• POLITIQUES ANTI-CONVENTIONNELLES

     Comprendre l'irrationnel (Q E., taux négatifs...)

    POLITIQUES ANTI-CONVENTIONNELLES

       Bulle promise à disparition. Avec ou sans  dégâts des eaux. Source : http://fr.freepik.com/photos-libre/ete-etang-d-39-eau-de-pluie-foret-brouillard-beaute_668964.htm

       Pour donner davantage de corps au propos précédent de Bruno BERTEZ... l'heure des explications et du regard histoirique a encore sonné, avec des points de vue strictement conventionnels. Pour déblayer plus loin, Gérard FOUCHER, et... Francis COUSIN ainsi que la Critique de la Valeur - sur le blog Palim Psao, par exemple restent nécessaires, ainsi que la présente rubrique - "Blé, flouze...", qui a par ailleurs déjà ausculté les mesures gravement délétères des autorités très supérieures.

     

    ICONOS !

       Source : https://leblogalupus.com/2016/04/17/politique-friction-la-nuit-debout-ou-le-crepuscule-des-bobos-par-eric-verhaeghe/

     

       # "Le pari insensé des banquiers centraux", Graham SUMMERS, Contrepoints, 31-08-2016. 

       COPIE SURLIGNÉE :

       "Les banques centrales ont parié l’intégralité du système financier sur leurs théories. Les investisseurs professionnels n’ont d’autre choix que de s’y plier.

      La bulle obligataire gonfle toujours et zéro rendement paraît désormais attrayant. Les investisseurs professionnels doivent se soumettre à la loi des banquiers centraux. Le système financier ne tient plus qu’à leur pari insensé.

       Lorsque l’on investit en période de bulle, les prix des actifs se déconnectent complètement de leurs véritables moteurs sous-jacents (les résultats et la croissance économique) ; cette déconnexion est probablement l’aspect le plus difficile à apprécier pour les investisseurs.

       C’est pour cette raison que les bulles peuvent toujours durer plus longtemps qu’on ne l’imaginait. La bulle obligataire actuelle nous le prouve bien.

      La bulle obligataire représente le facteur le plus important au sein du système financier. Toutes les principales mesures de politique monétaire prises par les banques centrales depuis 2008 ont eu pour vocation de maintenir par tous les moyens cette bulle obligataire.

       La politique la plus agressive fut le passage aux taux d’intérêt négatifs (NIRP) entrepris par la Banque centrale européenne (BCE) mi-2014 et par la Banque du Japon (BoJ) début 2016.

    Lorsque cela s’est produit, les obligations de ces deux économies ont commencé à s’envoler, entraînant leurs rendements en territoire négatif.

       Des actions pour du rendement et des obligations pour des plus-values ?

      Parce que cela a totalement faussé le paysage de l’investissement.

       Les obligations affichant désormais des rendements négatifs allant jusqu’à 10 ans au Japon, et 30 à 50 ans dans certains pays membres de l’UE, les actions sont devenues extrêmement séduisantes du point de vue du rendement. Autrement dit, le vieil adage selon lequel il faut “acheter des obligations pour les rendements et des actions pour les gains financiers” s’est totalement inversé. Les investisseurs achètent désormais des obligations pour réaliser des gains financiers en devançant les banques centrales… et ils achètent des actions pour avoir du rendement.

       Pour simplifier, le fait de détenir des obligations coûtant désormais de l’argent, les investisseurs recherchent les rendements dans les actions. Le S&P 500 rapporte actuellement 2,3%, ce qui est très faible. Mais comparé à l’argent que l’on vous prend pour posséder quelque chose, 2,3% c’est extrêmement positif.

       Par conséquent, les actions s’envolent, essentiellement sous l’impulsion d’algorithmes programmés afin de rechercher du rendement partout où ils le peuvent.

       Cette envolée réfute l’hypothèse selon laquelle le sommet est atteint comme je le pensais en avril 2015. À présent, il semblerait qu’elles soient prêtes à réaliser un ultime rally vers de nouveaux sommets, afin de faire le plein d’acheteurs avant l’éclatement de la bulle.

       Quel sommet allons-nous atteindre ?

       Nous naviguons totalement en eaux troubles, au sein du système financier. Historiquement, nous n’avons jamais vu 13 000 milliards de dollars d’obligations afficher un rendement négatif. Cela dépasse l’absurde… c’est totalement insensé.

       Fin février/début mars, on a eu l’impression que la partie était terminée, lorsque la Banque du Japon a adopté le NIRP. À l’époque, le yen a bondi violemment et le marché obligataire japonais s’est presque effondré.

