• PROTEINES MON AMOUR... 21 (Neandertal)

     Disparus ? Métamorphosés. PRESQUE.

    NéanderthalNéanderthalNéanderthal

       Représentations récentes de Neandertal : il se fait moderne, le bougre, à peine reconnaissable, noir ou blanc de peau, d'une virilité tendance très glabre de surcroît, beaucoup moins glorieux aussi... Plus sapiens sapiens ? La chair animale semble rester son credo alimentaire figuratif - de temps en temps !?, mais peut-être plus pour longtemps (dans les représentations à venir et dans la société contemporaine, parallèlement ?). Sources : http://www.hominides.com/html/actualites/adn-neandertal-dans-sapiens-0303.php, http://www.7sur7.be/7s7/fr/1505/Monde/article/detail/2549142/2015/12/07/Pourquoi-l-homme-de-Neandertal-a-t-il-cette-tete.dhtml & http://www.europe1.fr/sciences/mais-pourquoi-lhomme-de-neandertal-a-t-il-cette-tete-2632449

      Mais attention ! Trompe-l’œil ! La troisième image grande largeur, pleine d'expression, pourrait montrer la reconstitution d'un Homo erectus ! Utilisée assez couramment en illustration d'articles sur l'homme de Neandertal (ici, ou sur l'allure de son chef, pour comble), nous l'avons choisie avec d'autant plus de ravissement qu'elle pourrait témoigner du "sérieux" de certains journalistes ou pigistes, forcément pressurés (ritournelle), de fournisseurs d'images banquées et anonymes. Et si, - nous n'avons pas vérifié les faits -, le mannequin noir colorait des papiers à connotation renforcée...

       http://www.lefigaro.fr/sciences/2010/11/09/01008-20101109ARTFIG00805-neandertal-le-developpement-de-son-cerveau-etait-limite.php

       Nota : Cette histoire d'os qui se réduisent, se résorbent pendant la deuxième partie de la croissance est fantastique. Ce serait une spécificité d'Homo sapiens, inconnue chez tout autre homininé... Ceux qui aiment les versions créationnistes voire extra-terrestres peuvent jubiler, les autres, simplement ébahis devant la luxuriance des voies naturelles d'ici (-bas), tout autant.

     

       Le trépidant de notre époque ne néglige aucun champ de curiosité. L'homme de Neandertal est emporté régulièrement dans le grondement de nouvelles et de savoirs qui s'entrechoquent parfois. Pour engager le chaos des annonces révolutionnaires, une émission pour enfants assez richement illustrée (avec quelques coups de "gratte" sympathiques au démarrage) présente une synthèse plaisante et renseignée. Outre l'exposé des deux hypothèses les plus courues sur la disparition des Néandertaliens, l'on comprendra mieux la taille (lithique) dite Levallois et la maîtrise empirique et exemplaire des ondes de choc qu'elle implique... Surprise, à la minute 6:19. Apparaît un personnage de peau noire, ressemblant comme deux gouttes d'eau à notre figurant précédent. "Alors, c'est qui ?"

     

       C'est pas sorcier, France 3, 2010. Source : https://www.youtube.com/watch?v=8WiGCZ4Tk8o

       La petite plaquette éditée lors de l'exposition "Neandertal l'Européen" déroulée de fin 2014 à fin 2015 au musée de Saint-Germain en Laye (92) résume de manière tout aussi digeste les savoirs convenus  : http://www.musee-prehistoire-idf.fr/library/petit-journal-de-l-exposition-neandertal

     

       Avant de revenir à l'énigMMME de la disparition des Néandertaliens, on ne peut que s'interroger sur l'évolution de l'image de ceux-ci , sa telle modernisation - puisque Homo sapiens est aussi appelé moderne ? Les références osseuses sont demeurées les mêmes ou similaires...

       L'art actuel des reconstitutions montre des travaux préalables attentifs à la reconstruction morphologique interne. Pour les personnages sculptés, les muscles, les chairs sont modelés sur le squelette avec un respect anatomique poussé. Une silhouette générale se dessine progressivement selon une certaine marge d'épaisseur possible, avant que derme et pilosité, colorés, ne donnent la touche finale, autour du magnétique regard, organe de surface et de profondeur.

