• DU MONDE / ANDERS

     DE NOTRE DESTIN. (DES "POSSIBLES"...)

    DU MONDE / ANDERS

       De la nuit sur Terre. "Image satellite composite montrant l'émission nocturne de lumière vers l'espace, essentiellement concentrée dans l'hémisphère nord dans les pays les plus industrialisés ; en Amérique d'une part, en Europe de l'Ouest et dans l'est de la Chine et au Japon. L'Inde, où une politique d'éclairage initiée par les Anglais a été poursuivie après l'indépendance, se démarque également. Il s'agit d'une superposition de photographies prises de nuit et par temps clair ; les limites des continents sont produites par l'ajout en couleurs sombres, des photographies équivalentes diurnes. Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Pollution_lumineuse

     

       Parce que le nucléaire terrestre ne quitte plus et qu'il plombe la vie comme choix humain avant de la détruire de toutes les manières inimaginables dont immondes (quasiment "sadiques") dès qu'il se libère - conformément à sa nature énergétique extraordinaire et imperceptible en cas ordinaire sur terre, parce qu'il s'agit d'une force qui nous dépasse complètement en renvoyant nos prétentions de maîtrise aux "chiottes" les plus gluantes et ricanantes, parce que Günter ANDERS a analysé jusqu"au bout qu'il a pu le cadre et le fonctionnement de notre monde (la télévision y tient une grande place) - et que nous continuons ces jours-ci la lecture du livre La Menace nucléaire par d'autres de ses mots fulgurants, un dernier extrait surligné va conclure les pages de Tsukshoin.

       [Il permettra, régulièrement réactualisé, de remettre sous les yeux ce que l'on ne veut pas voir - sans y réussir jamais (il est naturel de chercher à fuir ce qui ne ne peut se concevoir et encore moins s'admettre tout en ne pouvant absolument pas l'esquiver... ou du fameux "NE PAS POUVOIR NE PAS..." énoncé, de mémoire, en son temps par le sémioticien Jean-Marie FLOCH, autour du verbe (de verbe) pouvoir et  ses affirmations-négations), et accessoirement, comme gentillet pied de nez au combien illustratif de notre actuel destin technique, soit de freiner l'envahissement publicitaire tel que prévu par l'hébergeur Eklablog (une longue période sans billet déclenche - automatiquement... - davantage de fenêtres de promotions commerciales...]

     

      ("La farce cachée du nucléaire : L’état réel des centrales nucléaires françaises et les mensonges d’EDF" parmi de derniers relais et ce jour de point final, nous devant de compléter que la PRÉPARATION DES POPULATIONS est, contrairement à ce qui est annoncé dans ce livre tel que résumé, et suivant nos pauvres recherches et alarmes profondément ressenties présentées au cours des pages précédentes, à l'ORDRE du jour en plus hautes instances, à l'insu des concernés, prochainement pourtant convoqués comme co-gérants "subliminés"... Avis à la population : http://echelledejacob.blogspot.fr/2018/04/la-farce-cachee-du-nucleaire-letat-reel.html & http://echelledejacob.blogspot.fr/2018/03/si-vous-aimez-vous-enfants-lisez-ce.html)

       (La Turquie en "bonne" route, et entre de "bonnes mains", celles-là ou d'autres : http://www.rfi.fr/europe/20180402-turquie-poutine-erdogan-centrale-nucl%C3%A9aire-russie)

       (Une fiche répertoire est donc également mise en ligne. Elle complète l'ensemble des articles qui concluent Tsukeshoin en cet avril 2018, initialement le 3 avril à 11:09 : COMPLÉMENT NUCLÉAIRE)

       (Russia today ? Esthétique ajustée ! Relayé par Lieux communs, le 05-05-2018 : https://www.ouest-france.fr/environnement/nucleaire/titanic-nucleaire-la-premiere-centrale-flottante-quitte-la-russie-5731342 Également : https://www.novethic.fr/actualite/energie/energie-nucleaire/isr-rse/video-la-russie-met-a-l-eau-l-akademik-lomonosov-la-premiere-centrale-nucleaire-flottante-de-la-planete-145796.html)

     

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       La lumière et l'obscurité. Source : https://www.avex-asso.org/dossiers/wordpress/fr_FR/tutoriels-logiciels/pollution-lumineuse/carte-de-pollution-lumineuse-europeenne-2010

     

       EXTRAIT SURLIGNÉ :

       "V Immoralité à l'âge atomique. Mise en garde pendant une accalmie" (1959)

       (...)

