• LE TRÉSOR DE LANISCAT

     PETITS, NOMBREUX & RAFFINÉS STATÈRES

    LE TRÉSOR DE LANISCAT

       Site archéologique de Rosquelfen, en 2007. Vue aérienne. Source (également intéressante pour sa présentation du contexte historique) : http://kreizyarcheo.bzh/les-r%C3%A9sultats/par-p%C3%A9riode/%C3%A2ge-du-fer

     

       C'est dans une ferme que le trésor fut enterré. Une grosse ferme aux épisodes de construction renouvelés comme en témoignent les deux enclos visibles distincts et successifs (traces consolidées et rehaussées ?). Avec grands corps bâtis et... greniers, probablement.

     

       Electrum, pas electrum ? Alliage. Monnaie de type de Carantec. Pièces rares ou plus courantes. "Les experts du passé. Ep. 13 : "Le trésor d’Armorique", réal. C. REYNAUD, INRAP, 2014." Source : https://www.youtube.com/watch?v=7DoIBZh7tyE

     

      "Trésor de Laniscat", Pierre JÉZÉQUEL, Rosquelfen-pj, 23-07-2011.

       Source : http://rosquelfen-pj.blogspot.fr/2011/07/

       COPIE SURLIGNÉE :

       "Le plus important trésor monétaire datant de la Tène (IIIe au premier siècle avant notre ère) en France a été découvert en 2007 lors de travaux  de contournement de Gouarec, à proximité de Rosquelfen, par l'archéologie préventive (des statères avaient déjà été découverts par Claudine BERNARD de Laniscat). Ce trésor est composé de 58 statères d'or allié et 487 quart de statères de même composition. Ces pièces qui représentent une fortune considérable pour l'époque appartiennent selon les archéologues à la tribu celte des Osismes qui occupaient l'ouest de l'Armorique et dont la capitale ses situait à l'emplacement de l'actuelle ville de Carhaix. Selon les mêmes sources (INRAP), ces monnaies dateraient de la fin de la Tène, c'est à dire au début de l'occupation romaine de l'Armorique (70 à 50 avant JC). Si nous comparons ces pièces à d'autres pièces plus anciennes mais également de la Tène (troisième et deuxième siècle avant notre ère), on constate une grande variabilité des couleurs ce qui correspond également à une variabilité métallurgique. En effet, la fin de la Tène se caractérise par la raréfaction de l'or. Celui-ci est fortement dilué par alliage avec le cuivre et l'argent. C'est pourquoi l'appellation d'électrum pour ces pièces n'est pas appropriée, même si en "Histoire de l'Art" son usage est exagérément extensif. Il s'agit bien d'or allié à forte teneur en cuivre (l'électrum est un alliage naturel d'or et d'argent pour les minéralogistes)."

     

      "Trésor de Laniscat et monnaies celtiques", Pierre JÉZÉQUEL, Rosquelfen-pj, 18-03-2012.

       Source : http://rosquelfen-pj.blogspot.fr/2012/03/tresor-de-laniscat-et-monnaies.html
     

       COPIE SURLIGNÉE :

       "Apport des monnaies à la connaissance du monde celte

       C'est vers la fin du Ve siècle avant JC qu'apparaissent les Celtes dans l'Histoire. La monnaie fait son apparition dès le IIIe siècle avant JC. Au départ, il ne s'agit pas d'une invention de ce peuple mais une imitation d'une monnaie d'or : le Philippe II de Macédoine (359-336) puis les monnaies de Tarente. Ces monnaies "modèles" sont d'origine méditerranéenne.
        L'originalité des monnaies celtes par rapport aux monnaies de Grèce réside dans le foisonnement des formes et des motifs savants et inédits. Le vivant devient abstrait et mélangé à des motifs linéaires et courbes. La valeur artistique de ces monnaies est considérable. Elles reflètent en effet les mœurs, les croyances, la mythologie et l'art de vivre d'une civilisation qui à cette époque n'utilisait pas l'écriture. Le monnayage a donc une importance capitale dans la connaissance de la civilisation celtique de la Tène.

        Usage et rôle de la monnaie

       Jusqu'à la guerre des Gaules par les romains (120 av JC), les monnaies n'étaient pas d'un usage courant chez les Celtes. Elles constituaient plutôt le trésor de grands chefs, peut-être aussi de druides, l'élite intellectuelle du monde celtique. Elles servaient aux échanges diplomatiques, paiement des mercenaires, règlements de rançons ou dettes entre tribus, voir aussi de jetons de présence dans certaines cérémonies. Leur technique de fabrication  nécessite la présence d'un véritable artiste attaché à un chef capable de l'utiliser pour frapper sa monnaie, artiste doté d'une acuité visuelle certainement exceptionnelle couplée à un sens artistique sans égal. Ce véritable langage figuré va connaître un remarquable développement et constituer une véritable audace artistique originale dans l'Europe celtique non méditerranéenne.

