• "PRISE D'ORGANE(S) EN HÔPITEUX 2017"

     CERVEAU "MORT", BON POUR LE DON DU RESTE.


       L'alimentation sanguine n'est plus visible... Source : http://slideplayer.fr/slide/483233/

       Un deux, trois, partez ! (En hôpiteux ET en claniques ! Il bat de soies.)

     

       Temps de "viabilité" des principaux organes humains transplantables :

       CŒUR : 4 à 6 heures / FOIE : Jusqu'à 12 h / REINS : jusqu'à 48 heures.

       POUMONS ? PANCRÉAS ? INTESTINS ?

       Tissus, artères, tendons, os, ligaments, cornée de l’œil (également concernés, "convoités" ? - tendancieux, bis repetitae) La peau aussi. (Si tout est bon, que va-t-on rendre aux "proches" pour le dernier voyage...)

       Morceaux de choix ou humbles surfaces, désormais plus disponibles et plus... frais (je veux dire souriants, de bonne composition), la pression va monter au chevet des malades et dans les services spécialisés des hôpiteux et des claniques (oui, facile et mesquin !).

      De vieilles personnes s'inquiétaient déjà d'aller se faire soigner, de crainte de ne jamais "en" revenir ?, nous rapportait le docteur Nicole DELÉPINE, alertée dès l'amont par le contenu de la loi Santé de Marisol TOURAINE, ministre des "Affaires sociales". Chacun, dès ce 1er janvier péremptoirement "présumé donneur" (de fait, sauf indication de refus connue, de préférence formelle), - à son corps défendant ? (comme c'est drôle) -, pourra désormais se demander où son faux-pas, sa mauvaise fortune sanitaire pourront le conduire, pardon : le grandir en sa générosité infinie.

       L'arsenal législatif a entériné sa doctrine et relégué l'usage courant à tendance circonspecte pour se montrer désormais prêt à fonctionner diligemment, et massivement (à plein régime !). Pour provoquer de nouvelles mœurs et enrichir la sémantique du don en supplément (attendu ?)... Toujours plus belle la vie sous les hospices de la société post-moderne, française en l'occurrence. Le mourant est une richesse de plus. Un cadeau. "Alouette..."

       [La rareté et la peur de manquer (Étienne CHOUARD mais aussi, à notre connaissance et dans un registre plus psychologique, Isabelle FILLIOZAT) instrumentalisées par le capitalisme et les pouvoirs trouvent-elles ici une étape d'habituation ? Ou un doux commerce d'auto-sédation nationale par le biais de l'une de ses méga-structures monopolistiques - la santé publique ? Tandis que les bistouris et les objets technologiques y trouveront un laboratoire expérimental doublé d'un réservoir de cobayes miraculeux et clairement domestiqué - docilisés. On refait le coup de la nausée ? Nous sommes encore le premier jour de l'année et notre engorgement est sévère.]

       Texte de vulgarisation sur la loi : https://www.agence-biomedecine.fr/IMG/pdf/brochureloinov2016.pdf

     

      Préambule et avertissement.

      Ce billet n'est qu'un épisode, après un autre. La machine est logique ("rationnelle"), huilée et bien lancée nous stance Lewis MUMFORD, cet auteur américain ayant d'ailleurs souligné l'imbrication congénitale de l'administration et du commerce, de la bureaucratie et de l'industrie...

       Texte partiel et partial, il élude la situation des personnes malades qui attendraient un organe ou toute autre membrane corporelle, et collatéralement, les sales coups qui peuvent (m')échoir et (me) faire voir la vie différemment. A lire pour ce que (avec ses limites incontestables) donc, en considération de ma possible ignorance et de mon irrespect aussi consécutif qu'involontaire, mais aussi de ma foi en ce que l'aide et l'altruisme peuvent se dérouler, se déroulent, mieux encore sans interventionnismes - maximaux de plus - extérieurs (et supérieurs) orchestrant et abusant de l'administration de l'anonymat.

      (Et quand la liberté et la protection contre une loi, certes non encore d'ordre public - à vérifier toutefois !, mais si proche dans son amplitude et son éthique, aménagent une liste de plus, un FICHIER. Etc. etc..)

     

     "Don d’organes : on vous prive de l’usage de votre corps !", NAFY-NATHALIE, Contrepoint, 29-12-2016.

      Source relayée hier par Liberté hebdo ! de Gérard FOUCHER : https://www.contrepoints.org/2016/12/29/203219-don-dorganes-la-collecte-plus-efficace

       Copie surlignée :

       "Si les organes peuvent être prélevés sans consentement préalable, dans quelles conditions se passera la fin de vie des donneurs désignés ?