       "Le latin "privare" signifie "dépouiller". Notre vie privée nous est octroyée comme un état dans lequel nous sommes dépouillés de quelque chose. De quoi y sommes-nous dépouillés ?

       De la responsabilité.

       Peu importe la façon dont nous occupons notre temps libre, que ce soit en regardant la télévision, en faisant du sport ou autrement, ces activités nous sont données comme un état dans lequel nous devons nous sentir libres de tout responsabilité. Cela semble vraiment merveilleux et peut même évoquer pour ses oreilles cultivées la liberté de l'homme se réalisant dans ces jeux libres de toute responsabilité célébrée par KANT et SCHILLER. Mais attention : ni Kant ni Schiller ne doivent être tenus  pour les divinités tutélaires de notre temps libre. Cette liberté a un tout autre sens.

       Pendant ces moments où nous sommes "libres de notre responsabilité", nous ne devons vraiment avoir aucun droit à la responsabilité ; elle doit nous être totalement  interdite. Voilà en quoi consiste aujourd'hui le caractère "privant"  du "dépouillement" de notre sphère privée. - Rappelons-nous pourtant l'agacement par lequel un homme d’État  plutôt connu a réagi il y a peu de temps à la nouvelle de l'action entreprise par nos amis de Göttingen. Je veux parler, comme vous l'avez tous compris, d'ADENAUER qui a ressenti comme extrêmement déconcertant, pour ne pas dire irresponsable et inconscient, que ces hommes croient devoir être responsables de quelque chose qui se trouve en dehors des limites de leur domaine de compétence ; qu'ils aient, une fois leur journée de travail terminée, des scrupules à propos de choses qui excèdent leur spécialité et ne concernent que les effets et les possibles applications de leur travail.

       Faut-il voir dans une réaction comme celle d'Adenauer une naïveté absolue ou bien le symptôme d'une désorientation morale qui l'aurait rendu naïf ? La question reste ouverte ainsi que celle de savoir si le fait qu'une nation juge un homme aussi naïf ou aussi moralement désorienté digne d'occuper les plus hautes fonctions de l’État prouve qu'elle est responsable. Ce qui m'importe ici, c'est seulement d'analyser la désorientation qu'exprime une telle réaction ? Allons-y.

       Toute responsabilité fait référence à l'avenir. Il n'y a de véritables responsabilité que là où elle abat les barrières : les barrières de l'instant ou celles du champ de compétence professionnelle. Il n'y a pas d'autre sorte de responsabilité. Celui qui, comme cet homme d’État, prétend me reconnaître une responsabilité, mais pas la responsabilité des effets que mon action peut avoir au-delà des barrières de mon champ de compétence professionnelle, s'empêtre dans les plus fatales contradictions. Toute personne qui agit, toute personne qui travaille sait que son champ de compétence n'est jamais en fin de compte un terrain de jeu étanche et isolé, un échiquier sans conséquences, un laboratoire sans fenêtres ; et que là où les laboratoires sont sans fenêtres, cette absence de fenêtres sur le monde a été voulue. C'est seulement en tant qu'éléments du monde que des laboratoires sont réellement isolés ou les domaines de compétences réellement clos. Être moral signifie dès lors comprendre que nous vivons dans un monde dont l'essence implique aujourd'hui que nous devions en rester exclus et refuser cette position qu'on nous assigne dans le monde.

