• IL Y A LONGTEMPS / CROWHURST

     MÉGALITHES ET DÉESSE MÈRE, ET TANT ENCORE...

    IL Y A LONGTEMPS / CROWHURST

       Crucuno en Plouharnel (56), son quadrilatère astronomiquement régulé, non loin de Carnac l'extraordinaire site breton de pierres levées (il en fait partie...). Photographie du 05-04-2017. Si Thierry GAUTIER en parle avec intérêt (Le Mont-Saint-Michel, Carnac, Chartres, menhirs, chapelles et dolmens, Ouest-France), les CROWHURST père et fils le dévoilent majestueusement et sérieusement. Voir : https://www.youtube.com/watch?v=XKShhLh39zk

     

       Pour un avant-goût fondamental : https://www.youtube.com/watch?v=nkyrL2rJ3vA

       "L'homme à son origine n'avait pas de limites." Howard CROWHURST.

     

       Source : https://www.youtube.com/watch?v=mu_2_Zktf44

     

       Howard CROWHURST versé dans les secrets du monde et de l'humanité dans toute leur profondeur est un chercheur passionné, de forte ouverture idéelle et un auteur prolixe. Ses propositions théoriques sont absolument captivantes, et absolument complémentaires à celles de Marie CACHET et de Varg VIKERNES. La seule lecture de Mégalithes, Principes de la première architecture monumentale du monde (Epistemea, 2016) est d'une richesse éblouissante. Quelques pages au début du livre en question donnent le ton et incitent à la poly-relecture (les informations lues au démarrage peuvent être relues, items suivants intégrés, tant l'auteur écrit plein de savoir et de pistes). L'ombre alchimique plane bizarrement, non comme connaissances parallèles et mystérieuses, mais comme arborescence particulièrement cohérente du passé ancien...

       EXTRAIT SURLIGNÉ :

       "Nous devons nous rappeler que la terre n'est pas une planète très stable. En plus des perturbations provoquées par la tectonique des plaques, elle subit régulièrement des périodes glaciaires. MILANKOVITCH a déterminé que ces âges de glace étaient liés au cycle de 41 000 ans de variation de l'inclinaison de l'axe terrestre. Ce cycle est dû à l'attraction gravitationnelle combinée des autres planètes du système solaire, et principalement des planètes géantes, Jupiter et Saturne. Heureusement, cet effet gravitationnel est amoindri par la proximité de la Lune.

       Lors de la dernière glaciation, dont le pic se situe vers -16 000, le climat arctique descendait jusqu'au niveau de Bordeaux. C'est l'époque des peintures et gravures rupestres dans les grottes de la vallée de la Vézère en Dordogne. Progressivement, la glace est ensuite remontée vers le nord, laissant une terre brûlée par le froid après des millénaires de gel. A cette époque, le niveau de la mer est montée de 100 mètres.

       Des changements aussi dramatiques ont dû laissé des traces dans la mémoire des peuples. Cherchaient-ils, alors, à comprendre l'origine des forces gigantesques responsables de tels événements ?

      "Les notions de cycles entrecroisés, de stabilité et d'évolution périodique furent à la base d'une vision cosmique du réel, d'origine orientale, mais répandue sous toutes les latitudes à l'époque de l'astrobiologie, à partir du Néolithique selon René BERTHELOT qui en a forgé l'expression, plus tard, entre -3000 et -300, selon Georges GUSDORF : "D'un côté, tout serait vivant, même le ciel et les astres ; de l'autre, tout serait à des lois numériques, lois périodiques qui seraient à la fois des lois de nécessité et des lois d'harmonie et de stabilité." Les philosophes grecs ont recueilli et développé cette conception organique et cosmique, holistique, qui fut la plus vaste et cohérente tentative de synthèse de savoir humain, avant que la réflexion humaniste, puis mécaniste, puis matérialiste et empirique, ne l'abandonne."

       La perception cyclique du temps contraste énormément avec le concept linéaire que nous avons adopté en Occident aujourd'hui. Notre vision du monde s'en trouve profondément altérée. L'exemple le plus parlant est celui de la vie et de la mort.

