• PORTO RICO

     AVANT ET APRÈS LA VISITE DE TRUMP

    PORTO RICO

      Portoricaines se lavant dans une rivière au lieu de chez elles. "People in Morovis, Puerto Rico, bathe in a river instead of their own homes. (...)". L'ouragan Maria est passé sur l'île le 20 septembre, après Harvey et Irma. Sources : http://time.com/a-land-they-no-longer-recognize/ par https://twitter.com/CarmenYulinCruz

     

      Commentateurs, suiveurs critiques ad nominem, ou perspectivistes dont la lucidité reste à soupeser pour autant : les Porto-Ricains sont-ils véritablement face à leur destin... De la force des choses et des rapports de force humains.

       Un peu de beauté sauvage - avec shampooing grappillée au passage. (Comme parfois dans le bourbier.)

     

    PORTO RICO

       Source : http://time.com/a-land-they-no-longer-recognize/

     

       "Dans la grisaille", James KUNSTLER, Le Saker francophone, 22-09-2017. 

       Source : http://lesakerfrancophone.fr/dans-la-grisaille relayé par L’Échelle de Jacob : http://echelledejacob.blogspot.fr/2017/10/dans-la-grisaille.html

       COPIE SURLIGNÉE :

       "Bienvenue dans la première expérience américaine du mode de vie Le Monde fait à la main (1). Où d’autre allons-nous ? Regardons attentivement.
     
       Ricardo RAMOS, le directeur de l’autorité d’État chargée de l’énergie électrique de Porto Rico, l’île attaquée par le dernier cyclone, a déclaré à CNN jeudi que les infrastructures alimentant l’île en énergie avaient été globalement "détruites" et que l’électricité prendra des mois pour revenir.
     
        "Globalement détruit". C’est à peu près aussi global que s’il avait parlé de la civilisation.
     
        Les résidents, a déclaré M. Ramos, vont devoir changer leur façon de cuisiner et de se rafraichir. Pour le divertissement, la vieille école serait la meilleure approche, a-t-il dit. "C’est le bon moment pour les papas d’acheter une balle et un gant et de changer la façon de divertir leurs enfants."
     
       En d’autres termes, oubliez Resident Evil 7 : Biohazard sur écran parce que vous allez vivre l’expérience en live. Seule question : d’où viendra l’argent pour acheter la balle et le gant ? Peu de Portoricains vont pouvoir continuer à travailler après cette dévastation. Et ses finances publiques étaient déjà dans un désordre suffisant pour avoir conduit l’île devant le tribunal fédéral en mai dernier pour une mise sous séquestre légale ce qui équivaut en tout point à une faillite, sauf pour le nom. Le Commonwealth, un territoire américain, a fait défaut pour une dette cautionnée de 74 milliards de dollars, plus une autre obligation sur les retraites non capitalisée de 49 milliards de dollars.
     
       Ainsi, Porto Rico faisait déjà face à une crise avant l’ouragan Maria, avec son réseau électrique douteux et ses infrastructures en ruines : les routes, les ponts, les réseaux d’eau et d’égouts. La faillite la met dans une position délicate pour émettre de nouvelles obligations pour les travaux publics, qui sont généralement payés avec des emprunts publics. Qui, exactement, achèterait ces nouveaux emprunts ? J’entends les lecteurs chuchoter : "la Réserve fédérale". C’est un très bon indice pour comprendre le cercle vicieux que les finances américaines sont devenues.
     
       Une sorte de renflouement est inévitable, bien que le président Trump ait tweeté "Pas de renflouement pour Porto Rico" après sa procédure de mise en faillite en mai. Les choses ont changé et la durée de péremption des tweets trumpiens est connue. Mais la crise risque de nuire à la capacité du gouvernement fédéral de prétendre qu’il peut couvrir le coût de toutes les calamités qui frappent le pays – du moins, pas sans jeter le doute sur la solvabilité du dollar. Et il y a plus que quelques États "de souche" qui tournent également autour du train de la faillite : l’Illinois, le Connecticut, le New Jersey, le Kentucky.
     
