• N(PK)... ET NICOLAS PEZERIL, VERT

     Le plein d'à-venir (azote, carbone, etc.)

       Sources : https://www.youtube.com/watch?v=lyLQYVJDerE ou http://www.egaliteetreconciliation.fr/Nicolas-Pezeril-Le-guide-du-neo-rural-41243.html

      Vous vous souvenez sûrement de Nicolas PÉZERIL, joyeux et nonchalant sous la pluie entre ses carrés boisés ? Dix ans à peu près ont passé... https://www.youtube.com/watch?v=cOdYp7U3HkM. Il a écrit un gros livre et une vidéo est d'actualité, chez E&R (revue de presse) ou Kontre Kulture (éditions). (Quelque chose de fatigué dans son expression générale transparaît cependant dans la vidéo... Une indéfinissable saturation agacée par exemple dans son verbe). Livre en commande. (Chez Alain SORAL ? Attention bubons ?)

     

       On va s'y coller au dossier Linky pour tenter ce qui est possible, mettre de côté les visqueuses palpitations des camps de concentration high-tech, garder en mémoire le "malthusianisme" (dixit Nicolas, - en connaissance de cause ?) rongeur des pouvoirs d'aujourd'hui (dépopulation des autres !?) et...

       Repeupler les campagnes, "agro-forester" les villes, à côté de vraies forêts, enfin peinardes. Les loups ? A l'aide (!!!!), je compte sur vous !

     

       Porteur aussi, qui va nous remettre en selle vers les protéines : http://partage-le.com/2016/09/lagriculture-ou-la-pire-erreur-de-lhistoire-de-lhumanite-par-jared-diamond-clive-dennis/

     

    NPK... ET NICOLAS PEZERIL

    NPK... ET NICOLAS PEZERIL

    NPK... ET NICOLAS PEZERIL

       Matin d'août 2016.

     

       # Au 11 septembre 2016, notes de lecture partielle du Guide du néo-rural, Kontre Kulture, 2014 (signé du pseudonyme FABRE en raison de pressions locales et la réputation de l'éditeur, selon Nicolas lui-même) :

       - Curieuse et importante présentation de l'accueil des nouveaux arrivants à la campagne par la population autochtone dans le Guide... Dès l'introduction puis dans des pages plus détaillées, ce sont la difficulté ainsi que des recettes intégrant jusqu'à la soumission du "volontaire à l'exil" au corps social constitué qui sont mises en avant, au nom du sacro-saint principe du premier arrivé ou de l'installé de longue date primant sur les autres en prérogatives et droits, principe en effet - incontestablement, systématiquement ? - pratiqué, dans des modalités parfois invisibles ou plus souterraines que décrites par Nicolass PÉZERIL...

       Confrontée à cette difficulté par deux fois, la première dans ma propre famille (!), celle restée au "bled" où j'ai emménagé quelques années, la deuxième par lien parental marqué d'asymétrie et de compromis, toujours d'actualité, avec un peu de recul maintenant et davantage de contrariétés en ce moment (en phase de cumul critique), la question du principe archaïque de respect des congénères établis depuis un âge... indéterminé (c'est souvent le cas et plus surprenant : pas aussi ancien qu'on le croirait) est encore plus dérangeante que ne le dit l'auteur (soucieux dans son texte et en premier lieu d'aider celui, urbain, qui se lance dans l'aventure rurale), et montre par la nécessaire soumission ou le souci d'intégration que l'arrivant adopte souvent au détriment de sa libre expression et son libre agir vitaux, spontanément parfois, le poids de conventions très lourdes, éventuellement surprenantes en France d'aujourd'hui (se vantant républicaine, on connaît la devise à trois valeurs héroïques) et évidemment très interrogatives au regard de toute immigration (que dire par les temps qui courent, avec immigrés, descendants "de", - "exodés" ruraux compris, "migrants", légaux ou clandestins comme populations hyper-majoritaires, - et logiquement en ville pour l'instant).

       L'affiliation du livre au mouvement Égalité et réconciliation prend tout son relief ici (de l'attachement aux strates et à leur ordre, du patriotisme par exemple) tout en laissant le champ de réflexion très perméable (témoignage personnel, vécu intense, radical, original, choisi et jeunesse encore de Nicolas Pézeril).

