• La chaumine

     GRALL, BRASSENS... Maison en oubli.

       Je viens d'adopter ce mot en lisant Xavier GRALL (Le Cheval couché, 1977). J'utilisais chaumière. J'ai appris la masure, habituelle dans les matrices cadastrales, et ce que cette dernière désigne me reste méconnu et très attractif à savoir (quelque chose me dit que ce n'est pas la masure d’aujourd’hui).

       La chaumine se donne mignonne sinon douillette à l'évocation, et pourtant beaucoup moins reluisante que la chaumière, probablement plus petite, moins bien construite sans doute. Elle évoque le havre du labeur ou la grande modestie de moyens. L'humble demeure ? Suffisante ? Sommairement construite ? A souvent reprendre, réparer ?

      Existe-t-elle encore aujourd’hui ? En France du moins.

       Glissons, en son souvenir, la reproduction (format carte postale) d'une aquarelle de Michel BOUQUET (1865). L'original, de la taille réelle de 0,215 m sur 0,295, appartient au Musée des Jacobins de Morlaix. Il est intitulé "Cabane bretonne".

       Ce titre nous paraît déplacé. Ni cabane, pas vraiment chaumière, pas plus chaumine. Une maison comme toutes les autres, inclassable et vivante. Véritable extension d'une humanité implantée et active, possiblement sans souci de présentation (seul souci de construire le bon abri). La chaumine ressemblerait davantage à cette illustration d'époque du Foyer breton d’Émile SOUVESTRE.

      J'aime profondément regarder la structure en bois de la grande baie (ou porte) - d'une beauté essentielle pour moi (en dehors de la croix brisée), et l'ensemble de l'édifice, en limite de clairière (des chênes apparemment).

       "La chaumine est une petite maison rurale dont le toit est fait de chaume", ici.

       , on nous écrit qu' "À L'origine ce mot était un adjectif, on parlait alors d'une maison chaumine."

       Mon dictionnaire usuel (Hachette) - ne connaît pas le terme.

       Comme les mots parlent dans la langue française. Le petit Littré définit: "anc. franç. chaumin, adj. de chaume), sf. Chétive maison de paysan."

       Et puisque Jean de La Fontaine est cité dans le wiktionnaire consulté ci-dessus :

     

    La Mort et le Bûcheron

    Un pauvre Bûcheron tout couvert de ramée,
    Sous le faix du fagot aussi bien que des ans
    Gémissant et courbé marchait à pas pesants,
    Et tâchait de gagner sa chaumine enfumée.
    Enfin, n'en pouvant plus d'effort et de douleur,
    Il met bas son fagot, il songe à son malheur.
    Quel plaisir a-t-il eu depuis qu'il est au monde ?
    En est-il un plus pauvre en la machine ronde ?
    Point de pain quelquefois, et jamais de repos.
    Sa femme, ses enfants, les soldats, les impôts,
    Le créancier, et la corvée
    Lui font d'un malheureux la peinture achevée.
    Il appelle la mort, elle vient sans tarder,
    Lui demande ce qu'il faut faire
    C'est, dit-il, afin de m'aider
    A recharger ce bois ; tu ne tarderas guère.
    Le trépas vient tout guérir ;
    Mais ne bougeons d'où nous sommes.
    Plutôt souffrir que mourir,
    C'est la devise des hommes. 

     

      A ajouter aux billets sur la nature (nature humaine) ?

      Source :

    http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/jean_de_la_fontaine/la_mort_et_le_bucheron.html

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