• Europe du Bronze / VERHAGEN - 1983

     DESCENDRE DANS LES LIMBES (LUMINEUSES ?!)

    Char solaire deTrundhom

       "On considère le char solaire de Trundhom tiré par un cheval comme une figure mythologique centrale de l'âge du bronze danois."

     

       L’Âge du Bronze européen, Britta Verhagen, Götter am Morgenhimmel, Grabert-Verlag, Tübingen, 1983, 319 pages.

     

       "Britta VERHAGEN s’efforce, dans son nouvel ouvrage, de comprendre, de retracer les grandes lignes de la religiosité propre aux hommes de l’Âge du Bronze nord-européen. Cette “civilisation” préhistorique sans villes et sans constructions de pierre a été, affirme Britta Verhagen, une ère où la richesse matérielle était abondante. Les fouilles prouvent que, dans le Nord de l’Europe, régnait, dans les mœurs, une sorte de bon goût, un sens aigu pour les formes épurées, pour une sorte de noble simplicité, pour l’harmonie et l’équilibre des formes. Le mode de vie était manifestement “acculturé”. Les soins corporels mobilisaient beaucoup d’attention : les tombes, qui contenaient sans nul doute des biens périssables, nous ont révélé des objets d’usage quotidien qui ne sont réapparus que beaucoup plus tard : vêtements cousus et brodés, chaussures de cuir, boutons avec boutonnières, épingles de sûreté, étuis peints ou “pyrogravés”, boîtes de métal contenant des bijoux ou du matériel de couture. La décoration de ces objets était sobre, jamais surchargée.

       Comme le prouvent les travaux les plus récents de l’archéologie (Colin RENFREW, etc.), l’Europe du Nord-Ouest constitue le berceau territorial des Pré-Indo-Européens. Ceux-ci se sont par la suite divisés entre Indo-Européens de l’Ouest et Indo-Européens de l’Est. Britta Verhagen analyse les cycles mythologiques, interprète les représentations rupestres dans une vaste zone géographique qui part de l’Europe Occidentale et s’étend jusqu’en Asie centrale. Elle cherche ainsi à distinguer les acquis culturels et religieux provenant de l’Âge de la Pierre de ceux qui remontent à l’Âge du Bronze et de ceux qui sont plus récents. Pour l’Âge du Bronze, les résultats de ses recherches bouleversent les idées établies : on ne trouve ni ce monothéisme solaire qui se passe d’images anthropomorphiques du divin ni le Valhalla des Vikings avec ses Ases et ses Vanes. L’image centrale de cette religiosité est celle d’un homme jeune, debout sur un char solaire ou dans un esquif dont la figure de proue est un cygne ; il est entouré de femmes vêtues de blanc, ses habits sont bleus, il porte une couronne de rayons lumineux, des boucles d’oreilles en trois éléments, des spirales de bronze sur la poitrine. Cette figure semble faire rayonner autour d’elle une puissante lumière. Elle doit avoir été le symbole, non seulement de l’Europe septentrionale de l’Âge du Bronze mais aussi de contrées plus vastes et d’âges plus proches de nous.

       Le dieu grec Hermès était, à l’origine, un dieu chargé de soutenir le monde comme plus tard en Germanie l’arbre Irminsul ou, ailleurs, les Menhir. Dans un guide pour l’église de Fulda en Allemagne, on lit qu’un type particulier de colonne symbolise le Christ qui porte le cosmos. Britta Verhagen pense pouvoir trouver des analogies entre la religiosité de cet âge immémorial et celle qui subsiste encore de nos jours.

       Le “père sacré” des origines, figure commune à tous les peuples indo-européens, apparaît souvent, en tant que “père tutélaire”, chez de nombreux peuples : c’est Mannus chez les Germains, Manu chez les Arya des Indes, Manes chez les Phrygiens et chez les Égyptiens ; Narmer-Menses, quant à lui, était l’unificateur de la Haute et de la Basse Égypte ; il y avait en outre Minos en Crète. Quant au Christ, dans la Wessobrunner Gebet, il est appelé manno.

       À plusieurs reprises, Britta Verhagen critique la vision conventionnelle de l’ex oriente lux. Elle écrit : "Cette Europe Septentrionale est la seule région où l’on voit surgir les tombes mégalithiques à partir de coutumes funéraires plus archaïques. C’est très vraisemblablement le résultat d’une évolution ininterrompue depuis les pratiques funéraires de l’Âge de la Pierre moyen". L’archéologue allemande, pour prouver sa thèse, se penche sur les seules cultures mégalithiques encore subsistantes (du moins jusqu’à la Seconde Guerre mondiale) d’Asie du Sud-Est et de Polynésie.

