• LE LIVRE DES MORTS

     QUELQUES ÉCLAIRAGES SUR LA BARQUE SOLAIRE

    LE LIVRE DES MORTS

       "Papyrus d'Ani ; Le renouveau solaire (chapitre 16)". Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Livre_des_morts_des_Anciens_%C3%89gyptiens

     

       Les petits cailloux des contes et du culte (de l'Ourse, Marie CACHET) sont devenus rochers (menhirs !) en Tsukeshoin. Le thème de l'anonymat, au bord de sa conclusion (temporaire), les a "naturellement" inclus, entre embarquements et quête. L’Égypte participe pleinement de la fabuleuse histoire...

     "Les Égyptiens sont encore reliés, d'une certaine façon, au monde spirituel. Ils possèdent une connaissance vivante et ressentie des lois de la nature. Ils n'ont pas besoin de démontrer ce qu'ils ressentent et observent." Michel MONTAUD, De la dent à l'Homme, un parcours bouleversant, p. 153.

     

    LE LIVRE DES MORTS

       En sonorisant - "Earth druid" (https://www.youtube.com/watch?v=beOuR6Re7OU) de NEROCHE svp, "la pyramide à texte du roi OUNAS", Brooklyn Museum. Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Livre_des_morts_des_Anciens_%C3%89gyptiens

     

       Extraits surlignés de la page "Livre des Morts des Anciens Égyptiens" de WIKIPÉDIA :

       (https://fr.wikipedia.org/wiki/Livre_des_morts_des_Anciens_%C3%89gyptiens)

       "Le Livre des morts des Anciens Égyptiens a pour véritable titre, à l'époque de l'Égypte antique, Livre pour Sortir au Jour. Le "jour" en question est celui des vivants, mais aussi de tout principe lumineux s'opposant aux ténèbres, à l'oubli, à l'anéantissement et à la mort. Dans cette perspective, le défunt égyptien cherche à voyager dans la barque du dieu soleil RÊ et à traverser le royaume d'OSIRIS (version nocturne du Soleil diurne en cours de régénération).

       Il s'agit de rouleaux de papyrus, recouverts de formules funéraires, placés à proximité de la momie ou contre celle-ci, dans les bandelettes. Ces différents exemplaires du Livre des Morts ne sont pas tous identiques, car le bénéficiaire choisit les formules qui lui conviennent, probablement en fonction de ce qu'il peut s'offrir car ces manuscrits représentent un investissement non négligeable. Certains peuvent donc être courts, alors que d'autres reproduisent l'ensemble, ou presque, du corpus.

       En 1842, l'égyptologue allemand Karl Richard LEPSIUS appela Todtenbuch (Livre des morts) un papyrus conservé au musée égyptologique de Turin et dont il a effectué une première traduction. Ce nom est ensuite resté bien que dans la littérature égyptologique moderne on rencontre souvent la juxtaposition des deux titres, à savoir "Livre des Morts - Sortir au Jour ".

       (...)

      Résumé du recueil

       Dans sa traduction de 1967, Paul BARGUET (professeur en épigraphie égyptienne à l'école du Louvre) s'est livré à une étude exégétique des 192 formules de la "recension saïte" du livre des morts et a tenté de donner un sens à la succession des différentes formules. Selon lui, l'ensemble du texte est divisé en quatre grandes parties inaugurées par les formules 1, 17, 64 et 130. Cette division est généralement reprise par les différents commentateurs modernes de ce recueil magico-funérairee 13,i 7,17.

       La marche vers la nécropole

       La première partie regroupe les formules 1 à 16. Le cortège funéraire marche vers la nécropole et le défunt momifié arrive dans le monde de l'au-delà. La momie descend dans le tombeau et vers la Douât comme le précise le titre de la formule 1A/B a 8. Le nouvel arrivant désire toutefois échapper aux corvées de ce monde souterrain et charge les oushebtis de le faire à sa place (formule 5 et 6)a 9. Il veut échapper au terrible serpent APOPHIS, symbole du chaos primitif (formule 7)a 10 et cherche les bonnes grâces de l'Oudjat, l'œil d'HORUS a 11. Désirant être libre de ses mouvements, les chemins lui sont ouverts pour entrer et sortir de l'Occident (formules 11 à 13)a 12. Sa piété envers le maître de l'univers s'exprime dans la formule 15 constituée par des hymnes et des louanges à ATOUM-RÊ a 13. Le chapitre 16 est une vignette sans texte mais elle synthétise tel un schéma théologique les croyances égyptiennes de la marche de l'astre solaire. L'illustration du papyrus d'Ani montre le soleil, acclamé par des babouins, se hisser hors du monde souterrain d'Osiris. Cette dernière divinité, placée sous la protection d'ISIS et de NEPHTYS, est représentée sous la forme d'un assemblage anthropomorphe constitué par un pilier Djed et par un signe Ânkh18.

