• ENTREZ

     

       Vous voici quelque part, assurément (!?).

       Tout d'abord, un ou deux renseignements sur l'image d'en-tête, au cas où sa notoriété resterait celle d'une profession mais attirerait : il s'agit d'un bâtiment de l'architecte finlandais assez fameux Alvar AALTO (1898-1976), construit en 1952-54. Maison dite expérimentale, elle se situe à Muuratsalo, en Finlande.

       Là-bas, le paysage - géographique - est fait de "lacs et de collines boisées".

       "La maison est directement campée sur un rocher entouré d'eau. Tant les échelles que de nombreuses solutions techniques s'orientèrent d'après les conditions de la nature environnante. Ainsi les fondations reposent sur des pierres naturelles. La partie murée de briques de la première phase de construction est blanchie à la chaux. (...) La situation de l'édifice rappelle celle d'un temple grec placé au milieu de la nature."

       In Aalto - Le Paradis pour les petites gens, Louna LAHTI, Tashen, 2004, p. 71.

       La photographie a été trouvée sur la toile. http://www.maison.com/architecture/portraits/vie-oeuvre-architecte-finlandais-alvar-aalto-6494/galerie/25856/

       Ceci dit, et ayant rappelé qu'Alvar Aalto s'inscrit dans le grand Mouvement moderne qui a emporté la création architecturale (professionnelle) à partir du tout début du XXe siècle - mouvement sans critique solide et avérée (?!), et qu'un tsuke-shoin pourrait se reconnaître dans ces murs de Muuratsalo, le choix de cette image autant que de cet édifice très appréciés l'un et l'autre - en lecture bi-dimensionnelle du moins (nous n'avons pas visité la maison) -, permet d’élargir d'emblée l'horizon d'un bureau transposé sur internet qui pèche d'office (!) de la planéité effective de ses perspectives et/ou la "dématérialité" de ses figures (la maison de Muuratsalo existe, et témoigne du passage du temps).

       En avant les mises en abyme.

       Nous sommes au temps du tertiaire florissant (économiquement). Les guerres n'ont pas stoppé.                                                                                                                                           Il y a des drones.

       Le pas d'ouverture absolue serait sans doute le noir ou le blanc, en gardant l'arc-en-ciel. (Je reprends ici une part de la vision dénichée par Annie LE BRUN chez Victor HUGO, quand ce dernier a pu regarder la lune, le ciel ! à la lunette et en a conclu autrement de la Terre). Le NOIR, le BLANC. Un noir profond, infini, en velours de préférence. Un blanc limite, éblouissant, capable de transparence derrière l'opacité éclatante. Annie Le Brun honore le premier, Kenneth WHITE chante le deuxième. Deux auteurs clés pour "nous". Le Brun, amoureuse et perçante, excellant probablement en connaissance humaine rapprochée (la personne), l'autre, plein d'allant, de maniements, développant les médiations de l'homme avec et sur sa planète - en orbites, en chausses, en quête de vérité et d'harmonie terrestre.

       "Notre" bureau, "mon bureau", est, quant à lui, sans porte ni fenêtre au sens propre. Loin d'exister par de minimales configurations à la japonaise, il est largement cerné d'étagères saturées. Pourvu d'un écran informatique, de dossiers et de livres plus ou moins" illustrés", il jouit tout de même d'un vrai seuil - intérieur, et d'une vraie baie, tout aussi intérieure, un percement en hauteur sans vitrage, en sorte de second jour, dans l'axe de la porte d'entrée. Ce bureau est placé dans un coin d'une vieille maison ... aux trois-quarts aveugle.

       Eh, de l'air là-dedans, de l'air, de la lumière !

       Non ! Que son obscurité veille, que les trésors fusent... L'ampoule a tout de même la couleur du jour. Quelqu'un s'y est d'ailleurs trompé : "Il y a une fenêtre !?"

       Car la chance est que derrière son épais mur de pierre et de terre, règne la campagne, une rivière ou gros ruisseau, un jardin, avec le bonheur, pour moi, de pouvoir toucher l'humus (l'humain en vient, n'est-pas), de rétablir le lien ... primordial ?, et me demander comment nourrir plusieurs (puisque l'essentiel est à portée de main et que le savoir est perdu ou gâché).

       Cultiver ?