       Le sens, qui préside à l’érection de ces pierres gigantesques, est dérivé d’un culte des morts et des ancêtres. Le mégalithe assure la vie éternelle du défunt. Il est son souvenir tout en étant le mort lui-même, présent dans le paysage sous la forme d’une masse de pierre. Là, très souvent, il reçoit des offrandes de la part de ses descendants. Nous avons hérité de cette pratique d’ériger des pierres tombales. Britta Verhagen scrute attentivement le monde des récits mythologiques : "Un grand nombre de chants de l’Edda sont les restes de drames très anciens qui se lisent comme la structure dramatique d’un texte moderne. Ces textes ont sûrement, jadis, été joués. Ultérieurement, ils sont devenus les “mystères” évoquant la vie, la geste des héros solaires".

       [Ci-dessous : Diverses représentations de l’“Apollon hyperboréen”. Avatar ultérieur : l’aurige de Delphes ? Une présence incontestée à travers toute l’Europe. A : au Mecklembourg. B : en Styrie. C : dans la nécropole de Suessela en Italie]

    Age du BronzeL’Âge du Bronze Nordique ne connaissait ni le culte d’Odin-Wotan ni celui de Thor. Les signes solaires de Posides (le dieu jeune, cf. supra), avec ses chevaux et ses cygnes, dominent incontestablement la scène. Nulle part, on ne repère la trace des loups et des corbeaux d’Odin. À la suite des migrations successives des Indo-Européens, c’est ce culte du jeune dieu de la lumière et de la justice qui essaime de par le monde.

    Et non celui d’Odin, dieu-loup borgne, chevauchant son coursier à huit pattes, coiffé de son chapeau mou. Odin-Wotan est en fait une divinité hivernale qui fit son apparition, en Europe du Nord, après un formidable bouleversement climatique : quand les hivers rudes et les tempêtes violentes ont houspillé le temps ensoleillé qui régnait auparavant sur le Royaume d’Atlas (un des noms que la figure divine primordiale a reçu dans la mythologie grecque).

    Comment le Nord de l’Europe est-il passé du culte de l’Âge du Bronze à celui des Germains et des Vikings ? Britta Verhagen pense que la transition s’est opérée au moment du retour des Cimmériens (fixés sur les rives de la Mer Noire) vers 500 av. notre ère. Ce retour vers l’Europe Centrale s’est effectué lors d’une détérioration du climat et a provoqué, peut-être, une première mutation consonantique des langues germaniques (ou, plutôt, pré-germaniques). Ainsi, Odin vieillit de 1000 ans, comme le croit aussi le mythologue danois Dan HEMMING, qui voit en Odin la figure divinisée d’Attila, roi des Huns.

    ► Dr. Wollatz, Vouloir n° 5, 1984.

    • Entrée connexe : culte solaire.

    • Pour prolonger : "L’âge du Bronze, une période historique : Les relations entre Europe, Méditerranée et Proche-Orient ", Kristian KRISTIANSEN & Thomas B. LARSSON, 2005."

     

      Source : http://www.archiveseroe.eu/age-du-bronze-a118582482

     

       Note :

       Importants chez Kenneth WHITE, décrits rapidement chez Jean-Marie PELT (Les Fruits, 1994, chapitre consacré à la symbolique de la pomme), les hyperboréens sont largement cités ici, avec le dieu "grec" Hermès...

       http://www.cosmovisions.com/$Hyperboreens.htm

       https://fr.wikipedia.org/wiki/Hyperbor%C3%A9ens

       Focale sur le soleil et son culte... Les valeurs humaines lui sont associées : justice et lumière.

       L'alchimiste Patrick BURENSTEINAS reste au cœur de nos déambulations.

       Il y a Hermes, il y a APOLLON.

     

    Apollon     Europe du Bronze / VERHAGEN - 1983

      http://www.mediterranee-antique.fr/Auteurs/Fichiers/MNO/Menart_R/Vie_Privee_Anciens/T4/VPA_419.htm

       "Apollon est né dans l’île sainte de Délos, qui était flottante autrefois, car elle a surgi des eaux pour offrir un refuge à Latone, la mère du jeune dieu, qu’elle mit au monde sous un palmier (fig. 528). Il y revient souvent, et le cygne, oiseau qui lui est consacré, lui sert de monture lorsqu’il veut se rendre chez les Hyperboréens, pays situé aux confins de la terre et où se trouve le griffon, animal fantastique, également consacré à Apollon (fig. 529).