      En mars 2015, un amendement à la loi sur la santé a été adopté qui transforme les modalités de prélèvement des organes de don, résultant d’un geste volontaire, en collecte quasi obligatoire, avec application au 1er janvier 2017.

       En effet, la loi Cavaillet (1976) préconisait que chacun pouvait faire des démarches pour refuser d’être donneur en s’inscrivant sur le registre national des refus. En cas de silence du registre, les médecins, qui légalement pouvaient passer outre le consentement de la famille, se rapprochaient quand même des proches pour leur demander quelles étaient les volontés du défunt et obtenir leur consentement.

       Cette inscription est possible dès 13 ans et il est surprenant que l’on puisse refuser à un jeune de moins de 18 ans la responsabilité de sa vie (statut du mineur qui est incapable juridiquement) mais lui donne la capacité d’être juridiquement responsable de sa mort (devenir de ses organes).

       Les statistiques de l’Agence de la Biomédecine montrent une augmentation de 45% du nombre de greffes en 22 ans et une amélioration notable dans la dernière décennie puisqu’entre 2000 et 2012, le nombre de personnes prélevées et de greffes réalisées a augmenté d’environ 56%.
        Ces résultats sont très bons et témoignent du succès des anciennes dispositions même si, effectivement, continuer de maximiser le système de prélèvement des organes était une nécessité.

       Mais maximiser la collecte aurait pu se faire, dans l’ancien cadre, en informant mieux les donneurs potentiels et leurs proches, en les laissant libre d’adhérer, de donner d’eux-mêmes. Pourtant, au nom d’une "pénurie" d’organes inexistante puisqu’il n’y a pas à l’origine de marché sur lequel les organes s’échangeraient, il a été décidé de modifier les modalités de leur prélèvement.

       Ainsi cet amendement voté, au milieu de la nuit, dispose maintenant qu’à partir de 2017 tout citoyen majeur qui n’est pas inscrit sur ce registre consent à donner ses organes sans qu’il soit besoin d’obtenir l’accord préalable de ses proches. En contrepartie, le donneur sera glorifié par la nation lors de la journée annuelle qui lui sera consacrée.

       Les organes sont assimilés à des biens recyclables allant d’un donneur à un ou plusieurs receveurs par l’intermédiaire des institutions. La sauvegarde des organes en bonne santé se fait de force, à coup de lois (interdiction de fumer, de boire, de manger mal…). Puis, en fin de vie, le porteur d’organe, dit citoyen, se transforme en ressource potentielle au profit de l’ensemble social sur un marché qui dysfonctionnerait.

       Dans ce contexte, se pose la question difficile des familles et de la gestion de l’accompagnement des mourants. Si les organes peuvent être prélevés sans consentement préalable, dans quelles conditions se passera la fin de vie des donneurs désignés ? Pourront-ils toujours être entourés de leurs proches jusqu’au bout ou s’éteindront-ils seuls dans une salle d’opération ?

       Appliquer strictement cet amendement sans déstabiliser l’équilibre de confiance déjà bien fragile, après toutes les affaires (sang contaminé, implant…) que l’on connait, entre la société et les acteurs de la médecine semble impossible.

       Quant au bénéfice de la mesure, rien n’indique aujourd’hui que le nombre d’inscriptions dans le registre des refus n’explosera pas dans le futur limitant les bénéfices escomptés. Par contre, il est évident que le gain de cette mesure dépendra surtout des critères de définition du type de patients admissibles et que plus ils seront larges, plus ils seront importants, estompant la distinction entre donneur mort et en train de mourir.

       Et de là il pourrait être très facile de favoriser la survenue rapide de l’arrêt cardiaque au profit d’un prélèvement d’organe ou encore abandonner tout simplement la "dead donor rule" (la règle du donneur mort). Les coûts psychiques pour les soignants, qui vont devoir endosser la responsabilité de trancher entre les intérêts d’un donneur en fin de vie et ceux de receveurs potentiels à sauver, vont être énormes.

       Quel impact tout ceci pourrait avoir sur les soins donnés et l’appréhension de fin de vie des patients ? Est-il acceptable de sacrifier une vie au profit d’une autre, remplacer une mort spontanée par une autre intentionnelle dans une logique purement utilitariste ? Ce n’est pas certain mais, pourtant, on constate que dans quelques pays cela le devient.

