• DU PEUPLE A LA NATION (et à la République)

     Au pas de charge, sans métro, ni place

    Serlent jeu de Paume

       http://www.carnavalet.paris.fr/en/collections/le-serment-du-jeu-de-paume-le-20-juin-1789

     

      Le mot de peuple nous a entraînée loin, et confortée, jusqu'à cette ultime précision ce jour, quant au nombre d'individus, de personnes, de citoyens, voire d'êtres vivants* le composant : il se pourrait moins quantitatif que réel et sacrément solide (une fois admis, posé), massif tant que partages possibles et/ou établis... Limites quantitatives finalement indéfinies, voire mouvantes autour d'un sens commun, le nombreux étant la forme humaine la plus connue (ou valorisée) à travers les temps et les appellations, mais pas forcément la plus heureuse.

       Pourrait-il commencer à la communauté tribale ? Suspens et motus quoique la "peuplade", assez connotée en français, instaure sans doute le seuil infranchissable... Mais rien n'est joué en humanité, ni en Nature...

      - Un témoignage écossais dans l'actualité éditoriale nous parvient justement : http://www.yvesmichel.org/product-page/societe-civile/chronique-dune-alliance/

       Remarques : force mais classique, le qualificatif d'autochtone étant à relever / sorte d'indigénat contemporain ? Nécessité de réaffirmer la territorialité du peuple, résolument écartée, parfois vilipendée dans le discours dominant, on l'a vu ?

       - Autre témoignage d'une notion et d'une réalité en hésitation ? Lundi 4 janvier, Guillaume ERNER (Les Matins de France Culture) démarre l'année avec le mot peuple ! Ce n'est plus "ceux d'en bas" de (la fameuse "France d'en bas" qui excitait les ondes médias un temps) mais le peuple (français) qui est invoqué, pour désigner... l'ensemble des Français... autre que du gouvernement matériel ? (pas d'autre trace que ma mémoire, en berne en plus - oubli du propos général de l'animateur ce jour-là !)

       - Au 9 janvier 2016 : Les amoureux de leur pays ne seraient-ils les meilleurs orateurs de la notion ? GLENMOR est un brave.

       [* Nous avons tendance, c'est affirmé ici, à accepter un "peuple" d'animaux et de végétaux. Il s'agit d'une proposition, en conflit avec toutes les définitions recueillies dans nos quelques articles. L'anthropocentrisme imprègnent celles-ci, et c'est au nom de notre ignorance crasse (la mienne, à peine dérangée d'observations in situ, comme générale) en matière biologique, naturaliste, que nous préférons admettre ceux-ci dans la possibilité de faire peuple, tandis que la capacité d'organisation communautaire, reproduction et évolution compris, ne peuvent se satisfaire du terme de population - qui garde sa nécessité (objectivité principielle). Voir notamment ce sens inconnu chez les humains, récemment décelé dans le règne végétal. Y est aussi question de communication... Impossible de ne pas se souvenir d'autres faits intrigants. Oui, c'est au nom de notre arrogance humaine que nous devons accepter, même, l'idée de peuples autres qu'humains, la notion de volonté étant évidemment nodale, mise en perspective avec celle d'intention voire d'instinct.]

     

      ET LA NATION DONC. Sans attirance, par obligation ? "Elle" insiste pour avoir son billet. "Elle", car produit social, produit... Emblème englobant... des personnes mais prétendant à la supervision et l'élocution. Rien de moins. Impossible de la définir vraiment si ce n'est en la jumelant à "la France", qui tenderait d'ailleurs à la remplacer dans nombre de discours politiques d'aujourd'hui ! Serait-ce ce pays qui l'aurait initiée puis arborée historiquement, essaimant partout sur Terre, avec son modèle de l’État centralisé notamment ? Et ne serait-ce pas l'un des brios de ce pays, somme toute assez petit (quoique souvent plutôt "peuplé" !), appuyée sur une administration méthodique et volontaire - dirigiste ? Le socle d'une pensée et d'une langue claires, de pair : analytique et synthétique, de bon usage ?

       Adjectivée, elle est en vilaine passe et court mauvaise presse de nos jours, ce qui lui vaudrait son effacement discursif, donc, pour "la France"... Comme le Stade ne pouvait être de la Nation...

