• Mont-Saint-Michel mode d'emploi

     Souvenir d'une visite de début d'hiver

       Dans la foulée de notre possible affreuse découverte à Tintagel, l'expérience du Mont-Saint-Michel nouveau nous est revenue .

       (Allez, on part en "nouvoyant" !)

       Certes, la recherche d'images sur Internet (passerelle / château de Tintagel) a rallumé la mémoire en proposant une vue du nouvel accès au mont joyau, mais les similitudes ont monté au fur et à mesure que l'examen des projets anglais avançait. Voyons si une brève remémoration de ce jour conclura positivement au soupçon de préambule.

       Et de recommencer, sans en passer par la désignation d'évidences : nous connaissons un peu le Mont-Saint-Michel. Il se trouve... que nous avons même eu la grâce de travailler en tant qu'étudiante sur l'un de ses bâtiments (la couverture de la salle Belle-Chaise). Il se trouve que cette expérience nous alertée singulièrement tandis qu'elle reste l'une des plus belles de notre vie professionnelle (salariée). Il se trouve que c'est un lieu central dans le livre important d'Henri GAUDIN, architecte et professeur que nous avons un peu "pratiqué" : La Cabane et le labyrinthe. Il se trouve enfin qu'un gigantesque projet d'aménagement de l'accès au site a été opéré et est désormais terminé, et que nous l'avons expérimenté il y a un an ou deux, partie pleine d'appétence, revenue effondrée.

      De nouvelles recherches ce matin sur Internet ne délivre pas les même vues. Ah, c'est encore dans l'actualité (importance de la réalisation au combien, malgré l'éclair !) et l'article est assez complet. Et ça fait mal, textes et images. Et c'est en date du 2 novembre 2015.

     

    Mont-Saint-Michel mode d'emploi

       Le président de la République française... Source : http://www.batiactu.com/edito/mont-saint-michel-10-ans-apres-travaux-francois-hollande-42646.php

     

      Qu'avons-nous en mémoire ?

       Nous avons le souvenir d'une arrivée surprise, n'y reconnaissant pas grand-chose, d'un fléchage électrique et de déviations impératives vers des grandes zones de stationnement au sud-est de la voie d'accès historique, de poste d'entrée, d'un billet de droit de stationnement sans aucune information de prix (un forfait sans doute), d'une place enfin trouvée dans un dédale de voies de garage livrées au vents et aux herbes sauvages ou non, d'un repérage géographique cherché, d'un questionnement sur la suite...

       D'un aller incertain en suivant les autres visiteurs, vers des bâtiments neufs aux lignes épurées, bientôt une assez grande station de bus, avec des gens un peu perdus, des navettes aux proportions insolites peu amènes à l’œil (design ?) quoique permettant une "habitabilité" performante (!), habillées de bois ou de bois reconstitué, et d'un trajet finalement, une fois la navette en partance identifiée.

       Un trajet comme en métro aux heures de pointes, sauf que nous étions sur la route du Mont-Saint-Michel, dans la baie. Des arrêts ont égrené le parcours, afin que d'autres personnes puissent monter, et d'autres descendre si tel pouvait être leur souhait (nous avons été tentés).

       Deux parents et leur fille adulte, sans prétention sociale ni richesse d'argent visible, là, curieux de "leur" Mont, ont commenté, plutôt confortablement calés dans un carré de places un "c'était mieux avant" net. Avant, c'était "Ça y est on arrive ! Un parking accolé à la route d'accès, assez débridé en aménagement (c'est-à-dire tout juste aménagé pour les véhicules grands et petits, avec des postes de paiement réguliers, des agents d'orientation parfois). Avant on se garait à la manœuvre, souvent mécontent d'être loin dans les talus de dunes, mais heureux d'avoir trouvé sa place, et on marchait jusqu'au chef-d’œuvre sur une large bande asphaltée et caillouteuse, un peu de pénible mais si proche des remparts et de l'ascension, les pieds proche du niveau de la mer.

      L'arrivée à la dernière station a sonné l'heure du belvédère sur mer, en longue promenade piétonnière. Le must des aménagements. Intérêt d' "être sur son 31" !?