     

       Le travail d'Élisabeth DAYNÈS.  Source : //www.youtube.com/embed/u6u_s1OXkZ8 ou encore, pour le plaisir d'images proches : //www.youtube.com/embed/NTPXhULzqXU. Voir aussi, qui donne un avant-goût bizarre de ce qui pourrait être l'avenir du trans ou post-humain ("quelle bouche je mets ce soir ?"). La plasticienne semble à l'aise dans le scénario  : https://www.youtube.com/watch?v=u9_PgmUven4.

     

       Les reconstitutions des Néandertaliens ont-elles devancé les nouvelles conclusions paléontologiques, grâce à l'acquisition d'une rigueur scientifique souvent défectueuse dans leur domaine autant que chez les archéologues préhistoriens (moins informés qu'aujourd'hui, de pair) ? Les mentalités ont-elles modifié leur rayon d'analyse ?

       Un article du site Hominidés épilogue (temporairement ?) sur les représentations les plus anciennes de Neandertal, comme celle au seuil de sa caverne noircie de poils et de peau - qui nous a tant réjouie - dessinée par Frantisek ou François KUPKA (1871-1957) : le fameux Homo neandertalensis de La Chapelle-aux-Saints en Corrèze, mis au jour en 1908. Selon le site Internet, le paléontologue du moment, Marcelin BOULE, sans aucune originalité sociale, travaillait à désolidariser l'Homo sapiens de "l'autre" énergumène humanoïde ayant existé (surtout en Europe !?), quitte à bestialiser outrancièrement ce dernier.

       Critique caricaturale et un peu trop facile ?

       Après la découverte, sur ses propres terres, au XIXe siècle, d'homininés si robustes, aux reliefs osseux si affirmés, l'Occident n'a eu de cesse de tournoyer toujours plus près de l'ancêtre récent, obsédé par sa disparition autant que par sa parenté (et son étrangeté), celles-ci d'ailleurs plus visibles au fur et à mesure d'autres exhumations fossiles, aussi physiquement prononcées que souvent lointaines, dans le temps comme dans l'espace.

        Nous en sommes aujourd'hui dans les plus fortes hypothèses de métissage, avec des conclusions - ponctuelles, qui sait (la génétique détient le sommet de la preuve aujourd'hui, mais sommes-nous au bout des connaissances micro et macro-biologiques ?) - qui peuvent, parallèlement aux déclarations de Pascal PICQ, à nos yeux tellement plus ambiguës que voulues par leur auteur lui-même (l'inconscient et les émotions collectives - et personnelles aussi ! - orientent, susurrent...), continuer à combler certaines visions plutôt très anthropocentriques (Homo sapiens en focal), et versées subtilement dans le darwinisme appauvri de la maîtresse compétition. Il s'agirait idéologiquement (c'est notre lecture) d'une évolution des canons conceptuels de Charybde en Scylla (avec cependant des mouvements d'hésitation), persistant à profondément hiérarchiser les deux héros (occidentaux), tout en agréant, tacitement, la suprématie de la violence (dernier mot qu'elle aurait toujours) ? A suivre deux articles "in" (pour combien de mois ?) à lire absolument puisque c'est là que nous en sommes académiquement (étape 2 : infusion douce).

     

       # "Qui a tué Neandertal ?", Sylvie BRIET, Sciences et avenir, HS n° 183 "La grande histoire de l'humanité en 50 questions", sept-oct. 2015, pp. 58-59.

       COPIE SURLIGNÉE (informations et sélection discursive) :

       "Neandertal a disparu de la planète après 120 000 années d'existence , il y a environ 33 000 ans. L'arrivée  de l'Homme moderne n'est certainement pas étranger à cet effacement. Reste à savoir ce qui s'est passé : extermination ? Absorption ? Coïncidence, Neandertal s'affaiblissant au moment où Sapiens progressait ?

        Longtemps, les préhistoriens ont accusé les fortes variations du climat d'avoir anéanti la capacité d'adaptation de notre lointain cousin. Mais ce dernier a résisté à plusieurs vagues de froid, dont celle qui a sévi en Europe il y a quelque 40 000 à 30 000 ans (le Würm). Si elle a pu accélérer sa disparition, elle n'en est pas la principale cause.

