• HACHES A DOUILLES

     DATÉES ENTRE 800 & 500 AV. JC..

    HACHES A DOUILLES

       "Dépôt de haches à douille fouillé par Éric NICOLAS sur le site de La Porte Allain à Trégueux." Photographie Yves MENEZ, Inrap. Source : http://bcd.bzh/becedia/fr/lage-du-fer-en-bretagne. A La Porte Allain ou La Ville d'Alann ainsi que d'autres précisions disponibles : http://bibliotheque.numerique.sra-bretagne.fr/solr-search?q=&facet=54_s%3A%2222%22+AND+39_s%3A%22NICOLAS+Eric%22+AND+40_s%3A%222016%22

     

       La monnaie fiduciaire (les pièces de métal) serait apparue simultanément en trois endroits du monde, constate David GRAEBER dans son livre somme Dette, 5 000 ans d'histoire (2011). L'existence d'objets de même fonction est attestée en Bretagne, sous une forme qui peut surprendre.

       Les haches à douille. 

       Ce "sont des lingots auxquels on a donné la forme d'un objet utilitaire, habitude que l'on trouve à la même époque ... en Chine ! Les paléo-monnaies précèdent le monnayage des cités gauloises d'environ 500 ans. (...)

       In Monnaies de Bretagne, Yves COATIVY, Skol vreizh, n° 25, 1992, p. 16.

     

      Nota : Le doute est permis sur la fonction monétaire des haches à douille. "Ces objets étaient inutilisables comme outils. Il peut s’agir d’offrandes ou d’objets monétaires fabriqués pour faciliter le stockage de richesses ou les échanges." Source : http://bcd.bzh/becedia/fr/lage-du-fer-en-bretagne

       Yves Coativy ne l'entretient pas, dans le texte ci-présenté, daté d'il y a 15 ans.

     

    HACHES A DOUILLES

       Exemplaires de haches à douille de 12,5 cm. Source : http://www.forumfw.com/t257-pre-monnaies-gauloises-en-bretagne

     

      "Les haches de l'Âge du Bronze

       L'Armorique se caractérise très tôt par une série d'objets pré-monétaires ou paléo-monétaires : les haches à douilles de l'âge du bronze, datées d'entre 800 et 500 avant Jésus-Christ environ. Il s'agit d'objets fabriqués en série, que l'on trouve le plus souvent sous forme de trésors, dont l'origine est bien déterminée et que les peuplades armoricaines ont exportées  hors de leur territoire.

       Ces haches en bronze plombeux étaient coulées autour de matrices en argile, dont on a récupéré de nombreux exemplaires. Le métal utilisé est un alliage cuivre/plomb/étain, quoique ce dernier métal soit plutôt présent à l'état d'impureté comme composant principal. En extrapolant, on peut envisager une production totale d'environ 75 000 haches, d'un poids moyen de 200 grammes, ayant nécessité en tout 5 à 6 tonnes de plomb, 2 tonnes d'étain et 7 à 8 tonnes de cuivre. Compte tenu de la période considérée, 2 à 300 ans, on peut penser qu'il s'agit plus d'une production artisanale qu'industrielle.

       On les découvre le plus fréquemment sous forme de trésors importants (800 exemplaires au Tréhou, 4 000 à Maure-de-Bretagne). En général, elles sont disposées en "roue de charrette", ce qui permet d'en stocker le plus grand nombre possible dans un espace restreint. Quelquefois, comme à Plestin, elles sont déposées "en vrac" au fond d'un trou ou encore liées entre elles par une ficelle de chanvre (Moidrey). Les trouvailles peuvent être concentrées dans un périmètre réduit comme à Loudéac où quatre sites coexistent : Saint Bugan, la Bellière, le Clos-Rolland et Limpiguet.

       Ces haches ont été exportées à travers l'Europe du Nord-Ouest : on en a mis à jour dans tout l'Ouest de la France, dans le sud de l'Angleterre et jusqu'en Écosse, en Irlande, mais aussi en Suisse et en Pologne (cependant la localisation originelle de ces derniers exemplaires peut être mise en doute suite au commerce des antiquaires du XIXe siècle) ; il semble au contraire que les bordures méditerranéennes aient boudé ces paléo-monnaies. Ces courants d'échange de l'âge du bronze sont confirmées par ailleurs par la diffusion de l'ambre, en provenance de l'Europe du Nord, ou encore de perles en pâte de verre d'origine britannique. Ces transferts d'objets artisanaux illustrent pour la première fois dans l'histoire le rôle joué par la mer comme lien entre la péninsule armoricaine et le monde extérieur, balayant l'idée que le climat marin aurait constitué une barrière infranchissable dressée entre les hommes comme on l'a trop souvent pensé.