       La renaissance

      Dans la deuxième partie, le défunt proclame sa renaissance mais aussi son pouvoir sur les éléments de l'univers ainsi que sur tous ses ennemis potentiels. La formule 17 inaugure cette partie. Le corps du texte consiste en une identification du défunt au dieu créateur ATOUM lorsque ce dernier se hisse en-dehors du chaos primordial. Le texte est cependant surchargé par un nombre important de gloses théologiques issues des traditions d'Héracléopolis et d'Héliopolise 14. Les formules 18 à 20 ont pour thème la naissance de l'astre solaire et de sa victoire sur les forces hostiles a 14. Avec les formules 21 à 23, le défunt bénéficie des rites de l'ouverture de la bouche pour qu'il puisse à nouveau s'exprimer a 15 et utiliser sa force magique (formule 24)a 16. Le défunt retrouve son nom (ren) et donc sa personnalité a 17 mais aussi son cœur qui doit témoigner en sa faveur devant les juges divins (formules 26 à 30)a 18. S'enchainent ensuite des formules qui assurent au défunt sa victoire contre des ennemis (crocodiles, insectes ou reptiles) a 19. Invincible, il siège sur le trône du Maître des dieux (formule 47) a 20, dispose d'une bonne nourriture a 21, respire du vent frais a 22 et se désaltère à l'ombre du sycomore de NOUT a 23 (formules 54 à 63).

       La transfiguration

       Dans cette troisième partie, la Sortie au Jour devient une réalité. La formule 64, très difficile à traduire et à comprendre, présente la transfiguration du défunt. Il s'identifie à Rê le dieu soleil et à Osiris mais garde son individualité propre a 24. La magie de cette formule permet à l'âme-bâ de sortir au jour tout comme les formules 65 et 66a 25. La porte de la tombe s'ouvre (formule 67)a 26 et tel Osiris, le défunt se redresse et s'éveille à nouveau à la vie (formules 68 à 71)a 27. Il sort du monde souterrain et se rend à Héliopolis, la ville sainte du dieu Rê (formules 72 à 75) a 28. Les formules des transformations (chap. 76 à 88) permettent au défunt de prendre les formes du dieu solaire lors de sa course quotidienne a 29. Mais le défunt ne veut pas être séparé de son âme-bâ et de son ombre-shout car ils risquent d'être massacrés (formules 89 à 92) a 30. Tel Rê, le défunt se dirige d'est en ouest (formule 93)a 31 sous la protection de THOT (formules 94 à 96) a 32. Le défunt après avoir prouvé ses connaissances magiques au nocher a 33 de la barque du ciel (formules 98-99) monte dans cette dernière (formules 100 à 102)a 34. Auprès de la céleste déesse-mère HATHOR (formule 103) et en la compagnie des autres grands dieux (formule 104) a 35 le défunt a rejoint son Ka (temps de vie) et profite des offrandes de nourritures (formules 105 et 106 )a 36. Le défunt connaît et approche les âmes divines qui résident dans différentes villes saintes (formules 107-116)a 37 et séjourne dans des champs paradisiaques (formule 110)a 38. Il s'engage alors le monde inférieur sur les chemins de Ro-Sétaou (formules 117 à 129)a 39 pour paraître devant le tribunal d'Osiris (formule 125) afin d'y être jugé exempt de péchés ; reconnu pur par ses juges, il est un juste de voix a 40.

