• QUATRE TEMPERAMENTS

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     AU NOMBRE DES 4 ÉLÉMENTS.

    TEMPERAMENTS

      Dessin d'Adolf WOLFLI (1864-1930). Source : http://hazelhomeartandantiques.blogspot.fr/2015/02/dr-walter-morgenthaler-1882-1965-and.html

     

     

       TEXTE du Dr Édouard BROUSSALIAN, homéopathe, du 01-11-2012.

       Source : http://planete-homeo.org/formation/forum/temperaments-hippocratiques-et-homeopathie-t206.html

       COPIE SURLIGNÉE :

       "Voici un extrait du cours sur les Causalités, Organon §5, afin d'éviter que vous preniez trop de notes.

       Un cheveu sur la soupe
       Le Dr. WHITMONT est l’auteur d’un livre magnifique Psyche and Substance : Essays on Homeopathy in the Light of Jungian Psychology dont je vous recommande la lecture si vous êtes anglophone. Mon ami Farokh MASTER le cite souvent et à juste titre !

       J’extrais de cet ouvrage un passage classique, pour bien vous faire comprendre que nous sommes tous capables de réactions innées, prédéterminées sur le plan émotionnel, qui nous rendent impossible tout autre type de réponse. Edward Whitmont à son époque d’étudiant jouait une petite scène pour bien comprendre les réactions des différents tempéraments.

       Il s’agit de quatre personnes qui trouvent un cheveu dans la soupe qui leur est servie au restaurant.
       - Le premier se met en rage et balance l’assiette à la tête du serveur.
       - Le second commence à manger, exprime son dégoût, se rhabille et quitte le restaurant en sifflotant.
       - Le troisième s’effondre en larmes parce que c’est toujours sur lui que ça arrive.
      - Le quatrième regarde le cheveu, le laisse dans l’assiette, déguste sa soupe et une fois qu’il a fini en commande une autre portion.

       Pour être précis, la scène décrit 3 types de réaction et une autre manière de ne pas réagir au même stimulus. Le colérique ne peut en aucun cas réagir de manière flegmatique, pas plus que le sanguin ou le lymphatique ne peuvent être vraiment affectés par ce qui se produit, même s’ils se forçaient. Si l’un de ces personnages tentait de l’être, mettons par un effort extrême de volonté et de discipline, cela n’aboutirait qu’à un résultat partiel, en réussissant à garder une contenance, sans que la profondeur soit vraiment affectée. Cette attitude serait guindée et peu convaincante, elle serait obtenue au prix d’une dépense d’énergie disproportionnée et d’un conflit entre l’énergie du schéma émotionnel qu’on tente de contrecarrer et l’énergie de la tentative d’auto-discipline.

      Ces réponses automatiques sont de la même nature que des réflexes conditionnés et sont donc bien des impulsions. La meilleure façon de s’en faire une idée consiste à comparer avec un exemple simple comme la toux, qui est un réflexe automatique de caractère compulsif, si vous préférez, qui ne laisse aucun choix. Toute personne qui a déjà connu une toux torturante peut se souvenir comment il est possible pendant un court moment de s’empêcher de tousser au prix d’un gros effort de volonté et d’une non moins grande dépense d’énergie. Plus on essaye de ne pas tousser et plus on doit tousser pour finir. Le besoin de tousser ne cesse d’augmenter pour finir par occuper toute notre attention jusqu’au point où on ne parvient plus à penser à autre chose jusqu’au moment ou l’impulsion finit par se frayer un chemin sous la forme d’une quinte explosive, souvent plus violente que l’impulsion originale.

       Ces réactions de réflexe conditionné de formes définies, de nature compulsive et automatique forment la totalité du fonctionnement dynamique de l’organisme. Elles s’expriment tout autant au niveau biologique que psychologique. Tout se passe comme si les courants d’énergie, la capacité de l’organisme et de l’individu à répondre à divers stimuli étaient canalisés ou formatés dans diverses réponses-types standardisées et automatiques pour une espèce, un individu ou une situation donnée. Il nous reste maintenant à les étudier un peu plus en détail.

       Tempéraments hippocratiques

       HIPPOCRATE a été le premier à tenter de classer la variété des comportements qu’il observait. Héritier de l’école pythagoricienne, il pensait que toute chose en ce monde est composée de quatre éléments en proportions variables (l’air, le feu, la terre et l’eau). Il estima que ces différences de tempéraments étaient dues à l’influence de quatre substances fondamentales du corps humain : le sang, la bile jaune, la bile noire, et le phlegme. Ces quatre substances portaient le nom d’humeurs, et ce terme est d’ailleurs passé dans le langage. Le mot humeur vient du grec chymos, qui signifie le jus ou la sève, ou encore la saveur.
       Hippocrate associa chacune de ces quatre humeurs à un organe supposé la sécréter, à une saison et à un élément. Le sang correspond au foie, au printemps, et à l’élément air. La bile jaune correspond à la vésicule biliaire, à l’été, et à l’élément feu. La bile noire correspond à la rate, à l’automne, et à l’élément terre. Le phlegme correspond au cerveau (ou aux poumons), à l’hiver, et à l’élément eau.

