• Philanthro-capitalisme en Afrique / SIDA

     Poussée du capitalisme totalisant in vivo ?

    Philanthro-capitalisme en Afrique / SIDA

       Collection de nounours au musée de Laduz, collection Humbert.

       Source : http://laduz.com/intermediaire-col-1/

     

       "Sida : l’eldorado africain ?", Fanny CHABROL, La Vie des idées, 01-12-2014.

       "Présentation :

       Perçue dans les années 1990 comme un continent menacé d’écroulement par le sida, l’Afrique représente aujourd’hui un ensemble d’opportunités pour les chercheurs et les laboratoires. Fanny Chabrol analyse les logiques indissociablement humanitaires, sécuritaires et capitalistes qui sous-tendent ce renversement et composent aujourd’hui la "santé globale"."

       http://www.laviedesidees.fr/Sida-l-eldorado-africain.html

     

       Analyse précise et effrayante, tant pour l'évolution de la médecine, toujours plus centrée sur le médicament (le produit commercial) que celle de la classe dominante mondiale* (chapeautage de l'ensemble de la population par l'accaparement et le remodelage de toutes les valeurs positives possibles ?).

       Ce jour même, il fut parfois commenté dans les médias (France Culture ce matin par exemple, dans Culture-éco des Matins), la décision du patron de Facebook de léguer sa fortune gigantesque à une nouvelle œuvre caritative, dont  l'appellation saura rappeler... sa générosité ?, disons son repositionnement.

       Fabrice NICOLINO s'est montré sensible à ce phénomène qui touche sans discrimination (!) le "soin écologique" qu'il serait bon d'apporter à la planète, dans son livre Qui a tué l'écologie ?, en s'arrêtant notamment sur la congruence de discours philanthropiques chez quelques figures du grand capitalisme, tout en restant indécis sur le sens à y trouver. Il y revient sur son blog, dans un billet récent consacré à la COP 21, à travers la figure de Maurice STRUONG. Le "développement durable" devient le pivot et l'horizon des acteurs du grand capital (et de la grande industrie)... Et des grands États ?

       Le grand écart entre l'activité principale hautement capitaliste et particulièrement destructrice (humanité, Terre) de ces nouveaux chantres du bien, et leur discours d'intégrer désormais le "care" questionne en effet.

      Loin pour nous de concevoir une pleine capacité et une pleine volonté de planification auto-réalisatrices des sphères avérées de pouvoir et de puissance actuels, il semble que se met en place progressivement un nouveau régime d'organisation mondiale, aux mains de certains (dotés de pouvoir effectif) beaucoup plus que d'autres (d'une puissance endormie ou passive), où le care, instrument connu et ancien des pratiques de domination (paternalisme industriel, colonialisme à la française, système anglo-saxon des œuvres charitables, etc.), anglicisé en France sur sa propre racine étymologique de charité, subisse une métamorphose telle qu'il devient l'objectif premier de toute activité humaine... activité complètement commerciale comme il se devrait, du business bien lucratif, quoi, doté d'un fond organisationnel oligarchique, sérieusement bureaucratique, quelles qu'en soient ses formes légères et hyper-modernes parfois.

       Des personnes comme feu Maurice Strong y retrouveraient un reflet d'eux-mêmes plus enviable, sur leurs vieux jours, pour d'autres, à la maturité amorcée. Bill GATES, lissé encore par l'accompagnement de son épouse, n'est-il pas en train de devenir LE bienfaiteur universel ultra-médiatisé : ayant activement participé à "l'émancipation de l'humanité" par la technologie, il peut aujourd'hui se parer de bonté envers les plus nécessiteux, grâce à ses multiples engagements caritatifs ? Mais surtout, définitivement fondée sur l'altruisme, la sensibilité à la nature, aux animaux, un nouveau capitalisme aux accents totalitaires n'est-il pas en train de faire ses armes, chaque continent, chaque pays expérimentant à son tour une voie de ce nouveau capitalisme, enserrant chaque personne humaine, tout être vivant, le moindre caillou, dans un maillage disciplinaire de gestes automatiquement rentables (pour certains plus que pour d'autres, il va s'en dire) ?

     

       A propos d'une "classe dominante mondiale", dont la dénomination est critiquable et la définition difficile pour nous en tout cas (réécouter Francis COUSIN à ce propos : il raisonne en classe assurément, et en agents de cette classe), elle prolonge la terminologie même de l'article (du "global"). Au passage, la compétition des universités américaines nous apprend que si élite réellement "globalisée" il y a, acteurs de la Silicon Valley sans doute aux bonnes places, le personnel de certaines universités y participe aussi.

     

       AUTRE EXTRAIT :

       "Le double régime de la santé globale – humanitaire et sécuritaire – est lié à ce nexus (King 2002) entre sécurité nationale et intérêts commerciaux formalisé dès 1997 dans un rapport de l’Institute of Medicine intitulé « America’s Vital Interest in Global Health : Protecting Our People, Enhancing Our Economy, and Advancing Our International Interests ». Les auteurs du rapport notent alors que « les États-Unis sont un leader mondial dans le champ de la recherche biomédicale (…). L’incapacité à s’engager dans la résolution des problèmes de santé globaux diminuerait la stature de l’Amérique dans le champ de la santé et mettrait en péril sa propre santé, son économie et sa sécurité nationale ».

     

       # Au 29-09-2016, Audrey VERNON et Bill GATES : https://www.youtube.com/watch?v=XwoZqV_qRnY

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