• ROCHER DE L'IMPÉRATRICE (-14 000 ans)

    PLOUGASTEL-DAOULAS, FINISTÈRE

    ROCHER DE L'IMPÉRATRICE (-14 000 ans)

       Tête d'auroch auréolée, gravée dans une plaquette de schiste ou "Auroch rayonnant". "Dans le Finistère, des archéologues ont fait une stupéfiante trouvaille sur un abri-sous-roche : des traces artistiques datant du paléolithique supérieur. Ces gravures préhistoriques, longtemps tenues secrètes, ont enfin été révélées au public. (...)

       "À l'échelle française, voire européenne, ces gravures sont très importantes car elles s'inscrivent dans une période de “transition artistique” méconnue par les chercheurs. Entre le magdalénien - où l'Homme exprime un art figuratif, et l'azilien - où l'art devient beaucoup plus schématique et géométrique".

        "La figure de “l'auroch rayonnant”, elle, est unique", continue-t-il. "C'est la première fois dans la Préhistoire européenne que l'on découvre un animal accompagné de ce type de figure schématique (l'auréole). Cela induit une symbolique très forte. Cette découverte se révèle si importante qu'elle fait l'objet d'une publication dans Plos One, célèbre revue scientifique américaine." Source : http://www.lefigaro.fr/culture/2017/03/17/03004-20170317ARTFIG00009-decouverte-d-un-incroyable-tresor-prehistorique-a-plougastel-daoulas.php

     

       Buoc’h skedus en breton.
     
       Ce billet est classé ce jour en tête. Il sera ultérieurement intégré dans le développement chronologique adopté jusqu'ici, c'est-à-dire rétrogradé vers les grottes de Saulges : http://tsukeshoin.eklablog.com/cavernes-tres-frequentees-a128664388

     
     

    ROCHER DE L'IMPÉRATRICE situation

       Plans de situation du Rocher de l'Impératrice au-dessus de la rade de Brest. Le site est peu exprimé par le choix des derniers cadrages, à notre avis. Imaginer au moins que la mer était à un niveau très inférieur. "Location of Le Rocher de l’Impératrice rock-shelter [Europe map from Geoatlas, Brittany and local maps L. QUESNEL (CNRS)]. Source : http://journals.plos.org/plosone/article%20?id=10.1371/journal.pone.0173037

      "À l’époque, l’Elorn était une petite rivière qui rejoignait la mer au niveau de l’île de Molène, et la rade de Brest une large taïga." Source : http://www.letelegramme.fr/finistere/plougastel-daoulas/rade-de-brest-un-tresor-archeologique-mis-au-jour-15-03-2017-11435806.php"

     

      "Une exceptionnelle découverte d'art rupestre vieux de 14 000 ans en Bretagne"

       Source : http://decouvertes-archeologiques.blogspot.fr/2017/03/une-exceptionnelle-decouverte-dart.html

       COPIE SURLIGNÉE :

       En 1987, suite à une tempête, des vestiges archéologiques sont découverts au Rocher de l'Impératrice. Les fouilles vont révéler un abri-sous-roche, puis, en 2013, une équipe d'archéologues exhume des silex travaillés en pointes de flèches, des couteaux et des outils. Ils trouveront aussi des plaquettes de schiste de 15 à 30cm de long portant des gravures de chevaux et d'aurochs. Le tout datant de 14000 ans !

       Le développement de l'Azilien en Europe de l'Ouest il y a 14 000 ans est considéré comme une "révolution" en archéologie du paléolithique supérieur. L'un des éléments de cette rapide restructuration sociale est l'abandon de l'art figuratif naturaliste sur des pièces portables ou les murs des grottes au cours du Magdalénien en faveur du expression abstraite sur de petits cailloux.

        De récents travaux montrent que la transformation des sociétés humaines entre le Magdalénien et l'Azilien a été plus graduel. La découverte de ce nouveau site de l'Azilien ancien avec des pierres décorées accrédite cette hypothèse.

        Alors que de grands changement dans la technologie de la pierre taillée, entre le Magdalénien et l'Azilien, marquent clairement d'importants changement adaptatifs, la découverte des 45 tablettes de schiste gravées, provenant de couches archéologiques du Rocher de l’Impératrice, atteste de la continuité iconographique avec une valorisation particulière des aurochs, comme le montre celle représentant un auroch "rayonnant".