       Comme je le déjà dit, Adenauer n'avait certainement pas l'idée de contester aux savants le droit de faire "objection de conscience". Mais, si l'action des savants l'a tellement sidéré, qu'a-t-il bien pu comprendre d'autre sous l'expression d' "objection de conscience" qu'une sorte d'émotion privée sans conséquence correspondant plus ou moins à cette excitation dans laquelle nous tombons ou nous nous transportons, lorsque le soir, après "les choses sérieuses", nous faisons de la musique ? Bref : on ne nous accorde qu'une simple "liberté de sentiment", c'est-à-dire - aussi "sérieux" que puissent pourtant être et la musique et nos sentiments - quelque chose qui est de l'ordre de la pure distraction, du pur jeu.

       Oui, on nous accorde (et nous exigeons même), quelque chose qui est de l'ordre de la distraction, du jeu. Parce que nous restons à vrai dire exclus de l'action réelle, "sérieuse" et ayant des conséquences. Malgré tous les beaux discours qu'on tient sur la démocratie (surtout dans les pays où ce mot est sur toutes les lèvres et sur toutes les ondes), l'action a déjà été abolie en tant que telle. Je veux dire par là que l'activité a été scindée aujourd'hui pour la plus grande partie de la population des pays industrialisés en, d'un côté, le "travail" et, de l'autre, le "fun" ou le jeu - ce qui revient à classer le travail (exécuté sans la moindre conscience morale) parmi les activités qui demandent du scrupule et à considérer le "fun" comme une activité libre de toute responsabilité. Tout le monde sait ce qu'on désignait auparavant comme "action" a été aboli dans les dictatures parce qu'on y dicte ce qu'il faut faire et ne pas faire. Cela ne contredit pas le fait que cette abolition est déjà, par exemple, un fait accompli * aux États-Unis. Là où la véritable action, qu'on a supprimée en classant toutes les actions soit comme "travail", soit comme "loisir", continue à apparaître ou réapparaît (comme ce fut le cas avec ceux de Göttingen), elle est perçue comme un empiètement, c'est-à-dire comme quelque chose de choquant voire de "moralement impossible". Voilà à quoi ressemble notre situation actuelle. On peut bien avoir sans cesse le mot "démocratie" à la bouche, si l'on est sérieux, cette situation n'est bien sûr à la longue pas compatible avec la démocratie. Car le mot "démocratie" signifie que chaque citoyen a le droit et le devoir, bien qu'exerçant une profession particulière, de regarder à travers la grille qui entoure cette profession et de la franchir ; c'est-à-dire de s'occuper de la res publica parce qu'elle le concerne - ou, alors, ce mot n'a absolument aucun sens. Si un homme d’État comme celui dont on vient de mentionner le nom est indigné par le fait que ses citoyens ne tiennent pas compte des grilles qui entourent leurs professions et attirent l'attention sur les possibles effets et exploitations de leur travail, ce qui l'indigne - quel que soit le mot à l'aide duquel on veut estomper cette réaction -, c'est que les citoyens agissent au lieu de se contenter de l'alternative "travail ou loisir". Bref, ce qui l'indigne, c'est qu'ils fassent valoir leur droit démocratique fondamental.

       * En français dans le texte (...)

       J'ai dit que la "limitation" actuelle ne provenait pas en règle générale de la méchanceté du sujet individuel, mais qu'elle était plutôt la conséquence d'un caractère objectif de notre époque. Comprenez bien ce que je veux dire. Rien ne m'est plus étranger que l'idée de voir dans cette limitation quelque chose de moralement négligeable en raison de son "caractère objectif". Au contraire, il n'y a pas pire situation morale que celle dans laquelle le mal est déjà à ce point partie intégrante de la situation qu'elle peut épargner à l'individu lui-même d'être méchant. S'il existait un "malin" (au sens théologique) et si son intention était d'assurer la victoire du mal, ce "malin" devrait aujourd'hui célébrer son triomphe parce qu'il a réussi à mettre le monde dans un état qui, objectivement, est déjà tellement mauvais qu'aucun individu n'a plus besoin de nourrir de mauvaises intentions ou bien de faire explicitement  le mal. Il n'y a pas que la morale qui est devenue (chez HEGEL) "esprit objectif", c'est-à-dire institution (sous forme du droit) ; l'immoralité aussi est devenue "esprit objectif" sous la forme de la division du travail qui coupe objectivement l'homme des effets de son activité et garantit ainsi chez lui un état d'inconscience objectif. Il appartient à cette figure de l'inconscience d'être louée et cultivée en tant que scrupule. Celui qui travaille à l'intérieur des limites qu'on lui a assignées, sans regarder ni à droite ni à gauche, c'est-à-dire sans se soucier de la moralité de ses activités et de leurs effets, celui-là passe pour scrupuleux.

