• Protéines animales pour mâles de taille

     L'alimentation dans l'évolution humaine genrée

    Protéines animales pour mâles de taille

       "Shony WIJAYA, stylo à bille et crayons de couleur sur papier, 14,8 x 21 cm, 2014." Source :

       http://lepoignardsubtil.hautetfort.com/archive/2015/08/06/art-brut-indonesien-a-begles-5667040.html

     

       Voici un article du hors-série de la revue Sciences et avenir de septembre-octobre 2015, "La grande histoire de l'humanité en 50 questions", signé de Franck DANINOS, qui explicite ce que je croyais une sorte de fond féministe un peu facile, voire de rumeur (!) lorsque je l'ai entendu la première fois, il y a peu, dans une rencontre entre Carole FABRE, activiste du revenu universel et Agnès MAILLARD, blogueuse (Le Monolecte).

     

       "Pourquoi les hommes sont-ils plus grands que les femmes ?

       Partout dans le monde, les hommes dépassent les femmes de 10-15 cm en moyenne. A la fin du XIXe siècle, DARWIN fut le premier à avancer une explication : ce "dimorphisme sexuel" résulterait d'une époque où les hommes se battaient  entre eux pour copuler. En s'imposant physiquement et sexuellement, les plus grands (plus forts) auraient transmis leur stature à leur progéniture, et ce faisant à tous les mâles de l'espèce, comme c'est le cas chez les gorilles ou les cerfs. Mais si cette théorie est encore relayée dans certains livres de biologie, elle n'est étayée par aucune preuve en ce qui concerne les humains ! D'un point de vue biologique et évolutif, c'est même le contraire qui aurait dû se produire. Les femmes devraient être plus grandes, pour faciliter la grossesse, l'accouchement, l'allaitement, la protection des petits.

       Une nouvelle hypothèse gagne en crédit depuis la fin des années 2000 : ce ne serait pas les hommes qui auraient "grandi" par sélection naturelle, mais les femmes qui auraient "rapetissé" sous l'effet de restrictions alimentaires ! "Les sociétés humaines se sont construites et organisées autour d'une différenciation de genre, explique l'anthropologue des sciences Priscille TOURAILLE. Cette différenciation sociale a produit des discriminations à l'égard des femmes, des inégalités de traitement, concernant l'accès à la nourriture et aux protéines animales notamment, qui auraient restreint leur croissance depuis des millénaires." Aujourd'hui encore, selon l'ONU, les femmes souffrent deux fois plus de malnutrition que les hommes..." (p. 75)

     

       Remarques :

       - Les protéines doivent-elles être directement mises en cause ? D'autres substances présentes dans la chair animale ne justifieraient-elles pas une croissance supérieure pour celui qui en mange davantage sur celle qui en mange moins ou peu ? Je pense aux hormones (sans "genrer" l'origine pour autant ! ce qui serait peut-être à faire, de surcroît) par exemple. Ne voit-on pas à l’œuvre dans les présentes analyses nutritionnelles une faiblesse notoire de la recherche scientifique contemporaine : celle de reprendre des conclusions d'un autre champ disciplinaire, parfois dépassées ou devenues certitudes souffrant de ré-examen, cela sans se donner les moyens ni le temps de les rediscuter. (De notre inquiétude fondamentale de cumul fatidique d'erreurs auquel l'échafaudage scientifique actuel, labyrinthique, tellement ramifié à force d'approches spécialisées, conduit inéluctablement, à nos yeux de néophyte curieux.)

       - Le fait qu'hommes et femmes ne partageraient pas la même assiette depuis des lustres, ni en contenu, ni en quantité, a pu conduire et conduit encore à des extrémités morbides n'est pas réjouissant et doit faire creuser sur ces dispositions humaines, si souvent (toujours ? partout ? depuis toujours ??) arquées sur la différence des sexes pour élaborer ses conventions sociales. Deux observations s'imposent d'office si l'on reprend l'affirmation de menus genrés. Le renforcement différentiel à l’œuvre dans les rites et mœurs et non la variation ou la temporisation d'une part... La sorte d'écrasement de la part féminine implicite ou patente. Comme si la différence sexuelle était fragile, et/ou grand le besoin de pouvoir (en l'occurrence ici masculin).

       - La valorisation de la grande taille n'est-elle pas induite dans cet article, à la suite de la sur-valorisation des protéines pour la correcte alimentation ? Dans le registre des préjugés et des savoirs tassés par le temps sinon la majorité numéraire, il y a à se souvenir la formidable survie de l'ancêtre de la souris sur les mastodontes dinosaures...

       - Quelle surprise de lire que les femmes devraient être plus grandes que les hommes, évolutivement. Quelles études valident de telles hypothèses ? L'argumentaire de l'article ne nous convainc pas, manque de sources. Y a t-il une norme, une moyenne chez les mammifères ?

      - Grassement nourris de viande, beaucoup d'hommes sont aussi bien malades aujourd'hui... Excès, mauvaise qualité, ou encore erreur de choix alimentaire, la question semble encore ouverte, au-delà des annonces de l'OMS comme celle en date d'octobre dernier.

     

    Protéines animales pour mâles de taille

      "Louis SOUTTER, L’innocent, le témoin, le saut."

      Source : http://www.teheran.ir/spip.php?article600#gsc.tab=0

       # Le lait des femmes serait lui-même naturellement distinct à destination des garçons ou des filles ! Davantage pour elles, plus protéinés et gras pour eux, c'est ce que dévoile entre autres choses, un article fondé sur des études scientifiques menées par Katie HINDE (université de Harvard) - relayé par Olivier SOULIER (Lettre de la Médecine du Sens n° 157, 19-03-2017 : http://www.lessymboles.com/le-lait-maternel-nest-pas-le-meme-pour-les-filles-et-les-garcons/). Texte d'origine : http://www.lessymboles.com/le-lait-maternel-nest-pas-le-meme-pour-les-filles-et-les-garcons/

       # D'où vient l'affirmation d'une taille inférieure des femmes par les protéines et leur distribution privilégiée aux hommes ? Ce serait Françoise HERITIER qui l'aurait soutenu, selon cet article par ailleurs passionnant (relayé par la revue de presse de Lieux communs). Au 04-06-2018 : http://www.politique-autrement.org/IMG/pdf/Strauch-Bonart_27mai2018.pdf

     

    « BRASSENSLa chaumine »