       Évolution du yen contre le dollar

       Toutefois, le Japon a repris le contrôle de la situation et la bulle obligataire a continué de gonfler. À ce stade, deux des cinq principales banques centrales du monde avaient adopté le NIRP. Et les marchés ont amorcé une nette envolée.

       Les banques centrales ont parié l’intégralité du système financier sur leurs théories. Les investisseurs professionnels n’ont d’autre choix que de s’y plier. Dans un monde où les rendements des obligations sont à présent négatifs, les métaux précieux qui offrent zéro rendement sont désormais devenus très séduisants.

       Oui, nous avons atteint un stade où la finance est tellement dévoyée qu’un rendement à zéro est extrêmement tentant, dans une perspective de revenus."

       Source (relayée par Gérard FOUCHER, dans sa revue de presse hebdomadaire Paper-Li) :  http://www.contrepoints.org/2016/08/31/264289-bulles-toujours-plus-solides-quon-ne-pense

     

       # "Les banques centrales à l’origine des crises", David STOCKMAN, Contrepoints, 22-07-2016.

       COPIE SURLIGNÉE :

       "Pourquoi le système actuel des banques centrales provoque des cycles sans fin d’expansions et de récessions financières.

        La mainmise des banques centrales sur le marché obligataire, supprimant un marché libre et honnête, ruine la classe moyenne et les retraités.

       Le système actuel des banques centrales provoque des cycles sans fin d’expansions et de récessions financières. S’y ajoutent des niveaux de plus en plus élevés d’instabilité financière et une dilapidation croissante des ressources économiques réelles du fait de mauvaises affectations et d’investissements inappropriés. Résultat : le monde finit par s’appauvrir.

       Pourquoi ?

       Parce que les bénéfices dans la production et la richesse réelle dépendent d’une évaluation efficace de la valeur du capital et de l’épargne. Mais le modus operandi des banques centrales aujourd’hui est de délibérément déformer et falsifier les prix financiers.

       L’essence de la politique des taux d’intérêt nuls (ZIRP) et des taux d’intérêt négatifs (NIRP) est de pousser les taux d’intérêt en dessous de leurs niveaux naturels d’équilibre des marchés pour susciter plus d’emprunts et de dépenses de la part des entreprises et des consommateurs.

       C’est également le résultat inhérent d’un assouplissement quantitatif (QE) massif sur le marché obligataire par lequel les banques centrales financent leurs achats avec des crédits créés à partir de rien. La mainmise des banques centrales sur l’offre et la demande du marché obligataire donne des rendements bien inférieurs à ceux qu’accepteraient des épargnants réels dans un marché libre et honnête. La classe moyenne et les retraités qui comptent sur leur épargne se retrouvent les grands perdants.

       Même chose pour la vieille doctrine du stimulus des "effets richesse." Après son lancement par Alan GREENSPAN il y a 15 ans, elle a depuis été adoptée avec encore plus de conviction par ses successeurs à la Fed et ailleurs.

       Ici, le canal de transmission monétaire se fait au travers des premiers 1% qui possèdent 40% des actifs financiers et des premiers 10% qui possèdent plus de 85% des actifs financiers. Les cours boursiers sont intentionnellement poussés vers des niveaux plus élevés par le moyen d’un "assouplissement financier". Ceci est un euphémisme pour désigner une finance bon marché voire gratuite pour ceux qui se lancent dans les carry trades et pour les spéculateurs courts termistes.

       Tandis que les indices boursiers montent et que leurs portefeuilles, subventionnés par la Fed, atteignent des "niveaux de référence" toujours plus élevés, ils sont censés se sentir… plus riches. Ils sont par conséquent motivés pour dépenser et investir plus et pour doubler la mise sur ces gains en papier qu’ils utilisent comme nantissement pour obtenir encore plus de financements bon marché pour encore plus de spéculations.

       Le problème est qu’on ne peut falsifier indéfiniment les valorisations financières. À la longue, ils sont soumis à un pur jeu de confiance, à un risque de chocs et de cygnes noirs que même les banques centrales sont incapables de compenser. Puis arrive le jour du Jugement Dernier.

       Aujourd’hui les banques centrales et leurs filiales possèdent environ 21 000 milliards de dollars d’obligations d’État et autres titres apparentés. La plupart de ceux-ci ont été achetés au cours des deux dernières décennies mais plus principalement depuis la crise de 2008.

