• GLENMOR - 1977

     Interview du 4 octobre par Jacques PAUGAM

        Source : https://www.youtube.com/watch?v=RlwPDFCTEkI

        La photographie est certainement plus tardive que 1977 ! Quoique témoignant d'une belle apparence (avec des airs de sage slave, l’œil en coin), les paroles de cet entretien attestent, elles, de 46 ans ! Et la couverture d'Armor magazine, - plus bas dans la page -, confirme un homme dans la force de son âge (je suis un plus vieille que lui, aujourd'hui... ).

     

        Énoncés clairs, pensée forte : GLENMOR !

     

        Propos pris au vol et commentaires divers (ce n'est qu'un début, a priori):

       - Bretagne d'enfance : "Une ambiance où tout le monde chantait les événements de chaque jour".

       - Cette idée que développe Glenmor de gens de pays... Pays qui façonnent, gens qui façonnent. C'est une découverte très récente pour moi, très très loin du pittoresque, refusant les stéréotypes, et peut-être même les typologies, tous auxquels je pouvais associer l'idée jusque-là (en les craignant pour moi-même, bien entendu, le fardeau breton si lourd !)....  Il s'agit alors très simplement d'un fruit, de la fertilité d'une implantation humaine, d'un embrassement de réalités qui évoluent ensemble, pas nécessairement facilement ni joyeusement : un fait de la vie, fait d'hybridation et de résistances, de subtiles rapports et de résultats, plus ou moins distinctifs. Une évidence. Une loi ! Naturelle ?

       Je veux aussi dire que la découverte nous (m') a sautée à la figure pour ne pas dire m'a "crevé les yeux" (expression si forte, trop forte !) et s'est fait jour en consultant des ouvrages sur la Bretagne chez le bouquiniste de Quimper Le piano-livre, et que je suis pour l'instant, et dans le présent texte encore, en deçà de ce que j'ai alors intégré... (le livre défitinivement déclic étant : , recommandé par le libraire, l'aller-retour a Quimper étant, tout récent, un voyage très choisi, pour une destination inconnue, le Musée breton prétexte autant que raison solide). *  

       * Aux 9-12 janvier 2016 et après avoir questionné quelque peu la notion de peuple, ainsi que celle de nation et République, ces dernières ayant peu à voir avec la Bretagne, même si Glenmor a pu être le chantre d'une nation bretonne, bien d'autres avec lui, après lui (Alan Stivell par exemple) :

       Il semble qu'en France particulièrement et ceci conjointement au fameux Droit du sol constitutionnel (paradoxe de la partie ! : ou comment déterritorialiser pour nationaliser/franciser ? avec un sol remodelé, légiféré, re-signifié autant que sur-signifié - valeurs abstraites ajoutées et solidairement contenues dès lors), le lien primaire existant entre terre, territoire et humains soit tabou et/ou même abhorré par certains (intellectuels, politiques...). Il ne pourrait exister, - premièrement, sans relever, - secondairement, du plus obscur "arriérisme", directement nourricier de la catastrophe "discriminatoire" (racisme, ostracisme, apartheids, génocides). Que la crainte de l'essentialisme, fixatif, normatif par nature, vite accusateur de surcroît, et que la protection de la différence, des différences, en particulier minoritaires, animent certains cris (ce peut être de cet ordre-là !) ne peut justifier qu'on veuille taire celles-là et refuser de les reconnaître, avec leur corollaire assise géographique, d'autant qu'en l'occurrence, elles ne sont pas nationales en soi (seule l'Histoire y a parfois apposé son sceau ; la France donc), et encore moins nationalistes (ce caractère, aujourd'hui quasi-sacrilège, n'étant de plus que le revers qualificatif d'un pouvoir qui s'est justement exercé par cette voie, arguant que ce serait de son seul privilège de le savoir manier - et gouverner !).

       Et... La notion d'identité ? Encore jamais usitée ni réfléchie en Tsukeshoin, importante sans doute, pas de notre habitude.

       Elle rejoint à plein la problématique en ce qu'elle offre de caractériser par tous les biais UNE réalité humaine, et donc de rallier le socle, le milieu géographique inhérent à toute vie, tout rassemblement (c'est encore vrai, mais se pourrait en question aujourd'hui). Mais son contenu auto-référencé ou de doublement, à signification possiblement... univoque (!) atténue son intérêt pour nous. Tout est sans doute affaire de discours général et d'emploi. Dans la bouche de Glenmor, l'identité est faite avant tout de richesses, de consistances... et de variations. Elle n'a rien de crispé, de sclérosé, identique à elle-même ad aeternam. A bien l'écouter, il parle d'ailleurs en nuances et graduations dès qu'un caractère humain localisé est énoncé. Et toute sentence générique régionalisée, flatteuse ou non, est ou repoussée (le présumé sens breton de l'honneur) ou rattachée à un idéal d'ouverture ou de sensibilité singulière et singulièrement ouverte (de l'intuition, de la raison). Glenmor sait toutefois rester un énergique meneur d'idées, d'horizons et d'hommes  (à l'occasion / principalement ?), et prononcer des qualités motrices et néanmoins fermes. Sa mesure et sa finesse est variable, et celle attachée à la Bretagne se montre infiniment plus modulée que pour d'autres sujets. Glenmor !

       L'identité pose un "être", auquel on ne saurait de soustraire, là, présent, inimitable, irremplaçable, mais expose à l'enfermement et l'inamovible généraux. "L'étant" (Heidegger ? Nous ignorons tout de sa pensée, à l'exception de formules , traduites en français, comme celle-ci, et qui ne semble pas de notre entendement) serait l'autre affaire, indissociable, tout l'art, de vivre.

       Tout ne serait-il pas affaire de souplesse, de complexité profondes dans le regard porté sur le fameux lien des humains au sol qu'ils habitent, ou peuplent, de par lui extrêmement interactif, évolutif ?

       Et l'identité d'un Glenmor se meut, comme se meut celle de la Bretagne (la Bretagne, UN mot  et qui-quoi d'autre !)

     

    Glenmor Armo magazine

       http://www.ebay.fr/itm/003680-Armor-Magazine-Numero-107-de-Decembre-1978-Sopel-/191470299386

       Armor magazine élit en 1978 Glenmor, Breton de l'année. La revue est en vente.

     

       # Au 05-03-2016 : http://www.istorhabreiz.fr/spip.php?article6

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