       Oui, le bureau est là pour qu'on en sorte. Toujours. Sortir et cultiver (ou pas). Laisser faire, oui. Regarder. Observer. Constater. Et rentrer et réfléchir, écouter d'autres. Se cultiver. Penser. Ressortir. C'est ballot. Minimum prudent. Sanitairement heureux.

      Le jardin, la campagne, les bords de l'eau suffiraient-ils ? (vœu secret, avec insuffisance au préjugé)

       L'issue de ce blog tranchera.

       D'ores et déjà, l'art architectural qu'il nous a été donné - permis ? de tâter, a changé de cap, sous la gêne de son autoritarisme de papier, de fichiers informatiques et CCTP ... Il y aurait à partager maintenant, à DÉVIRTUALISER cet art envoûtant et si ancien de la "projetation" spatiale (jargon, pardon), en s'essayant de pair à cette critique ou au moins ce recul d'avec la Modernité architecturale qui nous paraît trop absente (revoir du côté du Post-modernisme qui fut sollicité lors de notre travail de fin d'études, insuffisamment), la multiplicité de ses productions (quelle explosion en effet), l'horizon techno-logique préoccupant du BIM compris.

       Nous sommes par ailleurs en Bretagne (Bretonne ?) et nous sommes située entre Rennes et Saint-Brieuc, non loin de la ville de Dinan, dans les Côtes d'Armor. Breiz, notre "pays", est, pour nous, outre le lieu de vie (donc essentiel) et centre d'affection singulière et consciemment récente, un objet de réflexion détonnant. Un mot le caractérise directement, lui accordant vie et unité, et beaucoup d'autres qui rebondissent vers la France (qui est "notre pays", plus incontestablement, de par notre tradition familiale résolument tournée vers elle, son extraordinaire diversité géographique - et humaine, encore ? - / profondes amours paternelles et grand-paternelles (sic) pourtant d'origine landernéenne, ses Lumières ou plutôt le sens de la curiosité et de la con-naissance qu'elle accepte - ou accepta !, sa langue, nombre de ses auteurs, son goût du progrès - aussi irrésistible pour notre autre généalogie - paysanne, sa devise tri-partite : liberté, égalité, fraternité), son ambition et son goût des idées (certains comme Philippe GRASSET parleront même pays de la "perfection") interrogent le monde entier : autant de chemins à emprunter du coin du tsukeshoin, avant de ressortir, DEHORS.

       Alors ENTREZ ! Dansez, avec les je-nous-nous,  nouvoiements,

                                                                                        nounoiements / louv' (jeux et/ou faiblesses !).

      

       Quelques indications formelles :

          - en bleu foncé, ce que nous voulons souligner, sans trop gêner la lecture,

          - en vert moyen, les effets de style détendus, visant la respiration, faciles s'il le faut, ou les apartés,

          - en gras, le "max plus important" (surtout s'il est bleu foncé).

          Les patronymes sont écrits généralement en MAJUSCULE quand ils apparaissent pour la première fois dans un billet, quitte à modifier en ce sens la typographie de textes copiés (que les auteurs acceptent mes excuses).

     

     (Complété le 21-12-2015)

    (Et le 13-06-2018) 

  •  RENCONTRE par Baptiste RAPPIN

    LEGENDRE / HEIDEGGER

     Eau et terre, dans les rochers de Ploumanac'h, mars 2019.

     

       "Quand Pierre LEGENDRE rencontre Martin HEIDEGGER et que l’anthropologie dogmatique achoppe sur l’histoire de l’être (3)", Baptiste RAPPIN, Stalker, 15-10-2019.

       Source : http://www.juanasensio.com/archive/2019/10/10/quand-pierre-legendre-rencontre-martin-heidegger-baptiste-rappin.html

     

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  •  A DEUX "PATTES", TÊTE EN HAUT (TÊTE EN BAS)

       Frédéric LORDON, pour son dernier livre Vivre sans. Institution, police, travail, argent... venu d'une suggestion de son éditeur, Eric HAZAN (si proche du Comité invisible que nous le soupçonnons bêtement d'en être l'auteur). Source : https://www.youtube.com/watch?time_continue=4654&v=yGJyvcrZSNU par Pierre Bourdieu un hommage https://pierrebourdieuunhommage.blogspot.com/2019/11/video-frederic-lordon-vivre-sans.html

     

       Francis COUSIN nous est cher mais est devenu un pilier enfoui, une parole et une pensée en voie de désaffection lumineuse. Frédéric LORDON reprend ici beaucoup de ses flèches, sans craindre de se dédire, lui qui moquait les initiatives locales et pragmatiques à fort idéalisme type Notre-Dame-des-Landes.