       Aujourd'hui, pour la plupart des chercheurs, Homo sapiens est donc le principal responsable : Neandertal aurait perdu la compétition avec ce concurrent sur le plan territorial comme en matière démographique. Jean-Jacques HUBLIN, professeur au Collège de France, y voit une logique : "L'Homme moderne est responsable de la disparition de nombreuses espèces animales et humaines, et Neandertal fait partie de la liste. En Europe, il a probablement contribué à l'extinction de grands carnivores. Pour des raisons plus idéologiques que scientifiques, on a voulu l'absoudre. On a préféré invoquer des éruptions volcaniques, des météorites, le climat, que sais-je encore... Or il ne s'agit pas uniquement de l'Europe et de Neandertal : toutes les formes humaines archaïques d'Eurasie ont disparu au moment où l'Homme moderne est arrivé sur leur territoire."

       Une rencontre frontale semble peu probable. "Des épisodes violents ont pu avoir lieu, mais ils n'apparaissent pas sur les sites néandertaliens", constate Silvana CONDEMI, paléoanthropologue au CNRS (université d'Aix-Marseille). Les squelettes présentent bien des traces  de blessures, mais nous n'en avons pas suffisamment pour en tirer des conclusions... Et l'on sait qu'alors, la vie n'était pas un long fleuve tranquille : dans ce système de chasseurs-cueilleurs, il faut survivre à un milieu difficile. Les néandertaliens sont en compétition avec les grands carnivores. Lorsqu'Homo sapiens arrive en Europe, c'est un nouveau rival."

       A l'échelle de l'Europe, les deux espèces ont vécu de façon simultanée environ 8 000 ans. Mais les contacts ne furent sans doute qu'épisodiques. Pourquoi Sapiens s'est impo de manière aussi radicale ? L'étude anatomique de Neandertal a conduit à en dresser un portrait peu flatteur (...). Par ailleurs, des recherches récentes avancent que ses gros lobes occipitaux lui auraient certes conféré une vision très développée, mais au détriment d'autres aires dévolues aux relations sociales et à la cognition.

         De la ficelle et de la corde bien avant l'homme moderne

       Les dernières découvertes archéologiques redorent cependant son blason. Battant en brèche les idées reçues, elles le montrent finalement très proche de Sapiens. Ainsi l'alimentation de Neandertal n'était pas moins diversifiée que celle de son rival. Dans l'abri du Maras, occupé il y a 90 000 ans en Ardèche, une équipe de l'Ohio a constaté qu'il consommait des petits animaux, des poissons et des plantes. Il n'était pas uniquement dépendant de la chasse aux grands carnivores (?). Quant à suggérer que ses inventions seraient nées du contact avec Sapiens, elle s'est effondrée en 2013, lorsque les mêmes chercheurs américains, toujours dans l'abri du Maras, ont étudié des outils en pierre. Et retrouvé des restes de fibres végétales torsadées destinées à fabriquer de la ficelle ou de la corde. Bien avant l'arrivée de l'Homme moderne donc.

       Une différence de taille sépare toutefois les deux espèces : le taux de fécondité, nettement plus élevé chez Sapiens. "Les Néandertaliens n'étaient que quelques milliers d'individus en Europe", précise Jean-Jacques Hublin. Voilà qui a certainement contribué à leur perte. On peut également voir les choses comme Svante PAÄBO, généticien de l'Institut Max-Planck de Leipzig. "Les Néandertaliens ne se sont pas complètement éteints. Leur ADN s'est perpétué chez les personnes vivant aujourd'hui." D'après les études publiées en 2014, 20 à 40 % de leur génome se retrouve éparpillé chez les hommes d'aujourd'hui. Et donc en chacun de nous."

     

       #  "Neandertal et Cro-Magnon ont-ils fait des bébés ensemble ?", Rachel MULOT, Sciences et avenir, HS n° 183 "La grande histoire de l'humanité en 50 questions", sept-oct. 2015, p. 59.

