• "L'Ours dans l'art préhistorique" (expo. 2016)

     L'ours d'Homo sapiens seulement, hélas.

    "L'Ours dans l'art préhistorique" / St-Germain-en-Laye 2016

       "Canine d'ours perforée Abri de Laugerie-Basse Eyzie-de-Tayac, Magdalénien entre - 19 000 et -11 000 ans". Source : http://www.hominides.com/html/exposition/ours-dans-l-art-prehistorique-1075.php

       A l'occasion de l'exposition consacrée à l'ours dans l'art préhistorique au musée de Saint-Germain-en-Laye, le site Hominidés fournit une présentation générale. Source : http://www.hominides.com/html/exposition/ours-dans-l-art-prehistorique-1075.phphttp://www.hominides.com/html/exposition/ours-dans-l-art-prehistorique-1075.php

       COPIE SURLIGNÉE :

      "L'ours dans l'art préhistorique
        Exposition du 16 octobre 2016 au 30 janvier 2017
        Musée d’Archéologie Nationale
        Domaine national de Saint-Germain-en-Laye

       
    Les pensées et les croyances des chasseurs-cueilleurs du Paléolithique supérieur (entre - 38 000 et - 11 000 ans environ) n'ont laissé que des traces fragiles et souvent fugaces. Pourtant, les artistes qui se sont exprimés de manière discrète sur de petits objets d'art, ou de façon spectaculaire sur les parois des grottes, nous ont offert une occasion extraordinaire de saisir la complexité de la vie intellectuelle ou spirituelle de leurs contemporains, il y a plusieurs dizaines de millénaires.
        En choisissant de s'intéresser à l'ours dans l'art préhistorique, cette exposition a pour objectif de faire découvrir à un public familial la diversité et l'incroyable qualité plastique de l'art paléolithique, des statuettes en os ou en bois de renne aux plaquettes de pierre gravées, en passant par les peintures réalisées dans les grottes. Les pièces exposées, issues des collections de nombreux musées, témoignent de l'extraordinaire richesse de cet art. De manière originale, le parcours présentera en vis-à-vis les objets d'art mobilier et les œuvres pariétales, afin de permettre au visiteur d'apprécier à la fois les similarités et les grandes divergences des deux types d'expressions plastiques des hommes préhistoriques.
        L'exposition permet aussi d'explorer les rapports qui ont uni les ours, ces animaux impressionnants et fascinants, aux hommes de la Préhistoire qui les ont côtoyés, chassés ou craints. Les ours sont représentés durant toutes les périodes du Paléolithique supérieur, même si une grande majorité des figurations est attribuée au Magdalénien (de - 19 000 à - 11 000 ans).
       Comme pour l'ensemble des animaux dans l'art paléolithique, les figurations d'ours ne sont pas très réalistes, mais fondées sur l'utilisation et même l'exagération de certains caractères anatomiques. Les ours sont ainsi identifiables grâce à des critères, des "codes" que les visiteurs apprennent à reconnaître. De plus, les ours occupent une place singulière dans ces œuvres que nous ont laissées les hommes de la Préhistoire. Parfois associés à d'autres animaux, voire aux hommes, ils sont le plus souvent figurés entre eux. Et, sur les parois des grottes, il faut dans bien des cas les chercher, les déchiffrer tant ils sont discrets voire dissimulés.

      Visite de l'exposition L'ours dans l'art préhistorique

      
    Entrez dans la Préhistoire
        En Europe, le début du Paléolithique supérieur correspond à l'arrivée de l'Homme moderne ou Homo sapiens, il y a environ 40 000 ans. C'est une étape culturelle importante de l'histoire de l'humanité. Le Paléolithique supérieur est caractérisé par de nouveaux comportements économiques. Les hommes modernes exploitent au maximum leur environnement. Leurs habitats, situés à l'entrée des grottes ou, le plus souvent, en plein air, sont de plus en plus élaborés et organisés en réseaux. Les hommes occupent de vastes territoires, suivant des déplacements saisonniers dictés par l'acquisition de nourriture (chasse, pêche, cueillette) ou celle de matières premières (collecte de silex), qu'ils transportent ou échangent sur de longues
    distances. La chasse bénéficie de nouvelles techniques et de nouvelles stratégies, beaucoup plus sélectives. Les hommes modernes chassent surtout les troupeaux de grands herbivores, tels que les chevaux, les rennes ou les bisons. En complément, la pêche et la récolte de coquillages se développent. Les matières dures animales, comme l'os, le bois de renne ou l'ivoire de mammouth, qui étaient peu exploitées auparavant, sont de plus en plus utilisées pour la fabrication des outillages et des armements.
        C'est au Paléolithique supérieur que l'industrie lithique (la taille des pierres, surtout du silex) connaît son apogée, avec la production de lames, et, à partir de ces lames, de types d'outils spécialisés : grattoirs, burins et perçoirs. Les outils, de petite taille, étaient le plus souvent emmanchés.

