• PROTEINES MON AMOUR... 07

     T. Colin CAMPBELL, convaincu. Convaincant ?

    PROTEINES MON AMOUR... 07 

       Des pavés impressionnants et... passionnants déjà multi-référencés en Tsukeshoin (cata de la santé publique par exemple, du réductionnisme scientifique également), par un auteur savant et "végét" - "végé" ? - d'AEOV (Aliments Entiers d'Origine Végétale, ainsi qu'il préfère définir lui-même son option, n'appréciant pas les qualifications commençant en "V"). Ne pas se fier aux titres ni aux sous-titres français de ces livres, qui représentent mal le contenu (en excès, modification ou en imprécision), quel que soit l'avis que l'on porte sur le végétarisme et l'importance - à souligner d'une manière ou d'une autre - des propos de l'auteur et leur notoriété... mondiale (!).

       En avant pour quelques pages croisées - essentielles ! - sur les protéines, et dans un parti pris anti-animales/pro-végétales retentissant, par l'un de ses spécialistes médiatisés, issues d'abord de L'Enquête Campbell, puis du Régime Campbell.

       Vous avez retenu le nom de l'auteur !?

       Nota : Colin T. Campbell sera de nouveau à l'honneur, dans le billet suivant, afin de poser clairement les conclusions qu'il tire, jusque dans la corruption politique, pour l'alimentation. 

     

    Enquête Campbell 57

    Enquête CAMPBELL 58

    CAMPBELL 60

    Enquête CAMPBELL 62

    PROTEINES MON AMOUR... 07

        Source : L'Enquête Campbell, Les aliments qui tuent et ceux qui peuvent vous sauver la vie (The China Study, 2006), Colin T. CAMPBELL & Thomas M. CAMPBELL, traduction de l'américain d'Annie OLLIVIER, Les arènes - J'ai lu, Paris, 2013.

     

       Notes :

       - Franco : il est question de "religion" des protéines.

       - Page 59 : de l'assimilation des protéines à la civilisation. Quid des chasseurs-cueilleurs ? Réponse ironique à fond interrogatif : très civilisés !

      - A propos des pauvres qui ne travailleraient pas ou pas assez car nourris de pommes de terre et de pain... page 60. Derrière la remarque pleine de mépris classique (où l'effort est une autre religion de notre monde), ignoble, datée mais toujours renouvelée, et surtout fausse, une vérité pourrait surgir ! Irène GROSJEAN le dit à l'occasion, ne mâchant pas ses mots contre les céréales qui alourdissent (et rendent malades...), Rudolph STEINER (Biodynamie) est parfois connu (rumeur, vérité ?) pour rejeter assez brutalement... les pommes de terre, selon une analogie et une division hiérarchique des plus banales (tubercules = bas, bas = inférieur en valeur), et des moins heureuses.

       - Spiritualité égalant protéines animales hier, spiritualité égalant végétaux aujourd'hui. Demain ? (Page 60)

      - Sur l'efféminisation (bllloglooops, néologisme aussi barbare que le mot "néologisme" lui-même !) par manque de protéines, cela rappelle cette étrange information déjà répertoriée en Tsukeshoin... et qui va jusqu'à faire postuler, chez certains locuteurs, une taille supérieure de la femme en des temps lointains, très lointains ! [Bon, si je vous dis qu'à mes moments - très ?! - perdus, en ce moment, je regarde dans la direction des pyramides et de Jacques GRIMAULT ! Vous ne m'en voudrez pas, n'est-ce pas ? Si ? De déserter mon bureau de coin ? En tous cas, ces histoire de Révélation des Pyramides (LRDP) touche 3 points majeurs sensibles au moins chez moi : la géométrie, la nature, l'humanité, et j'ajouterai volontiers le duo ou duel bon/mieux, ainsi que l'alchimie que nous avons laissée en suspens actif, mais qui va évidemment resurgir, au moment opportun. La question de l'avenir, ses faces et volte-faces, peut rejoindre les motivations et attractions vers l'hermétiste et le savoir dit des anciens...]