       François GERLETTO à la suite propose un réalisme écologique plus concret encore.

       Satisfaisant ? La conclusion est de mise en Tsukeshoin. Ce sont les derniers cailloux du petit Poucet.

     

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  •  CORPS (CHEVELURE) : OBJET, SUJET

    FEMME VOILEE

       Raffinement, coquetterie, et blancheur des chairs sous un voile des plus vaporeux... qui n'est sans doute qu'invention (et copie !) de peintre. Au fond, une autre femme, au travail, habillée (à l'exception de son cou et ses bras), chevelure couverte, elle dont l'activité physique réchauffe.

       Est-ce nécessaire de poursuivre ?

       Ecole de Fontainebleau, dont nous reproduisons le commentaire moyennement convaincant - d'autant plus intéressant : "Un anonyme de cette école de la Renaissance est l’auteur ce tableau qui doit autant à la sensuelle Vénus d’Urbin de TITIEN (1538) - où l’on retrouve le détail de la servante plongée dans un coffre à l’arrière-plan - qu’à la Dame au bain de François CLOUET (1560–1570). Ici, la part belle est donnée aux accessoires : miroir sculpté, boîte à bijoux, peigne, voile, fleurs, vases et perles créent un écrin précieux à cette dame peinte selon les canons de l’époque (absence de taille, bras musclés, seins relevés), et qui ne porte rien d’autre que d’élégants bijoux à la symbolique maritale ! Anonyme de l’École de Fontainebleau, Dame à sa toilette, fin du XVIe siècle. Huile sur toile, 105 x 76 cm. Musée des Beaux-Arts de Dijon / F. JAY." Source : https://www.beauxarts.com/grand-format/les-joyaux-reveles-du-musee-des-beaux-arts-de-dijon/#&gid=1&pid=3

     

       Sujet / objet fut le thème d'un billet en Tuskeshoin. Depuis, une meilleure connaissance du monde aristocratique et monarchique (très partielle) nous a permis d'en comprendre un peu mieux l'épaisseur. La dialectique est tout simplement riche et rebondit selon les angles.

       Dans le cas de la féminité, les significations et les sens se dédoublent encore.

       La question du voile qui ne cesse de revenir sur la scène médiatique, comme un sanglier fourrage la terre, débridant racines et sucs, concentre les points de vue et les conclusions. Tiendrait-elle en 3 ou 4 lignes, où la liberté de la femme chercherait, fidèle à son humanité, son expression, quand la loi du plus fort rugit, et l'obligation de faire autrement fourbit sa part, avec ou contre l'élan vital naturel (de soi).

       C'est aussi l'occasion de se baigner dans des représentations captivantes assez déstabilisantes (maladresse et maîtrise en renforts).

       Les femmes musulmanes qui quittent le voile, prennent la parole, sont très émouvantes. Celles qui se couvrent et se taisent : aussi. Celles qui se taisent et se voilent ? Celles qui se voilent et parlent ? Oui elles aussi, chacune en gamme divergente, et pour toutes, avec une gêne parallèle, de la curiosité spontanément retenue, où les médiatisations frisent l’écœurement autant que les perturbations assez ostensibles du domaine public (a priori) laïc finissent par toucher péniblement.

       A partir des partisans : https://leblogalupus.com/2019/10/29/combat-acharne-des-elites-parisiennes-pour-defendre-le-voile-islamique/, L'Echelle de Jacob (https://francais.rt.com/france/67443-sorcieres-halloween-bureau-senat-saisi-des-propos-un-senateur-sur-voile-islamique) et TVL : https://www.tvlibertes.com/zoom-henda-ayari-laccusatrice-de-tariq-ramadan-par & https://www.youtube.com/watch?v=GnnFy0uFe3E

     

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  •  BONNAL, FEDERICI (PAGANI), ETC.