       Puis retour au réel connu. Nous avions prévu de visiter encore une fois l'abbaye et évidemment de retrouver la salle Belle-Chaise, de faire un point. (...)

      La salle haute n'était pas ouverte au public. La visite des lieux pouvait se faire très librement par ailleurs et s’organisait avant tout comme telle, libre pour ne pas dire nue : un lâcher de visiteurs, débité à la cadence de la machine à imprimer les tickets d'entrée. L'homme de la caisse était sympathique. Aucun menu papier, aucun plan, aucune information n'ont été délivrés pour autant et le temps de relations publiques semblait être compté. Contre un honorable prix d'entrée.

       Un lâcher de visiteurs ? Des flèches imprimées au coin des portes pour indiquer un ordre de déambulation ou de course (au choix). Car courir, l'envie de courir, de fuir a pris : le célèbre galop du cheval dans la baie, entré par erreur dans les murs, dans les mètres carrés de salles, à devoir filer.

      Les voûtes du Mont-Saint-Michel étaient sombres et plus froides que jamais. Une guide emportant ses auditeurs japonais entretenait l'écho des pierres, dans le brouhaha imparfait des salles et des couloirs. Mieux valait partir, oui. En dépit du cloître, en dépit de la placette au soleil couchant, en dépit de la majesté du réfectoire. Quitter cette atmosphère sonore de piétinements creux, livrés à eux-mêmes, au tombeau du passé.

       Et retrouver... la navette, après les boutiques de gâteaux, d'omelette et de souvenirs.

       Retour au parking, regards fatigués, égarés, un peu plus curieux sur le trajet au rythme balourd et désœuvrant, grand air de nouveau, battu de vents, recherche de la sortie du parking : barrière de plastique branlant, paiement, avec obligation de carte bancaire, 12 euros. Nous avions imaginé avec notre sentiment croissant de traite et de troupeau de pré-salés la somme de 15 euros. Subtile différence.

     

       Le sol et les marées nous ont été rendues, est-il dit. Au grand Mont du moins.

       L’État (c'est nous ?) a participé à cette vaste entreprise française. Laissons la parole à son représentant sommital, le Président de la République :

       "Rappelant la vocation touristique de la France, François Hollande a jugé qu'il fallait "s'ouvrir aux autres parce que les touristes sont pour beaucoup des étrangers". Et d'ajouter : "La France, ce n'est pas un musée." D'ailleurs, au sujet du Mont-Saint-Michel, l’État continuera d'investir sur ce site classé au patrimoine mondial de l'humanité par l'Unesco en 1979. C'est effectivement l'un des sites touristiques les plus visités de France, qui accueille en moyenne 2,5 millions de visiteurs chaque année."

     

       Tintagel, Mont-Saint-Michel, même trajet, même logique, même résultat ? A vous de conclure ! Car je ne me laisserais pas taxer de réactionnaire, d'esprit mal tourné, de grogneuse attardée et ratée.

     

       Nota bene :

       - Il y aurait la possibilité d'accéder au pied du Mont en voiture désormais.

       - La mer était basse quand nous avons fait la visite. Marée haute, l'impression est sûrement différente. Mais pouvait-on passer avant, il y a très longtemps, par marée haute ?

      - Propos des concepteurs, à commencer par Dietmar FEICHTINGER : "Le plus gros travail a consisté à le rendre évident et chaque élément est devenu un sujet." A son tour, Luc WEIZMANN reconnait : "Il fallait se taire devant le Mont-Saint-Michel, effectivement, cela fait quinze ans, que je suis sur ce projet, j'ai commencé dès 2000 à travailler en amont sur ce projet. Je suis à ce jour très touché."

       Un soupçon d'auto-satisfaction en prime ?

     

    Mont-Saint-Michel aérien

       Sources : http://www.futura-sciences.com/photos/d/mont-saint-michel-baie-images-571/vue-aerienne-mont-saint-michel-ancienne-route-digue-5086/

     & http://www.futura-sciences.com/magazines/sciences/infos/actu/d/homme-insolite-survolez-mont-saint-michel-depuis-votre-fauteuil-41125/

     

        Nota : Dans le titre de l'article est affirmé "Depuis votre fauteuil". Rien à ajouter !

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