       - Manger de la chair humaine, demain, pour devenir spirituel peut-être ! (page 61 et pour enlever la note précédente) Pure boutade, noirâtre à souhait, vrai frisson que nous avons déjà ressenti et observé quelque peu (série miam miam, 03 et après).

     

    *

       Même livre, autres pages :

       "Je me suis engagé sur le chemin de l' "hérésie" à la fin des années 1970, quand j'ai observé (j'en parle dans mon introduction) une chose stupéfiante, voire alarmante : aux Philippines, les enfants qui consommaient le plus de protéines étaient ceux qui couraient le plus de risques de développer un cancer du foie. Cette découverte était si étrange, si contraire à tout ce à quoi je croyais et tout ce que je pensais savoir que j'ai immédiatement parcouru la littérature scientifique pour voir si quelqu'un d'autre avait déjà établi un lien entre protéines et cancer.

       C'était le cas. Un groupe de chercheurs indiens avaient mené un essai clinique, un de ceux qui isole une variable et réalise une expérience contrôlée dessus - le "gold standard" en la matière (1). Ces chercheurs avaient donné de l'aflatoxine, un puissant carcinogène, à deux groupes de rats. Ils avaient fait suivre un régime contenant 20 % de protéines animales (caséine) à un groupe. L'autre avait été privé de protéines, n'ingérant que 5 % de leurs calories sous forme de caséine. Résultat ? Tous les rats du groupe à 20 % de protéines avaient développé un cancer du foie ou des lésions précurseurs du cancer. Aucun de ceux du groupe à 5%. (Vous vous rappelez sans doute cette étude, évoquée au chapitre 2 au sujet de la profondeur d'action.)

       Quand j'y repense, la décision la plus sage pour ma carrière aurait été de boire quelques verres, d'aller me coucher et de ne plus jamais y repenser. M'attaquer à un sujet aussi controversé au début de ma carrière était bien plus risqué que je ne le pensais. J'avais de plus en plus conscience du fait que, dans la pratique, la science ne se résumait pas à la quête désintéressée de la vérité, mais j'étais toujours suffisamment naïf pour penser que le monde saurait apprécier à sa juste valeur (et récompenser) des informations qui pourraient mettre fin au fléau du cancer.

       Je me suis montré prudent et j'ai su éviter les critiques éventuelles pendant de nombreuses années. J'ai monté des laboratoires de recherche - d'abord à Virginia Tech, puis pendant longtemps à Cornell - dans le but d'étudier le rôle de la nutrition dans la prévention et le développement du cancer. Nous avons mené des expériences très conventionnelles qui s'intéressaient à la biochimie des protéines, des enzymes et des cellules cancéreuses, le genre de science à grand renfort de vases à bec, de tubes à essai et de microscopes puissants qu'aiment les examinateurs de demandes de subvention et les rédacteurs en chef des revues scientifiques. Si ce n'est que notre groupe de savants fous établissaient peu à peu la preuve, sans aucun doute possible, que c'était l'excès d'un type particulier de protéines alimentaires, et non seulement un excès de protéines alimentaires, qui favorisaient la formation et la progression du cancer. Et ces résultats, observés dans nos expériences sur les rats, étaient cohérents avec des études menées sur la population humaine et des études de cas-témoins qui montraient de fortes associations entre consommations de protéines d'origine animale et taux de cancer.

       Quand je dis "protéines", à quel type d'aliments pensez-vous ? Probablement pas aux épinards et au chou frisé, bien que ces plantes contiennent environ deux fois plus de protéines par calorie qu'un morceau maigre de bœuf. Non, pour la plupart d'entre nous, protéines rime avec viande, lait et œufs. Notre histoire d'amour avec les protéines ne date pas d'hier. Les terme "protéines" lui-même nous donne une idée de la vénération que nous avons pour elles : sa racine grecque, prôteios, signifie "qui occupe le premier rang, de "première qualité". Et le "bon type" de protéines est depuis longtemps celui qu'on trouve dans les aliments d'origine animale. Peu après que Gerardus Johannis MULDER eut découvert les protéines en 1839, un célèbre chimiste, Justus von LIEBIG, déclara que les protéines d'origine animale (de "qualité supérieure") étaient "l'essence de la vie" ! Cette étiquette de "qualité supérieure" était même logique du point de vue biochimique : notre organisme, lui-même constitué de protéines animales, métabolise bien plus efficacement les protéines animales que végétales.

