• Grandes notions humaines / COUSIN

     "Le divin est l'auto-mouvement du monde (...) dans sa pure naturalité de transcendance immanente."

     

     Source : https://www.youtube.com/watch?v=AkSpdLcdgsk

       - Le div indo-européen : "le divin lumineux des jours infinis".

      - HEGEL : La triade dialectique. Exemple de la triade historique, marquée par l'en soi, puis le pour soi et enfin le pour soi revenu à l'en soi (parallèle possible à la thèse, l'anti-thèse, la synthèse).

       Avec le christianisme : L'en soi premier : le père. Le pour soi : le fils, Noël (l'incarnation). L'en soi revenu au pour soi : la Pentecôte.

       "Il existe un rapport dialectique absolu entre la ontogénèse et la philogénèse, l'ontogénèse étant la situation de chacun d'entre nous, et la philogénèse étant la situation de tous les chacun d'entre nous rapportés à l'histoire mondiale universelle."

       -"Nous sommes des consciences aliénées malheureuses parce que nous n'avons pas d'unité générique. Et nous ne pouvons pas avoir d'unité générique tant que nous n'avons pas retrouvé le chemin de l'universel générique de la communauté humaine universelle. Il n'y a pas de solution individuelle à l'irréalité de notre réalité tant que nous n'avons pas saisi la nécessité historique de réaliser l'être générique mondial universel."

      Écouter BACH : le lieu le plus alchimique et fantastique de la musique, parce que c'est le moment où l'art s'abolit. Les concertos brandebourgeois, les Passions. Bach avait compris à travers le son de l'infini musique de l'infini ce que Hegel, ce que MARX, ce que les pré-socratiques ont compris, c'est-à-dire qu'il y a dans le Noël dont vous me parliez tout à l'heure (...) : l'incendie radical réfractaire avec incarnation et exécution programmée (Christ révolutionnaire).

       - Simone Weil n'a pas bien compris Marx, mais elle sait très bien que 'la démocratie du capital' est ce qui "représente la phase supérieure de la dictature". La révolution est un acte ontologique (tripe cosmique importante).

       - Marx selon Francis COUSIN : "L'histoire, c'est auto-mouvement de la nature qui prend conscience d'elle-même".

       Pour rappel (les vidéos précédemment visionnées étant des extraits de cet entretien : Genèse et Christianisme) :

       - Le Christ ne produit aucune institutionnalisation, aucun commandement. Il vient accomplir une parole. Il vient abolir un suprématisme.

       - La bonne nouvelle (Evangile) : "l'amour est une universalité cosmique radicale qui abolit les césures, les clivages et les séparations, et l'acte d'amour incendiaire que le Christ communique au monde par la bonne nouvelle (...), c'est un acte d'amour universel, où il n'y a pas de césure, pas de séparation".

       - Le Christ : "La seule chose que je vous livre avant de partir, c'est que l'ecclesia, l'assemblée des hommes doit se retrouver en l'être de l'amour qui pose l'amour de l'être."

       - "L’Église est un appareil."

       - Dans l'Europe médiévale, il y a le temps des églises institutionnelles (protectrice de la rente foncière) et le temps des mouvements sociaux de la radicalité christique subversive (un communisme radical de l'ontologie christique selon Marx et Engels).

       - Même dans le catholicisme le plus réactionnaire, "il y a une force subversive anti-argent qui est insupportable au monde".

       (...)

       - "Le pouvoir est antithétique à la jouissance."

      - Avec la Renaissance : "Le désir de l'homme doit être tué pour que le mouvement du capital se mette en mouvement."

      Y sont aussi définis les textes du Marquis de SADE, en particulier Les 120 journées de Sodome.

       (A rapprocher des vues d'Annie LE BRUN qui n'a pas lu Sade comme une anticipation de l'homme au sexe machinique, mais comme un tableau exceptionnellement déployé des capacités imaginaires humaines, l'infini du désir, et leurs relations tumultueuses au réel / peut-être Annie Le Brun se situe-t-elle publiquement dans l'antithèse, elle-même ayant atteint la phase et l'accomplissement synthétique depuis belle lurette ! - pour reprendre la terminologie de Cousin suivant Hegel).

     

       Ajout du 07-02-2016, car réécoute de la partie consacrée à la triade en soi / pour soi / en soi réinitialisé  (vers 11:00 mn) :

          "Dans le champ historique universel, on a une période première qui constitue en quelque sorte les communautés primordiales : le communisme primitif. C'est un en soi, parce que c'est quelque chose d'inaccompli. Et d'ailleurs ce communisme qui est local, qui n'a donc pas sa structure dialectique d'universalité va être, par sa séparation, par sa névrose, par sa limitation au local, le facteur explicatif de l'émergence de l'échange. Et précisément, parce que les communautés primitives ne sont communistes que d'un point de vue local, que dans le champ de l'agriculture et de la sédentarisation, le confronté d'une communauté à une autre se faisant du terrain du local au local, produira des cheminements aliénatoires de concurrence, de séparation, de névroses et de conflictualité.

       Ce communisme-là, était bien évidemment plus humain que l'horreur civilisationnelle de la démocratie totalitaire du capital, a une vraie signification d'humanité, une vraie signification d'humanité qu'en tant qu'elle est limitée. Donc c'est un en soi.