       Les États ne sont constitutionnellement pas autorisés à se déclarer en faillite, bien que les comtés et les municipalités le puissent. Le Congrès devra changer la loi pour l’autoriser. Mais les États peuvent faire défaut sur leurs obligations et d’autres. Certes, il y aurait une sorte d’enfer fiscal et politique à payer s’ils devaient suivre cette voie. Personne ne sait vraiment ce qui pourrait arriver dans un État aussi vaste et complexe que l’Illinois, qui a couvert ses dépenses pendant des décennies en empruntant sur l’avenir. Soudainement, l’avenir est là et personne n’a de plan.
     
       Les choses pour le gouvernement fédéral ne sont pas si différentes. Il ne parvient à payer les gens qui ont acheté des obligations que par le biais d’une comptabilité à double fond, et ses obligations colossales non financées pour la sécurité sociale et Medicare font que la situation dans l’Illinois ressemble à un simple mois de retard de paiement sur l’emprunt de la voiture.
     
       Dans l’intervalle – et il semble que ce soit long dans l’intervalle – Porto Rico est revenu au XVIIIe siècle, moins les compétences pratiques et le mobilier plus simple pour mener ce mode de vie et avec une population bien au-delà de la capacité de charge de l’île à cette époque. Par exemple, combien de maisons peuvent obtenir leur eau à partir de citernes conçues pour absorber le ruissellement ? Combien de communautés à travers l’île sont accessibles à pied ? (Il semble que les stations-service seront en panne pendant un bon moment.) Je suis allé là-bas et une grande partie de l’île est aussi urbanisée en zones de banlieue que le New Jersey – grâce au désir d’être à jour avec le continent et la volonté des fonctionnaires de l’île de ressembler à ce modèle.
     
       Nous ne sommes que deux jours après la frappe directe de l’ouragan Maria sur Porto Rico et il n’y a toujours pas de communication téléphonique dans l’île, alors nous savons à peine ce qui s’est passé. Les ouragans Irma et Harvey sont passés il y a quelques semaines, et les informations sur les conséquences de ces deux événements ont étrangement disparu des médias. Où sont partis les gens qui ont tout perdu ? Le blackout des nouvelles est aussi total et étrange que l’obscurité qui est tombée sur Porto Rico.
     
       James Howard Kunstler
     
       Liens
     
       Comme pour répondre à Kunstler, TRUMP envoie l’armée à Porto-Rico : Après Maria, c’est à l’U.S. Army d’envahir Porto-Rico

       1 "Le Monde fait à la main"
     
       Traduit par Hervé, vérifié par Wayan, relu par Cat pour le Saker Francophone  

     

     PORTO RICO

       Source : http://time.com/a-land-they-no-longer-recognize/ 

     

      "Ouragan Maria : le ton se durcit entre Trump et Porto Rico sur la gestion de l'aide", BFM, 30-09-2017.

       Source : http://www.bfmtv.com/international/porto-rico-trump-fustige-les-critiques-sur-la-gestion-de-l-aide-1267592.html

       EXTRAITS SURLIGNES :

       "Ajoutant à une polémique qui enfle depuis plusieurs jours aux États-Unis sur la lenteur des secours et de l’État fédéral, le président américain a accusé "certains à Porto Rico" d'être "incapables de mettre leurs employés au travail pour aider"

        "Ils veulent que l'on fasse tout pour eux, alors que ce devrait être un effort de toute la communauté. 10.000 employés fédéraux en ce moment sur l'île font un travail fantastique", s'est-il exclamé sur Twitter, depuis son golf de Bedminster dans le New Jersey (nord-est) où il passe le week-end. 

       (...)

       Le président américain a nommément cité la maire de la capitale de Porto Rico, Carmen Yulin Cruz, à laquelle il reproche de faire preuve d'un "leadership médiocre". Cette dernière a été particulièrement virulente dans ses critiques de la réponse mise en oeuvre par l'Etat fédéral. Elle arborait vendredi sur les chaînes de télévision américaines un tee-shirt noir avec l'inscription "Aidez-nous. Nous sommes en train de mourir".

       (...)

