• JETONS, BITCOIN, BLOCKCHAIN

     ET COLÈRE-EFFROI DE BRUNO BERTEZ

    JETONS, BITCOIN, BLOCKCHAIN

       Source : https://achat-bitcoin.fr/coinshop-fr-compare-prix-bitcoin-frais-31920.html

     

       On n'y comprend rien. On pioche.

       En matérialiste de la terre, de la vie, tout au plus des livres que nous sommes...

     

       En avant-propos, pour se familiariser :

      https://www.contrepoints.org/2014/09/13/180745-blockchain-la-denationalisation-de-la-monnaie

       https://www.contrepoints.org/2017/11/28/304211-bitcoin-repond-a-question-vieille-monde

       (Piqués dans le Liberté hebdo de Gérard FOUCHER du 02-12-2017.)

     

       "De la monnaie aux jetons, les raisons de l’absurde", Bruno BERTEZ, 26-11-2017.

       Source : https://brunobertez.com/2017/11/26/essai-de-la-monnaie-aux-jetons-les-raisons-de-labsurde/

       COPIE SURLIGNÉE :

        "Cryptofolie : ne vous y trompez pas, la folie n’est pas celle de ceux qui minent, achètent ou transactent du bitcoin, non, elle est celle d’un système humain déréglé au point ou la production très onéreuse, gaspilleuse,  de quelque chose qui s’assimile à du vent, fut-il technologique, peut faire l’objet d’une activité dite économique.

       Je trouve que ceux-là, ceux qui peuplent le monde du bitcoin, sont presque des héros. Ils sont dignes de CAMUS, ces sont des héros de l’absurde ; ils vont tenter de pousser au sommet de la montagne la pierre de la Valeur, ils s’attaquent au mythe suprême, celui de la Valeur.

       Ce mythe de la valeur est au centre de notre condition sociale. Il y a quelque chose d’alchimique dans leur entreprise, qui va bien au-delà de la transformation du plomb en or, mais touche à la conquête du Graal. On n’est pas dans le matériel ou le figuratif, mais dans sa sublimation. Ce qui se profile, c’est le scintillement du phallus à moins que ce ne soit celui de son complément, pur vide entouré d’imaginaire. Le trou, le vide qui a besoin d’être comblé.

       Si le souvenir de SISYPHE me vient à l’esprit c’est bien à cause de l’absurde : le gaspillage, l’inutilité objective, ce ne peut être qu’une punition que ce minage du bitcoin.  Peut-on imaginer pareille débauche d’énergie pour créer quelque chose dont la seule valeur est d’être rare ? Le bitcoin est une dérivée de l’inutile érigé en Valeur.

       Il faut vraiment avoir désobéi aux dieux pour mériter cela ! Peut-on douter des hommes et de leur bon sens, de leur morale, au point de devoir confier à une machine dévoreuse, pur UGOLIN, le soin de produire de la confiance, de la rareté pure, forme vide de tout contenu ?

       Car le ressort est là : c’est la méfiance  à l’égard de l’homme, à l’égard des élites qui anime la recherche du Graal des cryptomonnaies. Le succès des cryptomonnaies nous parle, il nous dit : on ne peut “LEUR”  faire confiance pour ne pas abuser de la planche à billets, il faut créer une machine, un processus, un programme, à produire… de la rareté. La vertu ne se trouve plus chez les hommes, mais dans les machines.

       Les héros de la Valeur prennent acte de la révélation de la post-modernité, post démocratque : 1) on ne peut leur faire confiance et 2) la Valeur n’est rien, elle n’existe pas en dehors de la tête des gens, elle est pure forme, inintelligible sauf par l’attrait qu’elle suscite. Ils se lancent donc à la conquête du Pouvoir. Ils font chuter le dollar de son piédestal ;  il en faut 9 000 pour avoir un seul bitcoin. Nos héros seront bien sûr un jour écrasés par la pierre, par la gravité, par le poids du réel, mais ils auront fait un tour, un tour du manège de l’absurde.

        Au lieu de se révolter comme le suggère Camus, ils ont pris les faux dieux au mot, ils ont poussé encore plus loin l’absurde, au lieu de les abattre.  Ils veulent faire concurrence aux faux dieux ou à leurs pales usurpateurs, faux démiurges, vrais contrefacteurs, les DRAGHI, les YELLEN, les BLANKGEIN.

