• FEMME VOILEE

     CORPS (CHEVELURE) : OBJET, SUJET

    FEMME VOILEE

       Raffinement, coquetterie, et blancheur des chairs sous un voile des plus vaporeux... qui n'est sans doute qu'invention (et copie !) de peintre. Au fond, une autre femme, au travail, habillée (à l'exception de son cou et ses bras), chevelure couverte, elle dont l'activité physique réchauffe.

       Est-ce nécessaire de poursuivre ?

       Ecole de Fontainebleau, dont nous reproduisons le commentaire moyennement convaincant - d'autant plus intéressant : "Un anonyme de cette école de la Renaissance est l’auteur ce tableau qui doit autant à la sensuelle Vénus d’Urbin de TITIEN (1538) - où l’on retrouve le détail de la servante plongée dans un coffre à l’arrière-plan - qu’à la Dame au bain de François CLOUET (1560–1570). Ici, la part belle est donnée aux accessoires : miroir sculpté, boîte à bijoux, peigne, voile, fleurs, vases et perles créent un écrin précieux à cette dame peinte selon les canons de l’époque (absence de taille, bras musclés, seins relevés), et qui ne porte rien d’autre que d’élégants bijoux à la symbolique maritale ! Anonyme de l’École de Fontainebleau, Dame à sa toilette, fin du XVIe siècle. Huile sur toile, 105 x 76 cm. Musée des Beaux-Arts de Dijon / F. JAY." Source : https://www.beauxarts.com/grand-format/les-joyaux-reveles-du-musee-des-beaux-arts-de-dijon/#&gid=1&pid=3

     

       Sujet / objet fut le thème d'un billet en Tuskeshoin. Depuis, une meilleure connaissance du monde aristocratique et monarchique (très partielle) nous a permis d'en comprendre un peu mieux l'épaisseur. La dialectique est tout simplement riche et rebondit selon les angles.

       Dans le cas de la féminité, les significations et les sens se dédoublent encore.

       La question du voile qui ne cesse de revenir sur la scène médiatique, comme un sanglier fourrage la terre, arrachant sucs et racines, concentre les points de vue et les conclusions. Tiendrait-elle en 3 ou 4 lignes, où la liberté de la femme chercherait, fidèle à son humanité, son expression, quand la loi du plus fort rugit, et l'obligation de faire autrement fourbit sa part, avec ou contre l'élan vital naturel (de soi).

       C'est aussi l'occasion de se baigner dans des représentations captivantes assez déstabilisantes (maladresse et maîtrise en renforts).

       Les femmes musulmanes qui quittent le voile, prennent la parole, sont très émouvantes. Celles qui ne se couvrent pas et se taisent : aussi. Celles qui se taisent et se voilent ? Celles qui se voilent et parlent ? Oui elles aussi, chacune en gamme divergente, et pour toutes, avec une gêne parallèle, de la curiosité spontanément retenue, où les médiatisations frisent l’écœurement autant que les perturbations assez ostensibles du domaine public (a priori) laïc finissent par toucher péniblement.

       A partir des partisans : https://leblogalupus.com/2019/10/29/combat-acharne-des-elites-parisiennes-pour-defendre-le-voile-islamique/, L'Echelle de Jacob (https://francais.rt.com/france/67443-sorcieres-halloween-bureau-senat-saisi-des-propos-un-senateur-sur-voile-islamique) et TVL : https://www.tvlibertes.com/zoom-henda-ayari-laccusatrice-de-tariq-ramadan-par & https://www.youtube.com/watch?v=GnnFy0uFe3E

     

    FEMME VOILEE

        Concours de voilages, de voilures, de voiles ? et de corps : féminins, masculins. Le Printemps de Sandro BOTICELLI (1478-82), 203 x 214 cm, Galerie des Offices, Florence.

     

      Est-ce chez Philippe MURRAY que l'importance de la nudité féminine prit son relief pour nous ? Avec l'acceptation personnelle qu'en avait cet auteur, exclusif en émotion et pulsion - et raison d'amour (pas de grossesse à venir !). Est-ce avec lui que l'importance du nu dans notre pays nous fut clair ? De simples études en architecture, telles que connues (importance du dessin), après les livres d'histoire et l'habitude des jardins urbains, ont définitivement dessiller, avec l'intérêt du tracé, du défi, du sublime : une personne en chair et en os, en pose. Vibrante de vie et de présence, même à son corps défendant.

       A contre-courant de cette réalité inspirée d'une lointaine tradition grecque, de relations au corps diversement traversées, dans la religion chrétienne, mais aussi dans les cultures celtes, ou plus exotiques, une autre culture, d'autres habitudes et croyance, pressent ou du moins s'affirment pour instaurer d'autres règles, peu nouvelles, éventuellement les pires.