        Cet élément suggère que certaines caractéristiques culturelles, comme l'iconographie, ont pu survenir bien après les changements technologiques.

        Les auteurs soutiennent également que le changement éventuel de l'expression symbolique, qui comprend la disparition ultérieure de l'art figuratif, donne une nouvelle idée de la restructuration probable des sociétés.

     

    ROCHER DE L'IMPÉRATRICE (-14 000 ans)

       Plan de coupe de la grotte du Rocher de l'Impératrice, avec précisions pédologiques. "Summary cross section of the central area of the rock-shelter. US- 101 : Humic horizon on silty-clayey colluvium and modern anthropogenic filling. US-108 : Scree of quartzite boulders in silty-clayey colluvium. US-104 : Strongly developed colluvium (Bt horizon). US-102 : Solifluction layer made of reworked lœss and small cryoclastic quartzite boulders and gravels. US- 103 : Lightly reworked lœss (M. LAFORGE & S. SORIN).

    Source : http://journals.plos.org/plosone/article%20?id=10.1371/journal.pone.0173037

     

       Les fouilles sur le terrain


        Le Rocher de l’Impératrice est fouillé depuis 2013, tous les étés, et les investigations sont toujours en cours. C'est un petit abri-sous-roche d'environ 10 m de long, 3 m de profondeur et 2m de haut situé près de Plougastel-Daoulas à l'extrémité ouest de la Bretagne.

        En raison de la position du site au pied d'une falaise de quartzite au milieu d'une forêt, aucun équipement mécanique n'est utilisé pour l'excavation du site.

        Jusqu'à présent, ce sont 45 morceaux de pierres décorées qui ont été trouvés sur le site. A une exception près, ils semblent tous être de petits fragments minces provenant d'anciennes plaques plus grandes. 43 morceaux font moins de 10 cm, 29 moins de 5 cm.

        Compte tenu de l'état de fragmentation, les ébauches sélectionnées semblent provenir de grandes pierres, comme le montre la seule pièce complète de près de 30 cm de long.

     

    ROCHER DE L'IMPÉRATRICE (-14 000 ans)

       "Tablette 741 avec une décoration bi-faciale : côté A) cheval complet ; côté B) composition spéciale avec deux chevaux en symétrie axiale, l'un complet et l'autre que la tête ; il y a aussi un cheval tout petit entre les pattes d'un grand (photos Nicolas NAUDINOT ; dessin Camille BOURDIER)."



        Une grande tablette représente quatre des cinq chevaux reportés. Trois sujets sont regroupés d'un côté : deux sont visibles en miroir dans une composition inhabituelle. Ils remplissent l'espace et semblent utiliser les bords comme lignes de fond. Ils sont représentés en pleine longueur comme l'animal isolé de l'autre côté. Entre les jambes d'un des grands chevaux apparait la tête d'un quatrième cheval. Cette position et la dissemblance de taille donnent l'impression d'un jeune poulain entre les jambes d'un adulte, son aspect juvénile est renforcé par son design simplifié. Les trois autres animaux présentent un rendu très semblable caractérisé par une forte tendance naturaliste. Les corps sont complets, bien proportionnés et bien faits.

       L' "auroch rayonnant" : une valorisation symbolique particulière des aurochs ? 


        Même s'ils sont dépassés en nombre par les gravures de chevaux dans l'assemblage, la représentation des aurochs semble avoir un accent particulier. Deux aurochs restreints aux têtes sont en opposition sur les côtés opposés du fragment 317. Les gravures sont larges et profondes avec la recherche d'un effet de champlevé. Un côté porte une composition spéciale avec la tête d'un taureau dont le profil gauche est entouré par des rayons profonds créant un effet visuel en surbrillance. Aucun "animal rayonnant" équivalent n'a été trouvé dans l'iconographie paléolithique européenne à ce jour.
        L'étude technologique de cette pièce montre une organisation intentionnelle des gestes afin de souligner la place centrale des aurochs.

     

    ROCHER DE L'IMPÉRATRICE (-14 000 ans)

       Sélection de pierres gravées du Rocher de l'Impératrice (photos N. NAUDINOT ; dessin C. BOURDIER).

     

       Un modèle très semblable de rayons grands et profonds se retrouve sur un autre petit fragment, suggérant que d'autres figures rayonnantes ont pu être représentées. L' "auroch rayonnant" pourrait ne pas être le seul.