       Le monde souterrain

       La quatrième partie du livre des morts peut se diviser en deux sections. La première regroupe les formules 130 à 140 a 41. Les formules 130 à 136 ne sont que des variantes d'une formule qui figure déjà dans le livre des deux chemins  a 42. Le défunt s'y identifie à Rê et voyage dans la barque solaire. Les formules 137A et B accordent au défunt une protection au moyen de quatre flambeaux qui représentent les quatre fils d'Horusa 43. Leur lumière est celle de l'œil d'Horus à qui le défunt rend grâce (formule 140)a 44. La deuxième section traite de la géographie de l'au-delà (formules 141 à 162). Le défunt connaît le nom des dieux (formule 141) a 45 et en particulier ceux d'Osiris. Dans la formule 142, il énumère plus d'une centaine d'épithètes concernant cette dernière divinité a 46. Par la suite, le défunt prouve qu'il connaît aussi les noms des portes, portails et buttes qui mènent au royaume d'Osiris ainsi que de leurs gardiens (formules 144 à 150)a 47. La formule 151 A et B est une protection pour la tombe et pour le masque funéraire a 48 et les formules 154 à 162 servent à renforcer le pouvoir magique des diverses amulettes disposées sur la momie a 49.

       Les formules 163 à 192 sont des formules supplémentaires difficiles à classer mais elles servent à rendre hommage aux dieux Rê, AMON et Osirisa 50. La plus digne d'intérêt est la formule 175 car elle nous livre une des rares mentions connues de la fin des temps laissée par la civilisation de l'Égypte ancienne a 51,19.

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       Les variantes

       Les nombreuses variantes mises au jour par les philologues montrent que ces textes magiques, malgré leur filiation divine, ont été modifiés maintes fois par les scribes. La réinterprétation d’une formule fut donc de l’ordre du possible d 2. Trois raisons peuvent expliquer ce fait. Dans certains cas, comme pour les formules 80 et 84, le texte est opaque. Des passages sont donc difficilement compréhensibles et différentes lectures sont alors possibles. Le scribe incapable de trouver le sens premier modifie légèrement le texte pour le rendre plus abordable. La deuxième raison est que des formules, la 77 par exemple, ont été modifiées dans la volonté de les raccourcir. Et la troisième raison est que certaines formules ont été reconstruites avec la combinaison de plusieurs passages d’origines diverses. C’est ainsi que dans un papyrus les formules 83, 124 et 84 sont réassemblées sur ce mode d 3. Mais dans les trois cas de figures, il s’agit moins d’une réécriture que d’une tentative de réflexion du scribe sur l’état de la formule à son origine. Le but de la variante est d’affiner le dialogue avec les divinités et de rendre la formule plus efficace. Cependant certains papyrus contiennent des formules devenues incompréhensibles. Donc même dans cet état elles continuaient à garder leur force magique dans l'au-delà d 4.

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       "La sortie au jour du bâ et de l'ombre de NEFEROUBENEF ; vignette du chapitre 92. Musée du Louvre." Source : Wikipédia.

     

       Nout ou la Mort déesse-mère

       La déesse du sycomore

         Au Moyen Empire égyptien, le cercueil et le sarcophage se couvrent de formules où Nout, la déesse du ciel, se déclare comme la mère du défunt. Si elle est identifié au sarcophage, elle est aussi la nécropole du Bel-Occident et la tombe du défunt. Bref tous les éléments qui accueillent le défunt. Cette deuxième représentation de la mort se perpétue dans le Livre des Morts. Nout, la déesse du ciel, promet toujours au défunt, eau, ombre, et nourriture. Une de ses formes est l'arbre de la vie, le sycomore g 3.

       "Formule pour vivre de la brise et avoir de l'eau à volonté dans l'empire des morts. Paroles dites par (Nom du défunt) : Ô ce sycomore de Nout, donne moi l'eau et la brise qui sont en toi ! Je suis celui qui occupe cette place qui est au centre d'Hermopolis. (...) S'il vit, je vis ; s'il respire la brise, je respire la brise. »

       — Extraits du chap. 59. Traduction de Paul Barguet a 56.

      Le soleil, fils de la déesse-mère

       Lors de son voyage journalier dans le ciel, Rê le dieu soleil à bord de sa barque, naît le matin à l'horizon oriental et meurt le soir en s'engouffrant dans les montagnes occidentales de Manou. Dans cette vision mythique de la course solaire, Nout la déesse du ciel enfante le soleil au matin et l'avale le soir pour le recevoir en son sein. Cet imaginaire de la mort est différent du mythe osirien car là, la mort se montre comme un cycle naturel. La course solaire en tant qu'éternelle mort et renaissance est un modèle pour les défunts égyptiens. Chaque soir, c'est un retour au Noun, l'océan primordial ou à la Douat, le monde nocturne des ténèbres. Ce retour à l'origine, c'est un voyage de douze heures où la mort est transformée en renaissance matinale. Le défunt, en accompagnant le dieu solaire, s'unit à la mère céleste et peut alors prétendre à la vie éternelle. Mais seuls les justes qui ont vécu selon la Maât (vérité-justice) peuvent prétendre à monter dans la barque de Rê. Là, cette deuxième représentation de la mort rejoint le mythe osirien car seul le mort qui est proclamé juste de voix dans le tribunal d'Osiris est digne de cet honneur g 4.

