• ILLUSION presque PARFAITE

     Compte-à-rebours ? (du "merdier")

    ILLUSION PARFAITE ENCORELa CRISE A VENIR

       Les pièces de monnaie géantes de l'île de Yap.

       Source : https://circa71.wordpress.com/2012/09/11/micronesias-stone-money/

       "On trouve sur Yap, petite île perdue dans un archipel de la Micronésie en Océanie, la plus grande monnaie du monde. Il s’agit de disques de pierre aragonite, des rais, dont le diamètre peut aller jusqu’à 3,6 mètres et qui disposent d’un trou en leur centre afin d’en "faciliter" le déplacement en y insérant une sorte de perche en bois, les rais les plus grandes nécessitant jusqu’à cent cinquante hommes pour assurer le transport... Ces pierres très rares proviennent de l’île de Palau, distante de 450 Km, où elles sont taillées avant d’être transportées à Yap, initialement en canoë, puis, après l’arrivée des Européens au milieu du XIXe siècle, sur des navires marchands, ce qui a notamment permis d’acheminer des pierres de plus en plus grosses et généré un phénomène d’inflation au cours de la deuxième moitié du XIXe siècle. La société de Yap, à l’époque où cette monnaie était couramment utilisée, n’était pas véritablement primitive puisqu’il y existait une répartition des "activités humaines" relativement importante. Ainsi, les pierres étaient utilisées par les habitants pour acheter du poisson, des canoës, des filets de pêches, des cochons, mais aussi les services du tatoueur, du tailleur de vêtements, du guérisseur ou encore en paiement pour la construction des maisons, etc.. Si les rais les plus petites circulent facilement, il en va tout autrement des plus grosses et c’est là vraisemblablement l’origine d’une particularité remarquable de la monnaie de pierre : une pierre peut être cédée plusieurs fois sans changer physiquement de place. Tout au plus, le nouveau propriétaire peut y apposer sa marque. Mais souvent, cela n’est pas même nécessaire et il suffit que la pierre soit cédée publiquement pour que les Yapais s’accordent sur le propriétaire. On évoque souvent à ce propos le cas d’une grande rais qui, étant tombée dans la mer lors de son transport, n’était donc jamais arrivée sur Yap, mais qui, appartenant à une famille digne de confiance, a pu ensuite être cédée sans que personne ne l’ait jamais vue tout en possédant cependant une valeur reconnue de tous. Une autre anecdote concerne la ruse des Allemands lorsqu’ils rachetèrent Yap en 1898. A cette date, le "réseau routier" de l’île n’étant pas assez développé à leur goût, les Allemands ordonnèrent aux Yapais de se mettre au travail afin d’y remédier. Toutefois, devant l’obstruction des chefs, les Allemands furent contraints de prendre des sanctions. C’est là qu’ils eurent une idée lumineuse : ils marquèrent tout simplement les monnaies de pierre avec de la peinture noire en signifiant par cela à la population que celles-ci appartenaient désormais au gouvernement. L’effet fut radical : les Yapais se mirent instantanément à l’œuvre !

       Cette spécificité de la monnaie de pierre la rapproche d’ailleurs beaucoup de notre monnaie scripturale : un simple signe, une simple écriture suffisent à changer le propriétaire de la monnaie. Une autre particularité de la monnaie de pierre est qu’elle n’est pas fongible et ne joue donc pas véritablement le rôle d’unité de compte. En fait, la valeur de chaque pierre dépend de son histoire : les personnes auxquelles elle a appartenu, comment et quand elle a été fabriquée (les anciennes ayant plus de valeur que les nouvelles, taillées après l’arrivée des Européens) mais aussi de sa qualité : finesse du grain, couleur, etc. Ainsi, deux pierres de même taille n’ont pas la même valeur. Il est également intéressant de remarquer qu’à l’origine les pierres d’aragonite avaient une valeur "réelle", une valeur intrinsèque et non purement fiduciaire (comme les cauris et bon nombre - toutes ? - de monnaies primitives, semble-t-il). En effet, avant de servir de monnaie, ces pierres étaient utilisées dans la confection de colliers (valeur esthétique) mais aussi dans la fabrication des sièges d’honneur des chefs (valeur de prestige due à leur rareté) et intervenaient encore lors de certains rites religieux à titre d’offrande (valeur religieuse). Cet exemple tend ainsi à accréditer la thèse selon laquelle la nature fiduciaire de la monnaie n’apparaît que dans un second temps (du moins dans une société sans État).

      Je signale pour finir que les Yapais, même s’ils se servent aujourd’hui couramment du dollar, continuent à utiliser les grandes pierres d’aragonite lors des échanges traditionnels et des transactions foncières, faisant dès lors de la monnaie de pierre une monnaie parallèle comme tant d’autres dans le monde..."

