• Manger, miam, mmm... 03

     Le fourbi terrestre.

    Bactéries

    Chimpanzé mangeant des herbes médicinales

       "Paenibacillus. Cette colonie de Paenibacilus vortex cultivée in vitro se déploie en éventail, bras tendus en quête de nourriture. Ces bactéries peuvent agir collectivement, communiquant par signaux chimiques." Et chimpanzé consommant une plante médicinale.

       Sources : http://planete.gaia.free.fr/microbio/microbes.html#pm3

      http://ngm.nationalgeographic.com/2013/01/125-microbes/oeggerli-photography#/07-paenibacillus-670.jpg

      https://lejournal.cnrs.fr/articles/ces-animaux-qui-se-soignent-tout-seuls

     

       "Fourbi, ie (four-bi, bie) part. passé de fourbir

    • Une casserole bien fourbie et reluisante.

       SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

       FOURBI. Ajoutez :
       2 S. m. Terme d'argot militaire. Un petit fourbi, une petite fourberie. On commence par voler une épingle, on maraude une salade, un œuf, une poule ; on est sur une pente glissante ; les soldats, pour me servir d'une expression militaire que je vous prie d'excuser, disent : c'est un petit fourbi ; eh bien, les petits fourbis c'est le commencement de la désorganisation de l'armée, [Journ. offic. 4 mars 1875, p. 1630, 2e col.]"

     Source :  http://www.littre.org/definition/fourbi

     Pour l’entièreté - fournie ! - des sens : http://www.cnrtl.fr/lexicographie/fourbi

     

      MANGER. MAIS QU'EST-CE QUE MANGER ?

      Derrière les tables, les placards, les comptoirs, américains ou non, la nappe blanche, les couverts tirés au cordeau...

      Commençons par ce qui nous vient à l'esprit, en itinérante de la recherche archi-naturalisto-permacole (jusqu'à peu, la nutrition se cantonnait pour nous à la composition ultra-économe d'un minimum vital sur la base d'informations maternelles anciennes, figée dans le désintérêt et même le regard détourné, par crainte d'un questionnement au potentiel révolutionnaire et/ou difficile (c'était bien vu, la route n'est pas vraiment "peinarde" ! Ni en tant que personne répondant de soi et de plus jeune, ni en société, ni pour le porte-monnaie...).

       Nous dirons donc, en première assertion - auto-centrée : se nourrir (merci mon enfant !), prendre substance, l'ingérer, l'incorporer, pour maintenir, poursuivre sa vie, prodiguer à l'organisme ce dont il a besoin, qu'il attend, exige (?) afin d'entretenir son cours.

       Dans le dictionnaire Petit Littré (édition 1990), extraits. Au sens premier : "(lat. manducare), va. Mâcher et avaler quelque aliment. (...) Prendre des aliments. (...) Prendre ses repas. (...)" Citation du célèbre "Il faut manger pour vivre et non vivre pour manger" de MOLIERE. Au figuré, entre autres : "Perdre, mettre à mal. (...)", avec l'exemple du prince dévorateur : "Lorsqu'un roi mange son peuple jusques aux os (BALZAC)... Constructif, destructif, le verbe navigue d'un bord à l'autre, autour de la "mangerie" (excès de manger), tombée en désuétude (dans le vocabulaire du moins).

      Hum, hum. Et la nappe blanche et les couverts ? Voyons toujours autour, si ce n'est derrière, et dedans. La plante en pot ou la salade coupée sur la table, le demi-chou abandonné à son sort, par exemple, et puis....

       Les plantes métabolisent en sucres et structures propres les minéraux du sol où elles sont implantées ainsi que le rayonnement solaire qu'elles reçoivent, feuilles aériennes, captatrices, photosynthétiques. Elles ne mangent pas, au sens observable visuellement, mais elles s'alimentent, elles se nourrissent, suppléées par la présence d'eau (solubilité et disponibilité de micro-nutriments) et de micro-organismes (bactéries, champignons...), pour ce que nous savons, grossièrement.

     

    Talus jardin 07-2012 KeriadennPissenlit déracinéChèvre broutant ParisChèvre python

       Talus du jardin en juillet 2012, puis : pied de pissenlit déraciné, "Fortifications [de Paris, chèvre broutant l'herbe d'un talus de défense] [photographie de presse] / [Agence Rol]", enfin, python avalant une chèvre en Inde (déforestation massive alentour en cause).

      Sources : http://www.herbesetvie.herbotheque.com/2015/11/02/les-racines-de-plantes/

       http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6923399h

       http://www.lenouvelliste.ch/articles/lifestyle/buzz/inde-un-python-de-plus-de-3-metres-avale-une-chevre-adulte-entiere-379966

      Voir aussi : http://squamata.free.fr/alimentation.htm

     

       Dans la même dynamique de constitution-perpétuation, les animaux vont, eux, clairement se sustenter, - suivant un déroulement d'actes physiques reconnaissables (à nos yeux d'humains et sous le microscope : avec au démarrage une bouche pour mâcher ou avaler) -, et se sustenter de corps vivants ou l'ayant été (végétaux, animaux), de morceaux, de parties (toujours visibles), obtenus grâce à des performances à leur tour étonnantes, où le panel des qualités rejoint l'infinité, toujours valide (petitesse / grandeur, rapidité / lenteur, rareté / nombre, etc...), sans que le rôle d'ondes, notamment solaires, ne puisse être exclu de leur processus alimentaire, ou du moins nutritif (au sens large toujours, en sorte d'assimilation), ni celui de faunes et flores (?) intérieures ou périphériques, très actives.