       L’insuffisance ou l’excès de l’une de ces quatre humeurs était, selon Hippocrate, la source de nos problèmes de santé. Elle était aussi à l’origine de nos différences de tempérament.
       Cette typologie à quatre catégories va se retrouver aux cours des siècles, sous différents noms, avec différentes explications sous-jacentes, mais avec des descriptions qui restent remarquablement similaires pour les quatre tempéraments.

       ARISTOTE identifiait quatre sources possibles de bonheur selon les individus : les plaisirs des sens, l’accumulation de richesses, le respect de l’éthique, et l’exercice de la logique. Plus tard, AVICENNE, lui aussi médecin, a adopté et étendu le modèle des quatre tempéraments, en prenant en compte aussi bien l’aspect physiologique que psychologique, ainsi que l’influence des saisons.

       Nous sommes toujours profondément marquées par la théorie hippocratique des humeurs : "Être de bonne, ou de mauvaise humeur". Quand on définit une personne comme "sèche" ou "chaleureuse", quand on se sent "mélancolique", ou qu'on réagit avec "flegme" on fait, sans le savoir, de la médecine hippocratique.

       1. Le tempérament, est notre nature intrinsèque, notre façon innée d’agir ou de réagir.
       2. Le caractère, l’ensemble de nos comportements acquis au fil des années de notre vie.
       3. Et la personnalité, ce serait l’ensemble des deux, le tempérament plus le caractère, ce qui fait de nous une personne unique et pas quelqu’un d’autre.

       Chez un homme sain, la prédominance d'une humeur s'appelle complexion et détermine le tempérament.
    On peut les comparer avec les étapes de la vie. Le lymphatique sera plus associé au bébé et au jeune enfant (passivité et dépendance), le sanguin, lui, à l’enfant plus autonome et à l’adolescent (envie de jouer et de prendre du bon temps), le colérique à l’adulte (entreprendre et réussir) et le nerveux à la personne âgée (renoncer et penser).

       Ainsi,
       1. La prédominance de la phlegme donnera un tempérament lymphatique (dit aussi flegmatique), peu émotif et nonchalant.
       2. La prédominance du sang donnera un tempérament sanguin, cordial et communicatif.
       3. La prédominance de la bile jaune donnera un tempérament bilieux (dit aussi colérique), entreprenant et autoritaire.
       4. La prédominance de la bile noire donnera un tempérament nerveux (dit aussi mélancolique), critique et réfléchi.

       Bien sûr, vous ne rencontrerez pas de tempéraments purs. Toute personne possède une certaine part de ces tempéraments, en général nous en avons un qui est prédominant et un second juste "dessous". Il existe évidemment des personnes chez qui aucun tempérament ne se dégage en particulier, d’où une nouvelle mise en garde : ne vous obsédez pas sur les tempéraments sauf s’ils vous deviennent évidents d’une part parce que vous les connaissez bien et d’autre part s’ils sont visibles d’un coup d’œil chez le patient.

       Si l’on veut simplifier les choses, on peut dire qu’il existe trois grandes orientations tempéramentales. On peut les décrire sous différents angles. Sous l’angle physique, on peut dire que certaines personnes sont petites et minces, d’autres sont de corpulence moyenne, d’autres encore sont grosses.
       Cette classification tempéramentale offre au départ une certaine connaissance des individus. Elle permet déjà de dégager des caractéristiques reliées à chacun de ces types. Mais si l’on veut parvenir à une plus grande précision, il faut faire une distinction dans la catégorie des grosses personnes. En effet, les grosses personnes ne sont pas identiques. En fait, il existe des grosses personnes qui sont dures, alors que d’autres sont molles. La dureté ou la mollesse dont il est question ici se rapporte à la densité tissulaire de ces personnes. Si on les touche, on pourra se rendre compte cette dureté ou de cette mollesse.
       En tenant compte de ces deux distinctions dans la catégorie des gros individus, on obtient quatre catégories tempéramentales. Du même coup, on se situe dans la classification tempéramentale d’Hippocrate, nerveux, sanguins, bilieux et lymphatiques.

       Cette classification à quatre tempéraments permet de cerner rapidement les types d’individus. Elle est donc facile et pratique. On pourrait s’impliquer dans des classifications plus poussées. Mais l’analyse devient alors beaucoup complexe, sans donner pour autant plus de renseignements utiles sur l’individu.