       [Je tiens à développer qu'autant le primat d'un ordre supposément supérieur incarné par l'installé initial, si ancré qu'il en semble naturel, pose problème, une connaissance accrue des lieux, des comportements adaptés à ces derniers ainsi que les mésaventures traversées voire les "gens" eux-mêmes (comme rescapés, parvenus, "arrivés" !) que l'on vient éventuellement déranger, tout cela peut justifier une attitude de déférence, au-delà du respect dû, classiquement inspiré par toute personne humaine (et tant d'animaux... plantes ?). Dans cette approche de conscience et d'intérêt bien compris, celui qui arrive - face à l'arrivé - voit, à critères équivalents, sa propre dimension minimisée, et même possiblement niée. Plus loin, beaucoup plus loin, se dresse la problématique de l'identité culturelle des lieux, du pays et de ses gens, ses habitants et de sa beauté, sa force, sa légitimité... Au jour d'aujourd'hui, je ne peux m'empêcher de penser que si la légitimité est au rendez-vous, adoption, transmission, respect réciproque se feront, sans que dynamique, changement, évolution ne soient écartés (la fameuse adaptation pour se conserver de la Nature déduite par Guillaume SUING), le pire résidant dans la crainte, la crispation, le rejet complet auquel s'associent trop souvent l'agressivité, l'agression, le désir d'abattre, d'annihiler... Encore un effort, messieurs et mesdames les ordo-campagnards ? les patriotes ? auxquels je ne saurai retirer l'excellence de promouvoir leur affections, leur intelligence, et moins encore de démasquer les traitres, les exploiteurs, les salauds qui exultent de la "merdre".]

       En plus de la crucialité de la qualité de propriétaire (ou non), le contexte de latifundisme latent (propriété des terres de plus en plus concentrées entre quelques mains qui peuvent progressivement substituer à l'exploitant-propriétaire des actionnaires et sièges... urbains, lointains, horizon largement encouragé par les lois, organisme publics et crédos politico-pratiques, certains syndicats comme la FNSEA très investis parallèlement), doublé du vieillissement et de la disparition des habitants historiques tend par ailleurs à modifier le paysage relationnel, en le désorientant d'une part, en le serrant davantage (accès au foncier) tout en l'ouvrant (mentalités croissantes d'indifférence inter-personnelle) d'autre part.

       Les places homme-femme sont également à prendre en compte dans toute installation rurale. Couple, solitaire voire groupe : la "tâche" d'intégration n'est pas la même. Si les esprits évoluent (ou se désintéressent ? s'acculturent ?) dans les campagnes, le modèle familial moderne (et semi-traditionnel !) qu'a adopté Nicolas présente des avantages certains, au risque de s'enfermer dans le grand fonctionnalisme ou de souffrir d'un modèle très structuré (voire hiérarchisé) qui a fait et fait ses preuves certes, mais dans un système typique, ancien et daté (ici, nous raisonnons autant avec les arguments de Francis COUSIN "anti-néolithique", que selon notre propre expérience en zone limite où la famille au sens de foyer unicellulaire parent-enfant-s est singulière, à la fois minimale et déplacée vers la quasi-hégémonie de la famille d'origine pour le père - très entouré et incontestablement "chez lui", "chez nous" facilement édicté). Sens de l'exclusion et de la domination, propension forte à l'immobilisme et à la règlementation figée (qui bloquent le tourbillon, lent ou rapide, de la vie. L'idée répandue d'un patriarcat social foncier (au double sens) est particulièrement questionnante, loin d'un délire de féministe névrosée (!), quels que soient le mythe ou la réalité d'un matriarcat breton répandu... (Texte encore fragile)

       - Dans la vidéo récente mise en exergue, Nicolas Pézeril se refuse à fustiger les pratiques des exploitants agricoles, au nom des souffrances endurées (et du nombre impressionnants de suicides qui concluent des vies délabrées, déchues). Il est bon de rappeler que certains exploitants agricoles ont des entreprises florissantes, conquérantes (et souvent des pratiques destructrices pour piliers ! - on est pas les gagnants de rien !).

