• Pommes botaniques / PELT - 1994

    PAUSE ALCHIMIE 05 / POMMES

       Source : http://www.mesarbustes.fr/fruitiers-petits-fruits/arbres-fruitiers/pommier-malus.html

     

       "Au début de l'ère tertiaire, il y a soixante millions d'années, un climat tempéré chaud régnait sur l'Eurasie, tandis que l'Amérique s'éloignait et que l'Atlantique s'élargissait. Les premiers pommiers sauvages apparurent alors, dotés de fleurs sans doute semblables à celles de nos églantiers actuels, quoique plus petites. Seuls des restes fossiles permettraient de le confirmer ; malheureusement, on ne dispose pratiquement d'aucun fossile de fleur : la fleur étant fragile, ses restes ne se conservent pas. Seules subsistent les graines de pollen dont les épaisses parois, souvent rugueuses, permettent le vol ou le transport à longue distance.

       Ce jeune pommier, nouveau venu dan la déjà vaste communauté des espèces végétales, est, pense-t-on, un bâtard né de relations extra-conjugales entre le prunier et la reine-des-prés. En effet, le patrimoine génétique de la pomme possède dix-sept paires de chromosomes, dont neuf semblent provenir de la reine-des-prés et huit du prunier. Le prunier aurait apporté son réceptacle floral en coupe profonde, et la reine-des-prés ses cinq ovaires.

       A l'époque, les pommes étaient toutes petites, bien plus minuscules encore que celles de nos actuels pommiers sauvages. L'architecture des fleurs de pommiers évoque aussi celle des églantiers sauvages, ce qui vaut au pommier d'être classé, comme les pruniers et la reine-des-prés, dans la famille de la rose : celle des rosacées. La photographie au microscope électronique des pollens de la rose et de la pomme confirme cette étroite parenté ; en revanche, le fruit du pommier diffère sensiblement de celui du rosier. Chez ce dernier, le réceptacle en urne profonde, au sommet duquel sont fixés les sépales, les pétales et les étamines, gonfle à la fructification et se colore souvent en rouge ; à l'intérieur, chaque ovaire donne un petit fruit sec et piquant surmonté d'un style allongé, l'ensemble formant le cynorhodon ou "gratte-cul". Chez le pommier, au contraire, le réceptacle de la fleur, également en urne profonde, noie dans ses tissus gonflés les cinq ovaires ; pendant la fructification, il se transforme et devient la chair du fruit, cependant que les parois des ovaires subissent la même évolution, sauf la paroi interne qui durcit et devient scarieuse (en botanique, on entend par ce mot un tissu lisse, luisant, cartilagineux et parcheminé ; on reconnaît là aisément les petites pièces raides et dures du trognon qui se prennent dans les dents). Une coupe transversale perpendiculaire au pédoncule montre bien deux zones séparées par un fin liseré qui parcourt la coupe et permet de distinguer, à l'extérieur, la chair qui provient du réceptacle de la fleur et, à l'intérieur, celle qui provient des ovaires noyés sous dans son ventre ; tout au centre se découpe nettement une étoile à cinq branches formées par les pièces scarieuses enfermant chacune de un à deux pépins. On dit d'un tel fruit qu'il est une drupe mixte, indiquant par là qu'il ne provient pas seulement de la maturation après pollinisation des ovaires - comme c'est le cas pour l'immense majorité des fruits -, mais aussi de la maturation des parois du réceptacle floral lui-même."

               Coupe pomme             POMMES / PELT - Jussieu

        http://www.snv.jussieu.fr/bmedia/Fruits/pomme.htm

       "Les premières pommes comestibles seraient apparues au sud du Caucase, dans la région de Trébizonde, en Turquie ; puis elles nous seraient  parvenues avec les migrations successives des peuples d'Asie centrale faisant mouvement vers l'ouest. Sans doute faut-il imaginer deux axes de pénétration ; l'un terrestre, par la longue vallée du Danube ; l'autre, maritime, par la Méditerranée. Chaque voie a été jalonnée des "trognons" dans les pépins ont germé pour donner des pommiers. Joli travail de pépiniéristes dont le rôle, comme le mot l'indique, est de semer des pépins !