       Mais lorsqu’on remplace les épargnants par des banquiers centraux au cœur même du processus de détermination des prix sur les marchés financiers, le système finit par dérailler et on se retrouve à marcher sur la tête.

       La folie des rendements négatifs

       Ceci a été très bien décrit dans un article du Wall Street Journal à propos d’un récent développement des marchés de la dette souveraine qui défient totalement la nature humaine et la dynamique essentielle des démocraties modernes de l’État Providence.

       "Une frénésie d’achat de la part des banques centrales réduit la disponibilité de dette publique pour les autres acheteurs et intensifie les guerres des offres qui éclatent lorsque les investisseurs deviennent nerveux, ce qui fait monter les prix et réduit les rendements. Le rendement du bon du Trésor à 10 ans a atteint un plus bas record mercredi. "Le facteur de pénurie existe mais il devient réellement palpable pendant les périodes de stress lorsque les rendements s’effondrent tout d’un coup." Vous pouvez vous retrouver expulsé du marché obligataire juste au moment où vous en avez le plus besoin.

       Mercredi, le rendement de l’obligation d’État japonaise à 20 ans est passé en territoire négatif pour la première fois, rejoignant ainsi un groupe d’obligations à rendement négatif qui s’est rapidement développé au cours de l’année dernière. En Suisse, le rendement de l’emprunt d’État avec la plus longue maturité, à 50 ans, est passé sous zéro. En Allemagne, les titres avec des maturités allant jusqu’en janvier 2031 sont passés sous la barre des 0%."

       Du fait de cette "pénurie" totalement insensée, les banques centrales et les spéculateurs ont ensemble conduit le rendement de près de 12 000 milliards de dollars de dette publique, soit presque 26% du total des encours sur la planète, en territoire négatif. Ce chiffre comprend plus de 1 000 milliards de dollars pour l’État allemand, environ la même somme pour l’État français et presque 8000 milliards de dollars de dette publique japonaise.

       Cette falsification systématique des valorisations financières est la principale activité des banques centrales contemporaines. Par exemple, dans 40 ans, au Japon, les retraités seront plus nombreux que les travailleurs et le système fiscal et monétaire du pays aura implosé bien avant.

       Mais peu importe. Avant qu’elle ne s’autodétruise, la BoJ aura de toute façon acheté toute la dette publique japonaise.

       Elle en possède déjà pour une valeur de 426 000 milliards de yens, une somme équivalente à 85% du PIB. Par conséquent, concernant la dette publique, on peut bien dire que la "détermination des prix" est bel et bien terminée.

       Le Japon n’est que la partie visible de l’iceberg mais la tendance est on ne peut plus claire. Le prix de la dette souveraine est là où les banques centrales le fixent, et non pas là où les épargnants d’argent réel et les investisseurs l’achèteront.

       Mais ce n’est pas le pire.

       L’argent réel de la classe moyenne forcé d’aller vers le risque

       Cela signifie que les épargnes avec de l’argent réel, qui doivent avoir un rendement nominal positif, sont orientées vers des investissements plus risqués à la recherche de rendements, plus particulièrement dans la zone des risques de crédit des entreprises.

       Actuellement, par exemple, il y a près de 3000 milliards de dollars d’obligations à haut risque et d’emprunts en cours rien qu’aux États-Unis. C’est le double du niveau qui existait à la veille de la grande crise financière. Mais doubler l’argent entraîne plus qu’un doublement du risque.

       Pourquoi ? Parce qu’une partie très importante du crédit à risque en cours alimente des spéculations telles que même les fonds d’investissement spéculatifs n’auraient pu envisager il y encore 15 ans : spéculations sur les prix des matières premières dans les secteurs du schiste, de l’exploitation minière entre autres, des systèmes de crédits auto subprime, le financement de rachats d’actions et de recapitalisation de dividendes par des sociétés hautement spéculatives.

       En effet, la ruée pour les rendements générés par les agissements des banques centrales a imprégné les marchés mondiaux de DFE (dispositifs financiers explosifs). Environ 100 banquiers centraux ont passé les sept dernières années à pousser les taux d’intérêt vers zéro ou en dessous. Cela a peut-être été une aubaine pour les 1% qui ont gagné le gros lot au casino.

       Mais cela a écrasé la classe moyenne et les retraités."

       Source : http://www.contrepoints.org/2016/07/22/261013-banques-centrales-a-lorigine-crises

     

       # "L’helicopter money… jusqu’où ira le délire monétaire des banques centrales ?", Cécile PHILIPPE, Gabriel A. GIMÉNEZ-ROCHE, Nathalie JANSON, Contrepoints, 19-04-2016.

