• "Euthanasieur", sans sourciller

     "Et toi, c'est quoi ton p'tit nom ?"

    "Euthanasieur", sans sourciller

       Source : http://laboiteapandore.fr/index.php/2015/09/28/leuthanasieur/

       Nota : La maison d'édition est également "gouleyante", à première vue.

     

       J'ai hésité. Devais-je placer le corps de l'article en premier ou mon "hallucinement" (du vertige) devant un livre aux titre et sous-titre si francs ? Même pas un roman noir...

       On sort d'une série cannabique peu réjouissante, entamée avec Xavier GRALL, et les nouvelles s’enchâssent sans répit. Pour ce livre, c'est "pure" coïncidence : il a été croisé récemment dans un rayon de livres déclassés, sous une halle de vente spécialisée dans la fin de ligne commerciale ou l'article très bas de gamme. Il date d'il y a plusieurs mois. Nous pouvions bien l'oublier en le rangeant dans la case des vilénies ordinaires et lancinantes, en attente de déploiement ajusté, mais le site JIM (Journal International du Médecin) consulté ce jour comportait un article sur "la fin de vie" dans sa page d'accueil... Il a donc repris son aiguille, son goutte-à-goutte de malaise. Une première salve alors s'imposait.

     

      On y penserait décidément vraiment fort à cette mort assistée, voire programmée, dans nos sociétés post-industrielles (ou de troisième révolution technologique, diront d'autres) pour lâcher en toute bonhomie un mot parmi les plus insupportables (et les plus maladroits, quand l' "eu" balbutie et décolle finalement en "r", de bise morbide)...

       Ce titre m'a glacée tout court, et horrifiée de son impudence. J'ai lu sa quatrième de couverture - qui suit - sans surprise mais commotion. Va-t-il se vendre ? Celui que je tiens dans les mains et qui me brûle de son indécence (?), de son indignité (?), de son agressivité sans détour, avérée elle ?

       Il n'y avait qu'un exemplaire dans le magasin, en bon état. S'était-il déjà bien vendu, ce tranchant double titre ? Des stocks sont-ils arrivés car l'éditeur avait prévu trop grand. Ou bien personne n'en a-t-il voulu à sa sortie, public pas encore mûr, pas encore prêts à entendre l'impossible - alimenté d'autant de fausse modestie et d'attention pragmatique ?

       L'acheter une contre tous alors ? (Chacun ses subversions ! OUAF !)

       Inutile en vérité, point de douleur en complément (lecture), de prétextes sirupeux : le titre suffit.

     

       "L'euthanasieur - Faut-il créer un nouveau métier ?

       Devant la mort, nous ne sommes pas égaux en faits. Certains souffriront, d’autres pas. Certains considèrent que la souffrance est rédemptrice ; d’autres ne veulent pas la subir. Certains affirment que toute vie humaine reste digne d’un respect inconditionnel, quel que soit le degré de son altération physique ou mentale ; d’autres refusent ces déchéances". C’est ce qu’écrit le Professeur LEBEAU dans Le Monde.
    Depuis longtemps il se bat pour la légalisation de l’euthanasie en France. Alors, il a pris la plume et s’est créé un double qui raconte dans une série de portraits (des patients dont il a eu la charge) le cheminement d’un kiné dans un hôpital parisien qui devient avec humanisme et respect de l’autre, un "Euthanasieur"."

     

      Source : http://ethique-sante.blog.univ-lorraine.fr/2013/10/03/leuthanasieur-faut-il-creer-un-nouveau-metier/http://ethique-sante.blog.univ-lorraine.fr/2013/10/03/leuthanasieur-faut-il-creer-un-nouveau-metier/

     

       Tout ce qui n'a pas un joli nom est-il tout aussi souvent dégueulasse... ?

     

       Source : https://www.youtube.com/watch?v=jsbU9Rn9qLs

     

       # Lecture du 20-04-2016, sur le blog Palim-psao :

       "Combien la démocratie et l’État de droit sont liés au procès de valorisation, le traitement accordé aux réfugiés le montre bien. À leur égard "on met en œuvre en toute transparence ce qui forme le noyau même de la logique capitaliste, à savoir la tendance à réduire les êtres humains à leur “utilité économique”, à leur “rendement” en tant qu’unités de dépense de force de travail. Ne “reconnaître” comme pleinement humains que les seuls hommes-machines performants et rentables, à l’exception par conséquent des enfants, vieillards, malades, etc., ce dessein qu’en fin de compte nos démocraties ne peuvent pas encore se permettre d’exécuter à l’endroit de leurs propres citoyens, nous le voyons se manifester de la manière la plus brutale dès qu’il s’agit des migrants : il faut qu’ils soient jeunes et en bonne santé, dans l’idéal sans enfants, sans père ni mère, sans attaches ni obligations d’aucune sorte sinon celle de se rendre “utiles” au procès de valorisation dans leur pays d’accueil. Et s’il y a parmi eux des “investisseurs”, naturellement on leur déroule le tapis rouge [9]».