       Aussi trouve-ton déjà des vestiges de pommes dans les cités lacustres de Suisse et d'Italie du Nord, tout comme en Égypte où Ramsès II fit planter des pommiers au bord du Nil. Les Hébreux fuyant l’Égypte emportèrent sans doute quelques plants de cet arbre et l'acclimatèrent en Palestine. Les Romains importèrent du Péloponèse les pommiers ducius, pommiers cultivés à petits fruits rouges qui, d'amélioration en amélioration, donnèrent la pomme d'api que Claudius rapporta à Rome au IIIe siècle avant Jésus-Christ. Lorsque les Romains arrivèrent en Gaule, il y trouvèrent déjà la pommier dont les Gaulois tiraient du cidre. Celui-ci n'était certes point d'excellente qualité ; il avait un goût âcre, car préparé avec des pommes sauvages faiblement sucrées et fortement acides.

       Durant le Moyen age, les monastères développèrent l'importation et le greffage, de sorte que la pomme sauvage se raréfia au fur et à mesure que se poursuivirent le défrichage et l'arrachage des forêts. Au XVIe siècle, les pommiers affirmèrent leur prééminence sur tous les autres arbres fruitiers : en Normandie, le vignoble disparurent  à leur profit. En 1588, le bien nommé Julien LE PAULMIER, médecin normand de Charles IX, publia un traité dont l'objet était de populariser le cidre en tant que boisson hygiénique. Jean de La QUINTINIE, horticulteur et directeur des jardins du roi, favorisa les essais de greffe pour obtenir des pommiers en espaliers et en cordons à Versailles. Il en cultiva sept variétés, dot la reinette grise.

       Les pommiers existaient aussi à l'état sauvage sur le continent nord-américain. C'est Peter STUYVESANT, gouverneur hollandais de la Nouvelle-Amsterdam, l'actuelle New-York, qui déclara avoir été le premier à greffer un pommier américain. Les pommes européennes avaient traversé l'Atlantique sur le Mayflower, ce vaisseau qui transporta les émigrants qui fondèrent Plymouth en 1620.

      La pomme et le pommier sont d'une richesse symbolique extraordinaire. (...)"

        In Des Fruits, Jean-Marie PELT, Fayard, 1994, pp. 97-101.

     

       Précisions sur ce fruit complexe !

       "Le fruit du pommier (Pyrus malus, de la famille des Rosacées) est considéré généralement comme une baie contenant des pépins. La partie charnue est formée à partir du conceptacle de la fleur (ovaire infère). L'endocarpe qui entoure les graines est cartilagineux. Ce type de fruit complexe que l'on retrouve chez les coings et les poires porte le nom générique de piridion.

        Origine géographique : supposée d'Asie centrale.
        La pomme a été introduite en Europe dès la préhistoire.
        Certains cultivars sont destinés à la table ("pommes à couteau"), d'autres utilisés pour la production de jus de pomme ou de cidre. Certains conviennent plus particulièrement à la consommation sous forme cuite. Parmi les plus connues : les reinettes, les Golden, les Belle de Boskoop, les Granny Smith, etc. On observe une grande variété de formes, tailles, couleurs, texture de la "peau".

       Source :  http://www.snv.jussieu.fr/bmedia/Fruits/pomme.htm

     

       Note : Sur les origines de la pomme hautement comestible, Jean-Marie Pelt et le site de Jussieu se contredisent. Des découvertes récentes valident malus sieversii.

     

    Pommier Klimt

       Source : http://www.la-vie-du-jardin.com/pop-ups/pommier/pommier.html

       Superbe site que celui de La vie du jardin ! Bravo ! Merci !

     

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