       SAINTE-GENEVIEVE par Les Derniers trouvères. Figure féminine intrigante ici louée par la très belle voix de Marie MILLIFLORE. Incertitude d'un être du passé lointain. Sources : https://www.youtube.com/watch?v=Hw_PsX_V6RY & https://fr.wikipedia.org/wiki/Genevi%C3%A8ve_de_Paris

     

       C'est une réalité qui me plaît beaucoup en vieillissant. Me plaît ? Approfondit mon horizon. Celle d'être une femme en tant qu'Homme (être humain). Et c'est un sujet (objet...) d'intérêt majeur au point qu'insérer quelques réflexions dans Tsukeshoin dans sa route finissante est survenu à partir d'une chronique estivale de Nicolas BONNAL sur ces repoussants assauts contemporains à tout mélanger (triturer, tripatouiller) au cœur même de l'individu (qui forme unité à une échelle au moins, quelle que soient ses naturelles failles et extensions).

       Comme parfois, ce sera sous forme d'éclats, consistants (à priori !) mais épars.

     

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  •  AVEC LUNETTES UNIVERSITAIRES "ACTUELLES"

    “Philosophie païenne et écologie”

       Andreea-Maria LEMNARU-CARREZ... aux perruches. Blondeur et longueur, avec carmin, fond de pierre sculptée. Ses lunettes ? Ses yeux, bleus. Source : https://linactuelle.fr/index.php/2019/05/28/mystique-neoplatonisme-jamblique-lemnaru/

     "Andreea-Maria Lemnaru-Carrez est spécialiste de la philosophie antique et de l’histoire des religions à la Sorbonne, où elle prépare une thèse sur l’expérience religieuse dans le néoplatonisme, et plus particulièrement sur le rôle de la théurgie et de l’hermétisme dans la pensée de JAMBLIQUE. Elle a aussi fait paraître plusieurs recueils de poésie : Abysses (L’Harmattan, 2019), Nom de sang (Editions du Cygne, 2018) et Arcanes (Editions du Cygne, 2014)." Source : https://linactuelle.fr/index.php/2019/05/28/mystique-neoplatonisme-jamblique-lemnaru/
       Avec cette auto-présentation sur un rythme sirupeux tonique très en vogue ou déjà plus ("so out") : https://www.youtube.com/watch?time_continue=66&v=qfS5waPxUfg

     

       Avec une femme. "On prend." On lit et lit. Et réfléchit. Tellement stimulant, et d'autant plus que la créativité semble le propre du réinvestissement païen actuel. C'est notre vœu le plus cher. La liberté dans les parages, absolument : recentrée ! Excès de vulgarisation voire bêtise à relever de pair !

       Aimez-vous la paille ? En bouche  !

       Ici, grâce aux relais du Blogalupus : https://leblogalupus.com/2019/10/03/philosophie-paienne-et-ecologie/

     

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  •  POUR NOUS TOUTES, TOUTES.

        "Vancouver", Véronique SANSON (1976). Source : https://www.youtube.com/watch?v=kJ-7qMonE7E

     

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  •  ET LE PORTRAIT, JEAN CLAIR EN PLUS (AMG)

    LIBERTE / STAROBINSKI

        Bulles de savon, Jean Siméon CHARDIN (1734), New York, Metropolitan Museum of Art. Le calme de la scène. La concentration pour la bulle, le vide compagnon de la scène, un peu de fripon à l'arrière.

     

       "Les expériences de la liberté

       Entre le moment des fêtes galantes et l'apparition sur les champs de bataille du drapeau tricolore portant en devise La liberté ou la mort, l'histoire du XVIIIe siècle peut être regardée comme la scène sur laquelle un mouvement de liberté fuse, éclate et s'épanouit en un scintillement tragique. Non que cette histoire aboutisse à l'instauration d'un règne de la liberté : tout au long du siècle, l'idée de liberté est mise en expérience à la fois dans le caprice abusif et dans la protestation contre les abus. Le goût de la vie libre prend tantôt l'aspect de la jouissance sans frein, tantôt la forme de l'appel à une moralité renouvelée, et chez certains (un FIELDING, un RESTIF), l'on apercevra un confus mélange de ces deux tendances. Cette revendication s'éveille et prend d'elle-même une conscience accrue, à partir d'une situation où les forces adverses opposent à la liberté un déni blessant. L'exigence de liberté s'éprouve dans la frustration. L'histoire du siècle résulte d'un combat, parfois d'un dialogue, entre les actes du pouvoir autocratique et les ripostes des hommes indociles. Dans le domaine politique, comme dans le domaine moral ou religieux, plus rien ne pourrait justifier le rapport arbitraire entre l'autorité et les sujets obéissants. Comme le dira KANT, les hommes des Lumières ont résolu de ne plus obéir à une loi étrangère : ils veulent être autonomes, soumis à une loi qu'ils perçoivent et reconnaissent en eux-mêmes.