       L’animal prophétique d’Apollon est le corbeau, dont le plumage était très blanc autrefois, mais est devenu noir, quand le dieu a voulu punir cet oiseau d’avoir révélé les infidélités de Coronis. Les oiseaux, qui vivent entre le ciel, où sont les dieux, et la terre où habitent les hommes, sont nécessairement des oiseaux prophétiques. Aussi, c’est en observant leur vol que les anciens devins savaient prédire l’avenir. C’était ce qu’on appelait connaître le langage des oiseaux."

        Et  "Figure primitive d'Apollo. Il de Paros. Musée du Louvre."

        http://www.cosmovisions.com/$Apollon.htm

      

       Note générale / l'idéologie :

       Le blog Vouloir d'où est tiré ce texte s'inscrit de près ou de loin dans une filiation d''extrême-droite. Outre le titre, les seuls mots suivants peuvent interpeller : "dans le Nord de l’Europe, régnait, dans les mœurs, une sorte de bon goût, un sens aigu pour les formes épurées, pour une sorte de noble simplicité, pour l’harmonie et l’équilibre des formes". (C'est nous qui mettons en italique) L'intérêt pour les cultures indo-européennes ainsi que le portrait d'un politique engagé témoignent de centres d'intérêt marginaux - ou marginalisés, tandis que la présentation explicite la position et le travail du blog, également dénommé Archiveseroe.

       Nous y sommes parvenue en cherchant sur le net une illustration d'Avallon, pour notre billet sur la "pomme symbolique". Et c'est une interview - très intéressante - de Bernard RIO qui nous en a fourni une.

        Tsukeshoin finirait-il sa quête en terre réactionnaire ?

       ...D'une quête qui (re)viendrait au point de départ, si l'on en reste à une interprétation minimale !

       Autant la perspective ne fait pas trembler (tant elle est impossible - mouvement, tant elle est implicite - donné), nos cheminements sur ces terres, initiés par la fréquentation du blog d'Odile JACQUEMET (Chemin faisant justement !) mais également les attaques faites à Etienne CHOUARD (d'assumer son attention à des voix pointées du doigt) ont définitivement conduit notre curiosité progressivement survenue à écouter certains discours jusqu'ici relégués ou inaudibles (préjugés, étrangeté culturelle et spontanée). La logorrhée - très estimée - de Francis COUSIN est de ceux-là.

       Le site Vouloir est manifestement une sérieuse bibliothèque.

       Et notre intérêt pour le problème de la hiérarchie ne saurait négliger ceux qui la soutiennent à l'extrême. Notre autre objet et compagnon de prédilection, à savoir la dite nature, impose la même curiosité, se montrer plus étrangère encore (si ce n'est opposée) à ces références comme éventuel terminus, leur connaissance aboutie ou au moins notablement défrichée.

       Au sein d'une certaine partie de l'extrême-droite, il semble qu'un questionnement aigu existe (ontologie, histoire humaines, etc.), ainsi que nombre d'études et de fonds documentaires.

       Enfin, il paraît aujourd'hui évident que bien des penseurs reconnus, de simples pensées courantes, sont chargées de non-dits très droitiers (si jamais ce mot a un sens, d'autant que ce recouvre la gauche est  critiquable et/ou particulièrement confus / complément et suite ailleurs évidemment), tous au moins lourds d'acceptions pyramidales, d'acceptations de soumission et de commandement - intransigeants !

      Ainsi Tsukeshoin peut-il et en passe-t-il par là. Quitte à subir des foudres "inquisitionnelles" (en ces temps de mauvais augure) ! Et pour ne reprendre que Francis Cousin, dont nous apprécions tant un large pan de vision, l'enjeu est de clarifier lequel, et  pour quoi (tout en localisant le plus précisément possible ce qui relève d'un substrat réellement extrémiste de droite, ce que nous avons entamé de faire au fil de commentaires et billets). D'autant que nous ne sommes pas une pure (!) intellectuelle (nous en flatterions-nous  ?! Sourire de chat), et encore moins une érudite (beaucoup d'itérations et au combien la dialectique nous sont nécessaires pour réfléchir et connaître) mais que le comparatisme, l'écoute sont de nos outils de compréhension et de prospection.

     

       # Hyperboréens selon les théosophes (on poursuit dans le malfamé, entendu) : https://fr.wikipedia.org/wiki/Hyperbor%C3%A9ens

     

       # Au 25-02-2017 : Marie CACHET (Le Secret de l'ourse, 2016) et la mythologie païenne donnent d'autres ressources. En attendant ou pour lancer la visite et des relectures : http://tsukeshoin.eklablog.com/paganisme-du-nord-vikernes-a128425408

     

    PAGANISME DU NORD / VIKERNES

    PAGANISME DU NORD / VIKERNES

       Le char de Trundholm, Malene THYSSEN. Ajout du 25-02-2017. Sources : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Solvogn.jpg & https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Solvogn_bagside.jpg

     

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