       Selon la doctrine chrétienne générale (à partir du 4ème siècle et en dehors des courants ésotériques), la fin de la vie terrestre représente une rupture définitive avec le monde des vivants. En fonction de nos actes, nous irons  dans un autre lieu (purgatoire, enfer, paradis) pour l'éternité. Nous ne reviendrons jamais. D'après la philosophie orientale de la réincarnation (retour dans la chair), l'existence est cyclique. Notre être connaît des états différents selon la phase du cycle. Ce cycle s'appelle le Samsara, le cycle des existences, et le but de la vie humaine est d'échapper à ce cycle pour aller vers le Nirvana, degré d'existence supérieure. Tant que l'être n'aura pas fourni les efforts nécessaires, il restera dans l'orbite du Samsara, avec des phases jour (la vie) et nuit (la mort). Ces principes  correspondent très clairement à ceux des Égyptiens avec le passage dans le monde souterrain de la Douât, période d'épreuves (les douze heures de la nuit) avant la renaissance au lever du Soleil.

       Bien que nous ne disposions d'aucun écrit datant de la période mégalithique, certains indices laissent penser que les Hommes de l'époque se basaient alors sur les mêmes principes.

       Premièrement, dans les rares cas où des ossements ont été retrouvés lors de fouilles archéologiques, les squelettes se trouvaient en positions fœtale, couchés sur le côté avec les genoux remontés vers la poitrine. La forme du dolmen lui-même ressemble au sein maternel avec son couloir d'accès, l'utérus. Cette reproduction rituelle des conditions prénatales lors des funérailles nous oriente vers une interprétation cyclique du temps. De plus la découverte de bois de cerf croisés sur des corps trouvés dans la nécropole mésolithique de Téviec, île située à l'ouest de la presqu'île de Quiberon, laisse penser que ces croyances étaient antérieures à l'apparition des mégalithes. En effet, les bois de cerf qui tombent pour repousser de plus belle sont un magnifique symbole de retour à la vie, de la puissance perdue puis retrouvée.

       Deuxièmement, le symbolisme de la déesse mère, commune à tous les peuples néolithiques et antiques, incarne l'idée de vie et de mort.

       Dans The Golden Bough (Le Rameau d'or, une référence de Varg Vikernes, NDLT) FRAZER démontre l'existence planétaire d'un culte à la déesse représentée sous diverses formes. Cette divinité féminine s'exprime dans la nature. Les Romains l'appelaient tantôt DIANA, déesse des arbres et de la forêt, tantôt CÉRES, déesse de l'agriculture et du blé. Les rites liés à la "Corn Mother" ("mère du blé") perdurent encore lors des moissons dans les milieux ruraux de l'Europe du Nord. Sur les gravures trouvées dans de nombreux dolmens, la déesse mère mégalithique fut représentée sous la forme d'un écusson, forme que l'on retrouve au-dessus des portes des mosquées. Elle est la porte entre la vie et la mort. Quand une mère en accouchant, donne la vie, elle donne simultanément la mort car elle projette l'enfant dans le monde de la mortalité. Cette porte n'est donc pas à sens unique. La divinité tibétaine KALI la Noire, avec son collier de têtes humaines, illustre cet aspect du symbole. Les cycles sont caractéristiques de la Terre Mère. Chaque année la nature naît et grandit jusqu'à maturité pour se faner ensuite, mourir et renaître au printemps suivant. Comment pourrait-il en être autrement pour l"Homme et les animaux ? La présence de grains de blé, trouvés dans certains dolmens, exprime peut-être, dans le monde végétal, cet état de passivité de l'être, en attente d'une renaissance.

       Troisièmement, les couloirs des dolmens sont très majoritairement orientés vers l'est, vers le Soleil levant, et plus particulièrement vers le lever du Soleil au solstice d'hiver. Ces monuments, qui disposent d'un couloir d'accès plus ou moins long menant à une chambre, sont identifiés comme des monuments funéraires. A la fin du 19e siècle, une étude menée par Félix GAILLARD 11 sur l'orientation de 156 dolmens du Morbihan révéla que 7 avaient leur ouverture entre le nord-est et l'est, 135 entre l'est et le sud et 14 entre le sud et l'ouest, aucun dolmen n'avait son ouverture entre le nord-est et l'est, c'est-à-dire en dehors des angles parcourus par le Soleil à cette latitude. Comme nous venons de le voir, le Soleil levant symbolise la renaissance, le retour à la vie. Le jour du solstice d'hiver, jour le  plus court de l'année, marque la renaissance du Soleil dans son cycle annuel. L'étymologie du mot Noël qui vient de novo Hélios, le nouveau Soleil, est là pour nous le rappeler. Le lever du Soleil, est là pour nous le rappeler. Le lever du Soleil au solstice d'hiver est donc un double symbole de cette réincarnation.