       L'industrie naissante et les grandes concentrations urbaines créent de nouvelles formes d'asservissement et de nouveaux problèmes politiques et administratifs ; l'exigence libertaire ne s'imposerait pas avec cette acuité, si précisément l'atteinte à la liberté n'apparaissait partout : dans les insolences des riches, dans les maladresses des gouvernants, dans le recours à l'appareil oppressif du pouvoir. L'on découvre que l'extrême liberté de quelques-uns attente à la liberté de tous. Entre le crépuscule guerrier de Louis XIV, l'histoire peut encore se lire comme l'avènement, dans le sang, de l'idée de nation.

       Certes, les philosophes auraient voulu infléchir autrement le cours de l'histoire. Le désir d'affranchissement, l'impatience devant les entraves incitent à projeter dans le possible, sur le papier, l'image spéculative de la liberté revendiquée. "L'homme est né libre", proclame ROUSSEAU ; encore faut-il que l'indépendance de l'individu naturel ne lui soit pas dérobée lorsqu'il entre dans la société et devient citoyen. Or, partout, "il est dans les fers" : le problème consiste à trouver un système social où l'exigence de l'ordre et celle de la liberté ne fussent pas contradictoires. Problème dont la difficulté n'échappe ni à Rousseau ni à ses contemporains, et dont la solution devrait cependant, selon eux, être à la portée d'un "nouvel art social". Ce terme est significatif : il est caractéristique d'une époque où le mot Art ne s'est pas encore rétréci, spécialisé, purifié. Est art toute méthode tendant à perfectionner un donné naturel de façon à y introduire plus d'ordre, plus d'agrément, plus d'utilité. En assurant la transmutation de l'indépendance naturelle en liberté civile, en conciliant la sécurité de l'individu et l'autorité de l’État, le législateur donnerait l'exemple de l'art suprême. Déjà, la raison éclairée d'un LOCKE, d'un MONTESQUIEU s'était offerte de régler la composition des forces entre le pouvoir du prince (qui tend spontanément à la tyrannie) et les appétits des particuliers (qui s'entrecroisent de façon anarchique). Aux souverains et aux peuples, l'intérêt bien entendu eût imposé des freins, suggéré des compromis, inspiré le respect des lois. Mais qui écoute la voix de la raison ? Qui connaît son intérêt ? Ni les despotes, ni la "populace" exaspérée par les abus, ni même les bourgeois conquérants. Pour les témoins continentaux, l'Angleterre avait paru assurer la liberté civile par un sage système de séparation des pouvoirs. Mais dans la seconde moitié du siècle, l'image enviée s'était brouillée, et l'on regardait de loin l'idéal fédéral rassembler les colons d'Amérique dans la tolérance et la modération. L'art suprême de la société va-t-il donc se réaliser parmi des hommes qui font si peu de cas de notre faste ?...

       Dans l'aventure du siècle, les beaux-arts n'apportent pas seulement un témoignage oblique, une série de documents à l'appui : ils sont une part même de l'aventure. Le statut de l'art et de l'artiste subit une mutation qui, si elle ne se fait pas immédiatement sentir dans la forme visible des œuvres, n'en sera pas moins décisive à longue échéance. A travers les revendications des artistes et les tentatives de la philosophie esthétique (autre invention du siècle), une idée de la création se fait jour et s'impose, où l’œuvre d'art devient l'acte par excellence, de la conscience libre. Les poètes, les musiciens, les peintres - transportés par un nouvel esprit, sommés par un nouveau public - deviennent les dépositaires élus et parfois les prophètes d'une valeur de liberté partout ailleurs compromise. D'une certaine façon, ce transfert de responsabilité mesure l'échec de la liberté sur les champs de bataille de la réalité rugueuse, son repli dans le domaine de l'imaginaire et de l'intériorité.