        Les 45 fragments de pierre gravée du Rocher de l'Impératrice sont les plus anciens restes graphiques en Bretagne et se révèlent exceptionnels pour l'Azilien Ancien. En France, moins d'une douzaine de sites ont livré des objets décorés liés à ce techno-complexe, la plupart provenant de contextes incertains. Parmi elles, seules trois collections d'art mobile peuvent être clairement attribuées à cette culture : les 82 artefacts lithiques gravés du Murat, les cinq éclats gravés de Le Closeau, un caillou gravé de Bois-Ragot."

       Plus d'informations :

       Plos One : "Divergence in the evolution of Paleolithic symbolic and technological systems: The shining bull and engraved tablets of Rocher de l'Impératrice"

       Le Figaro : "Incroyable découverte préhistorique à Plougastel-Daoulas"

       Le Télégramme : "Rade de Brest. Un trésor archéologique mis au jour

       Ouest France : "Près de Brest, une découverte archéologique majeure"

       Le Monde : "Finistère : découverte de tablettes gravées vieilles de 14 000 ans"

     

     

    ROCHER DE L'IMPÉRATRICE (-14 000 ans)

       "Fragment 317 avec une ornementation  bi-faciale : côté A) tête d'aurochs entourée de lignes rayonnantes ; côté B) tête d'aurochs (photos N. NAUDINOT; dessin C. BOURDIER). Source : http://journals.plos.org/plosone/article%20?id=10.1371/journal.pone.0173037

     

    ROCHER DE L'IMPÉRATRICE (-14 000 ans)

       "Domestic tools from Le Rocher de l’Impératrice (drawing F. BLANCHET). 1–5: flat retouched blades ; 6–8: burins; 9–10: end-scrapers ; 11: borer." Source : http://journals.plos.org/plosone/article%20?id=10.1371/journal.pone.0173037

     

       "Les chasseurs du rocher de l’Impératrice, qui évoluaient dans un environnement de steppe, avaient clairement adopté de nouvelles techniques de taille des outils de pierre, typiques de l’azilien. Mais ils n’avaient pas encore rompu avec l’iconographie qui avait cours depuis des millénaires, et qui nécessitait un savoir-faire bien plus élaboré que les productions graphiques aziliennes, qui allaient ensuite voir le jour. "Ce site est une sorte de chaînon manquant, il montre qu’il y a des asynchronies entre le symbolique et le technique", s’enthousiasme Nicolas Naudinot."

       Source : http://www.lemonde.fr/sciences/article/2017/03/19/des-tablettes-gravees-vieilles-de-14-000-ans-decouvertes-dans-le-finistere_5097211_1650684.html

       Voir aussi : http://www.ouest-france.fr/bretagne/des-outils-de-12-000-ans-decouverts-plougastel-2738682

       COPIE SURLIGNÉE :

       "Ce sont des lames et des pointes de flèches en silex, au total une soixantaine de pièces vieilles de 12 000 ans, qui ont été mises au jour au lieu-dit le Rocher de l'Impératrice, à Plougastel-Daoulas ces derniers mois. Le bilan de cette année de fouilles vient d'être dévoilé : "C'est une découverte des plus intéressantes car ce site est unique en Bretagne. On a voulu la garder sous silence jusqu'à présent" confient les deux responsables des fouilles, Michel LE GOFFIC, archéologue, et Nicolas Naudinot, maître de conférence à l'université de Nice.

       Un camp de chasse

       L'opération, débutée l'an dernier, a déjà livré quelques secrets. Le lieu, qui n'est pas une habitation mais un simple abri, servait visiblement de camp de chasse. "On a affaire à des nomades, des chasseurs cueilleurs qui venaient là avec leurs armes à la recherche d'aurochs ou de chevaux sauvages", précisent les deux hommes, entourés d'une équipe d'une douzaine de bénévoles. Leur butin sera maintenant étudié en laboratoire pour mieux connaître les gestes et méthodes de chasse en ce temps-là."

      Sur l'azilien en Bretagne et l'abri-sous-roche de Kerbizien, en Huelgoat (29) : https://paleo.revues.org/2761?lang=fr

     

       Nota : Ce serait la revue mensuelle Armen qui aurait délivré l'information la plus sensationnelle dans son numéro de mars 2017. Il en fait sa couverture. Voir :https://armen.bzh/

     

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