       Les règles normales du droit valent pour ceux et celles qui sont (encore) exploitables ; pour les autres, les superflus non seulement de la périphérie mais aussi des centres, il reste les mesures d’urgence et de coercition. Citant ici Carl SCHMITT qui avait vendu la mèche dès les années 1920 dans sa Théologie politique, KURZ nous rappelle que l’état normal trouve son fondement dans l’état d’exception : "Est souverain celui qui décide de l’état d’exception [10]". Le droit ne repose nullement sur la vérité mais sur une décision volontaire du souverain, donc en définitive sur la violence. Il se fonde sur l’exception et peut à tout moment redevenir exception."  

       [9] Cf. Robert KURZ, Weltordnungskrieg. Das Ende der Souveränität und die Wandlungen des Imperialismus im Zeitalter der Globalisierung, Bad Honnef, Horlemann, 2003, p. 227.

       [10] Cité in ibid., p. 337.

     

       # Un site existe consacré au livre du Pr Lebeau : http://professeur.bernard.lebeau.over-blog.com/#

     

       # Au 17-05-2016 : Une infirmière développe sa vision, à la suite de son travail en soins palliatifs. A relire. Tout le jargon contemporain pour parler de la chose la plus naturelle ?

       http://agora.qc.ca/documents/la_mort_veut_que_jembrasse_la_vie

       Sur Agora, toujours et le même jour de lecture :

       http://agora.qc.ca/documents/entrevue_avec_jean_leonetti_le_pere_de_la_loi_francaise_sur_la_fin_de_vie

     

       # Au 10 octobre 2016, extrait de l'émission Oxygène d’Élise BLAISE (TV Libertés) du 07-10-2016 selon BHÛ (montage de 10 mn) avec des mots qui vont frémir... : https://www.youtube.com/watch?v=jE4p_A-cayw

     

       Avec Emmanuel HIRSCH, professeur d'éthique médicale à l'université de Paris-Sud et auteur de Mort par sédation (éditions Èrès), Thibault ISABEL, philosophe et essayiste, rédacteur en chef de la revue Krisis, Source : http://www.tvlibertes.com/2016/10/07/10684/euthanasie-tabou-oxygene

       Et d'entrée d'émission, des nouvelles angoissantes des vaccins, l'un (Infanrix) contient des nano-particules (qui traversent les membranes cellulaires), d'autres du... glyphosate...

      La modernité n'en finit pas de nous stupéfier.

     

       # Le 16-04-2018, alors les volontés d'agir enflent, la simple parole d'une experte (le féminin donne un autre tour...), Anne DE LA TOUR : http://www.politique-autrement.org/IMG/pdf/De-la-Tour_18mars2018.pdf

       "Ces trente ans de travail et d'écoute attentive quotidienne des malades nous interrogent : pourquoi tant de Français sondés (parmi eux de députés) sont-ils si favorables  à l'euthanasie quand... si peu de patients nous la demandent ? Très peu, même adhérents de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité, nous disent vouloir mourir ; bien moins encore nous le redisent quand ils sont correctement soulagés et accompagnés.

       Dépénaliser l'euthanasie, ce serait inscrire au cœur même de nos sociétés, la transgression de l'interdit de tuer. Avant de rompre avec plus de deux millénaires de tradition hippocratique, et juridique, comment ne pas se souvenir que ces socles civilisationnels n'ont pas toujours été dans le passé assez puissants pour empêcher nos criminalités ? Un principe élémentaire de précaution ne ne devrait-il pas nous dissuader de suspendre désormais nos valeurs collectives à un "Tu peux tuer de temps en temps" ou "sous certaines conditions" ?"

     

       # Le 24-04-2018 : http://echelledejacob.blogspot.fr/2018/04/suicide-maison.html

       # Le 29-04-2018, "affaire" Alfie (la Belgique a simplifié le problème des enfants, pour rappel) : http://log.antipresse.net/post/uk-alfie-evans-prophete-de-notre-futur?mc_cid=fb20312f91&mc_eid=dbe1fd88be

     

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