       COPIE SURLIGNÉE :

       "Plusieurs études le confirment : Homo neandertalensis et Homo sapiens ont noué des liaisons fructueuses. Quoi de plus naturel, si l'on songe que les deux espèces ont cohabité une dizaines de milliers d'années en Afrique du Nord, au Proche-Orient et en Eurasie ? Toutefois, les études paléontologiques de fossiles "hybrides" se sont longtemps heurtées à un scepticisme que seules les analyses génétiques sont venues lever. Un premier métis européen vient même d'être reconnu en juin 2015 (1). Le jeune homme fossile de la grotte roumaine de Pestera cu Oase, qui intriguait certains chercheurs depuis 2002 par ses caractères à la fois modernes et archaïques "a hérité environ un dixième de son ADN et de gros morceaux de chromosomes d'un ancêtre néandertalien", estiment les généticiens. Le croisement remonterait de quatre à six générations, pas plus, avant la mort du jeune homme, il y a 40 000 ans environ. "Il s'agit de la première preuve directe d'un mélange récent survenu en Europe", souligne le généticien Laurent EXCOFFIER, de l'université de Berne (Suisse).

       Cette analyse conforte la thèse jusqu'alors minoritaire - portée par les paléontologues américain Erik TRINKAUS et portugais (? - Il travaille au Royaume-Uni, à Bristol) João ZILHÃO - selon laquelle hommes modernes et néandertaliens se sont hybridés tardivement  sur notre continent, aux alentours de 40 000 ans, lors des quelques milliers d'années où les deux espèces ont cohabité. Alors que les généticiens de l'Institut Max-Planck à Leipzig avaient suggéré, après une analyse d'ADN anciens et modernes menée en 2010, qu'Homo neandertalensis et Homo sapiens sapiens s'étaient seulement "croisés" de façon marginale, il y a 150 000 à 80 000 ans, au Moyen-Orient. Les chercheurs de Leipzig estiment aujourd'hui que les humains actuels d'origine européenne ou asiatique ont hérité en moyenne de 1 à 3% du génome de leur cousin néandertalien (2). In fine, "Neandertal a légué aux Eurasiens une vingtaine de gênes actifs, qui interviennent notamment dans la formation de la kératine - protéines des cheveux et de la peau - et des défenses immunitaires", résume Céline BON, chercheuse au Muséum d'histoire naturelle."

       (1) Nature, 22 juin 2015.

        (2) Science, 29 janvier 2014.

       En complément, deux documentaires récents : https://www.youtube.com/watch?v=ov4TldGaPhA & https://www.youtube.com/watch?v=D23M7UJDnMc

     

       Sans doute facile, mais supposé plaisant (encore de l'éternel) ! "Child in time", 1970 Deep Purple. Source : https://www.youtube.com/watch?v=OorZcOzNcgE

     

       Pour davantage d'informations (elles ne manquent évidemment pas) :

       - L'actualité tenue à jour (hélas sans liens internet) et davantage : http://theudericus.pagesperso-orange.fr/Donnery/Neandertaliens/Actualites_Paleontologiques_Neandertaliens.htm

       - Le plein d'infos avec le trouble de survivants, d'hommes ou de femmes sauvages issus de Neandertal, à la suite d'un livre des années 1960 : http://cepheides.fr/article-16901154.htmlhttp://hellboy57.e-monsite.com/pages/livres-et-sources/l-homme-de-neanderthal-toujours-vivant.html

        - Sur Hominidés : http://www.hominides.com/html/actualites/adn-neandertal-dans-sapiens-0303.php

     http://www.hominides.com/html/dossiers/neandertal-sapiens-comparer-comparaison.php

    http://www.7sur7.be/7s7/fr/1505/Monde/article/detail/2549142/2015/12/07/Pourquoi-l-homme-de-Neandertal-a-t-il-cette-tete.dhtml

       - Silvana CONDEMI : http://www.lejdd.fr/Societe/Sciences/Comment-Sapiens-a-domine-Neandertal-746805

      - SCIENTIFIX (avec très belles envolées...) : https://scientifix.wordpress.com/2016/01/31/europeen-nous-sommes-sapiens-et-neanderthal-sapithalien/

      - MACLEAN : http://www.macleans.ca/society/science/we-are-all-neanderthal/

    « PROTEINES MON AMOUR... 20 (Neandertal)D'ailleurs et de France, affleurent le dimanche... »