       Alors, imaginez un peu notre surprise quand nos études montrèrent que les protéines animales, et non les végétales, provoquaient le cancer. Le carcinogène le plus puissant, la substance qui provoquait invariablement le cancer chez les rats qui la consommaient à 20 %, était la caséine, ou protéine de lait. Les protéines végétales, comme les protéines de blé ou de soja, n'avaient quant à elles aucun effet sur le développement du cancer, même consommées à des taux élevés.

       En 1983, mon groupe de recherche à l'université Cornell démontra même qu'on pouvait activer ou désactiver le cancer à un stade non avancé chez les rats, en modifiant simplement la quantité de protéines qu'ils ingéraient. Tout aussi surprenant, même lorsqu'on désactivait le cancer assez longtemps en donnant peu de protéines aux rats, on pouvait le réactiver en repassant à un régime riche en protéines. L'effet était remarquable. Quand on leur donnait des protéines, la progression du cancer était remarquable. Quand on leur donnait des protéines, la progression du cancer était vigoureuse et soutenue. Quand on arrêtait, elle stoppait net. De toutes petites modifications dans la consommation de protéines entraînaient des changements significatifs dans le développement du cancer, positifs comme négatifs.

       Eh bien, si ça, ce n'était pas une observation aberrante ! L'importance de nos résultats reposait en partie sur la quantité relativement basse de protéines animales nécessaires pour provoquer le cancer. La plupart des études de carcinogènes (par exemple, celles portant sur les colorants alimentaires et les nitrates dans les hot dogs, ou les toxines environnementales comme la dioxine) donnaient aux animaux de laboratoire des quantités des centaines ou de milliers de fois supérieures à celles qu'ils rencontreraient dans la nature. L'effet carcinogène extrêmement puissant que nous observâmes se manifestait à des quantités de protéines animales habituellement consommées par l'homme - et qu'on encourageait même à consommer.

       A ce stade, nous savions que nous avions entre les mains, une découverte qui ferait débat. Il nous fallait un plan d'expérience en béton, une documentation rigoureuse et être aussi transparent que possible pour confirmer le lien entre protéines et cancer. Nous poursuivîmes nos résultats dans les revues de recherche scientifiques les plus critiques. Pour continuer nos recherches et obtenir les financements nécessaires, soumis à rude concurrence, nous devions prendre soins de procéder selon les critères établis.

       Nous suivîmes des critères de recherche à la lettre et réussîmes à obtenir de financements malgré le caractère incendiaire de notre sujet. Nous reçûmes des subventions des Instituts nationaux de la santé (NIH) pendant vingt-sept années consécutives, argent qui nous permit d'apprendre énormément sur la nature des protéines animales et leurs effets biochimiques dans l'organisme. Nous découvrîmes comment la protéine, une fois consommée, agissait dans la cellule pour activer le cancer. Tout comme lors de l'étude que les Indiens avaient mené sur des rats, nos résultats allaient tous dans le même sens et étaient convaincants. Ils étaient spectaculaires et ne manquaient pas de faire polémique.

       (...)

       Une partie de notre paradigme actuel veut que des éléments nocifs dans l'environnement provoquent le cancer : les personnes les plus éclairées impliquées dans la guerre contre cette maladie cherchent donc à réduire notre exposition à ces éléments nocifs. Ce qui ne fait pas partie de notre paradigme en revanche, c'est qu'en matière de cancer, notre alimentation est bien plus déterminante que n'importe quelle toxine environnementale. (...)

       Je sus alors que nos recherches commençaient à servir d'exutoire aux sentiments forts que les gens nourrissaient pour leurs habitudes alimentaires. Même des hommes de science rationnels, obnubilés par les données, pouvaient devenir hystériques si on leur présentait les preuves que leur nourriture favorite pouvait les tuer. On avait touché sensible ! Le plus triste dans cette histoire c'est que le collègue en question a depuis quitté ce monde, bien trop jeune. Il souffrait d'un problème cardiaque que les protéines d'origine animale aggravent.