       COPIE SURLIGNÉE :

       "Apparemment l’activisme monétaire ne connaît plus aucune limite et visiblement personne – et surtout pas les dirigeants des banques centrales – ne semble prêt à admettre que la politique monétaire au mieux est inefficace au pire délétère. En effet, ce début d’année très chaotique a redonné du grain à moudre aux interventionnistes de tout poil… en particulier aux artificiers de la politique monétaire. Se discute de plus en plus ouvertement dans les milieux autorisés l’idée de mettre en œuvre le concept d’ "helicopter money" (description ici) – jusqu’à Mario DRAGHI qui a ouvertement admis que le projet était sérieusement discuté au sein de la BCE.

       La paternité de l’expression revient à Milton FRIEDMAN qui dans son traité sur la monnaie The Optimum Quantity of Money (1969) l’utilise comme métaphore afin d’illustrer l’idée forte de la théorie quantitative de la monnaie, à savoir que l’inflation est avant tout un phénomène monétaire. En effet, si l’ensemble de la population se retrouvait avec une augmentation de leurs avoirs monétaires alors elle dépenserait ce supplément en biens de consommation ce qui conduirait, toutes choses égales par ailleurs – la quantité de production restant inchangée – à une augmentation immédiate et généralisée des prix. Dans l’esprit de Friedman, l’ "helicopter money" n’a aucune valeur prescriptive.

       Aujourd’hui les plus acharnés activistes de la politique se sont empressés de transformer cette métaphore en recommandation d’action politique. Les frontières de l’illusion monétaire sont repoussées toujours plus loin, aussi bien par les théoriciens de la monnaie que par les politiques très heureux de reprendre cette idée à leur compte.

       Plus de limite à la déraison monétaire

       Mais pourquoi un tel acharnement à entretenir l’illusion selon laquelle la création de richesses peut se décider par la Banque Centrale ? Comment peut-on imaginer – après ces années d’injection monétaire continue, qu’elle s’appelle Quantitative Easing ou politique monétaire non orthodoxe – que la réponse à la stagnation de la croissance puisse être apportée par une politique monétaire encore plus agressive et interventionniste ? L’absence de résultats de ces dernières années n’inspire donc aucune réflexion sur le constat d’échec. Pire, à l’âne qui ne veut pas boire, on propose désormais de lui mettre un entonnoir pour le forcer à boire. En effet puisque l’activité économique ne veut pas redémarrer, alors donnons de l’argent directement aux consommateurs finaux pour qu’ils puissent le dépenser, cela va bien finir par marcher !

      Des erreurs conceptuelles fatales

       Cette pensée unique commet plusieurs erreurs théoriques fondamentales. La première est de considérer que la monnaie est créatrice de richesse. La monnaie ne crée rien, la monnaie est un moyen d’échange, elle facilite les transactions économiques. En réalité, la création de richesses émane des entreprises qui investissent. (!?) Certes le taux d’intérêt joue un rôle important mais il n’est pas la variable clef surtout dans des périodes de crises et de forte incertitude. L’investissement requiert une confiance dans l’avenir, en particulier cela vaut la peine d’investir si les opportunités de profits dans l’économie sont bonnes. Or c’est là que le bât blesse et cela pour au moins deux raisons. La première est que justement les perspectives de profit sont faibles dans nos pays développés dans la mesure où le fardeau réglementaire et fiscal qui pèse sur les entreprises est devenu trop lourd. La seconde – et sans doute la plus importante aujourd’hui – est que nous sommes entrés dans une période de désendettement net des entreprises.

       Ce phénomène, décrit par l’économiste Richard C. KOO, est contraire au fonctionnement normal des entreprises qui généralement s’endettent pour investir. Il est néanmoins la conséquence normale d’un surendettement massif au cours des dernières décennies qu’il faut maintenant épurer. Nombre d’entreprises ont réalisé que la valeur de leurs actifs était surévaluée, elles ont vu leurs profits diminuer et dans la mesure où elles sont encore capables de fonctionner, elles préfèrent se désendetter plutôt que de repartir à l’aventure. Ce désendettement caractérise l’économie japonaise depuis maintenant 25 ans. La zone euro est maintenant dans la même phase et les États-Unis sont en passe de l’être.

       Donc quand bien même les banques voudraient octroyer des prêts, la demande pour ces derniers n’est tout simplement pas suffisante par manque d’appétence des entreprises. Ajoutons à cela qu’elles font face à de nouvelles contraintes réglementaires qui peuvent entraver l’octroi de prêt.