       Puisqu’il n’y a plus rien, alors enrichissons-nous sur ce rien, tel est le sens de leur entreprise. Léo FERRÉ disait : “il n’y a plus rien et ce rien… on vous le laisse” ! Les héros du blockchain ne le laissent pas ce rien, ils  veulent ce rien. Ils ne révoltent pas, ils ne se rebellent pas, ils ne suicident pas,  non ils  poussent l’absurde de l’exploitation, de la domination, de l’aliénation jusqu’à en tirer profit… sur leurs compagnons d’infortune. C’est l’esclave gladiateur  SPARTAKUS qui au lieu de se révolter contre ses maîtres, retourne son glaive contre  ses compagnons d’infortune.

       Les cryptomonnaies constituent une pure "consumption", une offrande, un sacrifice, elles occupent la place de la part maudite du système, pur gaspillage qui devient Valeur en vertu d’une Loi divine qui est celle de l’offre et de la demande. Offre et demande qui n’ont rien d’autre à offrir que leur tautologie. Le régime ainsi créé est le comble de la frivolité de la valeur, de son caprice, elle ne réside que dans la tête de celui qui la contemple, elle est pure incarnation du marginalisme du vieux WALRAS et du génial MENGER. Elle est ce mouvement irrésistible de nos sociétés vers l’abstraction, vers le règne, vers la dictature du signe et son primat sur le réel. Les cryptomonnaies sont de la névrose sociale cristallisée. On est tellement dans la bouteille, derrière la grosse vitre transparente,  que l’on ne sait même plus qu’elle existe et qu’il y a autre chose. Les fous de l’asile ont pris le contrôle du savoir médical.

       Nos sociétés sont des champs de batailles. Des champs de bataille ou les moins nombreux gagnent parce qu’ils persuadent les plus nombreux, qu’il ne faut pas se battre, qu’il faut vivre en paix, tendre l’autre joue. Vivre couché, ce qui est pire encore qu’à genoux. C’est le combat des voraces contre les non-coriaces.

       La bataille dont il s’agit, la seule, la vraie centrale pour l’homme, c’est la bataille des équivalences. La bataille pour la gestion, la maîtrise du symbolique, du monde des signes. Le Pouvoir est le pouvoir de dire et de décréter les équivalences. Dire les équivalences, de proche en proche, c’est imposer l’échelle, le système des Valeurs. C’est imposer l’ordre social.

       Dire le droit pour un tribunal, c’est dire la vie d’un homme équivaut à trente ans de prison. C’est dire ce que tu as produit m’appartient. Dire l’économie, c’est dire que le travail d‘un chinois au fond de sa campagne vaut le travail d’un salarié d’Alstom. Macron vient de manifester son pouvoir ou sa volonté de  puissance hier en décrétant : je fais de l’égalité homme-femme, la priorité de mon quinquennat. Le pouvoir consiste a pouvoir décréter que deux choses différentes sont les mêmes. C’est toujours le pouvoir de faire prendre les vessies pour des lanternes bien sûr ; mais il s’installe et se reproduit parce que les peuples sont structurellement lâches. Ils veulent la paix, le confort, la possibilité d’échapper à l’angoisse. Il n’y a pas de plus grande leçon de philosophie politique que celle qui nous est donnée par DOSTOIEVSKI dans Les Frères Karamazov au chapitre du "Grand Inquisiteur". Et ce n’est pas JÉSUS qui a raison, c’est le Grand Inquisiteur qui a tout compris. Les peuples aiment se vautrer dans leur faiblesse.

       Les peuples ont tout accepté, non seulement l’exploitation, l’aliénation, mais aussi la confiscation, l’appropriation par des cliques des biens communs. Comme la monnaie. Ils ont accepté  le mouvement qui a transformé la monnaie-équivalence générale venue du bas, à partir du travail, à partir de la société civile, en une équivalence dictée par les Pouvoirs. Ils ont accepté son renversement, sa dématérialisation, son abstraction. Ils ont accepté de perdre le contrôle de cette abstraction en donnant le pouvoir aux banquiers centraux, les faux prophètes imposés par les puissances d’argent.

       Les Fiat monnaies dont les maîtres, les élites, les plus ploutocrates ont rendu le cours légal puis obligatoires, sont des monnaies de crédit. Elles ne sont que le symétrique de  dettes. De ces dettes qui servent à domestiquer les peuples. A ce titre, elles ne valent que l’illusion qui subsiste, illusion que les dettes valent quelque chose et qu’elles seront honorées.