       Nous serons donc brève, quitte à ajouter plus tard, d'autres énoncés aussi laconiques que les suivants.

       1 - En deux mots, Francis COUSIN lui règle sont sort (vers 3:30 mn) : une création de la bourgeoisie pour trouver un marché, en l'occurrence national. Avant, sous ancien régime, on disait pays. La politique est la "médiatisation aliénatoire" qui va permettre de la fonder définitivement (mais pas indéfiniment : aujourd'hui, elle n'est n'est plus nécessaire, pas plus que la politique n'est souhaitée dans un monde où le fétichisme de la marchandise a atteint le degré de ciment social quasi-total qui guide le capital, ou système capitaliste).

     https://www.youtube.com/watch?v=fPsgInlsITk

       2 - Et c'est le peuple qui fait nation, dans certaines conditions institutionnelles précises et probablement généré par des déterminations particulières issues du passé ou d'un système intentionné (ci-dessus), si ce n'est des prétendants au pouvoir effectif en ascension sociale. Reprise d'un paragraphe explicite du texte de Gérard BRAS :

       "Par le terme de peuple (populus), on entend la masse des hommes réunis en une contrée, pour autant qu'ils constituent un tout. Cette masse, ou les éléments de cette masse à qui une origine commune permet de se reconnaître comme unie en une totalité civile, s'appelle nation (gens) ; la partie qui s'exclut de ces lois (l'élément indiscipliné de ce peuple) s'appelle la plèbe (vulgus) ; quand elle se coalise contre les lois, c'est la révolte (agere per turbas  : conduite que la déchoît de sa qualité de citoyen"  (KANT, Anthropologie d'une point de vue pragmatique, Traduction M. Foucault, Paris, Vrin, 1970)."

        http://revolution-francaise.net/2008/03/20/219-les-ambiguites-du-peuple

       Par souci d'exhaustivité (minimale !) : https://fr.wikipedia.org/wiki/Nation

       Avec : https://fr.wikipedia.org/wiki/Royaume_de_France

       Et : http://www.lovapourrier.com/letat-cest-moi-na-jamais-ete-prononcee-par-louis-xiv

     

       Une note laconique (et de une !) au 5 janvier 2016, avec la lecture d'un livre pour grand enfant : La Révolution française (2007), "La Grande imagerie", textes de Christine SAGNIER, Fleurus, pp. 8-9. Le lapidaire des nuages textuels nous satisfont, d'autant plus comme acception d'histoire générale.

      " La naissance d'une Nation. Les caisse de l’État sont vides. Le 8 août 1788, Louis XVI suit le conseil de son ministre des Finances, NECKER, et convoque les états généraux : il veut faire voter aux représentants des trois ordres des impôts exceptionnels. Sourd aux attentes des Français, le roi croit encore pouvoir régler la crise financière sans proposer de réformes politiques. Il déclenche alors un vaste mouvement qui, dans un tourbillon de violence, signe la perte de la monarchie et la naissance d'une Nation.

       Création de l'Assemblée nationale. Au mois de juin, la question du vote par tête n'est toujours pas réglée. Le roi vient de perdre son fils aîné, et son chagrin l'emporte sur les affaires politiques. Le tiers état veut des réformes profondes et rallie à sa cause des membres du bas clergé. Le 17 juin, le tiers, qui se considère le représentant de la nation , c'est-à-dire du peuple réuni, se déclare Assemblée nationale, seule apte à décider de l'impôt (...). Rejetant des siècles d'histoire, la Nation souveraine se dresse face au pouvoir royal.

       Le serment du Jeu de Paume. Le 20 juin, le roi fait fermer la salle où siège le tiers état. Celui-ci, trouvant porte close, s'installe dans une salle attenante destinée au jeu de paume. Ses membres prêtent le serment de ne pas se séparer avant d'avoir donné au royaume une Constitution, c'est-à-dire un texte déterminant  l'organisation politique du pays, sorte de pacte entre le peuple et ses représentants. Le 23 juin, le roi qui préside la séance des états généraux, exige que les trois ordres se séparent. La noblesse approuve, mais le tiers et le bas clergé refusent d'obtempérer. "La Nation assemblée ne peut recevoir d'ordres !" s'exclame un député du tiers. Le roi cède. Et l'Assemblée se déclare Assemblée nationale constituante le 9 juillet 1789."