       Source : "Vous avez dit monnaie ? De l'origine sociale des monnaies aux formes monétaires contemporaines", Steeve, Sortir de l’économie, n° 4, Printemps 2012, pp. 120-122.

    http://sd-1.archive-host.com/membres/up/4519779941507678/Revue_Sortir_de_leconomie_n4_juillet_2012.pdf

     

      Rien ne va plus ? Le casino géant et collectif parvient encore à faire tourner la roue.

      Certains voient la guerre civile (à ferment confessionnel) à la porte, d'autres la crise économique définitive. On glisse une revue de "presse" sous le rouleau compresseur entre MANSET et de PRÉCY (puis DOMINIQUE A). Révision de notre aller en Tsukeshoin. Qui-vive complet.

       Un relais de Lieux communs, tout d'abord :

       "La crise financière qui vient : le décryptage d'un économiste", Jean-Yves ARCHER, Figaro-Vox, 12-02-2016.

       Source : http://www.lefigaro.fr/vox/economie/2016/02/15/31007-20160215ARTFIG00196-la-crise-financiere-qui-vient-le-decryptage-d-un-economiste.php

       COPIE INTÉGRALE :

       "En ce début d'année 2016, un krach boursier a bien eu lieu : défiance interbancaire, grippage de la création monétaire, croissance en berne etc. Le décryptage de Jean-Yves ARCHER.

       Jean-Yves Archer est économiste. Il dirige le cabinet Archer et anime le think tank de recherche économique Archer 58 research. Il est diplômé de l'ENA (promotion de 1985) et titulaire d'un doctorat en économie à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. En savoir plus sur son site.
     
       2016 : l'intensification de la crise

      Le krach rampant de janvier 2016 est un fait. Il parle directement aux épargnants ou aux investisseurs institutionnels dont les portefeuilles vont porter les stigmates de lourdes dépréciations. Par-delà l'habituel jeu de yo-yo boursier.

       Si la crise de 2008 était difficile à prévoir car nul n'imaginait l'ampleur de la dissémination de produits toxiques dans différents compartiments d'épargne, il était franchement inconcevable de penser que l'on laisserait choir - de manière inconséquente - un établissement du format de Lehman Brothers. En conséquence, peu d'analystes auraient été en situation d'imaginer la thrombose qui a atteint le marché interbancaire.

       1 ) La défiance interbancaire persiste.

       Or, premier point de constat : la défiance interbancaire persiste. Elle est attestée par les volumes de liquidités que les banques commerciales confient quotidiennement aux banques centrales de 2016, méfiantes qu'elles sont de la réalité de leurs concurrentes. Elles préfèrent un taux négatif au risque interbancaire ce qui en dit long sur leur propre analyse de la situation concrète.

       2) La création monétaire issue de l'activité de crédit des banques demeure grippée.

       L'incertitude du prêteur quant à la qualité de ses contreparties, alliée à des normes sectorielles probablement élaborées trop drastiquement induisent un resserrement du crédit et un étranglement de l'économie réelle. Les statistiques avancées sont souvent trompeuses : on nous dit qu'il n'y a pas de "credit-crunch" mais on omet de citer loyalement la multitude de cas où les demandes de prêts à faible occurrence d'aboutissement ne sont pas prises en compte. Idem pour l'autocensure des dirigeants qui ne vont pas jusqu'à formuler leurs demandes. Seules des personnes du rang de l'ancien gouverneur de la Banque de France Christian NOYER (déclaration écrite du 5 Juillet 2014, Aix-en-Provence) ont eu la lucidité et la témérité d'un discours de vérité.

       3) Face à ce blocage du monde du crédit, il a été inventé la notion de "quantitative easing" (QE) qui donne aux banques centrales la mission de procéder à des rachats d'actifs moyennant une injection de liquidités. Sorte de pompe à morphine erratique, cette politique pose question. D'une part, la qualité des actifs éligibles à la politique de rachat ne manque pas d'inquiéter (voir future réunion de la BCE de mars prochain). D'autre part, la transmission verticale supposée de ces liquidités vers des projets tangibles de l'économie réelle a sous-estimé le prisme filtrant des banques souvent en quête de restauration de la qualité de leurs comptes, engagements hors-bilan inclus.

       4) Désormais, facteur aggravant, c'est bien le statut de la création monétaire qui est en jeu. Cela n'a rien à voir avec une crise financière et une dépréciation sous oscillations de diverses valeurs sur les marchés. Il s'agit d'une inquiétude sur la pierre angulaire du système capitaliste que constitue la monnaie d'où les tensions présentes entre les devises phares.

