• GAVRINIS, CAIRN (de -3500 à -3000 ANS )

     ENFOUISSEMENT EXTRAORDINAIRE. [MERVEILLE].

    GAVRINIS, CAIRN

    GAVRINIS, CAIRN

       Photographie des abords insulaire du cairn, par CALAECO, le 18-08-2008, puis vue de la masse de pierres et de son entrée par MYRABELLA, en avril 2010. Sources : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Cairn_Gavrinis.jpg & https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Cairn_Gavrinis_exterieur.jpg.

     

       Repartant en article de dictionnaire, Jean MARKALE rédige quelques lignes dans son Petit dictionnaire de mythologie celtique (Entente, 1986, p. 98) :

       "Gavrinis

       île du Golfe du Morbihan, en Bretagne armoricaine qui contient un tertre mégalithique dont presque tous les supports sont gravés de figures énigmatiques. Le monument de Gavrinis est comparable à celui de New-Grange, en Irlande, mais les traditions à propos de son importance dans la mythologie celtique ne nous sont point parvenues."

       L'auteur a le mérite de stopper toute confusion - après l'avoir amenée - quant au celtisme des monuments mégalithiques de Bretagne et d'ailleurs. Au loin la celtomanie, quand il s'agit des mégalithes, la religion des Celtes, elle-même païenne pouvant toutefois relever d'un paganisme archaïque (tel que décrit par Varg VIKERNES)...

       Demeure une [MERVEILLE] (phonétique envisagée) ABSOLUE que la langue des oiseaux a tout lieu d'entreprendre (mer veille, mère veille... non ?), et qui fait gamberger.

     

    GAVRINIS, CAIRN (de -4000 à -3000 ANS )

       Photographie  (probable) de Laurent LESCOP sur son site internet. Source : http://www.keris-studio.fr/blog/?paged=2&tag=linkedin avec http://www.keris-studio.fr/blog/?page_id=3489.  Voir aussi, aux antipodes : http://katnightwind.over-blog.fr/article-25713450.html & classiquement : https://fr.wikipedia.org/wiki/Cairn_de_Gavrinis

     

    GAVRINIS, CAIRN (de -3500 à -3000 ANS )

       "Les gravures fantastiques du beau dolmen sous cairn de l'Île de Gavrinis en Lamor Baden en font l'une des merveilles du monde. Photographie et légende extraites de Menhirs et dolmens, texte P.-R. GIOT, Jos LE DOARÉ éditeur-photographe, 19, pp. 20-21.

     

       Notre autre dictionnaire du moment, celui de Gwenc'hlan LE SCOUËZEC (Dictionnaire de la Tradition bretonne), se plaît, après présentation générale (moins exclusive du celtisme que Jean MARKALE, instruit de l'intérieur du druidisme obligerait-il), à une description minutieuse qui va jusque relever le dessin de chaque pierre sculptée.

       Extraits surlignés :

       "L'îlot de Gavrinis, en Lamor-Baden, dans la golfe du Morbihan, porte le tumulus le plus beau, ou au moins le plus orné du monde mégalithique. En effet, le dolmen qui en forme la galerie intérieure comprend 26 pierres sur 30, dont les 29 orthostats, entièrement décorés de lignes souvent concentriques ou semi-circulaires, dont le sens nous échappe presque totalement. Disons cependant que la disposition et parfois la décoration des pierres de soutènement semblent obéir à un système arithmétique et à un symbolisme numérique.

       Le nom semble se référer à celui du géant GWER*. Ce serait  l'Île de Gwer et à ce titre on peut rapprocher ce petit territoire de la presqu'île de Gavres, près de Lorient, et de la forêt de Gavres en Loire-Atlantique. Non loin d'ici d'ailleurs, au point de rencontre de la rivière de Vannes et de celle d'Auray, un écueil marque le confluent, et son nom, déformé aujourd'hui sur les cartes en Gregan, était traditionnellement GARGAN.

       La construction du monument a été datée par les archéologues, depuis les derniers développements de la méthode au carbone 14, de quatre mille ans avant notre ère. C'est-à-dire, qu'à l'instar du cairn de Barnenez, il existait depuis plus d'un millénaire lorsque furent édifiées les pyramides d’Égypte. La civilisation méditerranéenne et moyenne-orientale, en particulier égyptienne, tenue pour la plus anciennes, n'a débuté que sept cents ans après Gavrinis.

       L'architecture intérieure est d'une grande simplicité : il s'agit d'un dolmen à couloir, en parfait état de conservation. La galerie, d'une longueur de 13,10 mètres, dallée de 11 pierres, est constituée de 12 orthostats, plus une pierre dite de calage, à droite, et de 11 montants à gauche. Il ne s'agit pas de supports : aucun ne soutient les 12 éléments de couverture qui reposent sur les cailloux du cairn, mais tous retiennent ces derniers dans leur poussée latérale. La chambre qui fait suite, mesure 2,60 mètres de long sur 2,50 mètres de large et 1,80 mètres de haut. Elle est formée de 6 dalles debout, d'une dalle au sol et d'une énorme table de couverture de 3,70 mètres de long sur une largeur de 2,50 à 3,10 mètres. Ce sont là des estimations de l'archéologue LE ROUX et avant lui, du docteur de CLOSMADEUC. Ces mesures ont permis d'envisager l'utilisation d'une coudée de 52,38 centimètres.