      Il n'est plus nécessaire de mal agir aujourd'hui. On est déjà méchant, on est toujours déjà rendu méchant parce qu'on fait, qu'on le veuille ou non, partie d'un monde objectivement mauvais. Cette situation morale est si effrayante qu'en comparaison, nous pouvons qualifier ces temps reculés où la méchanceté étaient identifiable comme telle, où la méchanceté ne nous avait pas encore retirée, d'époques innocentes. La possibilité de devenir coupable nous est retirée par l'apparition de notre monde de la même façon que celle de faire cuire du pain ou de calculer des statistiques. Nous semblons absous parce que ce n'est plus nous qui faisons le mal que nous faisons. La culpabilité nous est retirée parce que nous avons transféré les actes par lesquels la faute vient au monde à des choses qui,  maintenant, agissent à notre place. Les instruments sont les bourreaux que nous employons. Modestes, les mains propres, nous restons derrière eux. C'est en cela que consiste le mal de notre époque. Elle est mauvaise parce que nous n'avons plus besoin d'être méchants pour commettre les actes  les plus mauvais. Elle est mauvaise parce que nous n'avons plus besoin d'être méchants pour commettre les actes les plus mauvais. Elle est mauvaise parce que nous pouvons commettre et commettrons de fait les plus monstrueux sans qu'un seul d'entre nous ait fait quoi que ce soit. Voilà à quoi ressemblera ce qui va arriver :

       L'aiguille d'un instrument enregistrera peut-être quelque chose qu'on comprendra (probablement de façon erronée) comme une "attaque nucléaire" **. Un autre instrument (se trouvant à des centaines de milles de là) sera informé de cette erreur d'interprétation. Ce second instrument totalement ingénu et ignorant déclenchera alors un événement (vous savez déjà de quel événement je veux parler). Et pendant que cet événement se déroulera (et il se déroulera en une fraction de minute), il n'y aura personne parmi nous pour imaginer qu'une conspiration muette des instruments se déroule au-dessus de nos têtes ou dans notre dos. Nous ne serons pas touchés autrement que par les éclairs que l'ont été ces hommes, femmes et enfants à Hiroshima dans les figures carbonisés desquels on peut encore identifier aujourd'hui les actes quotidiens qu'ils accomplissaient au moment où l'éclair les a surpris. J'ai vu ces figures et c'est en tant que leur porte-parole que je m'exprime ici.

       ** Additif de 1971 : C'est presque arrivé le 20 février de cette année. Un employé des commandes de défense aérienne américain a glissé par inadvertance une fausse bande perforée dans sa machine (...).

       La guerre à laquelle nous devons nous attendre ne sera faite par aucun d'entre nous mais par une "formation seconde". Par des substituts de combattants que nous lançons ou que nous avons déjà lancés à l'avance.

       Une image spectrale, me direz-vous. Je ne le conteste pas. Bien au contraire. Pour vous expliquer sans ménagement ce que c'est qu'être un spectre, je voudrais même, pour conclure, vous comparer aux spectres d'hier.