       1. Le tempérament sanguin.

       FL-AC, KALI-I, SULPH, APIS
       Aspect physique : personnes plutôt grosses mais dures. Musculature et ossature bien développées. Elles sont assez imposantes sur le plan physique. La face est colorée, souvent congestive. La partie moyenne du visage prédomine. Le regard est vif et direct, il est « enveloppant » et bienveillant. Le geste large, voire exubérant. La marche rapide, une poignée de main puissante.
       Organes cibles : appareil circulatoire et respiratoire (allergies). Leur tempérament de bon vivant les prédispose aux troubles veineux et cardiaques, aux surcharges pondérales, à l'hypertension et à l'infarctus.
       Comportement : recherche du plaisir. Caractère expansif, communicatif, ces gens aiment faire la fête, rire et faire rire. Ils sont enthousiastes, sociables, vifs à réagir et intrépides. Grande confiance en leurs capacités. Fort besoin d’une relation à l’autre. Ils aiment semer la joie autour d’eux, ils animent une soirée.
       Défauts : qui proviennent d’un excès de leurs qualités. Leur comportement peut les porter vers l’exagération, l’emportement, la vantardise, le mensonge, ou au libertinage. Ces personnes peuvent être imprévisibles, inconstantes et peuvent agir avec précipitation, être impulsives. L’excès de confiance en eux peut confiner à l’arrogance, et ne les pousse pas à respecter les règles ou les procédures. Tendance à tous les excès.
       Généralités : Besoin de plein air, < dans les espaces confinés. Éviter l’alcool, les graisses, viandes (c’est à dire les aliments "réchauffants"), les laitages, et augmenter leur consommation de fruits et légumes crus.

       2. Le tempérament bilieux ou colérique.

       NUX-V, PLAT, KALI-C, HEP, ANAC, BRY
       Aspect physique : ces personnes ont souvent le meilleur développement musculaire des quatre tempéraments, on n’a pas ici l’embonpoint qu’on observe chez les sanguins qui recherchent les plaisirs de la table. On a une impression de force, de contrôle, qui évoque la puissance des félins. Le visage est anguleux, "sec", la mâchoire carrée, volontiers le teint mat. Les cheveux et les sourcils épais, le regard perçant. La poignée de main tonique ferme tout en étant sèche et dure. Les geste vont avec le reste : fermes, précis, rapides. L’élocution est autoritaire.
       Organes cibles : le foie et de la vésicule biliaire, le système ostéo-articulaire, l’appareil locomoteur et le rein. Ce sont des gens très sensibles au « stress » d’une façon générale.
       Comportement : leur autorité naturelle leur permet d’entraîner les autres à les suivre. Ce gens atteignent souvent des sommets grande à la grande énergie dont ils sont animés et qu’ils veulent insuffler aux autres. Ce sont des personnes sérieuses, décidées, organisés, responsables, disciplinées, ordonnées, autoritaires, efficaces et courageuses. Facilement impatientes, et facilement en colère. Elles se fixent des buts dans la vie et s’imposent la discipline nécessaire pour y parvenir. Le colérique a l’esprit créateur et une âme de chef.
       Défauts : leur dureté, ils perdent facilement de vue l’aspect humain dans leurs relations. Ce sont des gens jaloux et rancuniers et vous avez intérêt à tout de suite comprendre ce que le colérique attend de vous. Il y a intérêt à ne pas lambiner avec lui. Il peut faire preuve de tyrannie, d’impatience, de cynisme et de suffisance.
       Généralités : il faudrait leur faire prendre du repos, mais ces gens n’arrivent pas à se déconnecter facilement du travail car inconsciemment la survie dépend de leur réussite. Limiter leur sédentarité, leur faire pratiquer un sport, limiter leur consommation de graisses et sucres, éviter les épices et les stimulants (aliments chauds).

