• Manger, miam, mmm... 08

     Repas bretons... & pauv' Beurtons (encore)

    Mariage à La FeuilléeMariage breton

        "Distribution de fare traditionnel", puis grand mariage de 2100 invités, en Scrignac (29), cartes postales. La colorisation ne nous arrange guère le " faciès" ! Aucun effet façon Photoshop, m'sieur le peintre ? (Le modèle en noir et blanc, original, trouvé ailleurs - Se marier en Bretagne, de Marthe LECLEC'H est moins dégradant.)

       Sources : http://an-uhelgoad.franceserv.com/lod-ar-frico.htm

       COPIE INTÉGRALE :

      "(...) Les mariages traditionnels bretons ont gardé toutes leurs spécificités jusqu’au début du 20ème siècle, mais à partir de 1920 l’évolution des fêtes a fait perdre et disparaître de nombreuses traditions et originalités bretonnes.

       Nombre d’invités hors normes

       Nous en avions déjà parlé précédemment, les noces en Bretagne pouvaient atteindre jusqu’à 5000 invités. A l’époque, un mariage considéré comme "modeste" se faisait malgré tout en présence d’une centaine d’invités. Ce nombre d’invités qui nous semble hors normes aujourd’hui, donnait lieu à des usages bien spécifiques pour l’organisation de telles fêtes.

       Il arrivait ainsi que les invités paient leur repas, soit en donnant une certaines somme fixe pour les différents repas, soit on faisait passer un récipient où chacun déposait une participation libre. Il était également possible que les invités, amis, et voisins des mariés, offrent des présents alimentaires (beurre, volailles, lait, saucisses…), les enfants collectaient alors la veille ces présents. (...)

     

    Motte de beurre reconstituée / Keriadenn

       Superbe motte de beurre artificielle, écomusée de Saint-Degan, Brec'h (56), exposition estivale 2015 "Costumes et coutumes", prolongée en automne (photographie d'octobre).

     

       Avec autant d’invités, la logistique posait problème, comment avoir suffisamment de couverts pour tous ? Une tradition bretonne consistait à ce que chaque invité apporte lui même ses couverts. Les couverts en questions étaient sculptés dans du bois pendant les longues soirées d’hivers précédant les mariages.

       Les cuillères faisaient ensuite office de cadeau aux jeunes mariés, certaines pouvaient être très soignées, avec un décors peints ou sculpté, que ce soit des fleurs, des entrelacs, ou encore des symboles religieux.

       Sur cette photo d’époque vous pouvez voir la solution la plus courante qui était utilisée. On creusait des tranchées en guise de bancs (deux tranchées se faisant face), la terre ainsi creusée était disposée entre les deux tranchées, et des planches de bois faisaient ensuite office de table.

       Les repas de l’époque étaient "pantagruéliques" pour reprendre l’expression des voyageurs étrangers qui découvraient ces mariages bretons, la nourriture et les boissons y étaient en abondance.

       Les Mariages collectifs

       Les mariages collectifs étaient très fréquent dans le monde rural. Ils permettaient principalement de réduire les coûts financiers qu’engendrait un mariage, surtout lorsque deux membres d’une même famille se mariaient en même temps (des sœurs par exemple).

       Le plus souvent, il s’agissait de mariages à deux ou trois couples, mais certains exemples vont bien au delà. En 1895, Plougastel a vu se célébrer 45 mariages le même jour, c’est le record connu à ce jour.

       Le lancer de pièces

       Dans certaines familles aisées, une coutume consistait à jeter des pièces en l’air lors de la sortie de l’église. Les mariés, ou parfois les filles et garçons d’honneur, lançaient des pièces de monnaie que les enfants ou les mendiants se précipitaient de récupérer.

       Les enfants ou les mendiants pouvaient aussi quémander quelques pièces en interrompant le cortège qui partait de la maison de la future mariée, pour aller au lieu de noce en passant par la mairie et l’église."

       "Pep hini a balo he skoden"
       (Chacun bêche sa tige, Chacun se cotise pour payer sa part)"

       Source : http://www.culture-bretagne.net/mariage-breton-traditionnel-hors-normes-en-bretagne/

     

    Cuiller bretonneMoeurs bretonnes

       Une cuiller de mariage, exposée à l'écomusée de Saint-Degan, à Brec'h (56) toujours, pour l'exposition estivale 2015 "Costumes et coutumes" : "Cuiller de fête, Loa gouel, buis et fer, pays vannetais, XIXe siècle." Quelques mouches ont eu le temps de se poser depuis l'été, et de "poser leur pêche", sorry !

      Le "musée breton" de Quimper expose une collection permanente de cuillers (http://www.linternaute.com/musee/diaporama/1/6983/musee-departemental-breton/5/30496/mobilier-breton--la-salle-commune--le-repas/)

       Puis photographie d'un repas sans doute familial (pas d'autre information pour l'instant).

       Source : http://temoignagechretien.fr/articles/lintegration-impossible-des-bretons

      "GUYVARC'H Didier. "Un manifeste de 1851 contre les immi­grés bretons", revue Genèses, 24, 1996. Trajectoires. pp. 137-144."