       Reste à savoir pourquoi la protohistoire nous a livré de telles quantité de haches. Il faut pour cela s'en référer aux causes habituelles en matière monétaire : enfouissement de trésor dû à la guerre ou à une période troublée, le possesseur cachant son bien et ne venant jamais plus le récupérer : mais on peut aussi évoquer une dévaluation. On constate en effet sur certains exemplaires une forte teneur en plomb, au détriment des métaux plus nobles que sont le cuivre et l'étain, phénomène lié à la concurrence croissante du fer. Enfin, on peut évoquer aussi un hypothétique changement des circuits commerciaux. 

       Ainsi le bronze final a vu se développer en Armorique un phénomène original de fabrication massive d'un même type d'objets à finalité commerciale et non directement utilitaires. On constate à la suite de ce phénomène, une période de creux avant l'apparition de véritables monnaies, mais cet épisode préfigure bien ce que seront plus tard les échanges commerciaux entre la Bretagne e le reste de l'Europe."

       In Monnaies de Bretagne, Yves COATIVY, Skol vreizh, n° 25, 1992, pp. 16-17.

     

       Monnaie, lingot ? Objet votif ?

      "Adrien BLANCHET dans son Traité des monnaies gauloises a consacré un petit chapitre d'une dizaine de pages au sujet des monnaies primitives en Gaule. Une bonne partie de ce chapitre est consacrée aux haches ou coins de bronze que l'on nomme celt. Ces pièces de métal n'ont, semble-il, pas été retrouvées qu'en Bretagne mais dans toute la Gaule et même au-delà. Il explique que les pesées qu'il a effectuées n'ont fourni aucun argument en faveur de la théorie d'une utilisation comme monnaie, cependant et sans conclure sur le sujet, il signale que les fragments de haches que l'on a retrouvé forment des parallèles évocateurs avec les lingots monétaires des autres régions d'Europe tel que l'aes rude de l'Italie antique."

       Source : http://www.forumfw.com/t257-pre-monnaies-gauloises-en-bretagne

        Nota : Le livre d'Adrien Blanchet date de 1905.

       Voir aussi, relayé sur le site, une découverte à Saint-Glen, près de Lamballe, en octobre 2015 : https://www.ouest-france.fr/bretagne/saint-glen-22510/des-decouvertes-archeologiques-rarissimes-saint-glen-3938322

       Autre extrait du forum FGW :

       "A titre de comparaison, je citerai les bêches à têtes creuses chinoises (770-475 avant notre ère) dont les poids varient mais dont les écrits d'époque prouvent que ce sont des monnaies.
       Il est vrai que les cultures sont très différentes mais il est tout a fait possible que ces objets, comme les bêches chinoises et notre argent actuel, aient été fiduciaires.
       Je ne rayerais donc pas la théorie de la monnaie primitive.

       (...) un dépôt n'est pas forcément monétaire donc le débat reste ouvert...
       Il faudrait des découvertes plus récentes avec des analyses plus complètes des haches et de tout ce qui les entoure pour pouvoir juger plus précisément. Car si il y a des traces de four, des déchets de coulées ou quelque autre trace, cela pourrait changer intégralement l'analyse.

       De même sans autre grosse découverte ou si on ne trouve qu'un dépôt par village, on peut supposer que ces dépôts étaient en fait des ateliers de forgerons et que les haches isolées sont des outils égarés.
       Les trouvailles datant d'avant les années 85-90 ont généralement été mal étudiés du fait du manque de moyens (scientifiques) d'étude mais également à cause des faibles connaissances..."

     

       Quelle référence bibliographique fiable aujourd'hui ?

       Le livre de Josette  RIVALLAIN ? Voir : http://www.coop-breizh.fr/4915-les-haches-a-douille-revisitees-livre-et-dvd-2147483647.html

     

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