       On y a pas toujours pris garde : l'art, à quelque moment de l'histoire qu'on observe, n'exprime pas directement l'état global de la société. Il est l'apanage de ceux qui détiennent le pouvoir et la richesse. Ceux-ci commandent les œuvres, les apprécient selon les critères de leur goût et de leur culture. La sociologie de l'art pose ici des questions indispensables : y a-t-il des groupes sociaux exclus du circuit de la production et de la contemplation de l'art ? Quel rapport l’œuvre entretient-elle avec le monde muet qui demeure dans l'ignorance du langage de la culture ? Ne l'oublions pas, le patron qui acquiert une peinture, une statue, un édifice, peut lui assigner une fonction variable : il peut les réserver à sa délectation privée ; il peut, tout au contraire, convier les foules à admirer des merveilles où la gloire de l'artiste compte parfois moins que le prestige de celui qui a pourvu à la dépense. Ceux que leur condition sociale inférieure paraissaient exclure du circuit de la production et de la consommation du "beau" s'y retrouvent englobés comme les destinataires que l'on souhaite éblouir, édifier, rassembler. A la collection que l'amateur réunit pour son seul plaisir s'oppose l'église ou la grand-place, offertes aux regards d'un peuple qui saura y reconnaître les symboles de sa foi, l'espace de la vie commune : une appropriation, une identification collectives se réalisent... Analyser la fonction de l'art, c'est se demander : qui parle ? Pourquoi est-il parlé ? Et de surcroît, à qui est-il parlé ? Enfin : l’œuvre a-t-elle été comprise par son destinataire ?

       S'il en a le loisir, un peintre peut créer pour le plaisir de créer, mépriser le goût du public contemporain, renoncer à vendre ses œuvres et s'en remettre au jugement de la postérité. (Nous avons tout lieu de croire que le cas est fort rare au XVIIIe siècle.) Si, en revanche, un architecte ne veut plaire qu'à lui-même, ses plans resteront dans des cartons. Il n'est de monuments subsistants que si le projet a emporté l'assentiment d'un patron, qui l'a confronté et préféré à d'autres projets avant de se mettre en frais. L'histoire de l'architecture, au XVIIIe siècle, est comme par le passé la résultante d'une double impulsion : l'évolution du langage architectural, puis la volonté des monarques (et des gens fortunés - nobles ou roturiers - qui les invitent avec de moindres moyens). La vie des formes est inséparable ici de l'histoire des intentions formulées par les patrons ; et ces intentions, ces goûts, à leur tour, ne se séparent pas du contexte social, politique et psychique de l'époque."

       In L'Invention de la liberté, 1700-1789, Jean STAROBINSKI, Skira, 1964-1987, pp. 12-13.

     

        Notes minimales :

       - "La liberté ou la mort".

       Une source trouvée : https://journals.openedition.org/chrhc/1182

       - Caprice et abus...

       - Cardinale notion d'indépendance naturelle.

     

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  •  REVENIR FINIR (POUR RÉALISER)

    Keriadenn Avril 2019

       Au Village, début avril 2019.

       Planter sans trop d'effort qui martyriserait le sol nourricier et vital, semer en vérité, gratouiller à l'occasion la couche superficielle au su de tuer. Fatalité ? "Carboner", laisser surtout, laisser, écouter (aimer ?), se déterminer, ainsi s'en va l'humanité réconciliée. L'ami GIONO l'a indiqué, d'autres Français ont pris la suite, instruits, expérimentateurs et SÛRS, SÛRS, aiguilleurs de victoire.

       Que rien ne soit englouti dans la folie d'autrui, dans ce monde à genoux, que dis-je égaré, enfiévré, méprisant, que renaisse l'ancienne métairie sans apprêts, rattrapant bruits et communauté du passé, murs et objets du foyer. Et qui sait des passants, des visiteurs, des HÔTES.

     

         Si jamais vous avez aimé, si jamais vous en voulez encore... quelques gouttes      (un peu ceci un peu cela, bombées, visqueuses ?!). Pas plus !

         (Tsukeshoin !)

         Si jamais vous voulez me remerciez et aider à ce que ce lieu réel en site réel, coiffé   d'imaginaire et de curiosité,

       (que j'habite en occupante, servante du genius loci depuis quelques années),

         ne prenne la tournure qu'il mérite, la sienne et celle de l'avenir, je vous remercie  grandement, énormément :

        https://www.lepotcommun.fr/pot/xp1jtbqk

     

       Petit clin d'oeil ! Grâce à L'Echelle de Jacob : https://www.youtube.com/watch?time_continue=243&v=7eJ10pgoi64 (ou https://www.youtube.com/watch?time_continue=243&v=7eJ10pgoi64).