       Disponible sur www.persee.fr

      COPIE SURLIGNÉE de l'article de Témoignage chrétien (2013) qui cite un courrier administratif (a priori connexe à notre thématique, document si fort... et finalement : en plein d'dans ! Pas vrai ?) :

       "Monsieur le maire,

       Dans son rapport du 11 janvier [1851], la commission pour l’assainissement des logements insalubres vous signalait ce fait : que l’insalubrité des logements, dont la raison principale était la malpropreté, avait souvent pour cause première des habitudes de malpropreté invétérées chez les personnes.

       (…) Nous avons la conviction qu’il est possible, avec une ferme volonté et beaucoup de persévérance, de faire pénétrer les améliorations nécessaires dans les classes malheureuses de notre cité ; mais, nous devons le reconnaître, nos espérances se décourageraient, si les quartiers misérables, dont nous poursuivons l’assainissement, devaient être régulièrement infectés, le mot n’est pas trop fort, par ces invasions de mendiants qui nous viennent des campagnes de la Bretagne.

       Ces populations, étrangères à notre département, chez lesquelles la malpropreté la plus repoussante est une seconde nature, et dont la dégradation morale est descendue à un niveau effrayant, viennent périodiquement encombrer nos quartiers les plus pauvres et les plus insalubres.

       (…) Lorsqu’ils parviennent à occuper des habitations qui ne sont pas, par elles-mêmes, dans des conditions d’insalubrité, leurs habitudes d’une malpropreté hideuse, sur la personne, les vêtements, dans toutes les fonctions usuelles de la vie, ne tardent pas à y créer une insalubrité grave. Ajoutons que la plupart de ces malheureux ne comprennent que le bas-breton, et qu’il est presque impossible aux agents de l’autorité de s’en faire comprendre.

       (…) C’est un véritable fléau, une plaie déplorable que la présence, parmi nos populations, de ces pauvres gens, dont la dégradation morale égale la dégradation physique.

       Les archives judiciaires révéleraient qu’ils entrent pour les trois quarts dans la population qui alimente les bancs des tribunaux de police. En général, ces ménages sont encombrés d’enfants dont l’aspect est navrant.

       (…) Ces hordes nomades, à raison des conditions hygiéniques où elles vivent, sont une charge pesante pour [nos] hôpitaux. Elles entretiennent dans nos murs le fléau de la mendicité et rendent stériles les efforts et les sacrifices de l’administration pour le faire disparaître ; ou bien, elles font une concurrence désastreuse à notre population ouvrière dans la recherche du travail. Enfin, elles démoralisent cette même population par l’incessant spectacle de la dégradation la plus infâme.

       (…) C’est la misère qu’ils fuient en abandonnant leurs campagnes pour se jeter dans nos villes ; mais ils ne font que changer de misère et aggraver leur triste condition.

       La plupart ne comprennent ou ne parlent que leur patois breton : ils sont donc dans l’impossibilité de pouvoir s’employer utilement, sauf le cas exceptionnel de grands travaux de terrassement. La charité publique ne leur est pas accessible, parce qu’elle n’est acquise qu’à certaine condition de domicile ; leur seule ressource est la charité privée, c’est-à-dire son exploitation par la mendicité.

       Logés comme nous l’avons fait connaître, ils sont victimes de nombreuses causes d’insalubrité qui sévissent tout autrement dans les réduits malsains de nos mauvais quartiers que dans les huttes des campagnes.

       Enfin, ils ont, outre la tentation, toute facilité, dans une grande ville, de s’abandonner à tous les vices auxquels les laisse en pâture l’absence du sens moral, à peu près étouffé chez eux, si jamais il y a été développé.

       Nous pensons qu’à tous égards, il importe que cette facilité de quitter les campagnes pour venir croupir dans la misère d’une grande cité comme la nôtre, soit refusée à ces populations. L’administration doit les retenir dans les campagnes ; c’est là qu’elle doit s’occuper de venir en aide à leur misère. Elles y seront toujours plus à la portée d’un travail utile, qui leur fait, d’ailleurs, complètement défaut dans les villes. Elles y seront aussi, près du pasteur de leurs paroisses, à la portée des enseignements de la religion et de la morale, dont elles n’ont pas moins besoin que de pain.

       Que le gouvernement, pour arriver à ce but, agisse sur leurs communes. Il le peut, il le doit ; car en les laissant venir ainsi s’engloutir dans cette fange qu’ils entretiennent dans nos cités, le gouvernement est coupable contre la société, coupables contre ces malheureux. (…)
       
       Auguste CHÉROT,
       Vice-président de la Commission pour l'assainissement des logements insalubres"

     

       Notes :

       - Aucun doute, nous préférons la compagnie du cochon, l'apparentement porcin rabâché que ce texte raffiné et bureaucratique, dont les descendances prolifèrent.

       - Éclairage sur nos ancêtres et les conditions de vie à la moitié du XIXe siècle en parallèle.

     

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