       On a tué la valeur de la rémunération de l'argent par la diffusion massive de taux epsilon voire négatifs : le système l'a intégré et nous lance au visage un boomerang nommé déflation découlant des trappes à liquidités ainsi générées.

       5) Des milliards injectés par le QE n'ont pas fait repartir la moindre dynamique inflationniste et tel est bien le défi pour Mario DRAGHI ou son homologue nippon. C'est une illustration incontestable de la virulence des forces déflationnistes qui nous menacent désormais.

       6) W. ROSTOW a démontré les grandes étapes de la croissance économique. La Chine n'échappe pas à sa grille de lecture qui remonte pourtant à plus d'un demi-siècle. Comme avant 1929, aux États-Unis, les bourses asiatiques ont connu une folle embellie. Pour douloureux que cela puisse être, la correction s'imposait mais n'a pas ramené aux niveaux de départ. Il demeure donc un enrichissement net possible contrairement à une place comme Paris dont les 4000 points sont un lourd coup de canif patrimonial, donc une destruction de valeurs.

       7) S'agissant de destruction de valeurs, il y a une autre question centrale : jusqu'à quel seuil l'euro suscitera-t-il de la confiance (monnaie de réserve) alors que le bilan joufflu de son Institut d'émission - la BCE - ne le justifie déjà probablement plus ?

       8) En économie, chaque valeur se situe dans ce que je nomme un "tunnel de conformité" : en-deçà d'un certain prix, les inconvénients l'emportent sur les avantages initiaux de l'acheteur. Tout le monde a exulté face à un baril de pétrole à 35 dollars, désormais on dénombre des faillites de producteurs de gaz de schistes (et une bulle corrélative d'endettement aux États-Unis) et des difficultés lourdes chez certains pays émergents ou chez Technip et Vallourec.

       Concrètement, une excessive spirale baissière des valeurs est un gain à court terme qui n'écarte pas l'orage à moyen terme.

       9) La formidable révolution numérique qui tord chaque jour davantage le cou du mythe grognon de la stagnation séculaire (et nous impose de revoir les fondements de nos agrégats nationaux pour repérer la nouvelle croissance) s'accompagne d'une remise en cause de bien des chaînes de valeur, tous secteurs confondus. Ceci, dans un premier temps, présente un versant déflationniste et là encore une compression des marges. C'est un point systémique : c'est un cap délicat à franchir qui contribue, paradoxalement, à l'intensification de la crise qui est un conglomérat de "destructions créatrices" (SCHUMPETER).

       10) Depuis 1911, Irving FISCHER a établi une célèbre équation : MV = PT où le volume des transactions (T) et la vitesse de circulation (V) sont donnés, le niveau des prix (P) est alors déterminé par le stock de monnaie (M). En ce moment précis, le stock de monnaie est inflationniste et la vitesse de circulation monétaire très accrue. Idem pour le volume des transactions à l'heure du "shadow banking" ou autre trading haute fréquence. C'est alors le niveau des prix qui devient le maillon faible à titre systémique d'où le ressort déflationniste.

       11) A telle enseigne qu'un consensus se dégage désormais pour corriger à la baisse les prévisions de croissance pour 2016. Clairement ou de manière graduelle, quasi-impressionniste, selon les institutions émettrices.

       Dès le 16 septembre 2015, l'OCDE ramenait sa prévision de 1,7% à 1,4% (pour 2016). Chiffre repris à la décimale près par la Commission européenne en date du 5 novembre. Tandis que Bruxelles pointait du doigt nos futures maigres performances en matière de chômage et de déficit public (février 2016).

       Tabler sur des recettes fiscales générées par 1,5% de taux de croissance en 2016 (hypothèse du Projet de Loi de finances) est infondé ce que ne démentent pas, dans des cénacles privés, certains membres du HCFP (Haut-Conseil des Finances Publiques).

       VAUVENARGUES a su écrire : "Pour savoir ce qu'il faut faire, il faut du génie. Pour savoir comment le faire, il faut du talent. Pour le faire, il faut de la vertu."

       La violence de la mutation économique en cours de déploiement supposerait bien une once de génie. Mais la théorie économique est muette face aux présentes politiques non-conventionnelles des Banques centrales d'où l'embarras manifeste de la FED.

       Les décideurs publics, à défaut de talent, pourraient manifester de la vertu : en France, ils ont opté pour une politique attentiste et fait adopter un budget qu'ils savaient déjà caduc à la lumière des spasmes de récession qui concernaient, dès l'automne, la Russie, le Brésil et le repli conjoncturel chinois dont l'ampleur exacte est, pour l'instant, indéchiffrable.