    Grotte reconstituée dans l'exposition L'ours dans l'art préhistorique    Le Paléolithique supérieur est aussi et surtout caractérisé par l'épanouissement de la pensée symbolique. Les premiers éléments de parure témoignent à la fois de relations sociales complexes et de considérations esthétiques. L'invention de l'art mobilier (art des objets) et de l'art pariétal (art des parois des grottes), sculpté, gravé ou peint, correspond à l'apparition de nouvelles préoccupations intellectuelles et spirituelles.
        A gauche - Une muséographie originale dont les parois évoquent l'ours... bien sûr !

       Les ours : une longue évolution
        Il existe actuellement huit espèces d'ours réparties sur trois continents : l'Europe, l'Asie et l'Amérique. Dans les régions arctiques règne l'Ours blanc, parfaitement adapté au climat polaire. L'Ours brun est le mieux connu et le plus répandu dans tout l'hémisphère nord. En Amérique du Nord, on le connaît sous le nom de Grizzly et il partage son territoire avec l'Ours noir d'Amérique qui constitue l'espèce la plus importante. Seul habitant de l'Amérique du Sud, l'Ours à lunettes ou Ours des Andes est reconnaissable à ses deux cercles crème autour des yeux.
        L'Ours noir d'Asie est également appelé Ours à collier, en raison du croissant clair qui orne sa poitrine sombre. Il occupe de nombreux territoires, depuis l'Iran jusqu'au Japon. En revanche, l'Ours lippu ne vit que dans une petite partie de l'Asie, dans l'est de l'Inde et au Sri Lanka. Il possède des lèvres épaisses qui font de lui un véritable "aspirateur à termites" ! L'Ours des cocotiers porte aussi le nom d'Ours malais, car on ne le trouve qu'en Asie du Sud-Est, notamment en Malaisie. Plus rare encore, le Grand panda vit exclusivement dans le centre de la Chine. Les ours que nous connaissons aujourd'hui sont tous le fruit d'une longue évolution. Il y a vingt millions d'années, apparaît la famille des Ursidés, puis, au sein de cette famille, le genre Ursavus, c'est-à-dire les premiers ours. Celui-ci donne naissance, vers - 5 millions d'années, au genre Ursus, avec une première espèce de petite taille : Ursus minimus. De ce petit ours sont issues deux espèces actuelles : l'Ours noir d'Amérique et l'Ours noir d'Asie, ainsi qu'une espèce européenne ancienne : l'Ours étrusque.
        À partir de l'Ours étrusque, émergent, il y a un ou deux millions d'années, l'Ours brun et l'Ours de Deninger, ancêtre de l'Ours des cavernes, apparu vers - 250 000 ans. Si l'Ours brun existe toujours, l'Ours des cavernes s'est éteint, il y a 20 000 ans environ. Ce sont l'Ours brun et l'Ours des cavernes qui nous intéressent ici, puisque ce sont les deux espèces que les hommes préhistoriques ont côtoyées.

