode : révolte contre cette évolution... "Premier rejet d'une logique qui s'est accomplie depuis sous diverses formes jusqu'à la forme contemporaine du SALARIAT qui fait de chacun de nous à la fois son propre esclave et propre maître (qui fait que chacun de nous se vend sur le marché).... "Dans un monde où les cités-États et les empires agraires étaient entourés d'immenses territoires encore laissés sans encadrement politique majeur structuré, la révolte prenait généralement la forme d'un exode. Les pauvres ne renversaient pas le pouvoir de villes, ils quittaient les villes." .

       Complexité de la critique vétéro-testamentaire au passage. Dans l'Ancien testament, il y a la fois la codification du système de domination ET le rejet de cette codification...

       - Antiquité classique ? Observation fascinante de David Graeber  : les pièces de monnaie apparaissent en 3 endroits du monde simultanément, entre 500 et 600 ans av. JC (autour de la mer Égée, Chine du Nord, vallée du Gange) et les premiers philosophes grecs, BOUDDHA et CONFUCIUS énoncent leur pensée, aux mêmes endroits. Hasard ? Non, schéma logique.

       "Le début de l'Âge du Fer est marqué par la dislocation des grands empires de l'Âge du Bronze, ces grands empires très stables qui permettaient des relations intuitu personnae et l'émission d'une monnaie de crédit", avec l' "accélération du mouvement de fuite hors système" suivi d'une interruption du mouvement de fuite (les grands empires s'étant effondrés de l'intérieur). A ce moment-là, le pouvoir géo-politique s'est disséminé. De nouveaux acteurs, beaucoup plus nombreux, moins puissants, essentiellement des cités-États, ont voulu se reconstituer en empire, mais sans bénéficier du contexte de la grande stabilité de la Haute-Antiquité. D'où la frappe de la monnaie métal : c'est la monétisation des métaux jusque-là stockés dans les temples, ce qui permet d'avoir un étalon qui peut circuler, même s'il n'y a pas de garant centralisé."

       Selon Graeber, ce monde de la monnaie métal a été beaucoup plus brutal encore que le monde précédent. Plus la monnaie est admise comme quelque chose qui EXISTE EN SOI, et non comme une convention, plus les rapports qu'elle structure sont brutaux, car le caractère pseudo-matériel de la monnaie permet au créancier de s'affranchir de l'accord du débiteur sur l'UNITÉ de COMPTE.

       C'est vrai ! (Drac). C'est la grande critique que les CHARTALISTES, c'est-à-dire les partisans comme conventions adressent généralement aux métallistes, c'est-à-dire les partisans de la monnaie comme marchandise. A un certain moment, si on admet le MÉTALLISME, on construit un système de pensée où l'on n'a plus besoin de l'accord des dominés pour les dominer.

       Le refus du matérialisme et l'émergence de l'idéalisme politique, portés par les grands penseurs, est une réaction à la pensée organisée par le monde de la monnaie métallique, à la pensée de THRASYMAQUE, de KAUTILIA, celle des légistes chinois, réaction à l'emprise de la matière.

       (25:00 mn - Graeber parle peu des débats présents à la fin de l'Ancien Testament...)

       De l'empire romain (triomphant d'abord mais fatalement failli de par son besoin vital d'expansion et du christianisme... la religion qui s'est définie en réaction à la monnaie métal.

       Au Moyen-Âge, le marché qui avait été fabriqué dans l'Antiquité a réussi à reprendre le dessus sur ces religions, ces philosophies issues du rejet de l'idéologie du marché.

       L'effondrement des grandes civilisations antiques, s'il a pu se montrer terrible pour les citadins, a été "une LIBÉRATION pour les RURAUX". "La période que nous percevons historiquement comme une grande période de recul, le Ve, VIe VIIe siècles ont aussi été une époque de PROGRÈS pour une partie de la population. L'esclavage a été abandonné. Il a été remplacé par le servage mais le servage est déjà mieux que l'esclavage. Les villes ont effectivement implosé, mais parce qu'elles n'avaient plus les campagnes réduites en immenses plantations esclavagistes pour les nourrir. L'argent, les métaux précieux ont eu tendance à revenir dans les temples. Les espèces métalliques ont beaucoup moins circulé.

