• IMRAM / LE SCOUËZEC (1999)

     PARTIR. PARTIR. LOIN. PIERRES EAUX. (LUMIÈRE.)

    IMRAM Finistère Keriadenn

       Côte nord du Finistère.

       Rochers. Puis...

     

       IMRAM.

    Par ce mot, sonne le grand départ.                                                                Le retour n'est pas exclu.    

     

    IMRAM Keriadenn

    Baie PAIMPOL Keriadenn

       Embouchure du Léguer, au large de Lannion, puis la baie de Paimpol, depuis la côte nord-est.

     

       "IMRAM

       On emploie le mot irlandais imram pour désigner une pratique commune aux Irlandais et aux Bretons, qui consiste à accomplir un périple sacré sur la mer d'Occident. C'est bien entendu l'Atlantique, au moins au départ, mais il semble bien qu'à un moment donné du voyage, assez tôt à vrai dire, l'océan se fasse différent et que le bateau s'engage dans une autre dimension de l'espace et du temps. Le but est en effet d'atteindre les îles d'Occident, la terre de l’Éternelle Jeunesse, l'au-delà de la mer qui est aussi l'au-delà de notre terre, et c'est bien là l'un des aspects de l'Autre Monde.

       Dès l'Antiquité, des héros irlandais sont connus pour avoir accompli la traversée dans son aller et son retour. On connaît leurs noms et leurs aventures par les anciens textes : ce sont BRAN, fils de FEBAL et Mael DUIN. Le moine chrétien BRENDAN, qu'on appelle le navigateur, parvint lui aussi à ce qu'il appelait la Terre de Promesse.

       Les Bretons n'ont pas été en reste dans le voyage. MALO, qui avait connu Brendan, fit pour lui-même le parcours. Et les moines de l'abbaye de Saint-Mathieu de Fineterre, Loc Maze Penn ar Bed, près de Brest, étaient connus au XIIe siècle pour avoir accompli le même exploit.

       Quant au voyage du roi ARTHUR, parti avec sa sœur MORGANE vers l'île d'Avalon, d'où il doit revenir un jour, n'est-ce pas là un autre imram ? Et s'il met tant de siècles à le faire, n'est-ce pas dû au fait précisément que les mesures du temps ne sont pas les mêmes ici et là-bas ?

       Il faut se méfier de l'explication facile qui fait de ces matelots les découvreurs de l'Amérique. Certes, les Bretons, grands navigateurs, ont pu, sinon dû, bien avant les Vikings eux-mêmes, se laisser porter par les courants jusqu'aux Antilles. Peut-être la disposition géographiques des pays celtiques et les qualités de leurs marins ont-elles favorisé ce type de récits. Mais ce n'est pas là le sens du conte.

       Il s'agit évidemment d'une expérience mystique, où l'homme pénètre vivant sur les marches de ces territoires qui seront son lieu après la mort. Autrement dit, il est possible dès maintenant de connaître, ou au moins d'approcher, le  niveau de conscience engendré par le passage, de réaliser la traversée de cet état intermédiaire que nous appelons la mer.

       Les traditions qui mettent en scène les barques de pierre rejoignent celles des imrams, mais les circonstances des voyages sont différentes."

        In Dictionnaire de la Tradition bretonne, Gwenc'hlan LE SCOUËZEC, Kiron/Philippe Lebeau, 1999, pp. 125-126.

     

    IMRAM. PALAIS DE CRISTAL.

       Non loin du château de Suscinio ? Pas précis, souvenir et confusion possible. On vérifiera et corrigera d'aventure. La côte atlantique, certainement, sablonneuse à l'horizon dilaté.

     

       "PALAIS DE CRISTAL

       Le Palais de cristal, généralement situé au-delà de la mer, est un mythe constant du monde celtique. C'est la vision suprême de l'Autre Monde, celle qui succède à la conquête du Soi.

       Le Palais de cristal, c'est le lieu où tout est devenu clair. Les zones d'ombres ont disparu, le monde inconscient a pénétré dans la conscience, il a été pris et subsumé par elle. Du Palais de cristal, on possède la vision globale de l'univers, dans l'unité et l'éternité de la matière et de l'esprit. Le Palais de cristal, c'est le monde de l'union parfaite : n'est-ce pas là que TRISTAN promet d'emmener YSEULT ?