       Les ours dans l'art préhistorique
      Dès les premières découvertes d'objets d'art paléolithiques, les préhistoriens se sont intéressés aux figurations d'ours, notamment d'ours des cavernes, dans le but de prouver la contemporanéité de l'Homme avec cette espèce disparue et, de fait, sa grande ancienneté. Ce n'est qu'à partir du début du XXe siècle que les représentations d'ours ont été étudiées pour elles-mêmes.
        En 1924, l'abbé Henri BREUIL, Louis CAPITAN et Denis PEYRONY consacrent une monographie aux gravures pariétales de la grotte des Combarelles, en Dordogne. Ils y décrivent une vingtaine d'ours, qu'ils comparent à plus de trente autres figures provenant de divers gisements. Quatre ans plus tard, Henri BÉGOUËN et l'abbé Breuil dépeignent les ours gravés sur les parois de la grotte des Trois-Frères, en Ariège. Ils les qualifient d'ours "déguisés", car l'un d'eux semble posséder une tête de loup et un autre, une queue de bison...
        Dans les années 1950, l'abbé Henri Breuil, Louis-René NOUGIER et Romain ROBERT publient un article sur le "lissoir aux ours" découvert dans la grotte de La Vache (Ariège) et sur les ours dans l'art préhistorique de la zone franco-cantabrique. Plus d'une centaine de représentations, réparties à parts égales entre l'art mobilier et l'art pariétal, sont attribuées, pour un quart d'entre elles, à la première moitié du Paléolithique supérieur (entre - 38 000 et - 22 000 ans), et, pour les trois quarts, au Solutréen ou au Magdalénien (entre - 22 000 et - 11 000 ans).
        En 1969, le premier volume que Léon PALES et Marie TASSIN de SAINT-PÉREUSE dédient aux plaquettes gravées de la grotte de La Marche (Vienne) traite exclusivement des félins et des ours. Enfin, dans le cadre d'un colloque sur "L'Ours et l'Homme", en 1997, François ROUZAUD dénombre cent quatorze représentations d'ours certaines ou crédibles, à partir d'une liste de plus de cent cinquante figurations. Au-delà de leur apport scientifique, la plupart de ces ouvrages ou tirés-à-part revêtent un grand intérêt historique et patrimonial.

       La place de l'ours dans l'art préhistorique
      On ne connaît que très peu de scènes dans l'art préhistorique, et elles sont alors particulièrement difficiles à interpréter. Il existe cependant quelques mises en situation réalistes impliquant des ours comme sur la plaquette de La Madeleine (Dordogne), où des pattes griffues d'ours attaquent des saumons. Seul le cœur de l'histoire est figuré : les griffes, le poisson... Peu importe que le reste de l'ours ne soit pas dessiné, ou que le saumon soit d'une taille bien supérieure à la normale : la scène de pêche semble évidente.
        En général, les animaux sont juxtaposés les uns à côté des autres, ou même superposés, sans que leurs taille ou orientation respectives ne soient un problème. C'est le cas pour les objets de La Vache, en Ariège, où l'image de l'ours côtoie celle de l'homme, du cheval, de l'oiseau, du félin... Le symbole réside autant dans la composition que dans l'histoire qu'elle pourrait éventuellement raconter.

       Les représentations d'ours ont régulièrement été associées entre elles. On retrouve ce choix à plusieurs époques et dans plusieurs cultures. C'est d'autant plus étonnant que l'ours est plutôt un animal solitaire, à l'exception de la mère qui accompagne sa portée pendant plusieurs mois après la mise-bas. Le corpus rassemble plusieurs exemples du thème des deux ours se suivant : sur un os à Isturitz (Pyrénées-Atlantiques), sur une paroi de la grotte à Ekain (Pays basque, Espagne). Ces deux lieux, situés de part et d'autre des Pyrénées, ne sont distants que d'une centaine de kilomètres des représentations d'ours attribuées à la même période : s'agit-il d'un même groupe humain ou d'une simple coïncidence ?
        À La Vache, une pièce attire plus encore notre attention. Un bel ours complet est associé à trois individus incomplets. L'abbé Henri Breuil y voyait une "touchante scène familiale". On pourrait y lire un épisode de la vie de l'ourse, lorsqu'elle sort de sa tanière au printemps avec ses petits. Les associations des ours entre eux peuvent au contraire être plus symboliques que réalistes. Les quatre ours du bâton percé de La Vache ont ainsi été soigneusement positionnés sur ce support, deux par face, entre des séries de cannelures. Sur cet objet comme sur d'autres, l'association des ours entre eux semble être une solution pour mieux les mettre en valeur, en les isolant du reste du bestiaire.

       L'ours après la préhistoire
       L'Ours occupe une place singulière dans les contes et les croyances des peuples qui le côtoient. Parce qu'il est omnivore et capable de se tenir debout, il est souvent considéré comme un homme sauvage ou comme un ancêtre de l'Homme. Dans la mythologie inuit, les ours enlèvent leur fourrure pour devenir humains, et réciproquement. Chez les Amérindiens et les Sibériens, les chamanes, qui établissent des liens entre le monde des vivants et celui des esprits, se métamorphosent souvent en ours.

       Le thème de l'ours amant, fiancé ou mari est également présent dans de nombreuses cultures. Le conte Jean de l'Ours, un des récits les plus répandus dans le monde, décrit un homme incroyablement fort – dont le père est un ours – qui parvient à épouser une princesse.