       Le dolmen de la Table des Marchand, à Locmariaquer, illustre parfaitement ces différents éléments. La diagonale de son couloir est orientée vers l'endroit à l'horizon où le Soleil se lève au solstice d'hiver. Ce jour-là et uniquement ce jour-là, le rayon du Soleil levant pénètre donc le long du couloir jusque dans la chambre dolménique et vient éclairer une magnifique pierre ogivale en grès blanc, la déesse. Cette pierre de 2,68 mètres de large et de 3 mètres de haut est le support de nombreuses gravures. 54 lignes incurvées réparties ce chaque côté d'un axe central vertical évoquent des épis de blés arrivés à maturité. Au centre de la pierre, un Soleil rayonnant était autrefois visible. Sur le plafond de la chambre, la gravure d'une hache charrue, outil symbole de l'agriculture néolithique, semble labourer le ciel, représentation graphique de l'expression "ce qui est en haut est comme ce qui est en bas".

       Nous sommes bien sûr en droit de nous poser une question : "Pourquoi, à ce moment-là, tous les dolmens ne sont-ils pas tournés exactement dans la même direction, vers l'aube du 21 décembre ?" D'abord, il n'est pas du tout évident que tous les dolmens ou chambres tumulaires aient été construits pour recevoir les morts comme nous le verrons plus loin en étudiant les fouilles du tumulus de Saint-Michel à Carnac. Beaucoup de spécialistes s'accordent aujourd'hui pour dire que le dolmen sous cairn de Gavrinis dans le Golfe du Morbihan fut très probablement un temple on pratiquait l'enseignement et l'initiation. Son très long couloir, entièrement gravé avec des signes très variés, reste aujourd'hui une énigme. Il mène à une petite chambre. Des corps en décomposition auraient été évidemment incompatibles avec un lieu de méditation et d'apprentissage. De plus, même pour des dolmens ayant servi de sépulture, nous ne pouvons être certains qu'il s'agissait là de leur unique fonction, tout comme nos cathédrales  qui abritent des tombes. Le positionnement et l'orientation des dolmens pouvaient donc répondre à d'autres critères, qu'il s'agirait alors de découvrir.

       Maintenant que nous avons compris le rôle central que jouait cette perception cyclique du temps dans la vie des hommes du Néolithique, nous pouvons aborder la relation qui existe entre les nombres révélés par la comparaison des cycles cosmiques et les constructions monumentales de ce peuple. Comment ces nombres ont-ils pu être exprimés ? En général, ils le sont dans les dimensions du monument. La détermination des unités de mesure utilisées dans la construction est donc d'une importance primordiale."

       In MégalithesMégalithes, Principes de la première architecture monumentale du monde,  Howard CROWHURST, Epistemea, 2016, pp. 38-42.

     

        Source : https://www.youtube.com/watch?v=7L7OZNt7Rn0

     

       Note :

       Une grande part du livre d'Howard Crowhurst cité précédemment explore l'ensemble des édifices mégalithiques de la région de Carnac, en relation avec d'autres sites prestigieux, jusqu'en Afrique, mais aussi des lieux plus proches historiquement. L'analyse fine qu'il produit avance un tracé d'ensemble d'ordre mathématique, astronomique et sacré. Sans doute émet-il des jugements que la science pourrait réfuter, mais son étude semble si précise et libre de carcans inutiles qu'elle convainc.

       Elle se fonde et/ou distille une appréciation très positive des connaissances passées, jusqu'à poser une sorte de supériorité des anciens sur notre monde, une sorte de maîtrise, de science aussi juste qu'aboutie, à rebours de la pensée générale contemporaine dressée sur la certitude de son progrès voire de son autorité, ou des simples mots de Pierre-Roland GIOT usant de "primitifs" ou "semi-civilisés" pour désigner les hommes de ce temps...

       Pour mémoire :The sun and the serpent avec https://vimeo.com/50859627, http://www.mythospress.co.uk/index_htm_files/thesunandtheserpent.pdf & http://www.spirit-science.fr/doc_terre/grille1.html.

     

    IL Y A LONGTEMPS / CROWHURST

       A Crucuno, il y a aussi un dolmen, qui n'est pas à vendre mais qui peut "énergiser". Vue du 05-04-2017.

     

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