• Perte de la fourrure humaine

     Nudité thermo-régulatrice

       Article du hors-série de la revue Sciences et avenir  de septembre-octobre 2015 : "La grande histoire de l'humanité en 50 questions", signé de Laurent BRASIER, p.33.

       "Pourquoi avons-nous perdu notre fourrure ?

       Parmi les primates, l'homme se distingue par sa peau (presque) glabre. Cette singularité serait apparue en Afrique, il y a plus de 2 millions d'années, lorsque les premiers représentants du genre Homo ont commencé à parcourir de longues distances à la recherche de nourriture, dans un milieu de plus en plus ouvert. Associée à la mise en place d'un système de transpiration performant, cette transformation du pelage humain aurait permis d'éviter la surchauffe corporelle imposée par le surcroît d'activité lié à un nouveau mode de vie. Mais cette innovation évolutive a peut-être eu d'autres vertus que la régulation thermique. Le biologiste Mark PAGEL, responsable du groupe Biologie évolutionnaire de Reading, en Angleterre, propose en effet une hypothèse complémentaire : " Elle a pu permettre de réduire le nombre de parasites corporels, mouches, tiques, moustiques ou encore poux, communs dans la fourrure des mammifères et vecteurs de maladies potentiellement mortelles. Plus "présentables", les individus glabres auraient été préférentiellement choisis pour la reproduction, un trait qui se serait progressivement répandu pour faire de nous des "singes nus".

     

       Remarque :

       - La proposition de France GUILLAIN surgit à cette lecture : l'importance de rafraichir le périnée - avec le "bain dérivatif" par exemple, et d'abaisser la température corporelle, par les fascias, devant nos modes de vie étriqués et calorifères.

       - Les parasites sont perçus comme danger potentiel et non régulateurs, l'évolution est considérée comme progrès. Nous pensons ici et à Thierry CASANOVAS, réinterprétant la vision harmoniste ou homéostatique de la santé comme de la nature, ainsi qu'à Stephen Jay GOULD. Une interprétation du darwinisme est à l’œuvre qu'il faudrait soupeser à la lecture de l'original, d'autant qu'elle inonde notre conception contemporaine de la nature, et peut se trouver être fausse ou trop grossière. En cas de marée, on peut regarder les rochers, surtout si le littoral n'en a pas.

    « Datation de l'usage du feuLE TRUSTEL »