       Un bref résumé des gravures incisées sur les 26 plats, avec le minimum de commentaires ou d'interprétations, permettra d'approcher l'art étonnant de Gavrinis. Celui-ci s'organise à partir d'ensembles de lignes, toujours les mêmes, les chevrons et les hémicycles concentriques, auxquels s'ajoutent quelques figurations comme l'arc, la crosse et surtout la hache de pierre néolithique.

      (...)

       III (à droite en entrant) - La cinquième dalle montre un visage, à moins que ce ne soit une vulve, ou les deux, comme on le voit à Luffang en Crach. Et surtout, dans le coin, en haut, un œil à la vue duquel on n'échappe pas. Depuis 6 millénaires, il nous regarde.

       (...)

      VI - Sur le neuvième montant, triomphent en plein des dessins en demi-cercles concentriques, si typiques de Gavrinis, entourant leur déesse.

       (...)

       XIII - L'Un, le Soi, le noyau primordial, voilà ce qu'évoque la seizième dalle. Ce rayonnement, qui n'est peut-être que le foisonnement des sillons d 'un champ néolithique, atteint à la splendeur, comme un feu issu des eaux primordiales où gît la double pierre de foudre.

       (...)

       XV - L'importance de la dalle serait soulignée, si elle ne l'était déjà par ses représentations, par le chiffre 18. La langue bretonne le dit triwec'h, c'est-à-dire trois fois six, ce qui est contraire à toutes les usages des langues indo-européennes, mais évoque une antique numération, sans doute prépythagoricienne et néolithique. C'est ici la chouette aux trois yeux, creusés dans la pierre et aux deux nez qui les séparent, MÉDUSE peut-être dans son domaine extrême-occidental, la fascinatrice, celle qui transforme les hommes en pierre. Elle se tient à vrai dire au-delà de la mort et de la vie, l'une des clés sans doute de Gavrinis.

       XVIII - 18 haches, 52 assises, 360 manifestations, 3456 dieux. L'une des clefs de la science mégalithique est-elle disposée ici, sur la vingt-et-unième dalle ? Le triangle, le rectangle et le cercle, l'arithmétique et la géométrie, les symboles et la valeur de Pi sont-ils disposés dans un rideau d'angles et de courbes ouvert sur le nombre de fondations ?

       (...)

       XXIV - La quarantième dalle forme le seuil de la Chambre. Elle est décorée de soleils, un grand qui semble se lever, ou se coucher, trois autres plus petits, accompagnés d'une échelle qui, comme toutes échelles, permet de monter ou de descendre.

       (...)"

       In Dictionnaire de la Tradition bretonne, Gwenc'hlan LE SCOUËZEC, Kiron/Philippe Lebeau, 1999, pp. 98-103.

     

       Notes :

       - Ce besoin, assez courant chez les auteurs "locaux", de rappeler les monuments de l’Égypte antique sont toujours surprenants... Malhabiles ou fertiles ? Autant il permet de situer chronologiquement des architectures massives plus ou moins glorieuses et stupéfiantes, la comparaison qualitative qu'elle entraîne paraît plus significative d'un désir de mise en valeur du moins connu (et moins reconnu) que porteuse de révision de la hiérarchie habituelle des cultures et civilisations mondiales qui semble visé. On peut même craindre le rire de certains, même si l'Égypte ancienne a pu trouver des origines dans un paganisme ancestral articulé sur l'Europe et le Moyen-Orient, - dans une filiation néandertalienne, si l'on reprend grossièrement les hypothèses de Marie CACHET -, commune aux peuples édificateurs des monuments mégalithiques. Cairns et pyramides délivrent une architecture si dissemblable, des manières d'être humain presque opposées... Le raffiné, l'élaboré, le maîtrisé tirant sur une perfection formelle et/ou constructive l'emportent généralement haut-la-main sur tous autres styles et résultats. Qu'expriment les pierres de Gavrinis ? Quelle science ?  Grossière, bancale, tortueuse, affabulatrice, etc. ? A bien y regarder, les pyramides pharaoniques dégagent une raideur assimilable à la mort, qu'un noyau symbolique macabre rend plus dramatique encore (quelle mort est en effet mise en scène) tandis que l'absence de descente directe de charge sur les orthostats du cairn de Gavrinis, pour le moins et si Gwenc'hlan Le Scouëzec dit vrai, démontre un savoir constructif aussi original, complexe que performant, et l'ensemble de la construction, une approche humaine sensible, tangible, empathique, fertile...