       Ce mythe a évolué, il n’est plus question de rembourser les dettes, la question ne se pose plus, non il est simplement question de faire en sorte que la solvabilité apparente soit maintenue. On a évacué la solvabilité réelle et on l’a remplacée par un signe, par un ratio magique. Autrement dit, on peut s’endetter tant que la masse de dettes ne progresse pas plus vite que les productions de richesses.

       Mais cela c’était avant, avant les trente dernières  années. Avant la multiplication des pains.  Le cynisme a fait progressé le système, avec la loi du plus fort, avec l’impérialisme et la lâcheté des vassaux, l’idée s’est imposée que l’on pouvait aller plus loin, c’est-à-dire émettre plus de dette que la capacité de production de richesse ne progressait et qu’on pouvait émettre des dettes tant qu’il y avait des imbéciles pour les accepter. C’est l’idéologie du FRIEDMAN, même pas MILTON du paradis perdu.

       Donc on a fait exploser les émissions, les productions et les créations de dettes. Lorsque la crise de surendettement est arrivée, on a franchi une étape et bien peu en ont conscience : on a engagé le bilan de la banque centrale, on l’a inflaté, c’est à dire que l’insolvabilité est remontée au centre, au niveau du cœur du système et ce faisant, on a touché le point vital, le sang, la monnaie.

       Les élites ont élaborée une nouvelle théorie qui change la nature de la monnaie, elle est maintenant simple signe, sans contrepartie, sans référent, simple digit, simple coup de clavier, on crée de la monnaie qui n’en est pas et… on change le concept de monnaie !

       Elle  est simplement un signe dans un livre de comptes. Un livre de comptes sans  ommissaire pour en vérifier, estampiller la sincérité. La monnaie pur signe, détachée de tout, sauf du pouvoir des maîtres est ainsi née, c’est déjà une monnaie jeton, ou plutôt ce n’est déjà plus une monnaie et c’est déjà un jeton. Une monnaie token… mais c’est une monnaie jeton asservie au pouvoir de quelques uns, au pouvoir d’une élite qui abuse d’un bien commun ou plutôt de l’idée qui survit selon laquelle la monnaie est un bien commun.

       Seule l’idée de monnaie survit, et les maîtres tirent encore leur pouvoir de cette survivance, du fait que les peuples n’ont pas encore compris qu’ils n’avaient plus de monnaie, qu’ils n’avaient plus que des jetons. Les peuples vivent dans le régime ancien. Terrible développement inégal du savoir, dont les clercs, toujours traitres, sont responsables.

       Si la monnaie est devenue simple token, simple jeton, simple signe dont la valeur ne repose plus que sur son acceptabilité, alors un progrès devient possible, un progrès dialectique devient envisageable ; pourquoi ne pas créer un jeton qui échappe au pouvoir des maîtres, à leur boulimie, à leurs mensonges, à leur propagande et à leur veulerie ? Pourquoi ne pas aller plus loin et franchir le pas,  c’est-à-dire créer des jetons privés qui échappent à l’escroquerie des maîtres et de leurs complices ? Renversement un peu à l’image d’internet qui redonne le pouvoir aux masses, leur donne la possibilité de s’exprimer et de se  passer des médias qui diffusent la parole des maîtres. Pourquoi ne pas  libérer ces jetons car c’est bien de cela qu’il s’agit et leur donner valeur exactement dans les mêmes conditions que l’on donne valeur aux monnaies, c’est à dire par leur demande, par leur acceptabilité. Par leur séduction.

       Le pas  est franchi :  pour que la monnaie, pour que les jetons soient demandés il faut que l’on ait confiance et pour que l’on ait confiance il faut que leur rareté soit garantie, inviolable.

       C’est la rencontre de l’évolution historique, scélérate de la monnaie détournée par les maîtres et de la technologie qui permet ce miracle."

     

       Notes :

       - Cette analyse de la monnaie contemporaine officielle, proche de celle de Gérard FOUCHER, diverge quant aux perspectives des monnaies virtuelles.

       Avec notre bagage et notre vision aussi basique soient-ils, ni l'un, ni l'autre ne nous convainc totalement pour autant.

      D'une part, la monnaie-dette est une pratique apparemment très ancienne et valide l'existence d'une monnaie virtuelle comme aussi juste que la monnaie de valeur. Rien de forcément très nouveau, si ce n'est l'agglomération de tous les mythes et applications abstraites aujourd'hui, dans un capharnaüm complètement malade.

