• Le repas comme une prière / DEXTREIT (1961)

     La Vingt-cinquième heure (C. Virgil GHEORGHIU)

       "La XXVème heure est ce moment de grâce, où tout est naturel, où le présent se veut indicatif sans être conditionnel... et cet instant révèle des terres fertiles, entre le jour et la nuit, au rythme des mots, des phrases... du livre qui nous accompagne."

       Source : http://www.xxvemeheure.com pour la définition de cette heure spéciale.

     Couverture roumaine du livre

       Couverture d'une édition de La Vingt-cinquième heure, en roumain, puis une part du résumé de la trame du roman, en roumain (que chacun peut approximativement comprendre) :

       " Iohann Moritz este aruncat succesiv ca un pai de evrei, români, maghiari, germani și americani, fiecare văzând un membru al unei clase de care în cele din urmă nu aparține, fiind în imposibilitatea de a-și exercita libertatea sa de om în fața unei societăți dezumanizate."

       "Iohann Moritz est successivement ballotté entre les Juifs, les Roumains, les Hongrois, les Allemands et les Américains, chacun le considérant comme élément d'une catégorie à laquelle finalement il n'appartient pas, incapable d'exercer sa liberté d'homme en face d'une société déshumanisée.

       "De toute ma vie, je n'ai désiré que peu de choses : pouvoir travailler, avoir où m'abriter avec ma femme et mes enfants et avoir de quoi manger. C'est à cause de cela que vous m'avez arrêté ?

       Les Roumains ont envoyé le gendarme pour me réquisitionner – comme on réquisitionne les choses et les animaux. Je me suis laissé réquisitionner. Mes mains étaient vides et je ne pouvais lutter ni contre le roi ni contre le gendarme qui avait des fusils et des pistolets. Ils ont prétendu que je m'appelle Iacob et non Ion comme m'avait baptisé ma mère. Ils m'ont enfermé avec des juifs dans un camp entouré de barbelés, – comme pour le bétail – et m'ont obligé à faire des travaux forcés. Nous avons dû coucher comme le bétail avec tout le troupeau, nous avons dû manger avec tout le troupeau, boire le thé avec tout le troupeau et je m'attendais à être conduit à l'abattoir avec tout le troupeau. Les autres ont dû y aller. Moi je me suis évadé. C'est à cause de cela que vous m'avez arrêté ? Parce que je me suis évadé avant d'être conduit à l'abattoir ? Les Hongrois ont prétendu que je ne m'appelais pas Iacob mais Ion et ils m'ont arrêté parce que j'étais Roumain. Ils m'ont torturé et m'ont fait souffrir. Ensuite ils m'ont vendu aux Allemands. Les Allemands ont prétendu que je ne m'appelais ni Ion ni Iacob, mais Ianos et ils m'ont torturé à nouveau, parce que j'étais Hongrois. Puis un colonel est venu qui m'a dit que je ne m'appelais ni Iacob ni Iankel – mais Iohann – et il m'a fait soldat. D'abord il a mesuré ma tête, il a compté mes dents et mis mon sang dans des tubes en verre. Tout cela pour démontrer que j'ai un autre nom que celui dont m'a baptisé ma mère. C'est à cause de cela que vous m'avez arrêté ? Comme soldat, j'ai aidé des prisonniers français à s'évader de prison. C'est pour cela que vous m'avez arrêté ? Lorsque la guerre a pris fin et que j'ai cru que j'aurais, moi aussi, droit à la paix, les Américains sont venus et ils m'ont donné, comme à un seigneur, du chocolat et des aliments de chez eux. Puis, sans dire un mot, ils m'ont mis en prison. Ils m'ont envoyé dans quatorze camps. Comme les bandits les plus redoutables qu'ait jamais connus la terre. Et maintenant je veux moi aussi savoir : pourquoi."

       Sources : https://ro.wikipedia.org/wiki/La_Vingt-cinqui%C3%A8me_heure_%28roman%29

       https://fr.wikipedia.org/wiki/Virgil_Gheorghiu

     

       Manger encore, encore un peu. On arrête la numérotation et les titres en série, et pourtant on continue... de manger ?

       Manger, manger !

       ["Gâââteaux, gââteaux !" Il y avait un personnage télévisuel pour enfants (quand je l'étais), une marionnette, qui ne disait que ça, un monstre en peluche, agaçant, qui avait une gueule qui lui coupait la tête en presque deux parties et qui avalait n'importe quoi et comment, et surtout ses fameux gâteaux, avec grosses miettes qui explosaient et drôles de bruits (L'Ile aux enfants ?, un personnage des Muppets Show : c'était donc MACARON - PAS MACRON ?, j'savais pas, chaque jour sa cerise.).]

       Le livre de Raymond DEXTREIT Vivre et sain. Traité théorique et pratique, édité et réédité depuis 1961, consacre quelques pages au "climat du repas" recommandable, et cite longuement le livre de C. Virgil GHEORGIU. Ces lignes ou plutôt l'ambiance m'est restée depuis que je l'ai lue. Des souvenirs lointain ou récent lequel forgera demain ? Avec Ernest la marionnette, l'accueil et le cadeau-gâteau affectueusement préparé et très réussi - bravo ! sont prioritaires (et le partage ?)... Introduction du chapitre "Climat du repas" donc, par l'auteur hygiéniste français, puis citation de citation, en page directe...

     

       "La forme prise par notre civilisation conduit les hommes à se comporter de façon de moins en moins naturelle ; ils s'habituent à prendre leur repas dans des locaux fermés, souvent surchauffés et insuffisamment aérés : ils mangent en parlant, en lisant, en regardant des émission de télévision, ou bien avec la radio, ils écoutent de la musique, des pièces de théâtre, des reportages, voire des causeries, dont le moins qu'on puisse dire, c'est que leur sujet est souvent peu propice à faire venir "l'eau à la bouche".

       "Le repas doit être considéré comme une prière, une action de grâce envers le Créateur de toutes choses. Cet acte religieux est magnifiquement décrit par C. Virgil GHEORGHIU dans son beau livre La Vingt-cinquième heure dont il nous est particulièrement agréable de reproduire le passage suivant : "Après avoir mis sa gamelle entre les genoux, MORITZ leva ses yeux vers le ciel gris et lourd et quel-(ques moments ainsi, regardant les nuées, les lèvres entr'ouvertes. Puis il se signa.)

     

    Le repas comme une prière / DEXTREIT

        Extrait du livre de Raymond Dextreit, 5e édition (pas d'année précisée), page 243.

     

     

     

     

       Choc des souvenirs, des représentations ! On n'est plus à ça près ? En vérité, si.

       Avec un blanc donc (et jaune), et pour amorcer la suite. Pas fastoche, bidoche ! Di-boche ?

       Source : https://www.youtube.com/watch?v=4wDq8wa0ai8

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