      Suivant la même logique, un ourson peut être adopté par une femme, ou un nourrisson par une ourse. La chanson de geste médiévale Valentin et Orson raconte l'histoire de deux princes frères jumeaux, l'un élevé par sa mère, l'autre enlevé par une ourse, qui finissent par se retrouver. Dans le conte de GRIMM Boucle d'Or et les Trois Ours, une petite fille perdue dans la forêt se réfugie dans la maison des ours, étrangement humaine.
        Lorsqu'il sort de son hivernation, l'ours est aussi un symbole du renouveau de la nature. La Grèce antique voue un culte à la déesse de la fécondité ARTÉMIS, dont l'animal préféré est l'Ours (ARCTOS). Artémis transforme d'ailleurs en ourse la nymphe Callisto, qui a été séduite par Zeus et qui donne naissance à Arcas. Pour sauver Callisto et Arcas, Zeus les transporte dans le ciel, où ils deviennent les constellations de la Grande et de la Petite Ourse. Afin de christianiser le culte païen de l'Ours, l'Église fait coïncider la fête des Chandelles ou Chandeleur avec la fête du Chant de l'Ours, le 2 février, jour où l'animal sort de sa tanière. Cette tradition carnavalesque est cependant maintenue en Europe... Le Moyen Âge met fin à la suprématie de l'Ours en faisant du Lion, symbole rapporté d'Orient par les Croisés, le roi des animaux.

     (...)

       Conférences :

       - Conférence : "Ours chassés, Ours imaginés : aux origines d'un mythe préhistorique" par Cristina SAN JUAN-FOUCHER ingénieure/préhistorienne du MCC au SRA-DRAC Occitanie / UMR Traces Univ. Toulouse Jean Jaurès.
        Le dimanche 6 novembre 2016 à 15h dans l'auditorium du musée
        Au cœur du XIXe siècle, la polémique fait rage et divise la communauté scientifique, entre les partisans de la coexistence de l'homme et des grands mammifères fossiles disparus et les détracteurs de l'Homme antédiluvien.
        Dans ce contexte, l'Ours des cavernes, dont les ossements sont découverts par centaines dans plusieurs grottes pyrénéennes (Massat, Lherm, Gargas...), devient une figure primordiale : quelques objets précieux récupérés dans les premières fouilles préhistoriques de la région permettent d'établir la contemporanéité entre ce grand animal éteint et nos ancêtres chasseurs.
        Cette conférence rappelle la signification particulière que les pionniers de la Préhistoire ont accordée aux vestiges et aux représentations du fauve emblématique des Pyrénées et présente un panorama des figurations d'ursidés dans l'art paléolithique.

       - Conférence : "Bestiaires, symboles et chimères dans l'art des chasseurs paléolithiques" par Jean-Michel GENESTE, directeur des recherches archéologiques de la grotte Chauvet-Pont d'Arc.
        Le dimanche 4 décembre 2016 à 15h dans l'auditorium du musée."

      En point d'orgue de l'article :

       "L'ours : de l'image au symbole pendant la Préhistoire (cycle Espèces d'Ours)" : une conférence de Patrick PAILLET, Maître de conférences, préhistorien, Département de Préhistoire, UMR 7194 (Histoire naturelle de l’Homme préhistorique), Muséum national d'Histoire naturelle & Elena MAN-ESTIER,  Conservatrice du Patrimoine, Service Régional de l’Archéologie, DRAC Bretagne, UMR 5199 PACEA , Université de Bordeaux 1 : http://www.dailymotion.com/video/x541w3i_l-ours-de-l-image-au-symbole-pendant-la-prehistoire-cycle-especes-d-ours_animals

      Où les images et la description orale du "bâton de la grotte de Massat", évoqué par Patrick Paillet à la fin (54:57 mn), sauvent la mise...

     

    "L'Ours dans l'art préhistorique" (expo. 2016)

       "Bâton percé figurant un ours de face. On distingue nettement ces deux oreilles rondes. Grotte de Massat - Ariège.  Magdalénien entre - 19 000 et -11000 ans." Source : http://www.hominides.com/html/exposition/ours-dans-l-art-prehistorique-1075.php &  "Fragment de bâton percé en bois de renne, grotte de Massat, Ariège. Coll. F. Régnault : H. : 7,83 ; l. : 4,71 cm,  Source de l'image : http://www.museum.toulouse.fr/-/hommes-et-ours-a-l-epoque-prehistorique

       Selon Patrick Paillet, l'une des plus anciennes œuvres d'art découvertes - par Edouard LARTHE, dans les années 1860, serait un autre bâton de cette grotte de Massat : "à tête d'ours avec un bec d'oiseau devant"...