       Huit ans après le début de la crise, nous allons vers une autre séquence d'épreuves : c'est hélas peu contestable."

     

       L'ARGENT ET LA GUERRE, avec la guerre civile dans la nef des fous. Classique et inédit en ces temps de proliférations de moyens de surveillance et de crime.

     

       Lilou MACÉ interviewe Pierre JOVANOVIC en cette mi-mars 2016. Source : https://www.youtube.com/watch?v=Cc7nKnPDHRI

       Notes :

       - Soucieuse, la journaliste fait parler le journaliste-auteur-éditeur un peu autrement qu'il a pris l'habitude de le faire et expose mieux le cadre de son analyse (en lui donnant un peu plus d'amplitude économique, étayée sur des faits posés, avant tout). 

       - L'indépendance que chacun revendique dans l'inter-congratulation finale reste dans le champ du financement et dépend de la générosité de l'auditoire... Leur parole et leur sillon demeurent intéressants, à nos yeux.

     

       Puis The Wolf, perspicace et important (pour nous), sans toujours suivre ni la totalité de ses analyses, ni ses conclusions, et encore moins celles des orateurs, essayistes ou journalistes qu'il relaie. Salves de mars :

    http://leblogalupus.com/2016/03/22/percevrez-vous-votre-retraite/

    http://leblogalupus.com/2016/03/13/incroyable-revelation-par-lancien-patron-de-la-banque-dangleterre-mervyn-king-la-depression-europeenne-etait-un-acte-volontaire-des-elites-zerohedge/

    http://leblogalupus.com/2016/03/15/mister-market-and-doctor-conjoncture-russel-2000-le-petit-telegraphiste/

    http://leblogalupus.com/2016/03/19/ledito-de-bruno-bertez-heroine-cocaine-et-maintenant-ritaline-le-couple-quantitative-easingtaux-zero-utilise-par-les-banques-centrales-est-maintenu-avec-un-traitement-contre-lhyperac/

    http://leblogalupus.com/2016/03/27/meme-les-medias-commencent-a-reconnaitre-que-les-accords-de-libre-echange-ne-sont-que-de-la/

       Du totalitarisme islamique et du conflit intérieur français larvé et/ou à venir :

    http://leblogalupus.com/2016/03/28/eric-zemmour-nos-slogans-debiles-et-nos-larmes-molenbeek-est-en-france-les-foules-sentimentales-ne-veulent-pas-rentrer-dans-lhistoire/comment-page-1/#comment-105488

       Yvan RIOUFOL et Eric ZEMMOUR ont été écoutés. Leur discours ne nous correspond pas si nous nous alignons sur l'inquiétant état de la communauté française, que son échelle fait appeler nation - ce qu'on aimerait appeler un peuple (?). Nous avons entendu la définition du totalitarisme que proposait Raymond Aron et que reprend Yvan Rioufol, notamment sur les moyens de le combattre ("opposition par tous les moyens"). Sur quoi tout cela va-t-il déboucher, si ce n'est de la peur, si ce n'est de la terreur, de la violence, de la répression... autoritaire elle aussi. Un vent de virilité belliciste flotte toujours plus. Et quel "idéal social" peut prendre forme derrière le bain de sang, le déchaînement, si jamais l'option progressiste (celle de l'Occident dit rationnel et démocratique mais devenu fou de technologismes et de monolithisme idéologique) l'emporte ? Comme un combat de folies collectives, de modénatures distinctes certes, mais chacune profondément motivée par un super-ordre (et la soumission) et le gain commercial (exploitation et captation de toute richesse).

       Nota : La vision de Thibault de MONTBRIAL semble informée sur les mouvements terroristes et l'attitude (et de l'état...) de l’État français. L'entretien de TV Libertés date de septembre 2015. Nous ne pouvons pour autant souscrire (entre autres) à sa certitude d'une volonté très organisée de prise de pouvoir national et international. Que le djihadisme innerve l'islam ou en fonde même le socle politique (origines de la religion), les certitudes de l'avocat sont de celles qui peuvent permettre la réalisation de ce qui n'est encore que largement minoritaire et certainement par des aspects boiteux. De quoi s'alarmer définitivement.

     

       # AU 02-04-2016, dans la Newsletter d'avril d'Automates intelligents, on lit des mots et des analyses guère rassurants sur les migrations en cours, l'hétérogéinité majoritaire de la population mondiale (tendance réelle), ainsi que l'avenir de l'Afrique : "Africanistan"... Jeunesse désoeuvrée, nombreuse, mi-scolarisée. Quel avenir ?

    « Avec ton enfant sous... / MANSETBois sacrés / de PRÉCY (1912) ? »