       Il semblerait qu'ait été rejoué, au Moyen-Âge, selon Graeber, ce qui s'était passé dans la Haute-Antiquité. On a retrouvé des empires agraires très stables, avec des espèces thésaurisées dans les temples, des relations économiques à petite échelle intuitu personnæ avec des systèmes de monnaie chartalistes.

       En Europe, cela s'est fait surtout autour d'une sorte d'empire religieux. Dans l'Europe médiévale, c'est l'émiettement complet au niveau de l'autorité politique mais l'autorité religieuse est relativement unifiée (papauté), c'est aussi l'époque où les monastères fonctionnent comme des fonds d'investissement avant la lettre.

       En Chine, c'est une bureaucratie confucéenne qui fait la synthèse entre le marché et une sagesse issue d'une réaction contre une idéologie du marché.

       Dans le monde musulman, c'est le droit qui est issue de la religion qui produit une organisation monétaire originale." Le chèque de banque est une ses inventions.

       Avec une réintroduction progressive de la monnaie de crédit, la fin du Moyen-Âge rejoue "ce qui s'est passé au début de l'Antiquité classique. La logique de l'intérêt conquiert de l'intérieur les forces religieuses une fois qu'elles deviennent maîtresses du métal précieux."

       La religion, contrairement à son principe initial de réaction (libération de l'idéologie de la dette) finit par devenir un moyen de codifier l'essentialisation des rapports de domination par la dette. Voir la théologie thomiste d'un monde hiérarchisé depuis Dieu, selon Graeber... qui peut détenir une vérité... Domaine sensible.

       C'est l'époque des grands débats médiévaux entre nominalisme (si le nom de l'unité de compte monétaire lui admet une réalité, idée vulgairement assimilable au nominalisme) et réalisme, où le métallisme se voit réhabilité (la monnaie a une valeur en elle-même, indépendamment de l'accord du débiteur).

       Fin du Moyen-âge, tout est prêt pour voir ressurgir de nouveaux empires romains que sont les grands empires de la Renaissance et des temps modernes.

       A nouveau, on a une économie de l'argent métal, des SYSTÈMES PRÉDATEURS en expansion. La grande différence réside dans le fait que le financier prend le pas sur le militaire. La finance européenne qui est détentrice d'un grand pouvoir d'intermédiation mais qui n'a pas de pouvoir militaire direct prédomine désormais sur le militaire. Dans l'Europe de l'époque, le pouvoir politique reste relativement morcelé alors que le financier a inventé des instruments de coordination à très grande échelle. Des financiers italiens tiennent par la dette les aristocrates espagnols qui vont aller chercher chez les Amérindiens de quoi payer les intérêts de leur dette.

       Longue histoire... (...)

       A un certain moment, le système de la dette a atteint une telle complexité, une telle puissance qu'il révèle sa nature satanique. Il a transformé le monde en réserve de biens à piller. Il a construit un mode de pensée où les motivations humaines ne peuvent être ramenées qu'à l'intérêt... mode de pensée vraiment luciférien parce que si l'on répute que la monnaie  une existence en elle-même, indépendamment de la convention sociale qui la fonde (posture anti-chartaliste pure et dure), le système de la dette et en particulier du multiplicateur bancaire qui permet au banquier de prêter plus qu'il a en caisse, amène le financier au point où il peut considérer qu'il crée quelque chose à partir du néant, on en tout cas, ils peut convaincre les gens qu'il peut le faire et il le fait bel et bien dans les relations économiques....

       Créer un être à partir du néant est la prérogative de Dieu. Se donner les moyens de singer Dieu est luciférien.

       Le système de la dette démontre historiquement la justesse de l'assimilation qui est latente dans l'Ancien Testament et manifestée dans le Nouveau Testament, des idoles dans les temples à une entité satanique... Graeber le montre très bien jusqu'au point actuel, avec la fin de l'étalon métal.

       Le métallisme est devenu autre chose. Utilisé pour détruire le chartalisme, il a été abandonné pour aller vers autre chose (loin du chartalisme) : une sorte de métal imaginaire, le dollar contemporain.

       (...)

       Un regret sur un ouvrage convaincant (ce qui l'est moins est évacué dans la note de lecture) :  l'annulation de l'idéologie de la dette, tue par l'anthropologue (pour éviter la moquerie de ringard ?), est pour Michel Drac, la communion chrétienne.