       D'autre part, l'enthousiasme que nous supposons à Gérard Foucher pour une monnaie dématérialisée jusqu'à l'os (avec quelle valeur ?) semble s'accorder avec une vision positiviste de la société et de l'économie qui nous effraie notablement. Il semble que les créations humaines soient à développer, les efforts à toujours réduire. Gaité, joie, enthousiasme, oui. Dans l'invention permanente, l'activité débridée... Manque trop chez lui un lien voire un dialogue au réel, à la terre, à l'altérité naturelle et puissante pour que nous ne soyons pas très méfiante.

     

       - Les commentaires du billet de Bruno Bertez sont plutôt intéressants. Comme celui d'AV (CÉSAR ?)

       "Essai brillant, bravo !

       Yuval Noah HARARI dans Sapiens, une histoire de l’humanité explique que Homo sapiens a supplanté Néanderthal car Homo Sapiens était capable de croire en des mythes communs contrairement à Néanderthal, des mythes qui lui ont permis de s’organiser en bandes de plus de cent individus poursuivant un mythe commun (Totem…), et de conquérir la planète de bâtir des civilisations…

       L’or, la marque Peugeot, capable de survivre à son créateur, la monnaie… sont des mythes communément admis par nos Sapiens actuels. Et la monnaie, dit Harari, est le seul mythe admis universellement : par les Chrétiens, les musulmans, les hindouistes… et les libres penseurs !

       Les grands prêtres de la monnaie l’ont bien analysé, et vous l’avez parfaitement décortiqué. Bitcoin est juste un mythe dans lequel on a plus confiance que dans celui de la monnaie fiat.

       Mais après tout, pourquoi pas bitcoin, plutôt que l’or ou des terres, puisque nous vivons, ou nous avons l’illusion de vivre, dans un monde dématérialisé, celui de la masturbation, du rêve, des endorphines et du fantasme permanent via des pixels sur des écrans, relais électriques vers nos influx nerveux, qui nous affranchissent de la douleur et du sang du réel, un monde où la monnaie fiat et les cryptomonnaies sont des mythes de substitution des mythes anciens tels que : "travaille dur, mon fils, soit poli, obéissant envers ton maître et ton maître (l’entreprise, le monde réel, le champ à semer, que sais-je…) te rendra au centuple ton effort".

       Oui, M Bertez, vous avez tout compris. Je suis fils de paysan. Les agriculteurs ont un salaire moyen de 300 euros par mois tandis que le dimanche dans le Marais, des dandys achètent des fringues et des gadgets inutiles valant trois mois de salaire d’un agriculteur, qui pourrait nourrir à lui seul, tout leur quartier.

       Sauf que, et vous faites bien de le rappeler parfois, les "barbares" ont des mythes plus rustres, ancrés dans la douleur, le sang et les larmes. Ils ont mis l’empire romain à genou, ils mettront l’Occident à genou de la même façon. Des "barbares" russes, musulmans, asiatiques, des barbares des banlieues aussi… qui savent détourner les mythes, pour en faire un cheval de Troie aux formes multiples. Qui détruira la Troie/Occident moderne.

       Il n’y a pas d’autre issue possible à mon sens à la situation actuelle. C’est tragique, mais inéluctable. Et cela aussi, vous l’avez diagnostiqué : "un jour ou l’autre, il faudra qu’il y ait la guerre…"

       Bref, merci pour cet article : il parachève votre pensée, il est l’aboutissement de beaucoup de vos articles et essais, un vrai feu d’artifice intellectuel (comme j’aimerais lire par ailleurs des éclaircissements de la part de philosophes également. Hélas, que nous reste-t-il ? Vous citiez DEBORD, BARTHES, DERRIDA… tous disparus aujourd’hui, et comme leurs saillies me manquent en ces temps passionnants !)

       PS : merci de citer aussi Fiodor Mikhaïlovitch Dostoïevski. Le plus grand penseur moderne à mes yeux. Qui avait tout saisi de la faiblesse de l’âme humaine, celle qui fait aussi sa force parfois."