       Nous devons être particulièrement au clair sur le fait qu'il y a déjà eu quelque chose de spectral dans les deux dernières guerres mondiales. Et à la vérité parce que se sont toujours glissés entre les combattants les esprits de la "fausse conscience", les superstructures et les idéologies. Si par exemple, les Allemands et les Français se sont combattus, les Allemands ont combattu l'eidolon, l'image idéologique des Français que les groupes d'intérêts allemands avaient propagée ; et les Français ont combattu l'image idéologique des Allemands que les groupes d'intérêts allemands avaient construite. Dans un certain sens, les batailles qui se livraient étaient des batailles entre images qui se déchaînaient l'une contre l'autre au-dessus des têtes des véritables combattants : chaque camp tiraient sur une image de l'autre. Lorsqu'on a assassiné six millions de Juifs sous HITLER, au fond c'est la caricature qu'en donnait Der Stürmer qu'on a assassinée. A ceci près que, dans les deux cas, ce ne sont pas les images qui ont souffert : ce sont de véritables hommes qui sont morts. Comme je l'ai déjà dit, ces batailles et massacres d'images avaient quelque chose de spectral et cette sorte de spectres qui remplacent la réalité - les images - existent toujours aujourd'hui ***. Mais ces idéologies, superstructures et images dont on recouvrait le monde pour faire en sorte que nous ayons une fausse conscience et nous empêcher de voir la vérité nue, le monde nu, sont presque devenues superflues aujourd'hui. Aujourd'hui, on n'a plus besoin de nous rendre le monde invisible ou de dissimuler qu'on nous inculque de fausses visions du monde. Aujourd'hui, on nous a inculqué le faux monde sous la forme d'un monstrueux monde-instrument. Puisque le mensonge est devenu un monde, les mensonges sont devenus inutiles... de la même façon que MARX a cru que la philosophie deviendrait le monde. Nous ne combattrons pas des images au lieu de combattre des hommes mais des systèmes automatiques d'appareils, de robots et de missiles. Et encore ce n'est pas nous qui combattrons ces appareils : des missiles combattront des missiles et des appareils entreront en guerre contre d'autres appareils. Cela deviendra un combat de "marteaux sans maître" *, un combat entre choses. Les machines se lanceront les unes contre les autres, pleines de haine, et des installations seront étranglées par d'autres installations. Ce n'est pas vraiment  nous qui livreront bataille les uns aux autres mais plutôt les choses auxquelles nous avons, au cœur d'une époque de paix, transféré force et responsabilité pour qu'elles mènent des opérations de commando et tombent les unes sur les autres bien au-dessus de nos têtes - comme les dieux d'HOMÉRE qui prenant parti, bien au-dessus de la cohue gréco-troyenne, en partie pour les Grecs, en partie pour les Troyens, se querellaient  une fois de plus à leur façon sur l'Olympe.

       La mort, il ne nous laisseront que la mort. A nous, à nos enfants, ou aux enfants de nos enfants.

       *** Il n'est pas exagéré d'affirmer que les idéologies sont déjà aujourd'hui les reliquats d'une époque révolue, qu'elles ne font que survivre et qu'il n'y a quasiment plus à attendre de nouvelles idéologies, bref, que l'existence d'idéologie est déjà devenue aujourd'hui quelque chose d'obsolète (sur l'état post-idéologique du monde, cf L'Obsolescence de l'homme, op. cit., pp. 224 sq.).

       A moins que nous réussissions à rappeler à l'ordre, avant qu'il ne soit trop tard, ces suppléants à qui nous avons transféré notre responsabilité et notre méchanceté. A les rappeler à l'ordre dès aujourd'hui. A les rappeler à l'ordre avant qu'ils ne fondent les uns sur les autres.

       Voilà notre tâche actuelle. La tâche que nous devons accomplir, aussi longtemps qu'on nous le permettra, afin de combattre pour que le combat que je viens de décrire n'aie pas lieu. La paix est la seule opportunité pour la conquête de la paix.

       L'opportunité de combattre pour elle semble aujourd'hui plus grande que jamais. Car - et ainsi je retrouve les premières paroles que j'ai prononcées - nous nous trouvons dans un bon moment à l'intérieur d'une époque épouvantable. Dans une accalmie. Mais c'est précisément parce que ce moment est bon, calme et parce que l'orage n'est pas pour demain, qu'il recèle des dangers particuliers. Car il pourrait nous inciter à rester les bras croisés et à respirer. Nous devons absolument résister à cette incitation. Il y a un aphorisme qui dit : "Il est facile d'être grand dans le malheur. C'est dans le bonheur que se révèle caractère." C'est dans cet esprit que nous devons résister."