       À Porto Rico, des habitants désespérés et dépassés par l'ampleur considérable des dégâts causés par Maria se languissent d'une aide qu'ils disent ne pas voir arriver. À San Juan, la capitale, dans le nord de l'île, de longues files d'automobilistes se sont formées devant les stations-service. Il faut parfois attendre six ou huit heures pour faire le plein, sous la surveillance de gardes de sécurité armés.

        L'ouragan Maria a causé des dégâts immenses sur les infrastructures, avec notamment des coupures de routes, d'eau, d'électricité et des télécommunications pendant plusieurs jours. Les premières cargaisons d'aide - vivres, eau, carburant, générateurs - ne sont pas parvenues aussi vite que pour le Texas et la Floride, touchés respectivement par les ouragans Harvey et Irma fin août et début septembre.

       Le gouvernement américain a toutefois levé pour dix jours des restrictions sur l'acheminement maritime des secours, ce qui doit permettre d'accélérer les opérations, placées sous le commandement d'un militaire, le général Jeff BUCHANAN. Près de 5.000 soldats et 10.000 personnels civils ont été déployés sur l'île. L'armée va de son côté déployer des hélicoptères et des hôpitaux mobiles, a indiqué vendredi le général Buchanan. Mais les détracteurs de Donald Trump l'accusent de négliger Porto Rico, un territoire administré par les États-Unis et dont les habitants sont des citoyens américains

      Le président a prévu de s'entretenir samedi par téléphone avec plusieurs officiels de Porto Rico, dont le gouverneur Ricardo ROSSELLO, et le directeur de la Fema, a indiqué la Maison Blanche. Il doit également se rendre mardi sur l'île avec son épouse Melania."

     

    PORTO RICO

       Quartier et quartier. Source : http://time.com/a-land-they-no-longer-recognize/

     

      "Trump aux sinistrés de l'ouragan Maria : "Je déteste te dire ça Porto Rico mais tu déstabilises notre budget" ", La Libre (Belgique), AFP, 04-10-2017.

       "Donald Trump a rencontré mardi à Porto Rico des sinistrés de l'ouragan Maria, serrant des mains, posant sur les photos et distribuant du riz, dans une tentative d'étouffer les critiques sur la lenteur de l'aide fédérale au territoire américain dévasté.

       A peine le président américain reparti en direction de Washington, le gouverneur Ricardo ROSSELLO a annoncé dans la soirée que le nombre de morts directement ou indirectement liées au passage de l'ouragan sur l'île était dorénavant de 34, plus du double du précédent bilan.

       Portant une parka sombre sur une chemise blanche, le président et la Première dame Melania Trump, casquette sur la tête, ont parcouru dans la journée les rues de la petite ville de Guaynabo, au sud de la capitale San Juan.

       Le milliardaire a demandé aux habitants de cette petite ville plutôt aisée dans quel état était leur maison, a posé avec eux sur les photos, distribué du riz et lancé des rouleaux de papier essuie-tout à des habitants réunis dans une église, comme il l'aurait fait avec un ballon de basket pour marquer un panier.

       Deux semaines après le passage dévastateur de cet ouragan de catégorie 4, Porto Rico panse toujours ses plaies : seuls 7% de l'île dispose de courant, plus de 9.000 personnes vivent dans des refuges et seuls 40% des moyens de communication ont été rétablis, selon le l'Agence fédérale des situations d'urgence (Fema). Une grande partie des habitants ne dispose en outre toujours pas d'eau potable ni de carburant.

       Le gouverneur de ce territoire a annoncé que le nouveau bilan du passage de Maria, de 34 morts, incluait des décès causés par des noyades ou des maisons qui se sont écroulées. Des personnes placées sous assistance respiratoire sont mortes, leur appareil ne pouvant plus marcher faute de courant sur l'île, a-t-il précisé.

       "Tu déstabilises notre budget"

       Pourtant, Donald Trump a minimisé lors d'une rencontre avec des responsables de la gestion de la crise la situation sur l'île, en faisant un parallèle avec l'ouragan Katrina, une "vraie catastrophe", selon lui.

