• PROTÉINES MON AMOUR... 11

     Protéines foliaires, Claude COSTES et al..

       Un livre de scientifiques (science appliquée) de référence pour François COUPLAN.

       Pas toujours limpide pour le novice, de nombreuses pages et énoncés permettent cependant d'entrer dans l'enthousiasme de l'ethno-botaniste français François Couplan, de connaître un peu mieux nos fameuses protéines... Et d'envisager une diversification alimentaire originale ?

     

      Dans son introduction Claude COSTES affirme le "grand besoin" de protéines pour une correcte alimentation humaine mondiale, et plus exactement ce qu'il appelle l' "azote protéique". La rentabilité (nous sommes au cœur du raisonnement de la science appliquée !) intervient rapidement pour signifier la faiblesse (le "désastre !") que représente l'élevage, puisque "l'Homme est un consommateur de viande" et que cette production est installée dans les pratiques. Les calculs sont éclatants : sauf le poulet ("petit monogastrique qui se comporte comme un assez bon transformateur" - sic), il faut au bœuf pour l'exemple le pire mais au combien significatif 17 kg de protéines végétales pour faire 1 kg de protéines de viande...   

       A entendre et admettre  les convictions du bio-chimiste de l'INRA (Laboratoire de Chimie biologique et de Photo-physiologie), il est intéressant d'imaginer et projeter une consommation directe des protéines : à savoir celles des végétaux, en particulier des feuilles qui les synthétisent à un niveau extraordinaire de "productivité agronomique"... (ah, la rentabilité appliquée !... Et celle de la vie ?)

    PROTÉINES MON AMOUR... 11

    PROTÉINES MON AMOUR... 11

       Pages X-XIII de l'introduction (Claude COSTE auteur). Pour un confort de lecture, cliquer-droit sur l'image.

       Note :

       - On peut être gêné (et franchement même) par l'approche scientifique et plus encore "appliquée"... C'est net, en ce qui nous concerne, modérant notre avis à l'occasion de l'inscription évidente des propos de Claude COSTES dans l'optimisme habituel du progrès par la recherche et le savoir (où la position ne saurait être rejetée en totalité / discussion à établir un jour ou l'autre !), mais aussi son temps, probablement moins assailli de doute et de contradictions que le nôtre. Dans le domaine nutritionnel, pour ceux qui s'y intéressent véritablement, la transformation des aliments est désormais connue néfaste. Les pistes rapidement présentées par le bio-chimiste en relèvent toutes, en plus de ne guère faire saliver.

     

       Conclusions du chapitre de Claude COSTES, "Biochimie des protéines foliaires", pp. 2-36 :

       "Au terme de cette présentation en forme d'inventaire des propriétés des principales protéines foliaires, puis des connaissances récentes acquises sur les mécanismes et la régulation de leur biosynthèse, il est possible de dégager quelques idées générales .

    PROTÉINES MON AMOUR... 11

    PROTÉINES MON AMOUR... 11

       In Protéines foliaires et alimentation, Claudes COSTES et al., Gaulthiers-Villars / Bordas, Paris 1981, pp. 35-36.

     

    PROTÉINES MON AMOUR... 11

    PROTÉINES MON AMOUR... 11

    PROTÉINES MON AMOUR... 11

        Pages 40-45 du chapitre "Problèmes posés par le dosage des protéines dans l'Agro-alimentaire", A. MOURANCHE.

     

    PROTÉINES MON AMOUR... 11

    PROTÉINES MON AMOUR... 11

       Pages 124-125 du chapitre "La sélection et la production agronomique de protéines foliaires", P. GUY.

     

       Notes :

       - La mise en avant de l'azote particulière dans Protéines foliaires et alimentation nous sollicite grandement. Ce n'est pas lui, chimiquement désigné N, qui parcourt les justifications généralement avancées en nutrition ou diététique générales. Mais quiconque se passionne le plus modestement pour l'agriculture, du choix de ses plantations à la mise en compost de ses déchets organiques (et donc de l'importance de l'azote) trouve, avec P. GUY notamment, des fenêtres nouvelles d'intelligence qui, pour notre compte, font encore écho aux fabuleux propos du paysan-boulanger atypique et marquant qu'est Jacques ANTONIN (Nourrir notre âme, Le Chou brave, 10-02-2015).

       - Fort de sa référence (qui date tout de même de 1981), passionné par les plantes sauvages, François COUPLAN répertorie souvent dans ses nombreux livres les feuilles (végétales) les plus accessibles à la consommation humaine, en précisant la proportion de protéines disponible. De même que son propos général est repris ici ou là, sa liste de plantes est facilement disponible sur Internet. Exemple du blog Et si on décidait de rentrer (où les conventionnelles recommandations végétariennes sont tout aussi listées !) :

       "Le Top 8 Des Protéines Vertes

       Il s’agit d’un classement communément admis, elles y sont classées selon leur teneur en protéines.

       L’ortie (Urtica Dioica) : 9 g/100 g. Ses jeunes pousses peuvent être préparées à tous les goûts.

       Les Amaranthes (Amaranthus Retroflexus et Lividus) : Amaranthe réfléchie : 5 g/100 g, Amaranthe livide : 8.1 g/100 g. Les jeunes plantes se préparent en salade, mais fournissent aussi un savoureux légume cuit, de même que les feuilles plus âgées.

       La Mauve À Feuilles Rondes (Malva Rotundifolia) : 7,2 g/100 g. On fait d’excellentes salades avec les jeunes feuilles. Plus âgées, il vaut mieux les consommer cuites ; elles peuvent être utilisées pour épaissir un potage.

        L’égopode (Aegopodium Podagraria) : 6,7 g/100 g. Les jeunes feuilles, tendres et aromatiques, constituent d’excellentes salades. Plus âgées, il est préférable de les cuire comme légume parfumé.

        La Consoude (Symphytum Officinale) : 6 g/100 g. Ses longues feuilles peuvent être ajoutées aux salades lorsqu’elles sont jeunes ; plus tard, elles seront meilleures cuites. A consommer modérément à cause des alcaloïdes qu’elle contient.

       Le Bon-Henri (Chenopodium Bonus-Henricus) : 5,3 g/100 g. Très jeunes, ses feuilles peuvent être consommées en salades ; cependant, ce "brave Henri"est le plus souvent consommé cuit, au goût de chacun.

        Le Chénopode Blanc (Chenopodium Album) : 4,3 g/100 g. Le chénopode est l’un des meilleurs légumes sauvages à consommer, en salade tout jeune, et « à toutes les sauces » plus âgé.

        La Bourse-À-Pasteur (Capsella Bursa-Pastoris) : 4,2 g/100 g. Durant l’hiver, après la neige, on consomme ses rosettes crues en salade tant qu’elles sont bien tendres ; elles peuvent également être préparées comme légumes."

       - Voir aussi, dans la même veine : http://revegezvous.unblog.fr/les-proteine-vertes/

       - La focalisation convaincue sur les protéines est le nerf de ce billet, et le point central de l'ouvrage collectif cité Protéines foliaires et alimentation témoigne d'une possibilité alimentaire devenue audible aujourd'hui, et même très soutenue par certaines tendances diététiques contemporaines (encore confidentielles toutefois, en terme de "quantité d'audience"). Le débat ouvert en Tsukeshoin ne peut que continuer...

    « PROTEINES MON AMOUR... 10PROTÉINES MON AMOUR... 12 »