       (...)

       Sortir au jour

       Éléments de la personnalité

       Les conceptions égyptiennes de la mort, de l'âme et de la vie éternelle sont complexes. De multiples traditions locales et temporelles se sont enchevêtrées. Ce fait apparait indéniablement dans les formules du Livre des Morts. La mort signifie pour un ancien Égyptien la désintégration de l'existence car il se produit une dissociation des différents éléments constitutifs de la personnalité. Chaque aspect semble alors mener une existence propre. Les rites funéraires ont pour objectif de nouer de nouvelles relations entre les différentes composantes de l'être.

       Composants physiques

       La momification sert à préserver les éléments physiques. Le corps, malgré le trépas, reste le support de l'existence. De nombreuses formules du Livre des Morts ont pour thème cette préservation. Sans doute ont elles été prononcées lors du processus de la momification du corps. Pour désigner ce dernier, les Égyptiens utilisent les mots djet (corps), khat (dépouille) et sah (momie) g 7. La momie est protégée par plusieurs amulettes. Cette pratique est mentionnée dans le Livre des Morts ; surtout dans les formules 154 à 160 (pilier-djed, nœud-tit, colonnette ouadj). Le cœur est considéré comme le siège de la conscience et de la mémoire ; aussi est-il protégé par des formules spécifiques. L'amulette protégeant le cœur est celle qui est la plus nécessaire au défunt au vu du nombre de formules qui l'évoquent (chap. 26 à 30B). Cette dernière représente un scarabée, symbole de KHÉPRI, le dieu des transformations solaires. D'après les textes, l'amulette-scarabée peut se présenter taillée dans plusieurs roches ; lapis-lazuli, feldspath, cornaline ou néphrite a 60.

       Composants psychiques

       Dans le Livre des Morts, les éléments psychiques bâ et ka sont omniprésents. Tous deux se rapprochent le plus de notre conception de l'âme. Parmi les autres éléments de la personnalité on peut aussi citer l'ombre (shout) et le nom (ren).

      Le bâ est l'aspect de la personnalité du défunt qui évolue le plus librement ; c'est lui qui sort au jour hors de la tombe. Il est représenté comme un oiseau à tête humaine. Pour maintenir l'unité de la personne, les relations qu'entretiennent le bâ et la momie sont des plus importantes.

       Le ka est le principe de la vie. Il évolue dans la tombe avec le corps. Pour se maintenir il se nourrit des offrandes funéraires de nourriture, d'eau et d'encens. Si les prêtres viennent à défaillir dans leurs services, des formules du Livre des Morts sont présentes pour continuer à satisfaire le ka.

       Le ren est le nom de la personne et constitue une part de l'individualité du défunt. Pour le faire survivre, il est inscrit en de multiples endroits et est protégé par des formules.

       Si tous ces aspects de la personnalité sont préservés et satisfaits, le défunt peut vivre comme un akh, un esprit bienheureux, en la compagnie des dieux. Quelques formules des Textes des Sarcophages ont fait de la notion d'akh une composante de la personnalité. Mais un Égyptien n'avait pas d'akh, il devenait un akh (esprit glorifié) ; plus qu'un élément c'est donc un statut post-mortem g 8. Les Égyptiens ne traçaient pas vraiment une ligne de séparation entre les notions de corps et âme. La séparation jouait plus entre la différenciation du "moi physique" (corps, organes, bâ et ombre) avec le "moi social" (ka, nom, statut social lié à la momie) ; ces deux sphères se rejoignant à l'intersection que forme le cœur g 9.

      (...)"

    LE LIVRE DES MORTS

       "Fausse-porte d'une tombe de la Première période intermédiaire égyptienne. Nevit DILMENOwn Photograph. Source : Wikipédia.

     

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