• OUESSANT

     GROS CREUX DE VAGUE

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        Quelques secondes de Finis terrae, de Jean Epstein (1929). L'attente sur la côte du retour du jeune homme, accidenté et malade, par les femmes, dont la mère. Le revoir. Survivra-t-il. (Si ma mémoire est bonne). Source : https://silentlondon.co.uk/2014/02/11/jean-epstein-finis-terrae/. Pour un extrait plus long : http://www.lesmutins.org/finis-terrae.

     

       Un bref séjour sur la côte du Finistère cette fin d'été a permis de rallier l'île d'Ouessant. Finis terrae, nom latin de l'ultime département occidental français et titre d'un film de Jean ESPSTEIN. Le voyage d'un jour a été accompli avec plus de surprise que prévu.

       Ponctuant des promenades emplies de paysages captivants, avec un temps très changeant où la très grosse averse a fini par tomber (sous abri heureusement, d'autres vacanciers ont été trempés jusqu'aux os), le contexte d'arrivée, l'écomusée - inscrit de longue date au programme - si jamais un jour..., et un témoignage asséné, nécessaire, ont laissé une impression tangente.

       On peut ajouter que mi-juillet de cette même année, une suite de faits divers traumatiques a marqué l'île.

       (Compte rendu détaillé qu'aucun concerné ne saurait produire, et qu'on peut ne pas lire, ou qu'en partie : http://www.letelegramme.fr/finistere/ouessant-l-incendiaire-s-est-suicide-13-07-2017-11594145.php)

     

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       Le port du Stiff au débarquement matinal. Les moments vécus à l'arrivée à Ouessant, "de l'intérieur", ont livré une ambiance beaucoup plus tendue que ce dont le panorama de la même scène, un autre jour, photographié par un autre touriste, témoigne. Source : http://usbmt.free.fr/stiff.php

     

       Et si le débarquement prenait des airs indiens (datées !?) ?

       L'arrivée au port a en effet été caractérisée par un ballet nerveux, proche, en sensation... de certains sites touristiques du sous-continent asiatique connus il y a 25 ans.

       Pas de rickshaw (trois-roues) mobiles et pressants, mais des mini-bus et des pancartes commerciales à la station près du débarcadère, accueillent en rapproché le touriste encore étourdi de la traversée pour lui proposer un aller (ou aller-retour) pour Lampaul (le bourg, au centre de l'île), et pour les plus "dynamiques" des agents, des avances gominées. Des tours commentés de l'île participent des offres.

       Le mini-bus complet semble trouver un chauffeur victorieux, tandis que le dépit se lit méchamment sur le visage de celui qui n'a pas fait le plein ou revient presque à vide.

       De la saison touristique. De la vente de tickets, manifestement clé. Emprunt bancaire possible de surcroît.

     

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       L'écomusée d'Ouessant dite aussi la maison du Niou, couloir longitudinal, fin août 2017.

     

      La visite de l'écomusée tandis que l'averse de la journée battait son plein, a laissé quant à elle, moins d'enthousiasme qu'escompté.

       Revers des images embellies, des attentes trop nourries, des articles flatteurs et professionnels. L'histoire aussi (1968 en création pionnière) ?

       La solitude des pièces inhabitées avec leur collection d'objets inertes et teintées de froid, a pu faire son effet modérateur (même sans mannequin costumé !).

       L'entrée annonce l'ambiance. Croisée de couloirs (entre-deux).

       La Maison du Niou est pleine de lits - clos et d'armoires. Pleine... Espace empli, saturation.

       Deux pièces à chaque bout : miracle.

       Attention : communs ET prestige.

       Imaginer une famille, jeunes et anciens, hommes et femmes dans la force de l'âge.

       Avec un "ciel bas et lourd", la présence de la maison brûlée à quelques pas, le bleu et le blanc des panneaux qui font murs, les choses figées, les lieux muets, la sévère rectitude... L'entretien muséal ?

       Laissons le temps faire son œuvre rédemptrice.

       (Bancs, tables et lits ouvrent déjà leurs indicibles bras.)

       Majesté. Dimensions organiques. Plénitude domestique. Au-delà de la reconstitution, la chaleur perlera (pour les habituels ruisseaux - fusionnels ! à "notre" endroit).

     

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        La cheminée à volets... pour éviter les entrées d'air intempestives trop courantes. Et les volets percés aux fenêtres de certaines maisons... pour gagner en lumière, quand la tempête s'acharne de jour, possiblement.

     

       C'est en fin de journée, avant la route du retour qu'un Ouessantin a imposé sa vision, happant mon reste d'attention. Une île moribonde, qui survit (mal) et raide à son passé glorieux (l'importance des marins de la Marchande). L'état civil sonne le glas. L'accueil du nouveau venu est impensable ou volontairement compliqué. L'alcoolisme est familier. Et l'état de l'île s'en ressent : entretenue autrement, elle s'abîme peu à peu mais sûrement...

       Beauté respectable, grandeur certaine que de vouloir conserver coûte que coûte ce qui fut bon s'il ne reste que le souvenir et son propre être (vieillissant) ?

       Sentiment de sclérose qui "gagne" avant l'échec fatal, de pair.

       Archétype d'une société hier portée, avant-hier stable (dans une dureté probable), en porte-à-faux rigide sur l'avenir désormais, comme l'extrême résolu et symptomatique d'une autre société plus grande, englobante, nationale (la France) et davantage, qui a fait d'autres choix, gouvernée par le rayonnement du... brouillard si ce n'est la mélasse (engluante) ?

     

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        Sols et sous-sols côtiers ici et là creusés par les agressions maritimes, vers Porz Doun par exemple (au sud ouest de l'île). Prière de se tenir à l'écart des bords.

     

       Le retour en bateau s'est laissé entraîné par des échanges amicaux avec une retraitée pleine d'amour pour la Bretagne, résidant en Seine-et-Marne.

       Tant pis les silhouettes de Molène, la mer d'Iroise, les embruns et le ravissement des jeux de l'horizon et du soleil... Oreilles encore.

       (...) Les Bretons auraient tendance à réserver leur région en pré-carré, privilégier leur descendance, a-t-elle déduit et conclu de ses observations et relations.

       Ce ne fut jamais mon expérience. Mais je veux bien la croire. En Crozon, une plage évoque la Provence (quand il fait beau). Quelle variété. Quelles lumières ! Nous irons demain ou après-demain, c'est sûr.

       Le beau temps ne vas cesser de s'améliorer, est-il affirmé à l'office du tourisme.

     

       Blogs dédiés à Ouessant (à compléter), car... passionnante :

       - http://ouessantmapassion.blogspot.fr/

       - http://ouessant.e-monsite.com/ dont http://ouessant.e-monsite.com/pages/jacques-burel.html

     

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