       "Chaque mort est une horreur, mais si vous regardez une vraie catastrophe comme Katrina et vous regardez les énormes centaines et centaines de personnes qui sont mortes et ce qui s'est passé ici (...)", a-t-il déclaré. L'ouragan Katrina a fait en 2005 plus de 1.800 morts dans la région de La Nouvelle-Orléans.

       "Nous avons sauvé beaucoup de vies", s'est ainsi félicité Donald Trump.

       Il a en outre souligné que la gestion de la crise avait entamé le budget du pays. "Je déteste te dire ça Porto Rico mais tu déstabilises notre budget", a-t-il lancé.

       "Je ne me souviens pas du président disant au Texas qu'ils avaient déstabilisé le budget après Harvey ou en Floride après Irma", a réagi le leader de la majorité démocrate au Sénat Chuck SCHUMER.

       Si la mobilisation de M. Trump après le passage des ouragans Harvey et Irma au Texas et en Floride a été globalement plutôt bien accueillie, celle concernant Porto Rico a été beaucoup moins consensuelle.

       "Nous sommes scandalisés par la lenteur et l'inadéquation de la réponse du gouvernement américain à Porto Rico", a lancé Abby MAXMAN, présidente de l'organisation Oxfam America.

       Nombre de Portoricains ont ainsi le sentiment d'avoir été traités comme des citoyens de seconde zone.

       (...)

       "Faire tout pour eux"

       Une dizaine de manifestants anti-Trump s'est d'ailleurs rassemblée dans la matinée devant le quartier général des autorités portoricaines. "Il vient pour un show médiatique, pour du spectacle. Il vient deux semaines après", a relevé Sonia SANTIAGO, retraitée de 62 ans.

       Au-delà des actes et des réels défis logistiques auxquels l'administration est confrontée dans ce territoire asphyxié par la dette et aux infrastructures chancelantes, ce sont les mots et le style du président américain qui ont surpris.

       Et la première a en avoir fait les frais est la maire de la capitale Carmen Yulin CRUZ, qui a osé exprimer son désarroi face à une réponse fédérale jugée lente. L'occupant de la Maison Blanche lui a répondu par un tweet cinglant en l'accusant de faire preuve "d'un leadership médiocre".

       Donald Trump lui a serré la main mardi, mais n'a pas eu un mot pour celle qui a pourtant été l'une des premières à remonter ses manches pour venir en aide à la population sinistrée.

       Après avoir passé quelques heures sur l'île, M. Trump s'est rendu à bord de l'USS Kearsarge pour y rencontrer son équipage. Il est ensuite reparti à bord de l'avion présidentiel Air Force One pour Washington. Le président américain doit se rendre mercredi à Las Vegas après la fusillade qui a ensanglanté cette ville du Nevada.

       Ces déplacements constituent de véritables tests de leadership pour Donald Trump, huit mois après son arrivée au pouvoir."

     

     PORTO RICO BLACK OUT

      Lancer de rouleau essuie-tout par Donald TRUMP (après shampooing) , dans une église de Porto Rico lors de sa visite le 3 octobre 2017. Source : https://www.cbsnews.com/live-news/president-trumps-puerto-rico-visit-live-updates/

       Tous les journaux se déchaînent au geste et aux paroles... Pas assez augustes ? La salle semble ici dans l'ambiance. La charité, l'aumône new look qu'endosse notre Trumpet "préféré" : jeté appliqué et mise au point sévère. On aura sans doute pas d'autres nouvelles des faits de solidarité évoqués plus haut. Jusqu'où et efficacité. Merdier, mais sous le soleil, à méditer sous nos latitudes pluvieuses. Saint-Martin en ligne de mire.

     

      Retour en arrière. Source : https://www.youtube.com/watch?v=fS4oWqHJFowhttps://www.youtube.com/watch?v=fS4oWqHJFow

     

       # Des nouvelles, et des jugements partisans chez DeDefensa le 21-10-2017 : http://www.dedefensa.org/article/mad-max-a-porto-rico relayés par L’Échelle de Jacob (http://echelledejacob.blogspot.fr/2017/10/mad-max-porto-rico.html).

     

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