     

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  • FIN

      SUSPENS

     

       Avec René BICKEL, TOUT est dit ?! Salutation à cet homme adorable : https://www.youtube.com/watch?v=qlm_Xyp2WuQ

        (https://leblogalupus.com/2019/01/12/alerte-lor-de-la-banque-de-france-nest-plus-sanctuarise/ et plus tard : https://fr.sputniknews.com/economie/201901291039825888-or-france-marches-finance-banque/

        (https://brunobertez.com/2019/01/14/editorial-le-peuple-defie-macron-macron-defie-le-peuple/)

        (Bilan financier type "krach rampant" avant gros crac : https://www.youtube.com/watch?v=u8qfGa28vhs)

        (Trouble fait : https://www.youtube.com/watch?v=yohtcidvaHM)

       Et comme un hymne à la détermination qui vient de loin : http://www.dedefensa.org/article/le-peuple-profond-installe-son-pouvoir

       https://www.youtube.com/watch?v=HhZBLVsGT-Y & https://tvgiletsjaunes.com/

       https://aspsdt5.sphinxonline.net/reporting/report/41b80c5d-34b5-4ae3-8779-08d6807ede2d

      (Témoignage policier - Alexandre LANGLOIS du syndicat VIGI, au 21-01-2019 puis Eric WERNER à l'Anti-presse du Drône n° 164, relayé par Régis de CASTELNAU : http://echelledejacob.blogspot.com/2019/01/violences-anti-gilets-jaunes-un.html & http://www.vududroit.com/2019/01/violences-policieres-revanche-faibles/)

       (Alexandre Langlois bis, sur-édifiant : https://www.youtube.com/watch?v=b_yerNHpxQ4) (Ter)

       Longue analyse de Christophe GUILLUY à mettre en perspectives avec le premier "spin-off" de Michel DRAC spécial Gilets jaunes (2e vidéo dédiée) : https://www.atlantico.fr/decryptage/3564536/christophe-guilluy--les-gilets-jaunes-ont-gagne-la-bataille-les-elites-ne-pourront-plus-faire-comme-si-cette-france-n-existait-pas-

       # Au 01-03-2019, François BOULO : https://www.youtube.com/watch?v=tRl9_q2ytI8

        Puis 18-03-2019, David DUFRESNE : https://stopmensonges.com/gilets-jaunes-des-violences-policieres-jamais-vues-david-dufresne/

       De la pauvreté, au passage (avant la suite). Creuset en Tsukeshoin. Misère contiguë.

       "Claps" de fin avec la question pas si subsidiaire "Qui est vulgaire, digne de mépris ?" là où règne ce regard juge et méprisant à longueur de temps (Nicolas BONNAL puis Alexandre BENALLA avec Vincent CRASE, ex-collaborateurs du Président de la république : http://echelledejacob.blogspot.com/2019/01/la-ferocite-de-la-nouvelle-revolution.html & http://echelledejacob.blogspot.com/2019/01/mediapart-publie-des-enregistrements.html

       https://le-vrai-debat.fr/?fbclid=IwAR2hAZaTrC57dS7N7QsOrJJmp7LGyvVbZKsooVf1bvzYDG-5mPwzr1kgjug

     

       BONNE ANNEE, cher lecteur.

       C'est le dernier article que Tsukeshoin devrait voir paraître daté 2019.

       La folie virtuelle de l'Internet permet de placer des articles dans le passé - "authentiifiables" !, et je ne vais peut-être pas me gêner pour intercaler ici ou là des imparus ou des devenus impérieux, à mon entière volonté. (C'est grand, c'est beau ! C'est faux voire mégalo, mais approprié à la confection d'un tout pensé.) Il est en effet possible sur cette plate-forme et sans doute sur d'autres, d'éditer un article à la date (et à l'heure) choisie, qu'elle soit passée ou future.

       (Un éclairage prospectif sur le pouvoir ou ceux qui savent jongler avec l'informatique à la solde du premier et peuvent falsifier à leur bénéfice pour mieux cerner et berner leurs attachés ?)

       Vous ne me croyez pas. Aller à "Yule". L'article source date du 28 décembre 2018, je le fais paraître le 22, à minuit (ou le 21, à 24:00). J'inaugure de ne pas me gêner.

       En question : monter un Tsukeshoin bis. Kairos (καιρός) ?

       Ou un site-blog non identifié.

     

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