       3. Le tempérament lymphatique ou flegmatique.

       CALC, AM-C, tous les CALC, PULS.
       Aspect physique : ce sont les personnes grosses mais molles, elles dégagent une impression de mollesse. Le lymphatique est épais, massif, tout en largeur, ses tissus sont mous et flasques. Ce sont des personnes volontiers rondouillettes, au visage lunaire (THUJ). La partie inférieure du visage est souvent plus large, regard vague, mou avec une tendance au relâchement, passif. La marche est lente et nonchalante, la poignée de main molle et fuyante.
       Organes cibles : le système digestif. Leur capacité digestive est grande et l’abdomen est proéminent chez ces individus. On dit que si le sanguin est plutôt gourmand, les lymphatiques sont souvent des gourmets. Troubles des écoulements, hypothyroïdie, œdèmes, gonflements. Troubles de la circulation de retour et du système lymphatique (ganglions, adénopathies, etc.).
       Comportement : personnes pondérées, douces, fidèles et persévérantes, patientes et souples. Ils sont flegmatiques par définition, et gardent leur calme, leur sang-froid. Souvent portés vers la contemplation ou la rêvasserie, bien installés dans un confortable canapé. On les perçoit comme des timides. Pourtant, les lymphatiques s’intéressent aux autres, mais préfèrent écouter et observer que de prendre part à une conversation animée, à moins de se sentir en confiance. Ils ont horreur des conflits, et font preuve d’une grande compassion. Les lymphatiques sont très adaptable et finissent toujours ce qu’ils entreprennent, mais lentement (c’est le seul tempérament qui accomplit totalement ce qu’il entreprend).
       Défauts : l’indolence, la négligence, l’indifférence et le désordre qui peut confiner à la malpropreté. A cause de leur sédentarité, leur système digestif est surchargé d'où une mauvaise élimination des déchets de l'organisme.
       Généralités : Le milieu préféré des lymphatiques est l’eau, où ils se sentent portés.

       4. Le tempérament nerveux ou mélancolique.

       CAUST, ARG-N, CARC, NAT-M, tous les NAT.
       Aspect physique : en général ce sont des gens petits et minces, au visage triangulaire, au teint pâle avec une prédominance de la partie haute. Ce sont des frileux. Le regard est introverti. Ces personnes ne sont pas imposantes sur le plan physique. Elles dégagent plutôt une impression de déficience et de fragilité. Elles marchent rapidement et à petits pas, leurs gestes et leurs paroles sont incessant, rapides et saccadés.
       Organes cibles : c’est le cerveau et le système nerveux qui prédominent. Pathologies liées au système nerveux, au sommeil (endormissement) et sont donc prédisposés à l'insomnie, dépression, troubles psychosomatiques et de problèmes dermatologiques comme l’eczéma ou le psoriasis
       Comportement : c’est la capacité intellectuelle qui est au centre de leur comportement. Sensibles, émotives, réservées et artistiques, ces personnes font preuve de rapidité, de finesse et de minutie. Elles ont une grande capacité d’analyser correctement diverses situations. Elles sont souvent perfectionnistes, attentives aux moindres détails et rarement satisfaites du résultat. A l’opposée du sanguin, il sera important pour elles de respecter les règles.
       Défauts : rappeler les règles ou les conventions à leur entourage à tout bout de champ. Personnes pessimistes, portées à l’anxiété, à la susceptibilité, à l’irritabilité et à l’agitation. La gaieté ne leur vient pas spontanément.

       Chacun doit être pris sous un angle particulier en fonction de son tempérament. Il faut agir d’une façon qui corresponde bien à l’orientation tempéramentale de la personne qui est devant nous, si l’on veut être efficace dans la communication. Ceci est vrai tant en consultation que dans la vie de tous les jours. Une bonne compréhension des tempéraments est importante dans nos relations avec autrui.
       Ainsi, il ne faut jamais ridiculiser ou blâmer un nerveux (il en serait très affecté). Il ne faut pas piquer au vif un sanguin (il risquerait de réagit trop promptement). Il ne faut pas non plus insulter un bilieux (il vous en voudrait pour le reste de vos jours). S’il nous faut absolument adopter une attitude désagréable envers quelqu’un, c’est un lymphatique qu’il faut choisir. Sa patience, sa tolérance et sa souplesse lui permettent de subir une telle attitude sans trop d’inconvénients puisqu’il sait très bien rouler avec les coups et qu’il y porte de toute façon peu d’intérêt.

       En résumé :
       - les nerveux ont une attitude émotive et critique; en ballade ils s’agitent de partout.
       - les sanguins ont une attitude animée et cordiale; en ballade ils excursionnent.
       - les bilieux ont une attitude volontaire et sérieuse; en ballade ils explorent.
       - les lymphatiques ont une attitude flegmatique et insouciante ; en ballade ils stationnent !

       Quant à la façon d’aborder chacun des quatre types tempéramentaux :
       - calme et posé avec les nerveux;
       - ouvert et accueillant avec les sanguins;
       - sérieux et respectueux avec les bilieux;
       - exigeant et stimulant avec les lymphatiques."

     

       Notes :

       - A rapprocher du travail sur les empreintes digitales de Jean de BONY et dans la direction opposée - "anti-essentialiste" : le texte sur les gênes et l'épigénétique.

      - Les catégories de l'Ayurveda, la médecine indienne, ont des proximités frappantes avec celles décrites ici (d'un héritage commun ? d'une observation réussie, simplement ?).

      - Alternative santé mi-mai 2016 :

      http://tracking.bio-info.com/u/gm.php?prm=icvSHVLQp0_547292539_348719_10653