        La Menace nucléaire, Considérations radicales sur l'âge atomique, Günther ANDERS (1981), traduit de l'allemand par Christophe DAVID, Le Serpent à plumes (2006), pp. 134-144.

        Notes :

       - En réécoutant, simultanément à notre copie manuscrite, Michel DRAC parler du livre de Jean-Claude MICHÉA, l'idéologie des droits de l'homme pourrait être avancée comme celle qui persiste à vouloir exister aujourd'hui. Et peut-on classer dans l'idéologie, telle que le philosophe emploie cette notion du moins, les religions de masse ?

       - Parallèlement et en léger décalage avec les prévisions de Günter ANDERS, la survivance d'images fortes et de mensonges semblent témoigner de leur nécessité encore aujourd'hui. Elles ne sortent plus du même moule mais trafics en tous genres dominent la production d'explications et d'images abreuvant le monde.

       - L'époque de paix pendant laquelle le philosophe a écrit les propos ci-dessus rapportés est de plus en plus lointaine et c'est la menace guerre rapprochée qui plane sur nos têtes aussi bien que l'accident nucléaire civil désormais... Pour autant, notre époque peut sembler toujours aussi épargnée et "assagie" par le temps passé sans guerre dans la sphère dite occidentale (et motivée par le désir intense de paix, le désir de croire que cela ne peut plus arriver, que c'est impossible et inimaginable). Un tel état d'esprit peut s'avérer finalement assez proche de celui qui régnait au moment d'écriture...

       - A moins que l'époque soit au règne des drogués, sous divers et efficaces psychotropes.

       - Toujours difficile de comparer les périodes, surtout sous la menace nucléaire. Sans même l'objectif de force de caractère et encore moins d'héroïsme, la résistance d'aujourd'hui a autant d' "atouts" que de faiblesses pour prendre corps (preuves et logique ou bon sens contre inertie de masse et/ou rejet du malheur et de son idée même). Quand l'importance de communiquer le risque atomique ubiquitaire et continu de mort et de malheur profond qui fait notre sort actuel, révèle la probabilité d'être pris pour : au mieux un emmerdeur, au pire un fada...

       - Du renoncement. (Du sevrage). A quoi ? (...)

      -  ARJURNA ? Tâcher de rester soi et de conserver une idée d'avenir digne de ce nom. Merci.

      - https://www.youtube.com/watch?v=CqFDRQi23vghttps://www.youtube.com/watch?v=IjEPZxSeqW0 & https://leblogalupus.com/2018/04/03/le-cabinet-de-guerre-de-donald-nixon-trump-ou-la-theorie-du-dingo-en-action/

       - Au 4 avril 2018, jour suivant le gros de cette page, lecture continuée de La Menace nucléaire, les questions que l'on peut se poser, la nature de l'évolution des temps nucléaires semblent être étudiées par le philosophe dans ce livre indispensable, écrit avec la simplicité de celui qui vise la compréhension maximale.

       "Les racines de l'aveuglement face à l'apocalypse (1961)

       Si l'on se demande quelle opportunité peut bien favoriser la consommation d'équipements de protection (aussi bien que celles d'armes offensives), il n'y a qu'une réponse : cette opportunité, c'est le danger d'une guerre. Autrement dit : il ne reste plus à celui qui veut obéir aux impératifs de la production qu'à exagérer en manipulant l'opinion, l'alerte nationale ainsi que le caractère menaçant de l'ennemi et, si besoin est, à provoquer effectivement une telle catastrophe. (...) un seul exemple d'une telle production et cette habitude de mentir. Son nom est "missile gap".