     

    Flore intestinale

       "Flore intestinale. Notre intestin grouille de bactéries dont nombre d'espèces inconnues. Elles aident à digérer et à absorber les nutriments, protègent la paroi intestinale et pourraient contribuer à réguler notre poids et à nous préserver de maladies auto-immunes."

       Source : http://planete.gaia.free.fr/microbio/microbes.html#pm9

     

      Complètent justement cette admirable et très animée compagnie terrestre, jusque dans des lieux extrêmes (fosses océaniques, manteau géologique profond) les organismes microscopiques, dont nous ignorons, à titre personnel, beaucoup (c'est peu de le dire !) : virus, bactéries, archées, protozoaires, levures, champignons, un monde infinitésimal s'active et grignote en tout lieu minéral ou presque, ainsi que dans les règnes végétaux et animaux. Leur alimentation va en passer par la phagocytose, la symbiose, par assimilations parfois excentrées (la transformation enzymatique se fait hors du "mangeur" dans le cas de nombreuses bactéries, mais aussi pour des champignons aussi fameux que la mérule par exemple), etc..

      Le microcosme mange, oui, au titre d'une nourriture recherchée et faite sienne, et là où la distinction entre énergie et matière peut encore opérer (en concordance avec l'un de ses descendants qu'est le végétal commun).  Pour les bactéries, on parlera hétérotrophie, autotrophie (en vue de butiner la matière), phototrophie vs chimiotrophie (pour acquérir énergie), inter-combinaisons possibles (huit).

       La notion de type trophique offre un balayage scientifique de premier plan, aux allures exhaustives et concises .

       ANABOLISME (l'organisme vivant constitue sa propre matière organique) / CATABOLISME (l'organisme produit l'énergie dont il a besoin) / MÉTABOLISME (les deux mécanismes sont intimement liés et forment le métabolisme de l'organisme).

     

       Et manger de s'installer définitivement et radicalement dans l'ORGANIQUE.

       ["L'étymologie du terme "organique" est historique. La chimie organique était, au début, la chimie des substances formées par les organismes vivants (végétaux et animaux) à l’aide d’une mystérieuse "force vitale" *.

       Une caractéristique du carbone consiste en l’aptitude qu’ont ses atomes à s’enchaîner les uns aux autres, par des liaisons covalentes, d'une façon presque indéfinie, pour former des chaînes carbonées d’une grande diversité qui caractérisent les molécules dites "organiques" **. Ces enchaînements carbonés constituent le squelette des composés organiques."

       * En référence aux conclusions de Paul ARNAUD, ** de Peter William ATKINS et Loretta JONES.

       Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Compos%C3%A9_organique]

     

      Pas de vie sans ripaille ! Sur Terre, se déroule un cycle vital de renouvellement permanent, de transformations incessantes, protéiformes, où l'aliment est choisi, unique ou varié selon chaque espèce, dans une altérité par toujours si nette entre le mangeur et le mangé, ce qui est appelé déchet, excrément, pourfendant bien davantage les barrières de la différence !

       Manger apparaît physiologiquement comme l'acte d'absorption d'une entité autre que soi, inerte ou vive, avec transformation et tri, acquisitions et déchets. Un autrui, des autrui(s)...

       L'acte rapproche deux entités (au moins) séparées. Tandis que l'une devient l'autre, ou presque (elle est "assimilée"), au prix de sa propre disparition, de sa métamorphose, l'autre en demeure vive, ravivée, pour une durée variable, sacrifiant à quelque rejet de ce qui n'est à son intime goût : l'assimilation n'étant jamais que partielle.

       Altérité, graduation (échelles de voisinage et de dimensions) ?

       Manger plus petit que soi serait-il une vue de l'esprit, une conclusion de la vue humaine plutôt ? Le bel ordre hiérarchique supposé de la chaîne alimentaire qui stipulerait que petit est mangé par moyen qui aura prédateur de taille supérieure doit admettre davantage de complexité et de la confusion au sein de son réseau trophique.

       Quant à la nature de la proie, en terme d'altérité, mieux que ce qui apparaît rapidement, si manger concerne autre que soi, l'autre s'arrête bien souvent là, à cette minimale distinction : proche, ancien copain (amoureux ou pote de prairie), engeance... tant est permis.

       Manger une entité de sa propre espèce n'est pas exclu de la folle farandole terrestre de la vie, et sûrement plus courant qu'on ne le pense. Paillant ses plantations des adventices arrachées à l'instant, le jardinier cultive le fait, comme les feuilles mortes du chêne lui reviendront au terme de la transformation humique. Les micro-organismes ne feront probablement pas la différence entre les leurs et les autres décédés au sein du tas de compost, les plus gros de ces décomposeurs non plus...

       CANNIBALISME ? Pas de synonyme scientifique ?

       Tant de cils maquillés et de représentations partisanes engluent nos regards... L'allaitement des beaux animaux à mamelles est de curieuse constitution. L'assurer à sa progéniture, en mammifère mère, conduit à une secouante conclusion : "que fait cet enfant mien, nourrisson mignon, à mon sein, à mon pis ?

       - Moi, c'est mon mari qui me nourrit", finit la mante mie.

     

    Mante religieuse et son mari d'un temps

       Source : http://francoise1.unblog.fr/category/sauterelle-cigale/

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