     

       Sur le" cardinal" Jacques NECKER, banquier (Etienne CHOUARD en puce à l'oreille, la Suisse décidément refuge historique des argentiers de tous poils) :

       http://revolutionfrancaise.pagesperso-orange.fr/rubriques/bio_necker.html

       http://archives.lesechos.fr/archives/2012/Enjeux/00292-029-ENJ.htm

       Souvenir de pair d'un titre de film ultra-célèbre ! Naissance d'une nation. Outre-Atlantique. Voir aussi De Defensa, et le regard sur les révolutions de Philippe GRASSET (vidéos / Les États-Unis ont fait ce que la France n'a pas fait...).

     

        POUR LA RÉPUBLIQUE, nous décrochons autant que nous savons qu'y réside un enjeu phénoménal, aujourd'hui. Clef de tout discours politicien actuel, n'est-elle pas le crochet qui tâche de réunir ce qui est parallèlement et méthodiquement décomposé (et qui a peut-être historiquement décomposé ce qui précédait / Car il y a eu un avant !) ?

       https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9publique

     

      Note ajoutée le 01-01-2016 :

       En France, la République, - le mot, le cadre juridique, lesquels se fondent -, détiennent sûrement encore du sens en chaque personne (au-delà du citoyen), au moins dans la devise maximaliste, super-généreuse à caractère irréfutable qu'elle réclame (difficile de contrer "Liberté, égalité fraternité" / voici l'universalisme !), au moins dans les codes, institutions et la Constitution qui imprègnent (encore) chaque fait social.

       Le droit du sol est par exemple cardinal, et peut-être à l'origine du détachement, parfois ubuesque que la notion de peuple inspire aux intellectuels : le peuple est celui de la Nation, d'une communauté de pauvreté, et non du pays, d'un lieu... Le droit calé sur l'évidence s'étant fait loi "naturelle" et de substitution ?

       L'importance des textes, de l'écrit, du contrat émerge définitivement, ralliant les propos d’Étienne Chouard, déjà cité plus haut, chevillé sur la primauté de la Constitution. Tout à propos pour Tuskeshoin !

       Dimension, territoire, sens, communauté, droit, individus : voilà des termes qui sont essentiels à notre réflexion, et où le peuple garde, pour nous aussi et indubitablement, une dimension captivante, et très ouverte. A suivre évidemment, quoiqu'en veuille notre article (ceinturer la définition).

     

       # Au 8 janvier 2016 , la République achevée : http://www.fangpo1.com/ja/content/view/1973/53/

     

       # Au 9 janvier 2015, par la revue de presse de Lieux communs : Pierre LEGENDRE ! Avec cette autre notion, très difficile qu'est L’ÉTAT (il en joue tant).

       "L’État, la désintégration", Le Figaro Vox, Alexandre DEVECCHIO, (12-2015) / 03-01-2016.

      http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2015/12/31/31001-20151231ARTFIG00181-pierre-legendre-etat-la-desintegration.php

       http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2015/12/31/31001-20151231ARTFIG00177-pierre-legendre-pourquoi-est-il-si-difficile-de-definir-l-etat-en-france.php

     

       # Au 10 janvier 2016 : Pensée radicale relaie ce 9 janvier un article de Giorgio AGAMBEN publié dans Le Monde, intitulé "De l’État de droit à l’État de sécurité".

    http://pensee-radicale-en-construction.overblog.com/2016/01/de-l-etat-de-droit-a-l-etat-de-securite-giorgio-agamben.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

       - L’État mériterait-il un petit billet tout en circonspection ?

     

       # Au 07-05-2018, de la nation par Palim-psao (ayant entre temps vu l'étymologie de native en le mot) : http://www.palim-psao.fr/2018/05/la-nation-n-est-pas-une-simple-communaute-imaginee.pour-une-critique-de-benedict-anderson-par-clement-homs.html

     

    « Création monétaire actuelle : EX NIHILO.Francis COUSIN : ICI PARFAIT ? »