       Comme tout le monde le sait, on a eu recours à l'expression de "missile gap" pour désigner l'avance de la la production soviétique de missiles sur la production américaine ou, plus exactement - et c'est bien sûr un point décisif -, sa prétendue avance. Car l'Union soviétique n'a jamais eu une telle avance sur les États-Unis. Elle n'a en fait produit, jusqu'au milieu de l'année 1961, que 3,5 % de la quantité de missiles dont la créditaient les estimations de la CIA sur lesquelles reposent toutes les spéculations sur le gap. (...)"

       La Menace nucléaire, Considérations radicales sur l'âge atomique, Günther ANDERS (1981), traduit de l'allemand par Christophe DAVID, Le Serpent à plumes (2006), pp. 175-176.

      

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        Lever la tête vers le ciel nocturne et préservé des sources lumineuses artificielles. Formidable geste humain... de prise conscience voire d'élévation, dans l'humilité singulière et extraordinaire condition. Il rejoint celui de nos ancêtres très lointains qui en déduisirent fort probablement la Terre ronde ainsi que des cycles évolutifs. Tirèrent-ils profit des rythmes régulateurs méticuleusement observés et par là même ébranlèrent-ils la roue de l'exploitation (abus) des ressources naturelles et de l'activité d'autrui en se parant d'une supériorité relative, jouets de la peur comme de leurs divines aptitudes - humaines ? Parvinrent-ils à comprendre et prévenir les accidents planétaires et célestes d'une puissance aussi dévastatrice que ceux que risque le nucléaire aujourd'hui mis en œuvre sans vergogne (lequel a d'ailleurs peu de chance de surmonter quelques détraquements électro-magnétiques naturels d'envergure), afin de préserver une chance à l'humanité - comme le Noé biblique s'y astreignit ? Sources : https://www.fnac.com/Technique-photo-photographier-le-ciel-etoile/cp26250/w-4 et, en abysse, http://www.esa.int/fre/ESA_in_your_country/France/Swarm_revele_les_changements_du_magnetisme_terrestre

       "(...) J'ai pris Ton parti et je leur ai confirmé que, Toi aussi, dans ton indulgence, Tu souhaitais les voir sauvés, même si ce n'était que la veille de la catastrophe. (...)" (Hardi littérateur et possiblement croyant, à son esprit défendant, Günther Anders, p. 22.)

       (Pour archive : https://books.google.fr/books?id=rfiydvPwZLEC&hl=fr&source=gbs_navlinks_s)

       De quelques phrases dans Et si je suis désespéré, que voulez-vous que j'y fasse également interrogeantes. Un homme de grande foi et d'amour de la vie, à notre avis - touché.

     

       # Deux ajouts en date du 22 avril 2018 :

       Un texte repéré par Le Drône du 15-04-2018, émanant de W. H. MURRAY sur l'engagement (que ceux qui le pratiquent, avec des pauses réflexives - dialectique, dialectique, svp - témoignent) et repris ci-après : https://antipresse.net/docs/014225674/Drone_014.pdf

       Et l'évolution du Gulf Stream (grâce à la revue de presse de Lieux communs). La panade qui nous enserre : https://www.20minutes.fr/planete/2253607-20180412-circulation-courants-atlantique-plus-faible-niveau-1600-ans

     

       "Tant que vous ne vous engagez pas, il y a hésitation, la possibilité de se rétracter demeure et l’inefficacité domine. En ce qui concerne tous les actes d’initiatives et de création, il est une vérité élémentaire dont l’ignorance élimine d’innombrables idées et fait avorter des projets splendides : dès le moment où l’on s’engage pleinement, la providence se met également en marche. Pour vous aider, se mettent en œuvre toutes sortes de choses, qui sinon n’auraient jamais eu lieu. Tout un flot d’évènements découlent de cette décision, créant en votre faveur toutes sortes d’incidents imprévus, des rencontres et des aides matérielles que vous n’auriez jamais rêvé de voir sur votre chemin. J’ai acquis un respect profond pour un des couplets de GOETHE : “Quoi que vous puissiez faire ou rêver, vous pouvez le faire, commencez. L’audace a du génie, de la puissance et de la magie.” " — W. H. MURRAY, The Scottish Himalayan Expedition (1951).

     

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