• "LE BROYEUR DE LIN"

     AINSI FUT-IL SURNOMMÉ.

    BROYAGE

       Plus jeune que notre héros, plus proche de nous (en termes chronologiques), cet homme n'en broie pas moins son chanvre... en chambre (une pièce aux allures surprenantes, toutefois : une maison devenue ruine au vu des pierres au sol, une sorte d'annexe agricole, abritant ce qui semble des ruches ?). Carte postale retouchée par nos soins. Source : http://www.belcaire-pyrenees.com/article-retour-a-la-culture-du-chanvre-en-pays-de-sault-pourquoi-pas-59907848.html

     

       Difficile d'échapper au surnom en situation exposée - ou sur-exposée ? (différence, anomalie). Ernest RENAN raconte celle d'un honnête homme de la campagne bretonne, composant entre héritage (ses contraintes, ici) et pure nécessité.

     

    "LE BROYEUR DE LIN" !

       On l'imagine un peu comme ce "vieux Breton des environs de Chateaulin". Source : http://www.cpa-bastille91.com/types-bretons-un-vieux-breton-des-environs-de-chateaulin/

     

       "C'est dans ses souvenirs d'enfance et de jeunesse (1883) qu'Ernest RENAN (1823-1892) rapporte un étonnant récit qu'il tenait de sa mère.

       "Te souviens-tu de la petite commune de Trédarzec, dont on voyait le clocher de la tourelle de notre maison ? A moins d'un quart de lieue du village, composé alors presque uniquement de l'église, de la mairie et du presbytère, s'élevait le manoir de Kermelle (...). Un colombier, une tourelle, deux ou trois fenêtres bien bâties, presque comme des fenêtres d'église, indiquaient une demeure noble, un de ces vieux castels qui étaient habités avant la Révolution par une classe de personnes dont il est maintenant impossible de se figurer le caractère et les mœurs. Ces nobles de campagne étaient des paysans comme les autres, mais chefs des autres. (...) Celui de Trédarzec, dont je te parle, était un beau vieillard, grand et vigoureux comme un jeune homme, à la figure franche et joviale. Il portait les cheveux longs relevés par un peigne, et ne les laissait tomber que le dimanche quand il allait communier. (...) Il était très pauvre ; mais il le dissimulait par devoir d'état. Ces nobles de campagne avaient autrefois certains privilèges qui les aidaient à vivre un peu différemment des paysans ; tout cela s'était perdu avec le temps. Kermelle était dans un grand embarras. Sa qualité de noble lui défendait de travailler aux champs ; il se tenait renfermé chez lui tout le jour, et s'occupait à huis-clos à une besogne qui n'exigeait pas le plein air. Quand le lin a roui, on lui fait subir une sorte de décortication qui ne laisse subsister que la fibre textile. Ce fut le travail auquel le pauvre Kermelle crut pouvoir se livrer sans déroger. Personne ne le voyait, l'honneur professionnel était sauf ; mais tout le monde le savait, et, comme alors chacun avait un sobriquet, il fut bientôt connu dans le pays sous le nom de broyeur de lin. Ce surnom, ainsi qu'il arrive d'ordinaire, prit la place du nom véritable, et ce fut de la sorte qu'il fut universellement désigné."

       Citation extraite du livre La Route des toiles en Bretagne, Le lin et le chanvre, hier et aujourd'hui, François de BEAULIEU (texte) et Hervé RONNÉ (photographies), Ouest-France, p. 44.

     

    Broyeur de lin ou chanvre 2017

    Cardes anciennes

       Broyeur ou broie (broye ou braie) à chanvre ou lin de la région de Pipriac (56). Puis cardes à main (elles servaient carder la laine mais aussi le chanvre ou le lin, peut-on lire : http://www.alienor.org/publications/cordes/preparation3.htm). Vues en date du 18-02-2017.

     

    CARDER CHANVRE

       "Le peigneur va travailler les fibres préparées pour être cardées. Après le trempage en eau et le séchage, il utilise un ou deux peignes grossiers. Il jette la filasse sur l'outil et tire sur les fibres pour démêler. Cette dernière se transforme alors en un matière plus souple dont on tirera le fil en la filant, c'est le travail des femmes."  Source : http://uneanneaethnicite.over-blog.com/article-26723654.html

       Le broyage prépare le teillage (séparation des fibres libériennes de la moelle) auquel le cardage donne éventuellement la dernière main, avant le filage. Un peigne est utilisé entre les deux.

     

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