       Ainsi, aux États-Unis, des prélèvements cardiaques ont-ils été réalisés sur trois nouveaux-nés en anoxie cérébrale, extubés sous sédation "standardisée" et morts d’arrêt cardiaque. Ou encore en Belgique, l’extubation des patients est parfois faite sous curare qui accélère la mort en préservant les organes. Il y a aussi l’idée en Belgique toujours, qui autorise l’euthanasie, que le prélèvement des organes auprès de personnes euthanasiées donne du sens à leur mort.

       Il ne faut pas non plus sous-estimer le risque de dérives accrues. Tout d’abord on concentre le pouvoir de décision entre les mains d’un petit groupe. Ensuite, il y a un conflit d’intérêt évident à confier à la même structure, l’agence de biomédecine, la gestion du registre des refus de greffes, le recueil des besoins de transplantation et les décisions d’affectation. L’idée de se retrouver face à une superstructure qui décide de tout, sans contrôle et contre-pouvoir, n’est pas des plus agréables. Puis en introduisant une logique de profit dans le processus de transplantation, apparaît un risque de créer ou d’accentuer des inégalités sociales ou biologiques dans l’accès aux soins. Se pose enfin la question des groupes de pression qui peuvent influer sur l’évolution des normes par leur action de lobbying.

       Le vote de cet amendement, deux jours après la loi Claeys-Leonetti qui statue sur la "fin de vie", n’est pas pour rassurer. On a l’impression d’être immergé dans 1984 ou dans Soleil Vert. L’État choisit d’imposer un changement sociétal profond en légiférant, sans même ouvrir un débat de fond sur les notions primordiales de mort et leurs évolutions ou encore sur le statut de la personne et la possibilité de laisser à chacun la liberté d’opter pour la définition de la mort qui lui convient comme au Japon par exemple. L’individu est sacrifié à la société dans une logique écolo-socialo-facho qui atteint son paroxysme.

       Je suis révoltée par ce pays qui prend ses citoyens pour des mômes idiots et qui grignote peu à peu, soi-disant pour leur bien, leurs libertés, les empêchant de profiter de la vie comme ils voudraient et de mourir comme ils l’auraient choisi."

     

       Notes :

       - Et mourir, tout simplement... comme rien d'autre, personne d'autre. Est-ce encore imaginable ?

       Nous avons choisi ce texte de Contrepoint par facilité et intérêt rationnel et sensible. Il développe suffisamment les conséquences induites dans la situation de donneurs présumés aujourd'hui sur-affirmée. Et la défense de l'individu qui y siège nous touche. Son orientation volontariste ne recoupe toutefois pas notre vue, surtout avec un corps ramené à l'usage (et à des choix d'usage par un esprit qui serait tout puissant).

       Nous somme en vérité révulsée par l’IMMIXTION et de l'ACCAPAREMENT que les pouvoirs collectifs organisent tranquillement sur la vie en général  et sur celle de chacun, sous tant d'enjolivantes et si amadouantes précautions (d'autant plus "débectantes"). La mise sous tutelle continue de s'organiser sous les apparats de l'efficacité et de la rationalisation, ces deux valeurs aussi prétentieuses, court-termistes que douteuses, à l'examen (conséquences et dérives consubstantielles toujours minimisées). La valeur du bien, sous-jacente, est la plus chantée, à l'habitude, quoiqu'en silence, en entendu... évident. La petite musique qui tue ! (qui aligne, qui persécute). Pourquoi légiférer si les actes recouvrent tant de bénéfices (aïe ! le mot lâché, qui fleurit partout) et de logique ? Bien pour qui, bien décidé par qui ? Comment ? Curieusement, la machine sociale prolonge l'idéologie qui inspire Nafy-Nathalie, l'auteur choisi pour ce billet, en ce que l'argument audible colle à un corps, humain ici, une matière en voie d'inertie fatale (certes ?), soumis à une tête pensante et (comme le chef qu'elle est) couronnée du succès. C'est son caractère d'anticipatrice correcte qui fait basculer le choix supérieur.

       Ainsi voilà toute personne ramenée à une potentielle boîte à pièces de rechange pour une autre personne mieux positionnée sur la ligne de course. Deux sacs de pièces dans les couloirs de la vie et de la mort, sous les auspices d'un ensemble, cadre, système, super-tête omniscient et omnipotent. L'une frise l'arrêt (fatal), l'autre pourrait encore courir, à condition d'échanger un morceau de... sa propre machinerie. La dépecée est ouverte. L'intégrité matérielle est dépassée, l'existence d'in-dividu (au moins) entamée.