       Nos recherches continuèrent à accoucher d'idées très provocantes (de véritables hérésies !), qui allaient toutes dans le même sens : les protéines de qualité prétendument supérieure n'étaient peut-être pas aussi bonnes qu'on l'avait toujours cru. Affirmer qu'un nutriment aussi estimé que la protéine encourageait la progression d'une maladie aussi inquiétante que le cancer, c'était de l'hérésie au carré ! Notre nutriment le plus révéré favorisait notre maladie la plus crainte. (Et d'autres hérésies allaient suivre !)"

       In Le Régime Campbell, Pour une alimentation 100 % végétales (2013), Colin T. CAMPBELL en collaboration avec le professeur Howard JACOBSON, traduction de l'américain de Laure MOTET, Les arènes,  Paris 2014, pp. 58-64.

       Nota : Le titre original en américain de ce livre était Whole. Rethinking the Science of Nutrition. Il correspond au contenu - traduit en Français, ou non !

     

       Notes :

       - En dépit de notre vif intérêt pour les travaux et conclusions de Colin T. Campbell, nous ne pouvons que rester un minimum prudente sur des résultats d'études menées principalement sur des rats (lui-même, et nous l'avons déjà dit ailleurs, pointe dans l'un de ses livres, les différences réelles entre rat et... souris). Quelle est d'ailleurs l'alimentation reconnue de ces petits mammifères mal-aimés eux aussi omnivores ?

       Sur le site RATLALA : http://ratlala.free.fr/lerat/nrat.html & http://ratlala.free.fr/lerat/nrat.html#besoinut

       "Compère Gaspard est un omnivore opportuniste qui mange de tout, selon ce qu'il lui tombe sous le nez. Rat des champs, il se nourrira surtout des céréales de nos cultures, de graines, de plantes, d'insectes et d'œufs, sans dédaigner à l'occasion une charogne ou un petit animal blessé !
        Mais il y a une source de nourriture plus abondante pour les rats : le campement des hommes, véritable manne alimentaire qui le fait nous suivre et nous côtoyer depuis toujours. Ce rat des villes trouvera sa nourriture dans nos poubelles et nos cuisines. Tout est bon pour ce gourmand, jusqu'à l'huile qu'il ira chercher dans une bouteille en s'aidant de sa queue!
       Cette promiscuité n'est pas pour nous plaire, mais n'oublions pas que sans lui nous serions submergés par nos déchets, et les égouts seraient sans cesse bouchés. Ainsi, si pour des raisons d'hygiène évidente il n'est pas question de le laisser trop prospérer à la maison, ne le condamnons pas trop vite !

       Le rat sauvage mange donc de tout. En effet, sa priorité est simple : survivre, grandir vite et se reproduire le plus possible et le plus vite possible. En effet, le rat sauvage vit généralement environ 6 mois. La durée de vie et la façon dont il va vieillir ne sont donc pas ses priorités, et de toute façon il mange ce qu'il trouve : dans la nature comme en ville, les ressources sont limitées."

       Les doses journalières de protéines préconisées pour un rat adulte sont d'environ 14 % de la ration alimentaire, elle-même cadrée... A rapprocher des conseils pour l'humain.

       Omnivore, le rat est à préférence granivore...

     

    PROTEINES MON AMOUR... 07

       "Le rat noir est le champion toutes catégories du régime alimentaire : cet animal omnivore mange absolument de tout, et est même capable de digérer du plastique !" (Et tiens, sa queue se plie. De quoi elle-elle faite ?) Source : https://fr.vikidia.org/wiki/R%C3%A9gime_alimentaire

     

       - Ayant écouté un certain nombre de propos de Corinne GOUGET, le soja ne nous paraît pas un aliment digne de confiance... Et trop de protéines, animales ou végétales, ne sont-ils pas l'erreur à éviter ? On y revient...

       - Parmi les critiques que nous avons pu trouver sur le travail de Colin T. Campbell, celle d'un écart des voies de normalisation (protocole) de ses études scientifiques nous est resté, celle dite China Study, pour le moins.... Si nous avons le temps, nous essayerons de retrouver le cœur de ces critiques. A voir et savoir un minimum quoi qu'il en soit.

     

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