       Ailleurs : (...) fameux bâton percé de la grotte de Massat, décoré d'une tête d'ours, gueule ouverte d'où semble jaillir un faisceau de traits, et d'une tête d'oiseau." Source : http://www.officiel-galeries-musees.com/parcs-jardins-ecomusees/parc-de-la-prehistoire/exposition/l-art-des-origines-origine-de-l-art

    "L'Ours dans l'art préhistorique" (expo. 2016)

       Source : http://www.photo.rmn.fr/C.aspx?VP3=SearchResult&VBID=2CO5PCDS2EXM5

     

       Pour continuer modestement ce jour, avec d'autres précisions historiologiques, sur le site du Muséum de Toulouse : http://www.museum.toulouse.fr/-/hommes-et-ours-a-l-epoque-prehistorique

       EXTRAIT :

       "Le culte de l'ours : origine de la théorie

       La théorie d'un culte de l'ours à l'époque préhistorique est apparue dans les années 1920 sous la plume d'Émile BÄCHLER, qui décrit dans la grotte de Drachenloch, en Autriche, des structures en pierre contenant des restes d'ours des cavernes. Il conclut à un dépôt votif. É. Bächler croit en l'existence, dans les Alpes, à l'époque moustérienne, d'une culture particulière développée par l'homme de Néandertal, et fondée sur une spécialisation, la chasse à l'Ours des cavernes ; animal qui aurait aussi été vénéré. Suite à la théorie de É. Bächler, et jusque dans les années 1960, d'autres archéologues disserteront autour du culte de l'ours. L'ensemble des sites concernés datait du moustérien et il s'agissait dans la plupart d'ours des cavernes, excepté au Régourdou, en Dordogne, où l'animal est un Ours brun.

       (...)

       Le comparatisme ethnologique, très en vogue au début du XXe siècle, période où l'on découvre de nouvelles civilisations, est en grande partie responsable de cette théorie. Dans les groupes où le culte de l'ours était pratiqué, chez les Aïnous au Japon, par exemple, les dépôts d'ossements clôturaient souvent les cérémonies. Mais le culte était un rituel bien plus complexe qu'un simple dépôt d'ossements.  

       Une théorie contestée

       Cette théorie continue à avoir un certain succès auprès de journalistes et d'historiens, alors que les préhistoriens, faute de preuves, lui accordent assez peu de crédit. En effet, on a pu démontrer que, dans les Alpes, les installations humaines moustériennes en altitude n'existaient pas et qu'Émile Bächler avait enjolivé ses interprétations au cours du temps. De plus, André LEROI-GOURHAN a réalisé, au cours de ses fouilles, que l'on pouvait se méprendre : "La blocaille plate et régulière a été prise pour un dallage intentionnel"  et "au bout d'un certain temps, il y a sur le chantier un petit nombre de ces grosses pièces, bien nettoyées, qui paraissent occuper des positions souvent insolites par le seul fait qu'on les a en quelque sorte privées de leur contexte en éliminant toute la broutille de cailloutis et de petits ossements". Partant des données de l'archéologie, A. Leroi-Gourhan est également sorti du comparatisme ethnologique brutal pour reconstituer les gestes et les idées préhistoriques, et a mis en place l'ethnologie de cette époque.

       Des manifestations symboliques

      Les études ont montré que les accumulations d'ossements d'ours en grotte étaient en grande majorité d'origine naturelle et résultaient de la mort de ces plantigrades lors de l'hibernation. Mais, pour la période contemporaine de l'homme moderne, le Paléolithique supérieur, un certain nombre de manifestations symboliques autour de l'ours existent bel et bien. Des représentations, peintures, gravures ou sculptures ont été retrouvées sur les parois des grottes ou ailleurs, et des dents d'ours ont été utilisées comme pendentifs. Des manipulations de restes – qui ne semblent pas avoir de fonction alimentaire –, ont aussi été décrites dans la grotte Chauvet, par exemple. Cependant, ces données ne suffisent pas à prouver l'existence d'un culte et aujourd'hui les préhistoriens sont beaucoup plus prudents dans leurs interprétations."

     

    "L'Ours dans l'art préhistorique" (expo. 2016)

       L'ours gravé sur galet de la grotte de Massat encore. Source : http://www.creap.fr/imgsExpo/expo-module5.htm

     

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