       En bout de ligne, les grands bénéficiaires de la politique monétaire ultra-accommodante sont les acteurs du marché financier et bien sûr les gouvernements qui peuvent s’endetter à moindre frais et qui de fait se substituent aux acteurs privés. Une autre erreur est de croire que les injections massives de monnaie n’ont pas d’impact, la preuve étant qu’il n’y a pas d’inflation. Nous faisons face ici à une contradiction : les activistes monétaires partent du principe que la monnaie n’est pas neutre. Or s’ils concluent que les injections monétaires n’ont pas d’impact sur l’économie, c’est qu’implicitement ils supposent une forme de neutralité. La neutralité est ou n’est pas, il faut choisir ! Quant à la soi-disant disparition de l’inflation, rien n’est moins sûr. Cette conclusion découle d’une analyse très superficielle et simpliste de l’inflation.

       L’inflation, l’Arlésienne

       L’inflation s’observe à travers la hausse généralisée des prix mais quid de l’inflation, résultat de la non-déflation ou inflation négative ? En effet, ce thème n’est jamais abordé par les spécialistes, pourtant il mériterait qu’on y accorde une attention particulière. Les politiques monétaires de Quantitative Easing ont eu comme principal résultat d’empêcher la baisse massive du prix des actifs sous-jacents à la crise des subprimes et par conséquent de limiter la baisse du niveau général des prix atténuant la gravité de la récession. En effet, au regard de la sévérité de la crise, la déflation n’a presque pas eu lieu aux États-Unis. Le soutien artificiel apporté par ces politiques n’a pas permis "la purge" de l’économie US. Le problème est que des ressources "mal employées" le sont restées au lieu d’être libérées pour d’autres utilisations. De même, le maintien de la politique de Quantitative Easing a aggravé la mauvaise allocation des ressources puisqu’elle maintient le taux d’intérêt à des niveaux artificiellement bas et le prix des actifs artificiellement élevés. Le processus de désendettement à l’œuvre aujourd’hui est justement une tentative graduelle des entreprises d’assainir leurs bilans qu’elles savent surévalués du fait de la politique monétaire.

       La mise en œuvre de l’ "helicopter money" ne ferait qu’aggraver davantage la mauvaise allocation des ressources et ferait pour le coup apparaître une réelle augmentation généralisée des prix des biens de consommation courante. Aujourd’hui, tous les experts semblent d’accord pour faire le constat que l’inflation aurait disparu. Seulement, ils oublient de prendre en compte le fait que les prix des actifs auraient dû chuter et surtout qu’elle est bel et bien à l’œuvre dans certains secteurs, en particulier les marchés financiers. Si elle n’apparaît pas aujourd’hui dans le prix des biens à la consommation, c’est que les entreprises nettoient actuellement les désastres d’un surendettement passé. L’ "helicopter money", dans l’hypothèse où les consommateurs se montreraient plus confiants que les entreprises, pourrait provoquer l’inflation voire l’hyperinflation du prix des biens avec son lot d’effets pervers.

       La politique monétaire impuissante… changeons de modèle !

       Si le constat d’impuissance est partagé, la solution ne se trouve pas dans la mise en œuvre de l’ "helicopter money". Il serait bienvenu que Mario Draghi se serve de son pouvoir pour forcer les gouvernements à faire les réformes structurelles qu’ils tardent à faire. Il pourrait inviter un Quantitative Easing où le montant de la dette publique achetée serait fonction de la mise en œuvre de réformes structurelles. Quitte à être créatif, autant mettre sa créativité au service d’une politique qui serve les intérêts de tous !"

       Source : http://www.contrepoints.org/2016/04/19/248182-helicopter-money-delire-monetaire-bce-fed

     

       VOIR AUSSI : http://leblogalupus.com/2016/03/19/ledito-de-bruno-bertez-heroine-cocaine-et-maintenant-ritaline-le-couple-quantitative-easingtaux-zero-utilise-par-les-banques-centrales-est-maintenu-avec-un-traitement-contre-lhyperac/

      FAUX-MONNAYAGE dédoublé, triplé... (en reprenant l'analyse du prix Nobel d'économie Maurice ALLAIS)  : http://www.contrepoints.org/2015/06/05/209913-les-islandais-attaquent-leurs-banques-pour-faux-monnayage

     

    SADE : écriture à polarités  / LE BRUN (1986)

       Source : https://surphile.tumblr.com/

     

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