       Et c'est un ordre caressant la soumission et l'exécution de chacun qui avance toujours plus. Un ordre où les visages et l'anonymat se redéfinissent, l'un devant se dissoudre, l'autre se développer, le tout flattant l'égo (ivresse de l'argumentaire retors et vicieux) ! Chacun est convié à adhérer, et se montrer enthousiaste. Qui es-tu, toi, qui refuserait de donner son foie valide et prometteur ? Prométhée démultiplié ?

       Plus anecdotiquement : sur le discours de la "machine" (Mumford Lewis).

       - "Nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas" étant une implacable auto-accusation en monde occidental, une campagne nationale a été menée en décembre 2016. C'est l'Agence de la Biomédecine qui l'a commandée. Quelques précisions : http://www.francetvinfo.fr/sante/soigner/don-d-organes/don-d-organes-ce-qui-va-changer-au-1er-janvier-2017_1932005.html

       - Biomédecine. Agence de la - sans majuscule. De formule douce (comme si souvent de nos jours), son premier terme a tout de la banalité anodine : elle sent le clean sans excès, le service de bon escient sans aucune hypertrophie de poids ou de taille, elle respire la logique, la bonne gestion, bref la correcte pour ne pas dire la parfaite mesure. Elle détient pourtant un champ de compétences assez maximal en sa matière. Quelle matière justement ? D'un mot, d'un seul ou presque, "infra-pléonastique", inconnu de moi (ringarde), du dictionnaire classique aussi apparemment : bio-médecine. La médecine ne s'est jamais occupé de l'inerte inhumain, c'est vrai. Il faut en rajouter. Bio ! Un coup d’œil sur le site de notre institution ne laisse aucun doute sur une activité faite pour chevaucher le futur dans toutes les directions que porte le vent glacé des sciences appliquées à la vie : https://www.agence-biomedecine.fr/

       Sur le substantif "bio-médecine", en relation directe avec les loi de bio-éthique au Québec, un document fourni est accessible et donne corps aux promesses d'aventures : http://www.erudit.org/revue/MS/2003/v19/n12/007405ar.pdf

       - Les jeunes concernés ! On pouvait s'en douter. Ne dit-on pas "cœur de cible" dans le jargon commercial ? https://www.agence-biomedecine.fr/campagne-don-organes-jeunes

     

       Très fort le deuxième degré. A des allures vraiment louches, le tueur. Venu d'ailleurs ? Trêve de détails : production incroyable, aussi effroyable que la sculpture choisie pour rendre hommage à Paris aux morts des derniers attentats (citée par Michel DRAC). Statue cou coupé, aimait Annie LE BRUN, sur les traces d'André BRETON (celle de Joséphine de Beauharnais, à Fort-de-France, Jean-Michel Place éditeur, 1996)... Source : https://www.youtube.com/watch?v=NkiQLc1D77Y

     

      - Sur la voie de l'obscène encore (au moins celui de tout banaliser, celui de montrer ce qui pourrait et/ou mériterait de ne pas l'être en sus), itinéraire spécialisé (art) :

     

    PRISE D'ORGANE(S) EN HÔPITEUX 2017

       Visage de Georges BRAQUE sur son lit de mort, par Alberto GIACOMETTI, "son ami". Quelque chose de la paix, malgré tout. Avec le souvenir bizarre et collant d'une autre exposition, au Centre Pompidou, il y a de nombreuses années. Avec ces portraits, en série. Source : https://cultiveleweb.wordpress.com/2013/11/22/braque-est-au-grand-palais/

       Pour les acheteurs éventuels, vaillants ?, extrait de Derrière le miroir (titre artistique, indéniablement controuvé) : http://www.affordableart101.com/Alberto-Giacometti-lithograph-Portrait-of-Braque-p/5191.htm

       Note : on souhaite évacuer la mort. "Plus tard, ailleurs !" sont les injonctions de chacun et de la grande collectivité administrative (et administrée ?) qui fait son chemin (et semble prospérer). Sains au principe, les rejets hantent en retour les lieux, les mansardes de la logique et les foyers sensibles : la mort devient malade, scabreuse, visqueuse. Sadique ? Notre rapport à elle dégénère. Pire ennemie, crue animée, soupçonnée de conscience car maîtresse, on l'a métamorphose en adversaire finale. A éradiquer ! Et après ?

       IL N'Y A PAS DE VIE SANS MORT.

       QU'EST-CE QUE LA MORT HUMANISÉE... (avec ou sans humanisme ici)

       (En réflexion)

     

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