        Technique de fabrication

       Les statères sont fabriqués par compression d'un fort coup de maillet entre deux matrices en bronze, d'une pastille de métal (or, argent et cuivre) qui se nomme "le flan". Ce flan chauffé va recevoir d'un seul coup les deux images qui ont été préalablement gravées dans la matrice de bronze et à l'envers pour que leur empreinte sur la pièce apparaisse à l'endroit. L'avers qui se nomme aussi "le droit" est la face noble de la pièce. Elle porte un motif qui évoque le prestige du pouvoir émetteur. Elle est généralement bombée. L'autre face ou revers est plus plat et orné d'une image variable. Une bonne frappe impose une parfaite superposition des deux matrices à la verticale et bien centrées. Chaque matrice de bronze est fixée dans du fer comme un coin enfoncé dans du bois, d'où son nom. Le coin immobile est le "dormant", le coin mobile est tenu à la main. Le revers présente souvent des variations par rapport à un même avers car le coin mobile résiste moins longtemps à l'usure et l'artiste doit le sculpter chaque fois que nécessaire. Environ 700 pièces peuvent être frappées par les mêmes coins (Paul-Marie DUVAL). En France, 9 coins gaulois sont connus et ont été étudiés en détail, ce qui permet de reconstituer le processus de frappe.
        Le pouvoir émetteur de monnaies en Armorique se répartit entre Osismes à l'Ouest, Vénètes au Sud, Curiosolites (ou Coriosolites) au Nord, Redones et Namnètes à l'Est. Le trésor de Rosquelfen (545 pièces d'or allié) émane du pouvoir Osisme et l'importance du site de découverte confirme qu'il y avait à cet endroit une importante implantation celte dès le début de la Tène (INRAP).

        Figurations

       Les pièces armoricaines présentent majoritairement  un cheval, animal noble qui caractérise l'aristocratie celte. Le cheval a souvent tête humaine chevelue ou parfois casquée. Autour de cet animal figure une scène de guerre ou de genre. La tendance expressionniste marquée est chargée de symbolisme mythologique et métaphysique. Finement ouvragées, ces monnaies étonnent par leur étrangeté, la liberté foisonnante de l'expression artistique. Leur étude permet de pénétrer l'univers des Celtes et spécifiquement ici des Osismes."   

     

       Voir aussi, précisant que les statères ne représentent qu'une petite part du trésor de Laniscat, soit environ 10 % (on verserait dans le titre racoleur ?) : http://kreizyarcheo.bzh/sites-archeologiques/sites-caracteristiques/tr%C3%A9sor-de-rosquelfen

       EXTRAIT SURLIGNE :

       "Rosquelfen se trouve dans la partie est du territoire Osisme, à la frontière avec celui des Vénètes et des Coriosolites. Cependant, le site dans lequel les monnaies ont été trouvées n’est pas un habitat fortifié à la manière de celui de Paule ou de l’oppidum de Huelgoat.

       Dans cette ferme aristocratique gauloise, le fossé et le talus qui le suit ne semblent être présents que pour montrer la puissance de ses occupants. Aucune trace de fortification en tant que telle n’a été trouvée. Occupée dès le IIIème siècle avant notre ère, l’exploitation agricole de Laniscat connait de grands remaniements vers – 50. Ces derniers consistent à la création de deux enclos imbriqués, dont le plus petit abritait 18 greniers de stockage.

       L’habitat d’origine va se développer et devenir un petit bourg qui sera actif jusqu’au IIème siècle de notre ère. L’enfouissement du trésor est effectué lors des remaniements sur le site, mais il reste difficile de déterminer s’il a eu lieu juste avant ou après. La quantité des monnaies suggère un statut social élevé du propriétaire, certainement grâce à la revente judicieuse des céréales qu’il pouvait stocker. Leur présence montre qu’en revanche il n’a pu les récupérer pour des raisons inconnues."

     

    LE TRÉSOR DE LANISCAT

    LE TRÉSOR DE LANISCAT

       Vues des fouilles archéologiques de la ferme de La Huberdière à Corps-Nuds (35) et de la forme constructive qu'elle pouvait prendre. Source : http://www.images-archeologie.fr/Accueil/Recherche/p-13-lg0-notice-REPORTAGE-Une-exploitation-agricole-de-la-fin-de-l-age-du-fer.htm?&notice_id=3789

     

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