       Cet en soi, à partir de ce qui constitue son positionnement, sa positivité, sa négativité, produire un travail du négatif qui va faire émerger l'échange, qui va faire émerger le travail, qui va faire émerger l'argent. Et tout ce processus historique en développement fait qu'à un moment donné, nous aurons au bout de cette émergence de la valeur et de l'échange, le capital en mouvement d'ascendance sur le monde, d'abord dans une phase de domination formelle, où il ne dominera que formellement la société, puis ensuite à partir des années 1910-1914, la domination réalisée ou le capital devient le capitalisme intégral de l'économie monde et où au bout, au bout de ce capital qui devient l'économie monde du capitalisme intégral, nous avons la crise terminale, c'est-à-dire la crise où tout ce qui produit l'auto-présupposition du capital s'invalide, se renverse et permet à l'émergence révolutionnaire du prolétariat de produire l'abolition du prolétariat qui produit le surgissement possible de l'humain communautaire enfin émancipé. Ce qui est la synthèse, c'est-à-dire le pour soi revenu à soi. (...)"

       "Retour à soi comme forme accomplie. (...) On retourne à la communauté mais cette fois, non plus clivée dans le local et le disjoint, mais universalisée. Donc, cette problématique-là, elle est décisive. On la retrouve sur tous les champs de perception historique, parce qu'elle est la dialectique universelle de tous les mouvements du monde qui font le mouvement du monde de tous les mouvements historiques de l'humanité en devenir d'elle-même.

       Pour le Christ, pour Noël, on a exactement le même fonctionnement triadique. C'est ce que voit HEGEl, et ce qu'il voit à travers la lecture des Évangiles, le parcours historique réel du Christ.

       Nous avons un en soi, un pour soi et un retour à soi. L'en soi, c'est la divinité, c'est le divin comme forme première. C'est ce que les Chrétiens appelleront le père. Et le père, c'est très très important parce que quand le Christ de heurte à la police du Temple et qu'il parle du divin, il dit abba. Abba, en araméen, c'est un mot très tendre, c'est un mot qui signifie papa chéri. Pour un juif traditionnel, un craignant Dieu, un homme de la frayeur, face à la violence, à la jalousie de ce Dieu qui est l'autre du monde, il y a une inversion révolutionnaire, réfractaire puissante, quand Jésus parle du divin en disant abba, papa chéri.

       Il y a donc une filiation d'amour qui casse la transcendance de l'alliance abrahamique et qui positionne cette transcendance dans l'immanence de l'amour posé ici là.

       Donc le div, ce jour lumineux des infinies puissances de la lumière de vie, il est posé dans un acte d'amour à abba, c'est-à-dire à papa chéri, il n'est pas une puissance d'ouragan qui est dans un autre monde. Dieu est déjà dans la filiation d'amour des hommes, parce qu'il est là et il est posé comme un acte d'auto-génération, en intelligence et en amour, de filiation paternelle, de tendresse existentielle. (...)

       Mais le père, il a une formulation d'incomplétude, et cette formulation d'incomplétude doit se réaliser dans un déroulé du pour soi qui va créer le fils. C'est la deuxième forme. Le père se réalise en le fils. Alors il y a une complète ignorance, à la fois du talmudisme juif qui sera postérieur au christianisme et du rigorisme coranique sur cette dialectique en trois personnes. Il n'y a pas trois dieux ! Il n'y a pas trois divinités ! Il y a le principe du div mondial du cosmos éternel, de l'amour infini qui se réalise en trois temporalités successives qui créent la synthèse dialectique de la vérité du Christ, de la vérité des hommes et de la vérité d'insurrection contre le monde de l'argent et contre le mode des royaumes de la matérialité marchande.

       C'est donc une réalisation en trois temps : le père sort de lui pour se réaliser en pour soi : c'est le fils, le fils de l'homme, c'est Jésus comme incarnation du divin (...), c'est le principe de l'éternité divine de l'acte d'amour des filiations biologiques dans la transcendance universelle du div, du divin lumineux des jours infinis, qui s'incarne en le fils, et le fils (...) s'incarne en la rédemption révolutionnaire pour les hommes par Noël.

       Noël est le moment, en concomitance dialectique et cosmique avec le solstice, de l'acte d'incarnation du père en le fils, c'est-à-dire le moment où le divin, qui bien évidemment est immanent au monde, vient rappeler aux hommes que, contre toutes les impostures théologiques du monothéisme de la marchandise, dans sa forme juive première, dans sa forme édulcorée coranique ultérieure, la lumière du divin abolit les royaumes de ce monde et les royaumes des biens de ce monde. L'alliance abrahamique comme l'alliance coranique sont des alliances terrestres de préservation fertilisation des biens de ce monde en la communauté du peuple élu ou en la communauté de l'ouma universelle. Mais c'est toujours les biens de ce mode comme acte de régentement. Le Christ vient abolir les royaumes de ce monde et les royaumes des biens de ce monde en appelant à l'insurrection réfractaire, puisque contre Mamon, qu'il ne s'agit pas de rééquilibrer mais qu'il s'agit d'abolir, nous ne pouvons avoir un rapport d'amour au divin que si nous avons un rapport d'insurrection absolu à l'argent. Et l'antithèse est posée.

       Le père qui devient le fils, - mais ce n'est pas le fils qui est le plus important -, le fils va enfin retourner à la forme première, et le retour à la forme première, c'est la Pentecôte (...) qui est l'émergence de l'esprit saint, c'est-à-dire de l'esprit radical de la subversion cosmique qui enfin dans le cycle d'accomplissement de l'en soi au pour soi et du pour soi revenu à soi boucle la boucle d'infinité radicale de la dialectique de l'histoire cosmique : le Père, le Fils et le Saint-Esprit.

       Donc on a la forme triadique telle que Hegel la positionne et c'est cette forme absolue de l'incarnation qui positionne toutes les incarnations du monde." (fin vers 19:00 mn)

     

     

     

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