       - Marie CACHET l'affirme, d'autres le soutiennent innocemment, sans fondement discursif mais liberté interprétative : la proximité de certaines gravures de Gavrinis avec les empreintes digitales humaines saute aux yeux... et peut confirmer une vision par le ventre maternel (universel) et la quête enfantine de l'identité dans la réincarnation (par grossesses successives et symboliques). Abri ou poche tellurique, architecture des profondeurs, ces entrailles métaphoriques accueillent temporairement (s'il réussit) le candidat à la vie adulte, au-delà des rituels païens anciens décrits par Varg VIKERNES (culte de renaissance solaire néolithique), plus lointains encore du simple voyage des morts vers leur destinée définitive attribué plus communément aux hommes du néolithique.*

     

    GAVRINIS, CAIRN (de -3500 à -3000 ANS )

       "Ce qui m’a frappé c’est que certains des décors me rappellent des empreintes digitales. Ici j’ai fait le rapprochement d’une photo macro d’empreinte de mon pouce gauche et d’une partie de décor de Gavrinis. Dans l’image ci-dessous (...), j’ai rapproché une autre partie de l’empreinte digitale de mon pouce gauche et d’un cartouche du décor d’un orthostate. Dans les deux exemples, on remarque des proportions semblables pour les sillons et les reliefs. Les hommes du néolithique qui pratiquaient la poterie, n’ont pas été sans remarquer leurs empreintes dans l’argile humide qu’ils modelaient, peut être avaient-ils déjà remarqué qu’elles différaient suivant les individus. Et peut-être qu’ils reproduisaient déjà ces empreintes pour identifier le ou les individus inhumés dans le cairn.

       Source : http://gwezen.dero.pagesperso-orange.fr/Gavrinis/gavrinis.html

       * "Le labyrinthe, vous le connaissez très bien, vous l'avez sur vos doigts. Oui, c'est bien la fameuse carte d'identité biométrique moderne. C'est une sorte de carte. Unique à chaque personne, elle est même unique à chaque jumeau. On estime qu'elle est dessinée par le liquide amniotique. L'empreinte digitale, ou plutôt le dermatoglyphe (littéralement "gravures dans la peau"), l'empreinte étant son dessin, comme les fameuses mains positives et négatives. C'est le symbole même de l'individualité, la carte de votre parcours dans l'au-delà, ou devrais-je dire l'eau de là ?

       Oui, vous ne me croirez peut-être pas si je vous dis que certaines grottes-tombes (dolmens ou tumulus) en sont garnis. Vous ne croirez pas car personne ne vous l'a présenté ainsi. Les personnes qui travaillent sur l'Histoire et surtout la Préhistoire, ne sont pas enclines à parler de continuité  entre des périodes si éloignées. Et pourtant ? Ne s'agit-il pas du même symbole et du même message dans les grottes ornées (mains positives et négatives), et dans le tumulus de Gavrinis (France) couvert de, ce que je souhaite appeler, avec toute ma volonté, "des dermatoglyphes", mais aussi aujourd'hui, avec notre fameuse, en fait très peu moderne, "biométrie" ? L'identification des personnes a toujours été une préoccupation humaine. Pourquoi ne voit-on pas la ressemblance de ces symboles ? Le fœtus appose ses mains dans l'utérus et marque son passage, avec celles-ci, et avec ses "dermatoglyphes", qui laissent des empreintes uniques, uniques et donc directement liées à son ADN, preuves de sa subjectivité.

       Ces dermatoglyphes sont aussi vu comme une carte, comme ils le sont aujourd'hui (une carte de l'ADN, de l'identité, et donc de ce qui fait votre vie, une carte du temps passé comme vous-même) : c'est le fameux symbole du labyrinthe et de la ville de Troie, dont nous reparlerons plus loin. Comment en arrive-t-on à décrire les gravures évidentes de Gavrinis comme des "dessins bizarres" ? (Prosper MÉRIMÉE, Notes de voyage dans l'ouest de la France, 1836), comment peut-on être aussi aveugle ?

       Les cairns et autres dolmens ou tumulus sont clairement une image de l'utérus, avec leur long couloir (vagin) et leur chambre funéraire ronde.

       Il faut savoir que le premier animal à graver sur les parois rocheuses dans les grottes n'est pas l'homme, mais l'ours, après la période d'hibernation, sans doute pour aiguiser ses griffes. (...)."

        In Le Secret de l'ourse, Marie CACHET, 2016, pp. 309-313.

       - Avec le nombre 18 puis celui de 3456, l'auteur prend des envolées explicatives. Son dictionnaire dispose d'un article "Trous Quatre Cinq Six" dans la prolongation du texte consacré à Gavrinis ; à lire et relire (pages 223-226).

     

       Archéologie et technique laser 3d (dimensions) s'emparent du cairn. Sources :  https://www.youtube.com/watch?v=QMxAWieszBY & https://www.youtube.com/watch?v=DRKiZx3MyGI

     

       Voir aussi ce qu'en dit Howard CROWHURST : http://tsukeshoin.eklablog.com/il-y-a-longtemps-crowhurst-a129833664

     

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