• MEULES DES CHAMPS

    Céréales culturelles

       Paul GAUGUIN, Les meules jaunes. La moisson blonde, été 1889, musée d’Orsay.

       Cette peinture date du troisième séjour de Gauguin en Bretagne.

       Sources : http://doudou.gheerbrant.com/?p=8524

    http://www.musee-orsay.fr/fr/collections/catalogue-des-oeuvres/notice.html?no_cache=1&nnumid=000284&cHash=d0d2528027

     

    Outils pialle foin

       Sources : http://projetbabel.org/forum/viewtopic.php?p=199731

       http://art-populaire.fr/divers?page=4

     

    Des glaneuses MILLET

        "Des Glaneuses, Jean-François MILLET, 1857, Musée d'Orsay, Paris."

       Sources : https://fr.wikipedia.org/wiki/Glanage

    http://profondeurdechamps.com/2014/11/18/ces-oeuvres-qui-font-scandale-ou-les-dangereuses-glaneuses-de-jean-francois-millet/

       Notes :

       - Un premier plan pictural aux antipodes du fond... "La dépersonnalité" des glaneuses, lourdes de leur tâche ingrate et répétitive. L'analyse de Catherine ROSANE pour Profondeur de champ apprend que la peinture de Millet témoigne d'une réorganisation rurale en période de boom céréalier ; vers 1850, les propriétaires terriens souhaitaient restreindre le glanage, pourtant ancestral, nécessaire, proche - par la grande marge, de la redistribution des "communs" (ces parcelles sans propriétaires aux biens allouables selon les besoins de tel ou tels, sans cesse évoqués pas Francis COUSIN, avec le cas dramatique des enclosures anglais, surtout).

       - Est-ce en Beauce, en Brie ? La Bretagne rurale "arriérée" du XIXe siècle aurait-elle été humainement moins dure (du point de l'ordre social coercitif - soit de contrôle et d'obligation), de par sa structure sociale locale, de ses pays morcelés, de son bocage, et surtout de son éloignement des centres de pouvoir intensif ?

       - Agnès VARDA a réalisé un film sur le glanage. Cette cinéaste a signé des documentaires ou des histoires forts (Sans toit ni loi, 1985). Cinéphile à une époque, je suis allée voir Les Glaneurs et la glaneuse, à sa sortie en 2000, au Saint-André-des-Arts dans le quartier latin de Paris (mon passé remonte et sort du brouillard, je le laisse venir). J'ai le souvenir d'une femme de cinquante-soixante ans, peut-être davantage, me disant, chancelante d'émotion en sortant de la séance précédente : "Elle montre ses mains tachées, fripées, la racine de ses cheveux blancs. Quel courage... et son film..." Étrange cinéaste, me dis-je aujourd'hui mitigée quoique toujours touchée. Personne à la sensibilité et la capacité de compréhension évidentes, à l'art assuré aussi, sincère (je le lui accorde), amie de Jim MORRISON, épouse éprise de Jacques DEMY, habitant une maison colorée à son image rue Daguerre à dans le XIVe, sachant capter la profondeur du temps, poser des gens, rendre leur expression vitale, et appartenant à n'en pas douter à une intelligentsia parisienne : n'aurait-elle eu la chance, savamment saisie, d'être à la bonne place dans un milieu impitoyable (le petit monde médiatico-artistique français) ? (Ses enfants ont labouré le sillon. Ainsi coulent les vies, en pays aristo-méritocratique !)

       - Les meules champêtres, dont je sais qu'il existe une série photographique ancienne rare (qui, quand, où, mystère agaçant d'une déclaration radiophonique tronquée), sont captivantes, attrape-cœur et regard. Elles appartiennent au passé révolu, quels que soient les revivals privés ou publics qui s'animent ici et là (et j'en ai vus avec entrain).

       "Cathédrales des champs", comme l'écrivent certains, ébranlés ? Proches de la hutte, massives quoique souvent élégantes, pleines, chevelues, dorées sous la peau grise qui se forme sous l'action des éléments, elles éveillent les sens. Diablement émissives, elles ont corps. Assemblées, groupées, réunies aux maisons et cours  : chanceler, oui, elles font.

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