• Nation, République... de France

     Pas que des stations de métro ?

       Non de non de noms, des noms de places parisiennes !

       Et pas du tout marrantes à parcourir à pied, dans mes souvenirs assez lointains. Pas faites pour ça, de toutes façons.

       Ici, en 1900, la place de la Nation, appelée ainsi depuis 1880, ex-place du Trône, accueillant une sculpture monumentale au centre du bassin lui même central : Le Triomphe de la République en 1899, exécuté (sic) par le sculpteur Aimé-Jules DALOU. Il y eut une guillotine sur cette place au temps de la Révolution...

       Source : http://paris1900.lartnouveau.com/paris12/place_de_la_nation.htm

     

       Urbanistiquement, les grandes places parisiennes actuelles ont été aménagées, sous le baron Haussmann, à l'échelle des grands boulevards intérieurs, extérieurs, et les uns et autres comme des étendues aisément contrôlables et maîtrisables par la police et l'armée.

      Toutefois, grâce à la vue ci-dessus, le potentiel d'agrément de la place de la Nation transparaît. La Nation aurait-elle du bon ? (Une fois le cadre posé et intégré, quelques prévenances humaines seraient loisibles.)

       Lors des rassemblements place de la République le 30 novembre dernier (en réaction contre la Cop 21 et le décret d'état d'urgence), il a été rapporté que les forces de l'ordre ont enjoint les manifestants de se disperser tandis que les sorties étaient bloquées, par les mêmes ordonnateurs.

       Place de la République, stade de France (la Nation n'a pas été plébiscitée comme recours sémantique pour nommer ce gigantesque enclos sportif, mais la France, se faisant modeste, sans l'article défini : la)... Pour leurs méfaits du 13 novembre, les terroristes ont choisi des lieux au nom hyper-symbolique, en plus d'être des endroits très fréquentés.

       On nous a demandé de sortir les drapeaux tricolores, dans la surenchère des événements agressifs.

      La Nation, la République, de France (pas de station de métro à ce jour) surinvestissent la langue politicienne. Serait-ce le troisième temps de ces formidables notions ? Après les cors et les fanfares du déploiement, la dignité exagérée de l'âge d'or, les bégaiements de la décrépitude ?

     

    Merléac drapeaux

       Accrochages patriotiques sur l'église de Merléac (22), site historique de la famille de ROHAN. Le 6 août 2010. Très très très bel édifice que la photographie ne montre guère ! Il est d'ailleurs difficile à capter, son architecture jouant de l'ampleur, avec des lignes en quelque sorte classiques avant l'heure.

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