       Le permaculteur évoque donc la problématique centrale des revenus financiers mais l'ironie du fameux "comment tu gagnes ta vie ?" qu'on lui pose rapidement est l'échappatoire qui lui permet d'esquiver trop vite le problème de la viabilité économique du néo-rural, engagé dans l'agriculture de surcroît, et de la sienne en particulier. Son livre est plus disert, tant sur l'importance du budget dont il a pu jouir pour réaliser ses expériences (en réduisant cependant ses dépenses personnelles et quotidiennes au minimum) que de l'aide substantielle qu'il a reçu de sa mère et de son frère pour l'achat des 30 hectares de Champéroux (250 000 euros, pour une co-propriété que je déduis). Est démenti ce qu'il peut écarter d'une main tout en reconnaissant l'obligation de s'en débrouiller très concrètement (en donnant aussi des pistes et des astuces). De notre regard de plus en plus critique (imbibée de la radicalité marxienne), l'emprise de la logique capitalistique à la campagne nous semble incroyable, profonde, historique (méconnue, et peut-être ontologique à la paysannerie, précision : comme situation humaine) et accélérée, dévoreuse aujourd'hui, d'autant plus que les champs, les bois, les animaux "sauvages" ou presque suggèrent paroxystiquement le potentiel opposé, l'opportunité d'un retour ou d'un accès à une vie libérée de l'argent (l'autonomie et l'inadéquation du capital financier, voire la futilité de la monnaie), des gestes humains solidaires, chaleureux et proprement désintéressés (d'un vieux substrat hors d'âge et inclassable ?) pouvant émailler et bousculer le trajet en terres faussement reléguées.

       - Rallier la campagne, homme ou femme, riche ou pauvre, seul ou accompagné, est un choix essentiel particulièrement intranquille et probablement aussi varié que surprenant (à dominante très triste quand l'humanité préétablie exhibe le manque d'hospitalité et/ou les rigidités, dont la curiosité et l'intrusion voire l'interventionnisme font partie sous des accents aussi banalisés que volontaires...). Si la problématique de l'argent est incontournable et possiblement rédhibitoire, la présence de la nature (et ce qu'elle inspire, révèle, perturbe en profondeur) permet de combler toutes ou presque toutes les grandes difficultés, et la capacité d'une alternative y est réaliste et tangible comme jamais. (Le rôle avéré de L’État dans l'expropriation terrestre de l'homme est l'un des plus horribles des tourments intellectuels ! Et notre regard dégradé sur l’État français n'a plus aucune illusion à l'égard de ce dernier. Euh, si : que le pire soit son vœu profond et imminent.)

       - Existe l'association Terres de liens (soutien à l'installation de nouveaux agriculteurs) pour un parcours plus tracé que celui de Nicolas Pézeril (titre d'exploitant nécessaire, diplôme donc, au moins, je crois, et projet/dossier à "monter", défendre, etc...).

       - L'expérience de Jean-Pierre BÉNY, dans le Limousin (quel est le nom officiel de la région maintenant ?), à Champsanglard, explore les mêmes soubresauts pour une situation différente mais à tout aussi enrichissante à connaître (de loin hélas), la figure de Masanobu FUKUOKA en héritage "habité" (Jean-Pierre a rencontré Masanobu) : http://marssfarm.centerblog.net/

       - Lucien CERISE ET Piero SAN GIORGIO pour la face survivaliste dure et nette : https://www.youtube.com/watch?v=UzVQgzbYGfw

     

       # Au 29-09-2016, un article chez Rebellion erelayé par E&R transcrit un entretien avec Nicolas Pézeril (Fabre) apportant plus de clarté encore :  http://www.egaliteetreconciliation.fr/Entretien-avec-Nicolas-Fabre-Le-retour-a-la-terre-mythe-ou-realite-41702.html

       Retenu en grand : "Pour moi ce n’était pas le cas, "retourner à la terre" était une question de vie ou de mort. Lors des premières années qui ont suivi mon installation à la campagne, c’est ce caractère radical et profond de mon engagement qui m’a permis de tenir le coup."

       Et avec une nuance qui pourra être développée plus tard (sur la propriété) : "nous devons faire feu de tout bois pour nous réapproprier notre terre."

       Note : la modification d'esprit ressentie chez Nicolas est peut-être celle d'une montée en conviction dans l'âpreté vécue. Une évidence et un moral de fermeté combative acquis au fur et à mesure. Cet homme est franchement aimable.

     

       Le 6 octobre, nouvelle vidéo d'entretien de Nicolas par Kontre Kulture : https://www.youtube.com/watch?v=lvssj9QAw_w

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