       Ce n'est pas du Graal que la mystique celtique est en quête, car ce n'est qu'un moyen, mais bien du Palais de cristal."

        In Dictionnaire de la Tradition bretonne, Gwenc'hlan LE SCOUËZEC, Kiron/Philippe Lebeau, 1999, p. 181.

     

    BARQUE PIERRE MENEZ

       Bateau de pierre. Jean-Yves MENEZ, sculpteur breton, a relevé le défi, avec 2 années de travail et d'études collaboratives. Dessin, 7 cm d'épaisseur latérales de granit, ARCHIMÈDE. Source: http://www.dielette.fr/2015/01/11/un-vaisseau-de-granit-qui-flotte/. Voir : https://www.youtube.com/watch?v=xaVKFMCX7J4 & https://www.allboatsavenue.com/le-bateau-de-granit-maen-vag-de-jean-yves-menez/

      [Cobayes prêts : https://www.youtube.com/watch?v=kDDrDu2o9pQ]

     

       "BARQUES DE PIERRE

       L'hagiographie nous rapporte souvent le fait d'un saint venu de Grande-Bretagne, à l'époque de l'émigration, sur une barque, ce qui paraît normal, mais qui plus est, de pierre, ce qui devient plus étrange. On sait la grande valeur symbolique de la pierre, signe de pérennité, de solidité, voire d'éternité et l'importance des rochers et mégalithes sur le sol breton.

       Mais une barque de pierre, sur le plan rationnel ne peut manquer de surprendre, et l'on ne peut attribuer une valeur quelconque à ce genre d'histoire que si la mer en question n'est point celle à laquelle nous sommes habitués ou si la densité des parois du vaisseau n'est pas celle que nous connaissons aux roches.

       Toutefois, il faut bien reconnaître que la tradition n'hésite pas sur la nature des bateaux en question. Toute personne interrogée à ce sujet vous montrera la barque du saint local halée contre le mur de l'église. Et, dans tous les cas, il s'agit d'un sarcophage.

       Tout s'éclaire alors si l'on veut bien considérer qu'un sarcophage est bien un bateau de pierre, sans rames ni voiles, dans lequel on dépose, en vue du Grand Voyage, la dépouille d'un individu à la recherche de l'Autre Monde. La mer sur laquelle il navigue n'est pas l'océan Atlantique, ni rien de semblable, mais c'est ce que nous appelons mor spered, la mer d'esprit.

       On la rencontre dans les romans arthuriens ou les lais bretons du Moyen Âge, dans certains chants plus modernes aussi. En fait, l'enseignement est celui-ci : il existe un moyen autre que la mort, d'atteindre l'Autre Monde et d'en revenir. Le savent bien ces Bretons et ces Irlandais qui accomplissent les imrams à la recherche des terres occidentales.

       La quête de l'Autre Monde conduit au rivage et à la nécessité d'embarquer sur cette mer très particulière qui joue le rôle de monde intermédiaire. On la retrouve dans les traditions populaires , dans la légende arthurienne et les lais médiévaux, dans les récits des périples monastiques. A propos d'elle, on évoquerait volontiers l'espace intersidéral, mais c'est là encore trop courte analogie, demeurée dans notre univers sensoriel. Il vaudrait mieux parler d'éther, en ce sens que ce mot suppose une autre dimension de la matière en même temps qu'il ouvre sur les mutations d'états de conscience.

       Allez donc à Noyal-Pontivy, ou bien à Sainte-Avoye près d'Auray, et méditez devant les barques de pierre qui s'y trouvent échouées. Évidemment elles ne seront pas là par hasard.

        In Dictionnaire de la Tradition bretonne, Gwenc'hlan LE SCOUËZEC, Kiron/Philippe Lebeau, 1999, pp. 37-38.

     

    AUGE ST-GONERY Keriadenn

       La barque de pierre de la chapelle Saint-Gonéry en Plougrescant (22), ou ce qui est dit du massif sculpté...

     

       Sur les conseils de Marie CACHET, Le Livre des morts des Anciens Égyptiens : https://fr.wikipedia.org/wiki/Livre_des_morts_des_Anciens_%C3%89gyptiens

     

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