       Graeber explique toutefois que l'idéologie de la dette fait souvent référence au principe de la DETTE PRIMORDIALE que nous avons tous à l'égard de l'Univers - puisque nous tirons notre subsistance de l'Univers (et nous ne pouvons pas la rembourser), alors qu'elle se cherche elle-même à capter cette RÉALITÉ de la dette primordiale pour cautionner des dettes financières qui n'ont pas de rapport avec elle (usurpation), la sacralisation de la dette dans les systèmes d'idéologie de la dette consistant à assimiler artificiellement une dette socialement construite à cette dette primordiale.

       Ces idéologies de la dette qui déclarent qu'on doit toujours rembourser sa dette, parce que c'est un principe de responsabilité et qu'on a à rééquilibrer nos comptes avec l'Univers dont nous sommes issus ne sont qu'une arnaque... ainsi que le dit clairement l'auteur.

       Et qu'est-ce que la communion chrétienne (ou d'autre communions organisées par des religions) ? C'est le moment où l'on se délivre de la dette primordiale, non pas en s'échinant à rembourser sa dette, infinie, sans parler de la dette odieuse, mais en renonçant à sa créance, moment où l'on réintègre le Tout, on sort de son individualité (en renonçant à l'intérêt).

       (...)"

       Nota : l'idée de dette à l'égard de l'Univers est à méditer. Avec l'idée d'une grâce heureuse. Redevables que nous serions à... Être nous-mêmes, à notre juste place. Redevable d'une mission simple...

       Revoir ou lire La Mission sacrée de Matteo TAVERA (1969), où l'homme relève d'une tâche terrestre aussi basique que possiblement jouissive ? Source : https://www.electroculturevandoorne.com/uploads/5/1/5/9/51596/la_mission_sacree_matteo_tavera_-_doc_yannick_van_doorne.pdf

       Un jeune garçon, sans éducation religieuse affirmée (contrairement à Michel DRAC), interrogé sur la question d'une dette qu'il nourrirait envers la vie s'est montré clair. Parfois la conscience d'une chance incroyable, la surprise le prennent. Sans jamais s'estimer redevable. De la joie, alors, aussi brute qu'élaborée ? L'envie d'en profiter ? Là, c'est oui. Que provoque chez lui les accidents ? La peur et la pose de limites ? Rigidifications ?

       Les descriptions de Varg VIKERNES d'une évolution des mœurs archaïques de l'entretien de la magie à l'assurance d'obtenir est peut-être une interprétation (la nôtre) que l'Histoire comme le présent peuvent corroborer dans une linéarité logique et contestable ?

       Note générale :

       Michel DRAC délivre, par cette note de lecture comme d'autres, une vision qu'il sait par ailleurs défendre et étayer, tout en la questionnant : la hiérarchie entre les hommes, avec la responsabilité individuelle jusqu'en tant qu'être "génétique". Le fait d'interpréter le postulat de l'égalité dans la dette en insistant sur l'échec qui serait significatif d'une incapacité réelle à remplir celle-ci (ou comprise comme telle par le débiteur) ne satisfait pas à la compréhension du scandale, disions-nous. Elle peut témoigner ici d'une tendance à comprendre les choses par cet aspect, publiquement exposé, qui n'est pas sans poser problème...

       D'autres pages  sont prévues "avec" Michel Drac. Bourbier ou pas ! Cet économiste et analyste par passion est courageux, et prend le taureau par les cornes là où l'intelligence se fige, crie vite, accuse bêtement ou cyniquement. Qu'il soit vivement remercié de diffuser aussi généreusement qu'il le fait sa pensée, ses recherches et celles d'autres, sans prétention mais avec précision, qui plus est, que l'on soit ou non d'accord avec lui, lui-même d'ailleurs plus souvent dans la question que l'affirmation, et sachant relativiser à propos (du moins dans ses énoncés publics).

     

       "Running child, running wild", The temptations (1969). Source : https://www.youtube.com/watch?v=fWvzlqNKD4Q

     

      Note le 11-12-2017 :

       S'être penchée sur l'argent à la suite nous a permis de voir la dette sous un autre jour que ceux admis -  sous influence bancaire (crédit) ou culturelle (honneur).

     La dette est aussi et sans doute avant tout d'origine la part d'un échange en attente. Il ne s'agit donc pas forcément d'un prêt, comme il est entendu dans le développement de Michel DRAC, mais du bien dû contre un autre.

     

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