     

       Relais et apports du Lupus : https://leblogalupus.com/2017/12/03/something-for-nothing-un-non-sens-economique-et-financier-la-capitalisation-boursiere-du-bitcoin-vient-tout-juste-de-depasser-celle-de-ge-a-hauteur-de-160-milliards-de-dollars/

       Le 09-12-2017 :

       https://leblogalupus.com/2017/12/09/avant-pendant-et-apres-lor-etait-la-valeur-de-lancien-monde-le-dollar-celui-du-nouveau-bitcoin-sera-celui-de-lapres-avec-note-du-lupus/

       Bitcoin et data center, écolo et anticapitalistes assurés : https://leblogalupus.com/2017/12/09/comme-au-bon-vieux-temps-de-la-mine-deux-russes-chauffent-gratuitement-leur-maison-grace-au-minage-de-bitcoins/

     

       Apothéose du 10-12-2017 du Lupus, très bourdieusienne, ne lui en déplaise, - de la distinction : https://leblogalupus.com/2017/12/10/billet-le-bitcoin-nouvel-artefact-de-la-psyche-humaine-par-le-lupus/

       "Le bitcoin nouvel artefact de la psyché humaine

       Avec la crise financière de 2008/2009, le capitalisme entrepreneurial et managérial tel que connu jusqu’à présent a cessé d’exister au profit dans un premier temps d’un capitalisme monopolistique d’État pour muter aujourd’hui vers un capitalisme que l’on pourrait qualifier d’oligopolistique d’État avec comme prêteur de dernier ressort non pas la FED, la banque centrale américaine,nque Centrale chinoise

       La bascule du capitalisme a vu aussi ce que d’aucun appelle une inversion des valeurs au niveau des objets produits et consommés  : une valeur  non pas fondée sur l’utilité (analyse marginaliste) ou sur le travail incorporé (analyse marxiste) mais sur le désir et ses corollaires la rareté et la complexité… Dépassant le simple cadre de l’offre et de la demande et de ses théories adjuvantes, devient chère et cher ce à quoi je ne puis que difficilement prétendre et ce à quoi l’autre (l'alter égo) ne peut que difficilement accéder… La stratégie marketing d’Apple repose exactement sur ce principe de consommation de masse de produits d’exception et d’innovation par la stimulation du désir, tandis qu’à l’opposé celle de son principal rival Samsung repose sur le concept traditionnel et néoclassique d’utilité marginale décroissante fonction du prix mais indépendamment de la quantité de travail incorporé : à chaque âge, à chaque classe, son plaisir !

       Le nouveau concept de valeur-désir implique donc que la consommation de masse ne s’effectue plus en offrant au plus grand nombre des produits de plus en plus simples et à utilité croissante, elle établie une hiérarchisation des besoins fondée sur la complexité : plus c’est complexe et plus cela devient cher et plus ainsi se marquent et s’accentuent différentiations sociales et familiales… Le succès des cryptomonnaies ne s’explique pas autrement : je veux accéder à une technologie à laquelle le commun des mortels ne comprend rien et qui va me permettre de rentrer dans le cercle très fermé des heureux possesseurs (des heureux "processeurs")Le Bitcoin c’est la carte master gold puissance 100 version microprocesseur cette fois-ci…

       Pas étonnant donc non plus que dans cet environnement novateur et idiosyncrasique que les multinationales à vocation technologique trustent les premières places des podiums en termes de capitalisation boursière. En posséder, même une parcelle, est devenu un signe de distinction sociale. Autrefois vous couvriez votre femme de parures d’or et cela vous conférait le rôle de Phoenix de ces dames, aujourd’hui le seul fait de causer cryptomonnaie suffit à vous faire passer pour un Maitre flamboyant de l’initiation au gout sulfureux de l’interdit.

       Milton FRIEDMAN a au final raison, MARX s’est planté et l’avènement du matérialisme historique n’est pas pour demain…

       Quant à l’or éternel, il est en passe d’être renvoyé à son statut de relique barbare au profit d’un artefact bling-bling technologique dernier cri… Qui l’eut cru ? Mais ainsi va la psyché humaine…"

     

       Note générale : la confiance serait-elle dans le miroir, et le regard des autres ? Damnée époque. En loques et breloques.

     

       # Dernières nouvelles de la bourrasque actuelle : https://leblogalupus.com/2017/12/11/infos-le-premier-casse-en-bitcoin-et-dautres-peripeties-en-cryptomonnaie/ & pour en finir, par le (notre) spécialiste de l'avoine (expert en puces) : https://leblogalupus.com/2017/12/12/humeur-de-loup-bitcoin-monnaie-et-devise-emblematique-des-geeks-et-des-millennials-par-le-lupus/

     

     

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