       Nous resterons dans notre cadre de réflexion. Sans beaucoup de références.

       Une dernière remarque préliminaire : la chair blanche manquerait-elle de neutralité ? La neutralité requise - socialement - dans un monde naturel voué à la perception. (La réponse est affirmative, nous en sommes certaine. La lumière est reine, sophistiquée de l'ombre.)

     

        -  Le voile quelque qu'il soit (foulard, drapé, châle) entrave les mouvements, constitue une gêne physique, même si le corps a un art consommé de s'habituer à des postures et des parures ou simples vêtements. Mémoire et habituation organiques fondamentales. Le retirer ? Quelles sensations, après tant d'heures ?

       La tête (en signal faible, prise de conscience banale) a de pair (et corollaire) ses habitudes et fera se sentir mal de ne pas porter sa coiffe (en référence à la femme bretonne ici, du passé), son voile ou ses cheveux simplement peignés - ou décoiffés. Maquillage, cravate, même combat. Sortir. Rentrer. Chez soi.

       - De l'esthétique... Indéniable. De cette faculté de transformer son aspect jusqu'à la métamorphose (L'Homme sans qualités, Robert MUSIL). Soi et les autres en jeu. Créativité de l'humanité, grandeur ou folie ! Parure ou mensonge. Embellissement, trafic, valorisation. Dévoilement ! Jeux de monstration, appels, faux-semblants, rigueur, etc. Sauf à se faire aveugle ou ermite, où d'autres appels aux sens chatouilleront : impératif catégorique de la vie humaine que voir et être vu ! Interrogation sur la mode et les traditions vestimentaires contemporaines de surcroît. Praticité parfois sans plus aucune tenue. Élégance ? Dignité ! Du voile ? Et si la voilée a peu de charme...  dans la cruauté de la naissance et du don.

      - De la liberté face à certains hommes : il s'agit de se protéger, femme proie. Concupiscence.

      - Hyper-paradoxe si commun... où la logique, la raison ne sont pas assurées jusqu'au bout : emprisonner pour mieux planer. Transcendance appariée ! Avec l'air de plaisanter, le fait existe et se défend. Sacrément !

        A travers des impératifs largement argumentés, trop argumentés.

       Pourquoi en arriver là toutefois. A haute exigence, devoir extrême ?

       Risque réel de coercition totale... Civilisation ? Au nom de ? (Comme on a construit les cathédrales...)

     

    FEMME VOILEE

     FEMME VOILEE

    FEMME VOILEEFEMME VOILEE

      Face au divin paradoxe chrétien, iconographie prolixe et fabuleuse de nos jours, que la Contre-Réforme aura à cœur et saura faire taire... Chaste nudité, nourriture terrestre. Sources : https://lougira.blogspot.com/2012/04/madone.html, https://fr.slideshare.net/Barrie213/la-vierge-allaitant-lenfant & quand la coiffe se fait chevelure, de sélectifs et soignés plissés, http://www.artnet.com/artists/robert-campin/la-vierge-allaitant-lenfant-j%C3%A9sus-8tugY20aUzmSqXrHns3Y8w2

     

    FEMME VOILEE

         Edouard MANET, Le Déjeuner sur l'herbe (1862-63). Comme si de rien n'était. Si belle, si sereine. Peut-on se permettre d'imaginer l'acte préalable : se déshabiller ou l'être, et soi et soi seule - ou presque (l'autre femme en chemise ou sous-vêtement) ? De la faculté de la peinture à nier le temps, circonstanciel et appeler au mythe le plus anonyme, supérieur. Sources : http://www.centroarte.com-/Manet%20Edouard.htmhttp://www.centroarte.com/images/manet/manet20.jpg

       Par autre trivialité, où déception : https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_D%C3%A9jeuner_sur_l'herbe

     

      # Le 10-11-2019, musulmanes sans voile (par le relais de la revue de presse de Lieux communs)  :  & https://www.marianne.net/societe/insultees-harcelees-le-calvaire-des-musulmanes-qui-ont-signe-la-tribune-contre-le-voile & https://www.marianne.net/debattons/tribunes/le-voile-est-sexiste-et-obscurantiste-l-appel-de-100-musulmanes-de-france

       Par le relais de Lieux communs (sa revue de presse), le 01-03-2020 : http://www.politique-autrement.org/IMG/pdf/5_200229.pdf

       Ne pas oublier François TRUFFAUT (Les deux Anglaises et le continent, La Femme d'à côté). Amour partout qui transmute, rend fou et heureux. Bonheur et beauté, beauté, Fanny ARDENT baignée de plaisir, Véronique SILVER, Kika MARKHAM, magnifique Muriel.

       Et : https://www.radiocourtoisie.fr/2019/10/08/les-mardis-de-la-memoire-du-8-octobre-2019-leglise-contre-les-femmes/

     

     

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